‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 9 sur 377 · ACTE I, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE III

Et si la recevant ce cœur même en murmure, 11 se plaint du malheur de ses félicités, Que le hasard lui donne et non vos volontés. Un amant a fort peu de quoi se satisfaire Des faveurs qu'on lui fait sans dessein de les faire : Gomme Tinteutiou seule en forme le prix *, Assez souvent sans elle on les joint au mépris. Jugez par là quel bien peut recevoir ma flamme D'une main qu'on me donne en me refusant Tame. Je la tiens, je la touche, et je la touche en vain, Si je ne puis toucher le cœur avec la main.

CLARICE

Cette flamme, monsieur, est pour moi fort nouvelle. Puisque j'en viens de voir la première étincelle. Si votre cœur ainsi s'embrase en un moment. Le mien ne sut jamais brûler si promptement ; Mais peut-être, à présent que j'en suis avertie. Le temps donnera place à plus de sympathie. Confessez cependant qu'à tort vous murmurez Du mépris de vos feux, que j'avois ignorés.

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