‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 74 sur 377 · ACTE V, SCENB VI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENB VI

DORANTE , à Loerèee.

Quand vous m'aurez ouï, vous n'en pourrez douter. Sous votre nom, Lucrèce, et par votre fenêtre, Clarice m'a fait pièce, et je l'ai su connoltre : Gomme en y consentant vous m'avez affligé, Je vous ai mise en peine, et je m'en suis vengé.

LUCBÉCB.

Mais que disiez-vous hier dedans les Tuileries?

Clarice fut l'objet de mes galanteries...

CLARICE , à Lncrèce.

Veux-tu longtemps encore écouler ce moqueur?

DORANTE , à Lucrèce.

Elle avdt mes discours, mais vous aviez mon cœur. Où vos yeux faisoient naître un feu que j'ai fait taire. Jusqu'à ce que ma flamme ail eu l'aveu d'un père : Comme tout ce discours n'étoit que fiction. Je cachois mon retour et ma condition.

CLARICE , à Lucrèce.

Vois que fourbe sur fourbe à nos yeux il entasse, Et ne fait que jouer des tours de passe-passe i.

DORANTE , i Lucrèce.

Vous seule êtes l'objet dont mon cœur est charmé.

LUCRÈCE , à Doraute.

C'est ce que les effets m'ont fort mal confirmé.

DORANTE

Si mon père à présent porte parole au vôtre.

Après son témoignage, en voudrez- vous quelque autre"*?

LUCRÈCE

Après son témoignage il faudra consulter

Si nous aurons encor quelque lieu d'en douter.

1 Passe-passe ; cette exprettsion populaire ne parait-elle pas ici déplacée! (T.)

* De pareils dénouements sont toujours froids et vicieux, parcequHls n'ont point ce qu'on appelle la péripétie : ils n* excitent aucune s\uprise ; il n'y a ni comique ni intérêt. Si mon père consent à mon ma- ^ifige, y consentez-vous î Oui» Ce n'est pas la peine de faire cinq actes pour amener quelque chose de si trivial ; et, encore une fois, le caractère du Menteur est l'unique cause du succès. (Y.)

fiOUAUTB, ILoerèM.

Qu'à de telles clartés "votre erreur se dissipe.

(i Clarice.)

Et vous, belle Clarice, aimez toujours Alcippe; Sans rb]f men de Poitiers il ne tenoit plus rien ; ' Je ne lui ferai pas ce mauvais entretien ^ ; Mais entre vous et moi vous savez le mystère. Le voici qui s'avance, et j'aperçois mon përé.

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