‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 80 sur 377 · LE PRINCE · texte numérisé non relu

LE PRINCE

Tous nos havres en étoient comme assiégés ; il n'en pouvoit échapper nn yaisseau qii*à la merci de leurs brigandages ; et nous en avons vu souvent de pillés à la vue des mêmes ports dont ils venoient de faire voile : et maintenant, par la conquête d^one seule ville, je vois, d'un côté, nos mers libres, nos côtes affranchies, notre commerce rétabli, la racine de nos maux publics coupée; d'autre côté, la Flandre ouverte, l'embouchure de ses rivières captive, la porte de saa secours fermée, la source de son abondance en notre pouvoir ; et ce que je vois n'est rien encore au prix de ce que je prévws sitôt que Votre Altesse y reportera la terreur de ses armes. Dispensez -moi donc. Monseigneur, de profaner des effets si mer- ' veilleux et 'des attentes si hautes par la bassesse de mes idées et par l'impuissance de mes expressions ; et trouvez bon que, demeurant dans un respectueux silence, je n'ajoute rien ici qu'une protestation très inviolable d'être toute ma vie,

MON^IGNEUR,

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