EXPLICATION DES PLANCHES
Une remarque essentielle doit tout d’abord être faite au sujet des Planches I, II et III relatives au Chelydra Bossignonii , Bocourt. Le dessin en ce qui concerne les parties dures de l’animal, c’est-à-dire la carapace, peut être regardé comme donnant une idée exacte de ce qu’elles sont sur l’exemplaire rapporté par le D r Rivet, avec restriction pour le plastron, suivant les remarques faites dans le texte (voir p. B,.49). Pour les parties molles, cou, tête, membres, elles ont été surtout
( l ) Voir p. B r 49 et Bj.So.
ORD. CHÉLOjNIA.
étudiées d’après un individu du Chelydra serpentina , Linné, de même taille, actuellement vivant à la Ménagerie, avec quelques rectifications relatives particulièrement aux barbillons et à la suppression des grosses écailles nummulaires sous la queue. Ces modifications, tout en donnant plus de naturel et de vie à cette partie iconographique, altèrent beaucoup, il faut en convenir, l’aspect réel de la pièce.
Plvnchk I.
Chelydra Rossignonii, Bococrt. L’animal vu de côté. — Réduit à environ moitié de la grandeur • naturelle (cette réduction est la môme dans les deux planches suivantes).
Planche II.
Chelydra Rossignonii . L’animal vu en dessus.
Planche Ilf.
Chelydra Rossignonii . L’animal vu en dessous.
Arc de méridien équatorial, t. IX, (2).
OlIELOMENS ET BATRACIEN URODELE.
ORD. BATRACHIA CAUDATA (URODELA)
Fam. SALAMANDRIDÆ.
S peler p es simus , n. s.
? 1909. Spelerpes Picadoi, Stejneger, Proceed. U. S. Nat . Muséum, t. XLI, p. 280.
Dentes ?. Cciput rhomboïdale , paululum dilatatum ante ample truncatum; collum distinctum; nares terminales punctiformes; oculus conspicuus , superus , paululum ante Icibialem commissuram expansus . Corpus elongatum; caudæ longitudinem non æquans. Membra paraa, secundum latus reducta, non sese attingentia; très digiti> quatuor articuli ( 1 ) utrique membro patentes ? cutaneo sacculo obtecti 9 interdigittali palmaturæ comparabile . Cauda subcylindrica cutis lœvis; absque parotoide; sulcus gularis percibilis ; novem sulci costales , ultimi parum distincti. Color flavoalbescens , mixtus; subtus cdbus , Imea mediodorsalis pcdlesccns , paululum
elevcita.
L’examen des dents, étant donnée l’obligation de respecter un exemplaire unique, n’a pu être fait que d'une manière très imparfaite. On ne reconnaît pas de dents aux mâchoires. A la voûte palatale, on voit à la partie antérieure, immédiatement derrière le rebord gingival, deux petits îlots jaunâtres, un de chaque côté, qu’on aurait volontiers pris pour des amas dentaires, mais l’examen à la pointe
( l ) Orteil dérivant d ’articulas d'après les étymologistes; je crois pouvoir ici employer ce mot pour le distinguer de digitus , doigt.
ORD. BATRACHIA CAUDATA (uRODELA). . 5ç^
d’acier ne confirme pas cette supposition; par contre, en promenant l’instrument plus loin dans la cavité buccale, on perçoit des rugosités assez profondément situées, vers l’origine du pharynx; autant qu’on en peut juger, ce seraient sans doute des dents parasphénoïdales. Cette constatation, très incomplète sur un point cependant de première importance, est des plus regrettables. Tête un peu plus large que le corps, de forme losangique, tronquée largement en avant pour former un museau court, s’étendant au delà de la mâchoire inférieure; commissure labiale située un peu en arrière du bord postérieur de l’œil; narine externe punctiforme, arrondie. Corps allongé mesurant près de huit fois la distance du rostre au sillon gulaire, et quatre fois la distance axillo-inguinale; ce sillon gulaire bien marqué; neuf sillons pleuraux; peau lisse; pas de paratoïdes; membres courts, ne se touchant pas en les rabattant le long des flancs. Les pattes présentent une disposition remarquable; les antérieures ont trois doigts nettement distincts, mais il serait bien possible qu’il en existât un quatrième peu visible, recouvert qu’il est par les téguments, et représentant le pouce; dans ce cas, les autres doigts correspondraient aux second, troisième, quatrième ; à la patte postérieure, il y a quatre doigts développés et une masse sous-cutanée interne (pouce rudimentaire?); mais ce qu’il y a de bizarre, c’est qu’il est difficile de dire si ces extrémités terminales sont palmées ou non; dans la stricte acception du terme, en effet, le mot palmature s’applique d’ordinaire à une membrane cutanée étendue dans l’intervalle d’un doigt à l’autre et adhérant à ceux-ci dans toute ou presque toute sa longueur; or, ici il ne paraît pas y avoir à proprement parler de membrane interdigitale, mais une sorte de sac cutané dans lequel sont renfermés les doigts qui semblent n’adhérer à ce sac que par leur phalangette, s’en coiffant pour faire une légère saillie marginale, et n’y adhérant que peu ou pas dans le reste de leur étendue; toutefois au point de vue physiologique, ce sac élargi et soutenu par les doigts écartés doit remplir le rôle d’une membrane natatoire apportant un aide efficace à la locomotion aquatique ( f ).
Spelerpes si mus Spelerpes Picadoi
pour 100 .
pour 100 .
Longueur totale.
Longueur du museau au centre du cloaque .
Longueur de la queue.
Distance rostro gulaire (du museau au sillon gulaire)
Largeur de la tête.
Distance de l’aisselle à l’aine.
Nombre des segments pleuraux.
Longueur du membre antérieur..
Longueur du membre postérieur.
Largeur du corps.
( 1 ) Il est important de faire remarquer, et la chose s’applique à tout ce qui est dit dans le présent article, que cette description est faite d’après l’individu dans son état actuel, après un séjour prolongé dans l’alcool ; sur le vivant, ou sur Ranimai frais, l’aspect pourrait bien être très différent.
CHÉLOMENS ET BATRACIEN URODÈLE.
B, .ÜO
Lorsque aux mois de juin et juillet derniers (1911), j’étudiai cet intéressant Urodèle, j’avais été conduit à regarder l’espèce comme nouvelle et la désignai dans mes notes et au registre d’entrée sous le nom de Spelerpes simus , faisant allusion à 1 un des caractères les plus frappants, la forme du museau tronqué, particularité que je ne trouvais citée ou représentée au même degré, chez aucun animal du genre largement compris dans le sens que lui donnait Rafinesque; les nombreuses coupures en lesquelles divers auteurs, dont récemment Cope ( * 1 ), ont cru utile de le partager, me semblent jusqu’à nouvel ordre, ne devoir être acceptées qu’avec réserves. Aujourd’hui, cette spécification me paraît jusqu’à un certain point douteuse, et cet animal pourrait bien ne pas être distinct du Spelerpes Picadoi décrit au mois d’août dernier par l’honorable M. Stejneger ( 2 ) ; c’est ce qui m’a engagé à donner une description calquée en quelque sorte sur celle faite par ce savant. On peut être frappé en premier lieu de la concordance des dimensions que le Tableau donné plus haut met clairement en lumière en comparant les deux colonnes (2 e et 4 e ) où ces dimensions sont réduites en de la longueur totale; toutefois, dans la description de l’auteur américain, la longueur du corps comparée à la distance rostro-gulaire est donnée comme étant :: 4 • 1, tandis que pour notre individu ce rapport serait : : 8 : 1 ; d’un autre côté, le nombre des sillons pleuraux est de 1 3 dans le Spelerpes | Picadoi, Stejneger, et de 9 seulement chez notre Spelerpes simus; il ne nous est guère possible, dans l’état actuel de la Science, de savoir au juste quelle valeur attribuer à ce caractère, qui pourrait bien varier avec l’âge ou d’autres circonstances; cependant, dans son travail général sur les Batrachia caudatci , M. Boulenger lui donne expressément le rang de caractère spécifique ( 3 ); enfin, M. Stejneger ne mentionne pas de ligne légèrement élevée le long du dos.
En somme, ces différences peuvent, au moins provisoirement, justifier une distinction spécifique, tout en indiquant le rapprochement possible avec le Spelerpes Picadoi ; la comparaison de types pourra seule juger définitivement la question.
(*j Cope, The Bratachia ofNorth America ( Bulletin of the U . -S. National Muséum , n° 34 , 1889, P- ,2I > I2 t et *niv.).
1 -) Léonard Sti.jneger, Descriptions ofthr.ee new Batrachians front Costa-Rica and Panama ( Proceed. U. S.
Nat. Mus., t. \LI, 1 (> 11, p. 2X5).
( 3 ) Boulenger, Catalogue of the Batrachia gradenlia seu Caudata and Batrachia apoda in the Collection of the British Muséum , 1^X2, p. 01 et sutv.
MISSION DE L’ EQUATEUR T. 9. ( fasc.2.)
Chélomens PU
F.Angel ad aat.del.&.litk
impL.Lafontaine Pans
Chelydpa Rossignonii, Bocourt