R0D06UNE
Vous savez comme cpioi je voas suis tout acquise «. Le roi souffriroit-ii d*aiReurs quelque sui^rise?
Qui que ce soit des deux qu*oii couronne aujourd'hui. Elle sera sa mère, et pourra tout sur lui.
LAONICE
Qui que ce soit des deux, je sais qu'il vous adore : Gonnoissant leur amour, pouvez-vous craindre encore?
BODOGUNE.
Oui, je crains leur hymen, et d*ôtre à l'un des deux.
LAONICE
Quoi î sont-ils des sujets indignes de vos feux ? •
€omme ils ont même sang avec pareil mérite *, Un avantage égal pour eux me sollicite ^ ; Mais il est malaisé dans cette égalité Qu'un esprit combattu ne penche d'un côté. Il est des nœuds secrets, il est des sympathies. Dont par le doux rapport les âmes assorties S'attachent Tune à Pautre, et se laissent piquer Par ces je ne sais quoi qu'on ne peut expliquer *. C'est par là que l'un d'eux obtient la préférence ; Je crois voir l'autre encore avec indifférence ; Mais cette indifférence est une aversion
1 Comme quoi ne se dit pas davantage ; et teute aeqmUe est en. style comique. (V.)
î Avoir même sang est encore un barbarisme ; ils sont du même sang, ils sont nés, formés du même sang : il y avait plus d'une manière de se bien exprimer. (V.)
3 Un avantage ne sollicite point ; et il n'y a point d'avantage dans l'égalité. (V.)
* C'est toujours le poëte qui parle ; ce sont toujours des maxhnes : la passion ne s'exprime pas ainsi. Ces vers sont agréables, quoique dont par le doux rapport ne soit point français ; mais ces âmes qui sr laissent piquer, et ces je ne sais quoiy appartiennent plus à Iahaut<> comédie qu'à la tragédie. Ces vers ressemblent à cenx de la Suite du Menteur : Quand les ordres du ciel nous ont faits Vun pour Vautre^ comme on Ta déjà remarqué. Cependant ces quatre vers, tout éloignés qu'ils sont du style de la véritable tragédie, furent toujours regardés comme un chef-d'œuvre du développement du cœur humain, avant qu'on vît les chefs-d'œuvre véritables dç Racine en ce genre. (Y.)