ACTE V, SGÈNB YI. M
Je serai marié, si Ton veut, en Alger ^
CLARICB.
Biais enfin vous n'avez que mépris pour Clarice ?
DOBilIfTE.
Mais enfin vous savez le nœud de Tartlfice, Et que pour être à vous je fats ce que je puis.
CLARiCK.
Je ne sais plus moi-même à mon tour où j'en suis. Lucrèce, écoute un mot.
DORANTE, àCUton.
Lucrèce! que dit-elle?
CLITON , k Dorante.
Vous en tenez, monsieur : Lucrèce est la plus belle : Mais laquelle des deux? J'en ai le mieux jugé, Et TOUS auriez perdu si vous aviez gagé.
DO&AKTB , i CUlon.
Cette nuit à la voix j'ai cru la reconnoitre.
CUTON , à D«rMle.
€larice sous son nom parloit à sa fenêtre; Sabine m'en a fait un secret entretien.
DORANTS , i CUton.
Bonne bouche ! j'en tiens : mais Tauti'e la vaut bien; Et, comme dès tantôt je la tfouvois bien faite. Mon cœur déjà peneboit où mon erreur le jette. Ne me découvre point; et dans ce nouveau fea Ta me vas voir, Gliton, jouer un nouveau jeu. Sans changer de discours, changeons de bâttetiei.
LUCSèCB, à CbriM.
Voyons le dernier point de sou eâionterie. ^ Quand tu lui diras tout, il sera lûen surpris.
1 Être marié en Turquie ou bien à Algtr n'est pas fort difTérent ; ce n'est pas là enchérir, c'est répéter. (Y.)
* La méprise de Dorante serait plaisante et intéressante, si, aimant passionnément une des deux , il disait à l'une tout ce qa'il croit dire i l'autre. L'auteur espagnol et le français semblent avoir manqué leur l>at. Clarice fait connaître, au second acte, qu'elle n'aime ni Borantc ni Alcippe, et qu'elle ne reut qu'un mari. Ainsi nul intérêt dans cette pièce : elle se souti^it seulement par des méprisée et des mensonges coniques. Faire un entretien n'est pas français. Bonne kêmcA* est trifialy et cette longue méprise est froide» (V.)
CLARICE , i Dorante.
Comme elle est mon amie, elle m'a tout appris. Cette nuit vous Taimiez, et m'avez méprisée. Laquelle de nous deux avez-vous abusée?
Vous lui parliez d'amour en termes assez doux.
DORANTE
Moi ! depuis mon retour je n'ai parlé qu'à vous.
CLARICE
Vous n'avez point parlé cette nuit à Lucrèce?
DORANTE
Vous n'avez point voulu me faire un tour d'adresse ? Et je ne vous ai point reconnue à la voix?
CLARICE
Nous diroit-il bien vrai pour la première fois?
DORANTE
Pour me venger de vous j'eus assez de malice Pour vous laisser jouir d'un si lourd artifice, Et, vous laissant passer pour ce que vous vouliez, Je vous eu donnai plus que vous ne m'en donniez. Je vous embarrassai, n'en faites point la fine. Choisissez un peu mieux vos dupes à la mine : Vous pensiez me jouer ; et moi je vous jouois, Mais par de faux mépris que je désavouois : Car enfin je vous aime, et je hais de ma vie Les jours que j'ai vécu sans vous avoir servie.
CLARICE
Pourquoi, si vous m'aimez, feindre un hymen en l'air. Quand un père pour vous est venu me parler? Quel fruit de cette fourbe osez-vous vous promettre ?
LUCRÈCE , à Dorante.
Pourquoi, si vous l'aimez, m'écrire cette lettre?
DORANTE , i Lucrèce.
J'aime de ce courroux les principes cachés. Je ne vous déplais pas, puisque vous voiis fâchez. Mais j'ai moi-même enfin assez joué d'adresse; Il faut vous dire vrai, je n'aime que Lucrèce.
CLARICE , i Lucrèce.
Est-il un plus grand fourbe! et peux-tu l'écouter *?
t Elle devait lui dire ; Jt suis Clariee^ cUsl mon nom, et vous avez •m qu9 je m* appelais Lueriee. (V.)