‹ Chemin de fer canadien du Pacifique: discours prononcéChapitre 1 sur 2 · Chemin de fer canadien du Pacifique: discours prononcé · texte numérisé non relu

Chemin de fer canadien du Pacifique: discours prononcé

Prononcé le 4 mai 1883, lors de la proposition pour que lu Chambre se forme en comilé des subsides.

Sir CHARLES TUPPER: Jo rogrotto beaucoup, M.

l'Oratour, qu’une gravo attaque d’inflammation do la gorge m'ait empêché de faire au temps où jo me l'étais proposé, l’oxposé annuel relatif au chemin de for du Pacifique canadien; je lo rogrotite d'autant plus que jo crains fort que l'état de ma santé no me pormetto pas de traiter lo sujet comme il mérite do l'être. Mais, pour me suppléer, jo laissorai les faits parler.

Jo crois, monsieur, que cette grande entreprise occupe aujourd'hui, dans l’estime do la Chambre, une situation qui exigo moins d'explication. Co n’ost pas souvent que les promoteurs d’une grande ct importante mesure sont, après deux ans d'expérience, en position de dire que Îes prédietions les plus confiantes qu'ils avaient osé fairo À l'appui de cotte mesure sont déjà plas que réalisées. Et pourtant, monsieur, il m'est donné do pouvoir faire cette déclaration.

Le contrat passé avec la compagnie du chemin de fer du Pacifique canadien pour l'exécution de cetto grando entreprise—unoe entreprise si vasto, que mon honorable ami le chof de l’ancienne administration déclarait, dans une im-

ortante occasion, que toutes los ressources de l'empire

ritannique no pourraiont suffire à en assurer l’accomplissement on dix ans ; une ontreprise assez immense pour déjouer les efforts tentés par deux gouvernements pour lui donner une grande proéminence,— le contrat, dis-je, exigeait qu'elle fût terminée le ler juillet 1891. Aujourd'hui, nous sommes on mesure de dire que si les progrès de l'avenir répondent à ceux du passé, nous pouvons accepter en toute confiance la déclaration du syndicat, qu'à la fin de décembre 1886 le chemin de fer du Pacifique canadien sera terminé d’une extrémité à l’autre. Et, monsieur, l’organisation que la compagnie a effectuée, avec les progrès qu'elle a réalisés, avec los mesures qu'elle a prises pour pousser vigoureusement les travaux, il ne lui faudra pas plus d'efforts pour tenir ca engagement qu’elle n’en a déployés jusqu'ici pour

avrivor où cllo on est, Co korn uno avance do quatro ans ot demi sur l'époque stipuléo au contrat pour l'exécution de l'ontropriso, Et eoux, M. l'Oratour, qui ont eu l'énorme impulsion impriméo à lPavancomont do notro pays par la vigourouse ot rapide poursuite dos travaux jusqu'à co jour, diront avot moi quo dovancor do quutro ans ot domi lour achôvomont co sera conférer au Canada le plus grand avanago possible. On no peut pas diro, non plus, quo l’attonto du gouvernoment ot los assurances que nous donnions à la Chambre n'ont pas été plus que réuliséos.

J'ai déposé sur lo buroau des ronsoignomonts si complots sur 164 progrès do l'entropriso jusqu'à co momont ou jusqu'à la date la plus récento, qu'il no me sora pas nécossairo d'occupor l'attention do In Chambre aussi longtomps quo jo me serais cru juséifiable do lo faire sans cola, Mais jo suis «ûr quo la Chambre me permottra de lui donner dos pièces justilicatives À l'appui des progrès do l'entrepriso ot do la manière dont elle à été poursuivie jusqu'aujonrd'hui. Voici lo rapport du gérant général, sous la date du 1or févrior 1883. Parlant de la scction Fast, il dit:

Dans In division est, vu În nature jinôgale du pays, son accès difficile, la nécessité de vnates explo:ations qui prennent beaucoup de temps, 1l a été impossible jusqu'ici de pousser bien rapidement les travaux de construction ; mais ln voie est maintenant établie, sur la lignemère, depuis Cailander vers l'ouest jusqu’à la rivièro de l’Esturgeon, distance de quarante milles. Le régaluge cest à peu près termiaé sur une distance additionnelle de vingt milles, et est très avancé sur une autre 8a°tion de dix milles. A part cela, il a ét6 fait beaucoup de travaux en fait de deblaiement et de confection du chemin ; 2,300 hommes et 173 attelages sont actuellement employés à ces travaux, et on compte que pendant la présente année le régalnge sera terminé et Ja voie prolongée d’une centaine de milles plus à l’ouest.

Sur l'embranchement d'Alzoma, qui part de Ia ligne-mère à une courte distance à l’ouest de la rivière Wahnapitac et suit de là une ligne très directe jusqu'à Algoma Mills sur le lac Huron, distance de 100 milles, la voie est construite depuis Algomn vers l’est sur une distance de vingtcinq milles; et le régalage du resto de la ligne est assez avancé pour nous permettre de croire qu'il sera terminé et prêt pour les opérations à la fin de la présente session. Cet embranchement offrira pour l'été un raccordement avec la ligne principale à l’ouest de la baie du Tonnerre en attendant l'achèvement de la section du lac Supérieur. 1,050 hommes et 80 attelages sont actuellement employés sur cet embranchkement.

Au cours de la dernière saison, des opérations ont été activement commencées à partir de Prince-Arthur’s-Landing, sur la baie du Tonuerre, vers l’est, jusqu’à la rivière Nipigon. Le régalage est déjà fort avancé, la voie est construite aur plusieurs milles, et on compte qu’à la fu de cette année elle sera terminée jusqu’à 100 milles de Prince-Arthur’s- Landing à l’est. 1,150 hommes et 150 attelages sont présentement employés sur cette section, et leur nombre sera augmenté à l'ouverture de la navigation.

Les explorations préliminaires de la ligne au nord et à l’est du lac Supérieur sont terminées, et elles démontrent au-delà de tout doute la possibilité d'établir la ligne tout près de la rive nord du lac, ainsi que le voudrait la compagnie. L'établissement final de cette ligne avance rapidement, et la compagnie a l'intention d'attaquer vigoureusement.

105 travaux gur Loug log points accessibles nu commencement du prine To bonne partie des travaux dur cette poclion aout très difficiles: mais tenant compto de la valeur concurrente de ln Une directe In plus courte possible, ainsi que de ln valeur capitaliste provenant do l'éconvmie dans lea frais d'exploitation, Ba compmugule à choini sur ectle section, comme sur toutes leg autres, La route ln plis courte, bien que cette der. nière entraine des déboursts immédiats benucoup plus considérables,

Je puis diro, M, l'Oratour, et je lo répole, que le rapide avancement du chemin do for du Pacilique n'a pas do précédent; l'histoire des chemins de for du monde entier no nous offro pus d'exemple d'une entreprise dont loxécrtion ait été poussée avec plus de vigueur à uno extrémité commo celle-ci. On obsorvert qu'on cinquante-trois jours ouvrables consécutifs, du 20 juiilet au 20 septembre, 165 55, milles do voio principale et 8/9; millos de voies litéralos, c'est-à-diro 174%; milles ont été construits sur la Jiggnemûro ; Hoi une moyenne de 5.13 milies do voio principale par jour, o6 on comptant les secondes voies, 3,29 milles par jour ouvrable. Je le répôte, l'histoire des chemins de for n'offre pas d'exemple de progrès aussi rapides réalisés dans la construction d’une grando voie forréo.

Maintenant, M. l'Ornteur, la secondo question importante qu'il s'agit d'aborder, &'eat celle du modo qui préside à In construction du chemin, Je dis donc que, sur co point, j'ai à fournir des preuves que la Chambre n’hésitor: cortainoment pas à acccpter.

J’ai moi-même visité touto Ia ligne, dopuis la Baio du Tonnerre jnsqu'à Winnipeg; j'ai aussi passé sur lo chemin depuis Winnipeg jusqu’à une distance de 470 milles vers l'ouest, où il s'étendait lors do ma visite, l'automne dernicr. L’ingénieur en chof du chemin de fer du Pacifique Canadien a do temps en temps inspecté les travaux, ct il a déclaré, en s'appuyant sur £cs propres obsorvations ct sur celles d'ingénieurs compétents employés sous 64 direction, que ce chemin à été construit d’uno manière admirable.

Mais, M. l'Orateur, jo vais me permettre de communiquer à la Chambre une lettre non-officielle qu'écrivait pendant mon voyago en Angleterre, M. Sandford Fleming, l’ancien ingénieur en chef du chemin de fer du Pacifiaue Canadien,—un monsieur dont l'opinion dénuéo de prévention ct le jugement impartial feront sans doute impression sur la Chambre. Parlant du mode suivi pour l'exécution de l’entreprise, M. Fleming disait, à la dato du 8 août 1582.

Tout ce que j'ai vu, etles progrès réalisés dans la construction du chemin de fer du Pacifique m’ont vivement intéressé. Deux fois j'ai par- <ouru toute la ligne depuis Fort-William jusqu’à l'extrémité occidentale,

vera lo 10tme méridien, co qui, nvee l'embranchement du Pacilique, fuit :— A l'oueat de Winnipeg ss oser screens 250 mis, A l'est de Nelkirh us cesse cessé seems AUD Embranchoment de Pembinn......., conne cms HD NE

815 milles.

qui, parcourus deux fois, font près de 1,709 milles sur Je chemin do fer du Pacilique Cana divn, | .

Personne n'aurait pu cire plus profondément intéressé que moi-même, et je dia donc que l'avancement et ln qualué des travaux ont dépasse mon nttente. | |

Les messieurs qui composent le syndicat exéeutent honnétement leur part du contrat ; ils ont déployé une energie merveilleuse, et ils ont reussi d'une manicre gignnlec, . , .

Je félicite le gouvernement au aujet dela condition actuelle des affaires, et spécialement à l'occasion du progrès du chemin do fer du Pacifique. . .

A Fort-William j'ai appris que le3 travaux de construction étaient pratiquement commencéts jusqu'à Nipigon, et la rive du Inc Supérieur est couverte d'ingenieurs qui établissent la ligne sur les dulférentes sections jusqu'à la rivivre au Pic, : n |

Sur Inprairie la voie eat exhnuasée, comme elle doit l'être, de trois, quatre et cinq pieds, afin de pouvoir être exploitée en hiver, et le personnel actuel en fuit près de 100 willes par mois.

À co témoignago jo vais ajouter celui d’un autre monsieur dont l'autorité on matidrss do chemin do fer sera accoptéo piu' la Chambre et lo public; je veux parler de M, C. J. Brydges, (Quant au chemin, je no puis fairo mioux quo de reproduiro la description que co monsieur en donnait à un reporter du Times au mois d'août dernier.

Le régalage est bien fait, les remblais sont larges et de bonne hauteur, la voie est bien maintenue au-dessus du niveau de la prairie, pas de tranchées nulle part, et de bonnes rigoles pour laisser écouler l’eau, De Flat Creek à Moose Jaw Bone Creck, le régalage est d'environ 17,000 verges au mille. Je ne pense pas qu'aucun chemin de prairie ait jamais 616 construit mieux et d’une manière plus parfaite, et j'en ai vus trés peu, je crois, dans une longue expérience, aussi bien construits, fes rails sont tous d'acier, bien nssujétis à chaque point par quatre boulons et écrous, et les traverses sont au nombre de 2,610 par mille, ce qui donne une grande solidité. Présentement, 4,000 hommes et 2,000 chevaux sont employés à la construction du chemin.

Jo dois ajouter quelo nombre des traverses dépasse la moyenne ordinaire, ainsi que doivent le constater ceux qui sont au courant de [a construction des chemins do fer, et elles assurent davantage la solidité du chemin; que les ponts sont en fer ct on maçonnerie, ot que tout a été mis en œuvre pour faire du chemin du Pacifique canadion un chemin de fer de première classe sous tous les rapports.

Bien que jusqu’à l'époque où le contrat avec la compagnie fut passé nous n'ayons pu trouver, au nord du lac Supérieur, une ligne qui n’eût pas des pentes très prononcées ; bien que sur une distance très considérable après avoir quitté Black Rock, à la tête du lac Nipigon, ces pentes varient de

70 à plus do 90 pieds au mille, ln compagnio a, pour mo acrvir do ln pittoreaquo oxpr'esHion do M. l'lominyr, couvert, grands fraix, lo pays d'ingéniours ot d'arpentours ; ot, nonobstant les sommes considérables d'argent déjà déponkées on explorations, elle a pu établir une ligno qui nous conduit do Montréal aus Montagnos Rochousos sans roncontrer uno ponto do plus do 52 piods au mille. Comme lu Chambre lo verra biontôt, on ne aurait attachor trop d'importanco à la naturo des pentes «ur cotto partio du chemin, “av cost collo sur laquelle il soru do l'intérêt du pays quo lo plus gros volumo do trafié 8oit transporté à moins do frais que possiblo.

Rolativemont à la partio do l'ontroprise qui ao trouvo à Ja charge immédinto du gouvornomont, jo dois dire que là oncoro lo progrès à été très satisfaisant, J£n passant contrat avec la compagnie du chomin do for du Pacifiquo canadion, lo gouvernement s'élait ongagé À transférer, à l'époque spécifiée au contrat, c'ost-à-diro on juillot 1883, los travaux qui se trouvent ontro lo lac Supérieur ot la rividro Rouge, 1l ne s'attendait pas à co qu'il sorait probablomont possiblo— car il n'a pas été souvont possible—do terminor, au temps dit, dos travaux aussi importants ot aussi difficiles, spécialemont dans la section ‘ B”; mais dès lo 1er juillot 1882, los rails étaiont posés, co qui a dontié beaucoup do facilités pour Jo transport du trafie sur lo chemin do la Baio du Tonnerre à Winnipeg, ot lo chomin aurait probablemont été terminé pour le 1er Juillet do cette année, s’il n'avait pas fallu inter. rompro Îles travaux de construction pour accommoder le trafic qui so présentait.

La grande importance d'ouvrir la ligne au trafic entre la Baio du Tonnerre et Winnipeg a porté le gouvernement à prendre des arrangements avec los entrepreneurs qui achevaient les travaux sur la soction “Bet qui étaient tenus do transporter lo trafic on vertu d’une convention, car il était impossible pour les uns d'essayer à exploiter le chemin pendant qu'il était construit par los autres ; donc, des arrangements furent pris pour que les entrepreneurs transportassent le trafic sur lo chemin l'automne dernier. Les centreprenours sont à faire un autre arrangement pour transférer les travaux tels qu'ils sont actuellement—il en reste encore pour $300,000, prix du contrat, pour les terminer—à la compagnie du chemin de fer du Pacifique canadien, qui pourra les achever d’après les conditions de contrat et en même temps transperter le trafic, aussi considérable que celui de l’automne dernier, qui va se présenter, nous le savons, à l'ouverture de la navigation.

À ce propos, j'ai déjà dit à la Chambre, dans une occasion antérieure, que nous nous atiendions à faire une économi

considérable, environ 8900,000 ur lu aection CA," et plus de 81,000,000 ur ln noetion 6137 Jo aus houroux do diro quo ces deux contrats, uno foin 6xéentés, n'auront pas coûté au pays plus que ln rommo apéeiliéo— qu'ils vont, at contraire, laisser uno margo considérable on notre faveur,

Jo auis cortain que cob arrangement va recovoir l4 cor. diale approbation de Ta Chambre, parce quo, sans rion ajouter aux frais publics, nous allons 6tro on mexuro do donner aux populations du Manitoba ot du Nord-Ouest l'avantaso do cos nouvollos facilités de communication avoc les vioilles provinces, hoaucoup plus tôt ct dans dos circonstances beaucoup plus favorables qu'il aurait 616 possible do les établir autrement, Ki, l'automno dernlor, avec un chomin incomplet, avec des moyons do transport très médiocres, mosaicus Manning, Macdonald et compagnie, les ontreprenours de cette partie du chomin, ont pu transporter des marchandikes de Toronto à Winnipeg en six jours, quand auparavant lo même transport on KixX somaincs n'était pas choso extraordinaire, l'importance ot l’avantaso pour lo pays d'ouvrir cette ligno au trafic sont assez évidents pour n'exempter d'insister sur ce point.

Maintenant, M. l'Orateur, relativement aux travaux qui ont restés à la chargo du gouvernement dans Ia Colombie britanniquo, jo suis heureux d'avoir à en faire un rapport également favorable,

Les contrats passés avec les entrepreneurs exigent quo les travaux soient terminés pour le Ter juillet 1885; or j'ai reçu des ingénicurs qui les surveillent, ainsi que de l’ingé. nieur on chef ici, toutes les assurances possibles qu'ils seront finis à l'époque spécifiée, Je suis aussi en mesure do dire, on m'appuyant sur l'expérience d'une autre année, que mon estimation des dépenses nécessités par l'achèvement de ces travaux no scra pas modifiée. -

Sur ce point, l'honorable chef de l'opposition ne partage pas mon opinion, et je ne suis pas surpris qu'il ait récemment cité la compagnie du chemin de fer du Pacifique Canadien en sa faveur, La Chambre n'a pas oublié que lorsque lo contrat fut fait avec la compagnie, j'ai dit que nous donnerions à cetto dernière $25,000,600 en argent et 25,000,000 d'acres de terres, ct j'estimai que 715 milles du chemin à être terminés par le gouvernement, puis transférés à la compagnie—la partie du chemin comprise entre la baie du Tonnorre ct Winnipeg d’un côté, et entre Savona’s Ferry ct Port- Moody de l’autre—coûteraient $2S,000,000. Cette cestimation fut récuséc; on m'a dit que je n'avais pas porté au compto de la compagnie une somme suffisante pour les explorations—quo tous les déboursés faits entre Callander et Port-Moody, et de Victoria à Port-Simpson, une distance

«lo prés de 3,000 milles on longuour et de 500 milles do lurgoutr, du moins on quolques parties, aurniont dû 6tro mis uu compto de 14 partie de l'entreprise que nous transférions à la compagnio du chomin do for du Pacifique Canndon,

Eh bien! M, l'Oratour, je no auis pus do cel avin, fi l'on doit ainsi compter toutes les doponses faites colles du l'ombranchoment do la baie Goorgsionne, colles des nombreux partis d'explorateurs envoyés par lo ppouvornement pour constutér la nature dos Lorres, sans autre rapport avoc aueuno ligne do chemin de fer, quo colui d'augmenter ln valeur do ces torren afin qu'ellos punnent plus fucilementsorvir a en assurer la conatruction—toutes déponnon qui #ont comprises, commo le suit men honorable ami, duus los 835,000, 000 ; à ce compte, dix-jo, il n'est pus étonnant quo la compagnio du chemin do fer Canadien du Pacifique, en 80 présontant sur lo marché monétaire, ait été heureuse de préférer aux miens les exp és fortement coloriés de mon honorable ami lo chef de l'oppouition. était do lPintérèt do la compagnie do #'uppuyer sur uno aus:i haute autorité, ct de roprésenter qu'elle recevait pour $35,000,009 de chemin de fer terminé, au lieu de 828,000,000 comme j'avais prétendu. Mais quand jo dirai à la Chambro que la compagnie du cheinin do fer Canadien du Pacifique a déjà payé sur la diviion est S94,178, et sur la division centrale 8471,798, koït un total do $8565,976, pour explorations re rattachant au choix dun tracé, et qu'elle s'attend à payer 8300,000 de plus avant do terminer le tracé do toute la ligne, c'est-a-dire, que ses explorations doivent lui coûter un total de $865,976, je crois qu'on admettra que je ne pouvais raisonnablement imputer «ur ces deux parties du chemin, ces 85,000,000 ou 806,000,000 dépensées en explorations dans lo cours de plusicurs annécs, ct portées au compte du #“heinin de fer C .nudien du Pacifique.

Voilà l’expliceution que je donne relativement à Ja diférence entre l'exposé de mon honorable ami le chef de l'opposition et le mien, lorsqu'il prétend que les parties terminécs du chemin devraient ètre évaluées à $835,000,090, tandis quo je maintiens, sauf l'explication que j'ai donnée à la Chambre, qu'elles doivent l'être à $25,000,000, Je dois dire en outre, M. l'Orateur, que la compagnie du chemin de fer Canadien du Pacifique est à dépenser une somme d’au moins 8850,000 poursteamers. Déjà elle a pris des mesures pour fairo construire trois puissants bateaux à vapeur pour faire le service entre Algoma Mills ct la baie du Tonnerre,

M. MACKENZIE : Sur les water-stretches ” ?

Sir CHARLES TUPPER : Sur les “water-stretches ”, Je

conçois facilemont qu'il soit presquo impossible d'oxagéror l'importanco qu'il peut y avoir pour le pays, pendant Ion trois ang ot demi où qualro ans quo va prondre ln construction du chomin au nord du lac supérieur, d'utilisor Jos moyens de communication rapido, commode ob pou dispondicux qu'offre la navigation, On s'attond quo grâco à ln construction 0 ces #tounors, lo voyage d'Algoma-Mills à Princo-Artlar’s-Lunding 80 fera on moins do vingt-quatre houros ; ot on conséquenco, les immigrants qui arrivont à Québoc, pourront à dos frais relativomont peu considérables, go rendre à la Baic-dulonnorre ct pénétror dans lo cœur do notre pays, sans avoir à prondro lo long oë hasardoux détour qu'ils font aujourd’hui à travors los tats-Unis avant d'arrivor au Nord-Oucst, Si jo montionno cela c’est pour faire voir quollo viguour la compagnie du chomin de fer Canadion du Pacifique déploio non-sculomont dans l’oxécution des travaux qu'ello a entrepris par son contrat avec le gouvornement, mais pour le développement du pays, ct l'établissement de moyons de commumeation commodes ot pou dispendicux, Ju distance ontro Callandor-Station, Ir têto do ligno du chemin de fer Canadien du Pacifique proprement dit, et Port-Moody, vid la Passo du Cheval-qui-ruo, (Kiching Horse Pass), sera de 2,528 milles, ce qui est un avantago do 119 milles sur Ja route de la Passe do la Tête-Jaunce, et do soixante-dix-nenf milles sur celle do la Passo du Cheval-qui-rue et du grand coude do la rivière Columbia—c'est-àdiro en passant à travers la chaîno Selkirk après avoir traversé la passe du Cheval qui-ruo, ot allant directement à Kamloops, au lieu do faire le détour par la Passe de la Tête-Jaune, ou bien de prendre la route du grand coudo do Ia Columbia, qui pour être moins détournéo l’est cependant oncore beaucoup. Je sais bien, M. l'Orateur, que mon honorable ami et prédécesseur va élever de fortes objections à propos des rampes, Je sais combien il s’est déjà montré rigoureux dans ses opinions à co sujet, et je n’ai pas oublié ce qu’il a dit quand le bill à passé dans cetto Chambre, relativement À {a question de donner au gouvernement Je pouvoir d'abandonner la route de Ia Passe de la Tête-Jaune pour une autre passant pius au nord.

Je sais combien l'honorable monsieur attache d'importance à la question des rampes; etila raison. Il n'y a pas de doute que si une rampe de 116 pieds au mille, comme celle qu’il est question d'adopter, se rencontrait sur le chemin entre les Montagnes Rocheuses et Montréal, l'objection serait très sérieuse; mais mon honorable ami s’accordera à dire avec moi, j'espère, qu'il est loin d’être aussi

fâchoux do rencontror do fortes rampes à l'oucst des contreoforts dos Montugnes-Rocheuses, où l'on no pout s'attondro quo, d'ici à plusicurs ann6os au moins, lo volumo du commorco 8oit comparable à celui qui va se fuiro ontro Lo grand Nord-ouost ob lo port de Montréal, Mais le désavantage d'uno raumpo do 116 pieds au mille se touvora controbnlancé, jo crois, par lo raccourcissemont do la distunco, Je n'ai pas besoin de m'élendre longuement sur co sujet, qui & déjà été traité dans lo rapport de ladministratour général, que j'ai présenté à cetto Chambre ot qui a été imprimé. Jo domande la pormission d'en eiler quelques liggnos :

A partir du sommot des Montagnes Rochouscs, en descendant à l'ouest jugqu'à la vallée de In Columbis, on peut obtenir une pente maxima de 90 pieds au mille, mais cela entrainerait des courbes excesgives, augmenterait considérablement la distance ct les trais, et né. cesgiterait le double dn temps pour la construction ; or, comme dung tous les cas l'assistance de locomotives de remorque serait nécessaire, j'ai cru qu'il scrait mieux d'adopter des pentes plus raides et plus courtes, et la route la plus courée possible. Cette partie de la ligue, selon le tracé choisi, est inévitablement très âpre, mais très directe, et les fortes rampes (116 pieds au mille) sont relativement courtes.

J'ajoutorai, M. l'Orateur, que par le plan que j'ai mis devant Ia Chambre et où ces rampes se trouvont indiquées, on voit qu'on allant vers l’ouest, il cost uno distance de cinq milles sur laquolle la montée est de 75 pieds au mille en atteignant le sommet des Montagnes Rocheuses, à la Passe du Cheval-qui-ruc. On croit quo cotte rampe peut êtro évitée, ot il sera fait des cfforis pour qu'elle le soit. De là en allant vers l’oucst, il ne resto qu'une montée de 116 pieds au mille sur une distance de vingt milles, En allant vers l'est, ce qui a moins d'impcrtance, comme je l'ai dit déjà. parce que le trafic sera indubitablement moins considérable, il n’y aura que deux montées do 116 picds au mille sur une distanco de vingt milles chacune, distanco très commodo pour le service d’une locomotive de remorque, commo peut l'attester quiconque s'entend dans la science des chemins de fer.

M. CIARLTON : Deux distances de vingt milles vers l’est ?

Sir CHARLES TUPPER : Oui, deux montées vers l’est; mais une seule de 116 pieds au mille sur vingt milles vers l’ouest, En allant à l’est, il y en a deux.

M..BLAKE : Du côté ouest des Montagnes Rocheuses ?

Sir CHARLES TUPPER : Oui. Jo puis dire que sous ce rapport le chemin de fer Canadien ne le cède à aucun des autres chemins du Pacifique. Sur le Northern Pacific, les

rampos attoignont jusqu'à 128 ot 130 piods au millo. IT cst bion connu que xur lo Central, qui est la continuation do P'Ünion Pacilie, il «0 rencontre souvent den rampes do 116 pieds an mille; ot copendant, comme on sait, on a pu faire sut l'Union et Central Pacific des voyages très rapides quand l'ocension s'en ost présentéo, J'ai des renscignemonts au sujet d'un bon nombre de chemins des Etats-Unis qui font un commorco énorme, ot «ur lesquels il #o roncontro des rampes aussi fortos où plus fortes que cellos dont j'ai parlé eomme devant probablement «eo rencontrer snr la voie do la Passo du Choval-qui-ruo et de la chaîne «lo Selkirk,

Mais, M l'Oratcur, la localisation do la ligno tollo qu'arrètéo—de 119 milles plus courte que celle de la Grando Courbe do la Colomhie—ne fera pas qu'abrégor la distance, sauvor lo tomps et réduire lo prix du transport du fret ot des passagers, mais colle rendra encoro un grand service au pays.

Par la Passe do Ia Téte-Jaune, nous arrivons dans une région, pour le moins diro, très peu attrayante jusqu'à Kamloops ; en entrant dans les Montagnes Rocheuscs, à la Passe «do la Têto-Jauno jusqu'à Port Moody, il y a comparativement pou de terro propre à la colonisation, D'un autro côté, comme mes honorables amis de Ia Colombic britannique peuvent le démontrer mieux que je ne puis lo faire moi-même, la localisation do la ligne telle qu'arrètée par la Passe du Cheval-quiruo et les montagnes de Selkirk nous amenera dans la région do Kamloops, où se trouve la plus grande partie de Ia Colombio britannique propre à la colonistion.

La valour des terres situées le long de cetto ligne sera pour le gouvernement immensément plus grande que celle des torres situées lo long de la ligne choisie d’abord, Aussi suis-je convaincu quo plus on examinera la question, plus on trouvera qu'il est dans l’intérèt du Canada d'adopter cotte ligne plus courte. Nous croyons être en état, en adoptant cetie courte ligne ct en construisant le chemin de fer Cana. dien du Pacifique aussi parfaitement que nous le faisons, non-sculement de fournir la meilleure ligne de communication avec l'océan Pacifique, la ligne la plus courte, la moins coûteuse et Ja moilloure pour les habitants de New-York, mais même de desservir on grande partic le trafic entre Chicago et San Francisco au moyen du chemin de fer Canadien du Pacifique.

Au point de vue national il est impossible de surfaire l’importance qu'il y a pour nous d’avoir la ligne la plus directe et la plus rapide, vu la concurrence que nous faisons, comme le savent les honorables messieurs, avec le chemin de fer Amé-

ricain du Pacifique ilué à quelques containos de millos #oulement plus au sud quo lo nôbro ot qui—jo nolo dis pus avec plaisir mais avoc cortitudo—1 dos rampes boaucoup plus raidos que n'a la ligno dont je purlo, La localisation do la ligno a été approuvée oxcopté do In rivièro Wanapitw à ln rivière Népigon dans Ia soction orientulo, distanco do 483 millos,

Comme jo l'ai déjà dit, le gouvornemont n 6t6 excossivemont hourcux d'apprendre que grâce à sos offorts ot à 808 grandos déponsos, la compagnio du chemin de for Canadion du Parifiquo a réussi, pour co qui à trait aux difficultés à vaincro ot qui nous sont connues, à localisor la ligno infinimont micux quo lo gouvornemeont n’a jamais pu lo faire en cotto région— une ligno, commo jo l'ai déjà dit, qui nous pormottra de passer du pied des Montagnos-Rochousos jusqu'à Montréal, sans rencontror do rampes s'élovant à 53 pieds par millo.

Des partis d’explorateurs sont maintenant à l'œuvre aux doux extrémités de cotto soction, longuo do 483 milles, ct la localisation do la ligne sora complétée durant la saison couranto, Non-sculemont il a été trouvé des rampes boaucoup plus faciles, mais le caractôro de cetto région a été roconnu supérieur à tout co quo nous pouvions désirer.

La région déjà ouverte par la ligne en opération, jusqu'à la rivière à l’Esturgoon, ronferme les plus belles forêts qui se puissont voir au Canada; les mines qui sont actuelloment cxploitées sur la ligne du nord du lac Supériour à Prince- Arthur’s-Landing promettent de devenir prochainement une grande source do richesses pour le pays et de fournir un trafic considérable au chemin de fer Canadien du Pacufique.

Do l'endroit où lo chemin de fer traverse la Saskatchewan du Sud jusqu’à Savona’s Ferry, il reste à localiser 660 milles. Je no devrais pasdiro qu'il reste à localiser, car Ia ligne l'est déjà sur un parcours do 300 milles au sommet de la passe du Cheval-qui-rue; il ne reste plus qu’à comrléter les plans pour que la localisation de ces 300 milles soit approuvée par le gouvernement.

Gomme je l’ai déjà dit, s’il s'élevait des difficultés imprévues dans la localisation de la ligne au-delà de Ia Passo du Cheval-qui-rue jusqu'au point où nous ne trouvons plus de rampes élevées ; si, dis-je, nous trouvons de plus grandes difficultés que celles que d’après le major Rogers doit offrir le passage des montagnes de Selkirk, il sera parfaitement possible encore de localiser la ligne en contournant la grande courbe de 1a Colombie et de la raccourcir considérablement, comparativement à ce qu'aurait été celle par la Passe de la Tête-Jaune. Les explorateurs partis de l’est et ceux partis

do l'ouest doivont so rencontrer ; ils ont déjà commencé lours travaux du sommet des Montagnes Rochousons à Kamloops. On #'attond à co que durant ln présente aison, nou-noulement ln localisation do la ligno sora complétée, mais à co quo, grâco aux facilités qui «eront prochtinemont données à l'avancement des travaux tant à l'ost qu'à l’ouest, la compagnie réussira, comme jo l'ai déjà dit, sans qu'il fui en coûte plus d'efforts: quo par le passé À compléter d'un bout à l'autro lo chemin de for Canadien du Pacifique à la fin de décembre 1886. Ta voio est consiruito sur un parcours total do 2,528 milles. lle l'est suflisammont bien pour permettre la cireulation des trains :—do Callondar à la Rivière do l'Esturgcon, sur 40 rnilles ; do l’est do lu rivièro au Courant Rapide à Princo-Arthurs-Tanding, sur 6 milles ; de Princc-Arthur’eLanding à la rivière Rougo, sur 432 milles ; do [a rivièro Ronge 4 la station Calloy, sur 626 milles, ot sur 28 milles dans ia Colombie britannique. 1,132 milles sont done en état do permettre la cireulation des trains, tandis que 1,396 milles n'ont plus qu'à ètre garnis de rails. Do Callendar à Montréal, la voie est construite sur uu parcours de 317 milles, ce qui porto à 2,875 milles la longueur totale de la voie ferrée construité entre Montréal et Port-Moody.

On me permettra peut-être à ce eujet d'attirer l'attontion dela Chambre un moment eur un passage du prospectus de la compagnie du chemin de fer Canadien du Pacifique concernant l'avantage do cotte ligne comme ligne directe.

C’est une chose digne de remarque que la distance de New-York à San-Francisco par la plus courte ligne qui soit aux Etats-Unis est de 8,331 milles, tandis que par le chemin de fer Canadien du Pacifique, de Montréal à Port-Moody (sa tête de ligne sur le Pacifique), elle sera de 2,906 milles.

Des explorations plus récentes ont fait réduire cette distance à 2,835 milles depuis la publication de ce rapport.

Et de New-York vi Brockville et le chemin de fer Canadien du Pacifique, elle sera de 3,164 milles ; que de Chicago à San Francisco par la plus courte ligne des Etats-Unis, la distance est de 2,408 milles, tandis que de Chicago à Port Moody wià les chemins de fer Saint-Paul, Winnipeg et Pacifique canadien, elle sera de 2,342 milles. Vu la direction prise par les vapeurs sur l'océan Pacifique et l'océan Atlantique et la courte ligne de ia compagnie sur le continent, l'achèvement de cette dernière abrégera de beaucoup la durée du voyage entre les ports de la Chine, du Japon et ceux d'Europe. Grâce à ses avantages au point de vue de la distance, des faibles rampes et de l'usage de sa propre voie ferrée d'un littoral à l’autre, le chemin de fer du Pacifique sera certainement en position de desservir sa pleine part du trafic venant d’au-delà de l'océan Pacifique de même que de celui d’nne partie considérable du littoral même de cette mer.

Je puis ajouter qu’en outre de la voie principale la compagnie du chemin de fer Canadien du Pacifique complétera

bientôt 281 millos de voies de raccordement ans qu'il en coûte rien au gouvornemont, Do plus, 100 milles du prolongemont du chemin de fer Sud-Occidental et 180 milles s'étendant du chemin do fer Pacifique aux houilläros do la rivière Souris Hont déjà localisés ot seront construits, jo non ai pag le moindre doute, d'ici à deux ans. Cela augmentora do boaucoup avoc cotto région les communications par chemin do fer, aussi utilos au développement et à la colonisation du pays, &i non plus, quo la construction mêmo du chemin de for Canadien du Pacifique.

Los subventions accordées par le gouvernement sans comptor les avances aur les rails, ont été, sur la soction cst— 40 milles—de $615,384, et do 384,600 acres do terre. Sur la soction centrale—G01 milles—(il a été ajouté 20 milles dopuis que le dornior rapport a été déposé sur lo buroau de la Chambro dans lo cours do la semaine dernidre, ce qui porte lo nombre des milles de cetto section à 601) les subventions ont été de $6,010,000 et de 7,500,000 acres do terre. Ainsi il a été payé en argent $6,625,384, ot en terres 7,872,100 acres.

Les paiements faits par lo gouvernement, y compris $1,218,627 d’avances aur les rails, forment uno sommo totalo de 87,874,011. Il a été dépensé par le gouvernement sur la soction du lac Supérieur, jusqu’à la date du dernier rapport, le mois dernier, $13,273,500, et sur la section de l'ouest, jusqu’au 31 janvier 1883, $5,412,500, co qui fait ane somme totulo de $18,786,000. À cela je dois ajouter le coût de l’embranchement de Pembina, soit $1,480,583. Le coût de ces travaux pour lo pays—ct je n’y inelus pas les dépenses des explorations faites dans tout lo territoire depuis tant d'années, mais la partie seulement qui se rattache à ces travaux particulicrs—s'élève jusqu'aujourd'hui à $20,266,883 pour les deux sections. La dépense totale, y compris les subventions en argent payées par lo gouvernement jusqu'à date, est conséquemment de $28,140,894.

Maintenant, je puis remarquer en passant, M. l’Orateur, que la compagnie du chemin de fer du Pacifique a dépensé jasqu’au 31 mars pour la construction du chemin de fer du Pacifique et des embranchements à l’ouest de Callander, sans tenir compte du tout des sections en cette partie du pays, la somme de $24,571,412. J'ai obtenu cette information aujourd’hui par une dépêche télégraphique de M. Drinkwater, le secrétaire de la compagnie, et je la communique à la Chambre parce que, comme je l'ai déjà dit, je m'empresse de lui communiquer aussi en détail et aussi vite que possible toutes les informations quo je pense obtenir concernant cette importante entreprise. La ligne en opération à l’ouest de Win-

nipog s'étend jusqu'à la rividro au Courant Rapido—distunco de 512 milles. .

Maintenant, M. l'Ornteur, quo j'ai donnéo uno idéo des travaux necomplis ob du coût do l'ontrepriso pour le pays, jusqu'aujourd'hui, je forai uno potite digression pour relever plus brièvement quo jo no l'autais fait autroment, vu lo mauvais état do ma #anté, cortuinos remarques fuites par mon honorable ami lo chef do l'opposition. Jo romarquo, M. l'Oratour, qu'il a été montré bonucoup d'anxiôté—je no dirai pas par l'organe de l'honorable monsiour, mais par los principaux organes do l'opinion publique roprésentant los vues des honorablos messieurs de l’opposition—à m'ontendro ou à ontondre lo gouvornement répondre à ses doux intéressants discours dans lo cours do cotto scssion concornant lo chemin de fer du Pacifique. Ils ont somblé anxieux do no pas voir passor sous silonco cos discours, qu'ils congsidéraiont comme dos actes d'accusation écrasants contro le gouvernement.

Mais, M. l'Oratour, je ne crois pas qu’il soit nécossairo du tout de répondre à ces discours. Je n’ontends nullement blesser mon honorable ami en disant cela. Tout le monde sait on effot que la manière dont il s'intéresse à cotto question ct le soin qu'il met à so rensrignor sur tout co qui s’y rattache donnent une très grando importance aux vues qu'il exprime à la Chambre sur cette question, Maisil y a une raison suffisanto pour no pas répondre à ses discours ; une réponse leur a déjà été donnée. C’est vrai quo l’honorable monsieur à communiqué à ln Chambre le prospectus de Ia compagnie du chemin do fer Canadien du Pacifique et a peint la position ct les chances de cetto grande entreprise, tant en cette Chambre quo dovant le pays par l'intermédiaire de la presse, sous des couleurs encore plus vives que ne l'a jamais fait la compagnio elle-même, Je ne crois pas —je le répète—être tenu d’y répondre, pour la raison que si brillante qu’ait été la peinture faite à la Chambre par mon honorable ami du marché avantageux obtenu par la compagpie aux dépons du pays, si brillante qu’ait été la peinture faite par lui des millions de profit que cette compagnie allait tirer du pays, si brillante, dis-je, qu'ait été cette peinture, clle était bien pâle comparée à celle faite un an auparavant. Il s’en faut de toute facon que son discours ait été aussi brillant que celui fait avec autant d’habileté et autant de conviction lors de la dernière session. Quand j'aurai fait remarquer à la Chambre qu'il y a un an, en manipulant les chiffres, mon honorable ami avait porté le prix des‘ terres à $3 au $4 l'arpent, et que maintenant il en fixe la valeur à $2.68 l’arpent, on comprendra qu’au lieu d'aug-

montor lu force do son discours il l'a diminuée. Mais quel a êté lo résullut do co discours si fortement colorié, prononcé ar l'honorable monsiour en cette enceinte, et distribué par hi presse dans tout lo pay#? L'honorablo monxieur a ou uno réponso ; ilon n oblenu une duns Ka propro provinco, Dans lo centre môme do son influence, uno majorité écra. ganto a envoyé on cotto Chambre des députés pour appuyer lo gouvernoment ot #4 politique concernant lo chomin de for Canadien du Pacifique, Dans l'Ile du Prince-Hdouard, l'honorable monsieur n’a pas été capablo d'obtenir une majorité.

M, BLAKE: Œcoutez! écoutez!

Sir CHARLES TUÜUPPER : Oui, M. l'Orateur, dans l'îlo du Princo-Edouard, où l'honorable chef du parti conserva tour avait été défait, où lo parti avait été laissé sans chef, malgré tous les avantages, l'honorable monsicur n'a pas été capable d'obtenir uno majorité on cette province ct n'en pout compter ici.

Do mème dans la province do la Nouvelle-Bcosse, ics deux tiers des représentants du peuple nous #ont revenus pour endosser Île contrat du chemin do fer du Pacifique, malgré que les discours do l'honorable monsiour faits l'an passé étaient de beaucoup plus forts que ceux faits cotto annéo,

La mème chose au Nouveau Brunswick, considéré lo porte-étendard de l’opposition; lo peuple a éln deux fois plus de députés pour appuyer l'honorable ministre des Finances qu'il n'avait fait précédemment. L’honorable monsiour sait que dans la provinco do Québec les rouges ont disparu. Je no dirai pas quo le rouge a disparu complôtemont, mais il s'est effacé devant le bleu.

Dans la province d'Ontario, avec la question des droits provinciaux et cello des frontières pour agitor, excitor et influencer le peuple, même là, l'honorable monsieur n’a pu obtenir même une proportion égale des représentants de cette province pour condamner le contrat du chemin de fer Canadien du Pacifique.

Ainsi, M. l’Orateur, je dis que si son discours n'avait pas provoqué de moi une réponse, il n'aurait pas été sans en avoir obtenu une cependant, parce qu’il a provoqué la meilleure ct la plus efficace de toutes les réponses—le verdict d'un peuple libre et intelligent sur une exposition de la cause, bien plus forte que celle que l'honorable monsieur, avec le prospectus de la compagnie du chemin de fer du Pacifique en ses mains, n’a pu faire devant la Chambre.

Que prétondil, M. l'Orateur ?

L'honorablo monsieur dit quo Er compagnie du chemin do for Canadien du Pacifique à fait uu profit, qu'il pout maintenant étblir, pur lo prospectus qu'elle & publié ot pur les prouves qu'il a, sélovant à 537,000,000, qu'il établit ainsi. IL ont prouvé, ditil, par los ventos do tovres de la compagnio da chemin do for Canadion du Pacifiquo, quo lu valour actuelle dos torres do la compagnie cat do $2,68 l'acre, ob qu'on conséquenco, par ln subvontion do 25,000,000 acros do terro, lo gonvornement a payé à ln compagnie $67,000,000. Les recobtos do la compagnio, ajoutot-il, en comptant la subvention do $25,000,000, la valour des chemins de for du gonvornemeont, 835,000,000, y compris los $6,900,000 pour explorations, qui n'ont pas été dune grando valeur pour la compagnio, ainsi qne je lai démontré, bien qu'elle l'ait ineluxo dans kon prospoctus, ct lo prix des terres déjà vendues, $17,300,000, s'élèvont à 877,300,000, Le, valeur dos terres non encore vendues s'élève, dit-il finaloment, à $19,500,000, ce qui porte les rocottos do la compagnio À $126,800,000. Maintenant, M, l’'Oratour, quand j'ai discuté Ia question du contrat du chomin do fer Canadion du Pacilique on cotte Chambro pour ja promidro fois, j'ai basé mos calculs sur $1 par “re. Qu'est-co qui m'autorisait à considérer quo les torros pouvaient raisonnablemont être évaluécs à ce prix? Lin promior licu, j'avais pour appuyer mon évaluation une déclaration remarquablo se rattachant à cotte question faito par lo dernier ministro des Finances on cette Chambre. Jin vertu do son contrat fait avec le gouvernement pour la construction de l’embranchement de Ia baio Creorgionne, M. Foster devait recovoir du gouverneraent une certaine sommo d’arsent et 20,000 acrces de terre par mille pour cette voice forrée.

Comme l’a déclaré alors mon honorable ami lo chef du gouvernement, ce dernier n'avait pas d'autres terres que celles du Nord-Ouest, et ces 20,000 acres do terre devaient être pris conséquemment dans le Nord-Ouost. M. Foster s’est cfforcé de remplir ce contrat après l'avoir fait avec lo gouvernement. Ïl alla à New-York et essaya d'obtenir de l'argent en Angleterre; il no put trouver les moyens de remplir son contrat, Ils’adressa de nouveau au gouvernement, et comme l’a oxpliqué le dernier ministre des Financos, il Ini dit: “Si vous m'’allouez 20 cts, par acre et que vous mo donnicz l'argent, je vous remettrai les terres et : remplirai le contrat.” Le gouvernement refusa.

Donc l’ancien gouvernement refusa de considérer quo les terres du Nord-Ouest valaient 20 cts. de l’acre lorsqu'il y avait à choisir dans toute l'étendue du pays et sur 1,500,000 d’acres, et mon honorable ami le chef du gouvernement d'alors

a donné uno raison très 8uffisanto pour Ia ligne de conduit qu'il avait adoptéo, c'est que lo pays était alors si éloigné ot d'un aceôs si difficile qu'il n'était pas aisé do lo faire colonier,

Mais je tions dans ma muin un rapport do tout lo torrain vondu dopuis 1872, lorsque nous rommos outrés en possossion du pays, jusqu'en 1830. Quelle était alors La valeur des terros dans In condition où #0 trouvait lo pays? Co rapport indique quo pondant toute cotlo périodo lo jjouvornoment « disposé en préomptions ot on vontos pour serip ct pour argont, 1,929,619 ncros do terre, Combion d'urgont a-til reçu pour cola? Il a reçu $251,777.50, ot il lui était dû 8356,76 1.23, soit on tout, do l'argent comptant au montant do 5608,538.73, s’il l'avait tout rotiré. Combien cela faisuit-il pau acro ? Colu équivalait à 314 cts, par acro.

M. MACKENZIE: Coïia comprend la préemption ?

Sir CITARLES TUPPER: Oui, cola comprend la préemption. Le montant total reçu ou devant ètro reçu—car uno grande partie a été vonduo à crédit, commo jo lui expliqué—pour les terres priscs par préomption ot Jes torros venducs pour du scrip ct do l'argent, n’a été quo do 311 cts. par acre, ct los dépenses une fois déduites, cola se réduisait à 20 cts. par acro,

M. CHARLTON : Vous comptez le scrip comme argent comptant.

Sir CITARLES TUPPER : Je compte le scrip commo argont comptant. Le scerip ot l’argont comptant so sont élevés en tout à moins do $1,000,000,

Dans ces circonstances, il no nous a pas paru quo nous fussions loin de la vérité on incluant les terres à 51, Mais supposons que ces terres aiont augmenté do valeur. Qui les a fait augmenter, j'on appelle à mos honorables amis du Nord-Ouest, et sans m'occuper de savoir à quel côté de la Chambre ils appartiennent. Je ne prétends pas dire quo je n’aimcerais pas à les voir tous siégor de ce côté de Ia Chambre, car cela me forait beaucoup de plaisir, et je ne crois pas qu’il y ait dans ce parlement des représentants à la reconnaissance desquels le gouvernement ait plus de droits qu’il n’en a à la reconnaissance des représentents do cette région ; mais j'en appelle à ces honorables députés, et je leur demande de dire quel a été l'effet produit sur la valeur des terres du Nord-Ouest par la vigueur avec laquelle les travaux de cette grande entreprise nationale ont été poussés. Simon honorable ami est capable aujourd’hui de me débiter de $2.68 l’acre pour les terres, il ne peut le faire qu'en con-

séquenco do la politique vigourouse quo nous avonx Huivia rolttivement à cotto entreprise, on conséquence du contrat même qui a été passé avoe la compagnie du chomin do for Canadien du Pacifique, ot en conséquence de ln manidro dont cotto compagnie remplit les conditions du contrat on question,

D’après mon évaluation, «i l'honorublo député compte commo argent comptant lanubvention de $825,000,000 et les Lorros à 82.68 l'acre — j'aurai tout à l’houro quelque choso à dire à co sujet,—cola lui donne pour les terres $67,000,000. Jo compto encoro à $28,000,000 le chemin construit par le gouvernement,

Cels fait un total de $120,00,0000. Mais supposons que l’honorable député puisse induire quelqu'un à croire qu’il sorait juste de débiter cotto entreprise des $5,000,000 ou $6,000,000 dépensés on études de lignes jusqu'à Port-Simpson ou à Buto Tnlet, aux baics de James ot d'{ludson, sur toute l’étenduo du pays ot dans toutes les directions, cela no ferait oncoro que 5126,000,000.

Maintenant, co montant, d'après ses propres chiffres, est la limito extrèmo de co que l’honorablo député pont mettre au débit du gouvernoment pour la construction de cotte voie ferrée. C'est là le compte de l'honorable député lui-même.

Supposons que nous payions les $126,600,000, supposons que nous acceptions sa propro estimation do lu valour des torres—jc vais démontrer tout à l'heure combion cette estimation est extraordinaire, -qu’est-co quo cela prouverait ? Cela ne donnerait en fin de compte que le montant que l’honorable député, après des années do recherches et d'études, a déclaré devoir coûter au pays pour la construction du chemin do fer du Pacifique canadien.

L'honorable député voudrait maintenant nous faire croire que nous avons fait un marché extravagant avec la compagnie du chemin de fer du Pacifique canadien, que nous avons fait à cotto dernière un présent do $37,000,000. Si c’est le cas, personne n’est à blâmer autant quo l'honorable député lui-même, Si nous n'avons pas fait un marché plus avanta. geux, c’est que lo gouvernement dont il a été longtemps l’un des membres, a nié la possibilité de construire le chemin de fer dans un délai convenable, puisqu'on ne pouvait amener l'honorable député à croire à la valeur des terres de co pays.

Si nous n'avons pas conclu un marché plus avantageux, personne n’en est plus responsable que ces messieurs, qui, lorsque le gouvernement leur a demandé Jeur appui pour lui permettre d’affecter 100,000,000 d’acres de terres dans le Nord-Ouest à la construction du chemin de fer du Pacifique canadien, l'ont embarrassé chaque fois-que: l'occasion s’en

eat présontéo, Lorsque nous avons fait co contrat, nous oHpôrions quo nous enlèverions do l'arène politique li quostion du chomin do for du Pacifiq'io canadien, Nous fvons cru quo lPuno des plus grandos difficultés quo nous éprouvorions commo gouvornomont, À fairo continuor les travaux, proviondrait de limportunce qu'il y aurait pour lo honorables mombros do l'opporition de nous crécr des ombarras ot do noux ompèchor de pousser lex travaux aussi vigourousomont qu'il était nocossairo, et nous cspérions qu'on faisant un contrat avoc uno compügnio composée principaloment don amis do l’honornblo député, quo nous scloindrions dans ln discussion uno phase tello qu'elle sortrait do l'ardno do lu politique do parti,

Malheurousomont nous n'avons pas pu atloindre notre but, Lorsque j'étais ici demandant à la Chambre do m'aider comme ministre dos Chomins do for, à continuer Ia construction ; lorsqno j'ai dit qu'on vuo d’apaiser toute hostilité vonant do Îa part des honorables membres do l'opposition, qui s'opposaiont quand même à la construction do Ia voie fcrrée, quo je mo proposais d’abord do faire ouvrir cotto région dos prairios, où, d'après co que dit maintenant l’horable député, les travaux auraient dû dôs l’abord êtro poussés vigourousement par lo gouvornoment, l'honorable député m'a-t-il appuyé? Non, il a traité co chemin que jo me proposais do construire commo étant indigne du nom d'un chemin de for. J'ai été forcé d’admettro ot j'ai admis que je me proposais de construire d’abord le chemin de for lo moins coutoux possiblo, afin d'ouvrir lo pays à la colonisation, afin d'y faire venir des gens qui pourraient appuyer un chemin de for, L’honoroblo député a dit on cotte occasion :

De plus, naturellement, le trafic d’entier parcours dépendra du fuit que le chemin sera de première classe, et nous devons nous rappeler qu'après

que nous aurons dépensé tout ce que propose l'honorable député nous aurons non pas un Chemin de fer du Pacifique, mais un chemin de fer de

colonisation.

Il condamnait mon plan, qui consistait à construire un chemin de fer dans la région des prairies pour y attirer des colons, Que disaitil encore ? Il disait à la Chambre, au pays, par l'intermédiaire do la presse, quel danger nous courions, d’après lui, grâce aux proportions énormes dos travaux que ie gouvernement ontreprenait ; cb ayant eu l’avantago de se procurer les calculs faits par son collègue l'honorable ministre des Travaux publics, mon prédécesseur, il donnait à cette Chambre un calcul exact et soigné de ce que coûterait à la population du pays, non pâs un chemin de fer de colonisation, mais un chemin de fer du Pacifique canadien, digne de ce nom. Ji disait:

CA

5) sd

D'après l'ancion 8yatémode construction, eetto section centrale cofitur cuit, y comprit l'autre urtiele que j'ai mentionné, on tout, nu delt dé #42,600,000, en Lulssunt do cote lus deux extrémités,

Do sorte que l'honorable député fui-méme a déclaré do ln fagon la plus formelle, aprôs des années d'étados, après dix annécx d'études de colle question, avoue touto l'astuco quo l'honorable député emploi toujours pour traiter toutes 164 questions qui 89 présontent dovant ln Chambre, que a nection do ln prairie coûtornit $42,500,000, on mettant à aon débit los $6,000,000 préalablement déponsés on études de lignes, Que dinuit-il encore ? M, l'Orateur, voici co qu'il disuit :

Combien coûteront les extrémités ? S45,000,000 représentent, comme Jo l'ai dit, le coût de la ligne entre Edmonton et Burrard fnlet à l'ouest :

ct du Fort William à Nipisangue à lest, l'honorable député de Lambton vstime qu'il y & environ 656 milles...

Fi nous constatons encore qu'il y a 650 milles

Qui cofteront #42,500,000. Ainsi lea deux extrêmitéa forment en tout #77,000,000 ; Lo centro et Les dépenses déjà faites, $42,500,000, formant un total du 120,000, 000,

Ainsi, jo dis qu'en supposant que l'honorable député püt nous débitor do $2.68 l'ucre pour les terre, lo paiement fuit à ces mossiours pour la construction d’un chemin do fer du Pacifique canadien sorait do $120,000,000 ; ct l'honorable député dit ici quo lo montunt minimum de la somme pour laquelle Ie chomin do fer du Pacifique canadien peut être construit est do $120,000,000. T’honorablo député de Lambton 4 ajouté $1,500,000 pour les déponses imprévues, je suppose, co qui forme $121,500,00.

Et copondant l'honorable député, maintenant qu'il sait qu'on est à construire le chemin commo chemin de for de premiôre classe, maintenant qu’il sait qu’il n’y a sur ce continent aucun chemin qui sora meilleur que ‘e chemin do fer du Pacifique canadien lorsque ce dernior sera terminé, de la façon dont on le construit maintenant, devra admettre que la marge des profits n’est pas aussi lorgo qu'ii l'a prétondu, et que même d'après sa propre évaluation le montant pour lequel le gouvernement a assuré la construction du chemin est un montant juste ct raisonnable, car il ne faut pas oublier que dans plusieurs des autres calculs faits par les honorables députés des.deux côtés do la Chambre, il a toujours été admis que, d'ici à de longues années, il sera impossible d'exploiter une ligne d’entier parcours sans qu’il en coûte des sommes considérables,

Qu'il mo soit permis de dire un mot ici de ces $25,000,000 que l'honorable député dit que lo gouvernement a donnés à la compagnie pour la construction du chemin. Je dis qu'il

oo

éi)

y un pas un homno intelligent on eetto Cluunbro, pra un honorable député, & quelque eèté de ln Chambre qu'il appartionne, qui no dise qu'il oùt 6 age, dan l'intérôt du pays, lorsque noux avons complété 715 milles do chomin de lo, d'engagor quelques particuliors pourvus d'amplen ror. soureos à équiper 66 à exploiter To ehomin sans rion nous demander pour con, De gorto quo lon 835,000,000 ont été sagement dépensé, en tant que les intérèts du publie ot du pays sont concornés, pareo quo l'honorable député ait que les comparnion ou les particuliers avec fosquols il coopérait ont reculé dovant Ia tâche de construire cotte partie du chemin de fer du Pacifique canadien depuis Je pied des Montagnes Rochouses jusqu'aux rives do Port Moody, aur l’oréan Pacifique.

M. l'Orntour, jo vais prendro l'honorable député d'une autro manière. Commo je lai dit, nous avons lavantuse et nous avons eu le grand avantage en faisant ve contrat d'entendre exprimer les vues des honorables députés do Lu gaucho sur ce qu'il aorail Kaygo et judicieux pour nous d'offrir À toute porsonno qui voudrait so charger do construire le chomin de fer du Pacifique canadien ; nous avons lo fait qu'ils avaient domandé des soumissions dans tout l'univers, dans la Grando-Brétlagno, aux Etats-Unis, partout où il y avait la moindre chanco de faire accopter uno soumission, J18 ont fait uno offre absoluo do 810,000 en argsent par mille, plus 20,000 d'acres do torro par mille. 11s n'ont pas domandé aux gens: “ Pour combien de terres le construirez-vous ?” mais ils ont dit : Sur combien d'argent devons nous vous payer quatre pour cent pour vous engager à construire lo chemin do fer du Pacifique canadien, en sus des 810,000 en argent ot des 20,000 acros do torro par mille. Maintonant, M. l'Oratour, la longueur du chemin à cotto époque était de 2,627 milles do la ligno-mère, l'embranchement de Penbina, quatre-vingt-cinq milles, l'embranchement de la bai Gcorgicenne, quatre-vingt-cinq milles, formant en tout 2,797 milles de chemin projeté par les honorable messieurs de la gaucho.

La subvention en argent de $10,000 par mille qu'ils offraient, ct qu'ils offraient sans pouvoir trouver porsonne qui voulüt les accepter, équivalait à $27,970,000 en argent. La concession de terres, de $2.68 par acre, lo prix que vaut le terrain d’après l'honorable député, soit $149,919,200.

Maintenant, quant au montant additionnel, je erois pouvoir, en touto süroté, prendre l'estimation faito par l’honorablo député lui-même relativement à l’entreprise Foster. En vertu du contrat Foster l'honorable député s'est engagé à paycr 4 pour cent sur $7,400 par mille, pendant vingt-cinq

ans ; coci, «appliqué au chomin de for du Pacifique canadion aurait donné uno sommo additionnelle devant être payéo pa lo Canndn do 820,977,500, soit en tout $418,9 17,500 on arvgont, $#149,912,200 on torres à 42,68, formant un grand totul do $198,866,700,

Maintenant, M, l'Orateur, jo demande à l'honoruble ‘député ai nous no sommes pus en position de félicitor la population du Canada du fait que nous l'avons prive lui ot 808 amis do l'occasion d'assurer [a construction du chemin do for du Pacitique eanadion au prix d'une déponso pour le pays do $198,866,700 ? J'o défie l'honorublo député d'échapper à cotto conclusion par quelque manière quo co goit, Ou son ostimation do la valeur dos torros est justo, où ollo no l’est pas. [St commo l'honorable député oxisgse lo mème prix aujourd'hui pour des terros situéos à 250 milles de tout chomin do fer—et à 250 milles du chomin do fer du Pacifique canadien—il les évaluo à 82.68 l'acre, do mème quo celles qui sont situées lo long do la voio—je dis que jo suis justifiablo appliquer Ia mémo règle 4 l'honorablo député sur cette question.

L'honorable député sail quo dans cet arrangement des terres il a ou le bénélice do l4 concossion à la compagnie du chemin do for du Pacifique canadien do toutes les torrcs du Manitoba—los sections du Manitoba portant les numéros impairs ot qui Gtaient disponibles pour la compagnie du chemin de fer du Pacifique canadien. L'honorable député sait qu'il a ou l’avantage de toutes les terres disponibles le long de la ligne du chemin de for du Pacifique canadion jusqu'au creck de la Mâchoire d'Orignal, ot que la balanco des terres que lo chemin do fer du Pacifique canadien doit avoir seront prises principalement dans une zono réservée en vortu d'une convention ontro la compagnie et le gouvernement, entro les 52ômo et 54ème parallèlos de latitude nord, de 100 à 250 milles au-delà do touto ligne de chemin de for, ct que les seuls moyous par lesquels la valeur de ces terros puisse ètre portéo à 52,68 l'acre sont les mêmos moyens par lesquels Ia compagnie a donné uno valeur de 82.68 l’acre aux terres qu'elle a vendues, Et quels sont ces moyens? Mais, c’est non-seulement en construisant le chemin de fer du Pacifique canadien, mais c’est en construisant en outre à ses propres frais ainsi quo je l'ai démontré, 281 milles d'embranchement, que la compagnic a ouvert le sud du Manitoba et y a augmenté la valeur des terres.

Mais l’honorable député veut retourner à son ancion programme, qui consiste à abandonner les deux extrémités ot à conslruire la section des prairies. Le programmo de l'honorable député était contenu dans ce qui peut être

appolé l'offro du syndicat do sir Willium P. Howland, 194 quelle était cette offre ? Pormottez-moi de l'examiner pour un instant rolutivomont à cotto entroprino, Jétuit-co uno offro plus avantageuse, ayant pour but d'assuror In conatruc tion du chemin de for du Pacifique canadion à dos conditions plus faciles, môêmo en pronunt les torres à a valour exagéréo quo l’honorable député lour attribue ? Permottez-moi d'attrot l'avtontion do lu Chambre là-dowus L'honornble dépulé savait, ob chacun do ceux qui ont signé cotto offre savait aussi, qu'ello no pouvait avoir aueuno valour, aucun cflot, À moins d’un changomont d'administration, et à moins quo cotto Chambro püt tro induilo à rofusor do ratificr lo contrat fait par lo gonvernemont, ot auquel la foi du Canada avait ét6 vngagéo tout aussi bion quo le nôtre, autant qu'un gouvornoment pout ongagor In foi d'un pays; l’honorablo député savait qu'aucun hommo siégeant sur los banquettes du trésor, dans cos circonstances, le gouvornomont ayant conclu un marché ot lo soumottant à la ratification do la Chambre, cût été digno de 8a position 811 eût écouté dos propositions vonant de tout autre quartier, ct surlout venant d’un quartier où l'on n'avait pas voulu toucher au chemin de for du Pacifique canadien tant quo lo gouvernement n’eût pas été bion ot dûment lié par un contrat. A quoi 80 résumait leur proposition ? Elle contenait la disposition très curicuse-— une disposition qui naviguait do concert avec celle que l'honorable député oxposait alors ct qu’il recommande aujourd’hui —gavoir, quo l’on construirait la section des prmrics ot qu'on laissorait les doux extrémités s'arrangor comme elles lo pourraient. L’honorable député savait quo l'offro no pourrait êtro acceptéo par nous, et que si la Chambre ne ratifiait pas lo contrat que nous lui soumettions, il nous faudrait aller de l’autro côté do la Chambre, et que l'honorable député et ses partisans prendraient nos places,

Et alors quelle aurait été la position ? La position aurait êté telle que lo chef du gouvernement, lo chef actuel de l'opposition, so trouvait engagé, à la face de l'univers, à abanner les doux oxtrémités pour construire la section des prairics, Car dans la proposition de sir Wm ITowlard et ses associés, il était déclaré que la compagnie abandonncrait volontiers les deux extrémités si le gouvernement le désirait. Eh bien ! nous allons voir ce qu'était réelloment leur proposition. C'était que pour la section des prairies, 900 milles, ils devaient recevoir une subvention en argent de $7,333.33 par mille, équivalant à $6,600,000 plus 10,000 acres de terre, qui, à raison de $2.68 par acre, équivaudraient à une somme do $24,120,000, soit un montant total de $30,720,000. Ce n’est pas tout. Ils devaient avoir le chemin de Winnipeg

à la baio du Tonnerre, chemin construit par lo gonvornemont, ainai que l’embranchemont do Poembina, co qui aurait ajouté $16,261,900, formant uno valour totale de 846,981,900, où $52,202 par mille pour Ia section den prairios,

C'est Ià lo programmeoauquel lo chof de l'opposition so fit ongagé, lo seul programmo qui aurait pu tro mix à oxécution ai l’on eût pu ompècher l'adoption du contrat do In compagnio du chemin do fer du Pacifiquo canadien, et jo domandorai à l’honorablo député de diro ai, on présonco do ces faits, il croit qu'il eût été mioux pour lo Canada que Lo plan do construction du syndicat Iowland—en admettant commo exacte l'estimation quo l'honorable député fait do la valeur do la terro—cût été accopté do préfüronce au programme adoptô par lo gouvornoment, Iloquel donne au pays une force considérable, grâce à la construction d’nno ligno complôte do chomin do fer devant êtro terminéo dans quatro ans environ, d'un bout à l'autro de la Confédération, do aorto quo lo public pourra voyager dans lo mèmo wagon à partir de la ville do JIfalifax jusqu'à co qu'il attciwno Port-Moody, aur les bords du Pacifique, travorsant notre propre Lorritoire, au lieu do faire un détour à travers les Etats-Unis.

Jo demande à l'honorable député s'il peut aujourd’hui, on présenco do la Chambre cb du pays, aMirmer qu'il cût été do meilleure politique d’avoir abandonné toutes les particularités nationales de ce projet et la construction de co chemin de fer, qui est indispensablo à la sécurité du Nord-Ouest, indépendamment do toute autro construction ? L'honorable député sait que, séparé durant six mois do l'année du resto do la Confédération par les Etats-Unis, lo Nord-Ouest est dans uno situation telle que son oxistonce mème pourrait être mise en danger à tout moment si nous n'avions uno ligne complète de communication dans notre propre pays, ot au moyen do laquelle nous pourrions passer rapidement d’une région à une autre. Je demande si, en vue de ce fait, l'honorable député aurait pris la responsabilité d'engager le gouvernement dont il était l'an des mombros respoctés, à manquer à sa parole donnée À la Colombie britannique et a violer la convention intervenue entre le gouvernement provincial et le gouvernement impérial et le gouvernement canadien, et à séparer de la Cofédération cette précieuse provinco située sur la côte du Pacifique ?

Je demande à l'honorable député s’il aurait livré aux prix énormes mentionnés par lui, la construction de la section des prairies, et laissé à co pauvre Canada le soin de construire les parties les plus dispendicuses de la ligne, nous laissant

pondant uno période indéfinio dans l'obligation d'oxpédior notre trafic À Chicago par lex lignos américaines ot de trouvor un port de mor à Now-York, au liou d'avoir cobte grando voio de communication nationale, pur laquelle lo fret ot leu voyageurs auraiont pi êtro trinportés d'un bout de Ja Confédération à l’autro À travors notro propre pays, sur notro propro chomin, ob indépondammont dos lignes étrangères ?

J'ai dit à Ja Chambro quol acrait l’eflet produit même par l'ouverture d'uno ligno du lac Supérieur à Winnipog, sur les moyons do transport ot lo développoment du grand Nord-Ouest. T/honorable député doit voir quo c'est 80 moquer do lintolligonco do la Chambre ot do la population du pays, quo do rovenir au moment actuol, avoc co programme faible, impuissant, ot misérablo— jo crois pouvoir: on toute justico le qualifior ainsi—programme, qui consiste à abandonner la grande ligne nationale de communication qui doit assuror des rapports rapides ot pou coûteux ontre les diverses parties de la Confédération, et à conficr los tra. vaux à une compagnio qui devait construire à un prix énormo la section des prairies, la soulo qu'ello dovait construiro.

Mais pour un moment je vais prendro l'honorable député d'une autre manidro, Il dit.qu'il n'est pas cortain que la construction des embranchements ne deviendra pas dangereuse. Dangerouso pour qui? Est-ce dangereux pour lo Canada d'avoir ouvert au prix d’uno forte dépense les diverses lignes de communication à travers lo Nord-Ouest et les autres partios de la Confédération ? Est-il dangereux pour le Canada de faire construire l'embranchement d’Algoma, qui d’ici à un an nous donnera une ligne par laquelle le trafic peut passer à bon marché à travers le cœur du pays, au lieu de faire un circuit de 600 à 700 milles plus long aux Etats-Unis ? Il est impossible à qui que ce soit de s'oxagérer la valeur pour le Nord-Ouest de la construction de l'embranchoment d'Algoma, pondant la courte période do trois ou quatre ans qui s'écoulera avant que la ligne soit terminée le long de la rive nord du lac Supérieur.

En outre, il est important de tenir compte de la position des autres provinces du Canada. Voyez la position de cette partie du pays, qui se livre à la fabrication des produits dont un grand nombre trouvent un marché au Nord-Ouest, et l'avantage pour la populution des anciennes parties du pays d’avoir ces communications rapides et peu coûteuses entro la grande région du Nord-Ouest, qui se développe si rapidement en même temps que sa propro industrie manufacturière, À mon avis, tout ce qui est contraire à cela ne peut soutenir un moment l'examen.

Mais supposons quo ces ombranchomonts Hoiont construits, otil n'y a pus do douto quo lu déponso oncourue pour parachovor los chomins dont In construction doit commoncor hbiontôt sous forme d'ombranchemonts, coûtorn au chomin do for du Pacifique cnnadion 820,000 par millo.

M, BLAKE : Bien, très bien.

Sir CITARDHES TUPPER: Et avec quol résultat, M. l'Oratour ? Mais, M. l'Orntour, la compagnio pout-ollo donner uno valour do 82.68 à chaque acro do son torrain sans nous donner la mômo valour pour nos terrains ? Si, M, lOratour, nous lui avons donné $67,000,000, roprésentés par 25,000,000 d’acros do torro, cllo nous a donné $67,000,600 par la construction du chemin, on donnant à nos terres situées à côté des siennes uno valour de $2.68 l'acre, ot il n’y a qu'une causo do profonde satisfaction pour Ia Chambro dans la position que nous occupons relativomont à cotio question,

Mais, M. l'Orateur, l'honorable député arrive à 808 $127,- 000,000 on comptant $25,000,000 en argent, $35,000,000 do chemin do fer construit, ct $67,000,000 on terrains, ce qui formo $127,000,000.

‘6 Bion,” dit-il, j'ai tout calculé. J'ai fait un calcul sorré. Jo sais à la contièmo partio d'un cont près ce quo ces travaux de construction vont coûter à la compagnie, ct je trouve...”

M. BLAKE: ‘Trèsbien! très bien!

Sir CHARLES TÜPPER: Eh! bion, en disant cela, je parle à dossein. Jo démontre quo l'honorable député fait un calcul serré ot élaboré, ot je crois qu'il tiondrait compte du centièmo d'un centin si co centième de centin pouvait grossir un peu le montant qu’il prétend avoir été payé par le gouvernement à la compagnie du chemin de fer Pacifiqro canadien.

Ilditqu'il a découvert quo la construction de ce chemin pour lequel la compagnie recoit $127,000,000, no coûtera que $90,000,000. La compagnie n'aura à payer que $90,000,000, etil a pris note du prix auquel la compagnio vend ses actions ; et il ost entré avec minutie dans ses calculs monétaires et il en est venu à la conclusion que le chemin lui coûtera commo je l'ai dit, $90,000,000. Eh bien ! M. l’Orateur, cela lui donne un profit de 837,000,0000.

Mais il y a un autre côté à la question : combien l'honorable député suppose-t-il que la compagnie du chemin de fer du Pacifique canadien a payé jusqu’aujourd’hui pour le matériel roulant ? Combien l'honorable député pense<t-il que la compagnie du chemin de fer du Pacifique canadien a payé à

mêmo cot argent qu'elle a reeu ? J'ai dit à ln Chambre quo lo montant qui a 616 payé pur lo gouvornoment à la compagnio n'est élové à 86,029,384 ; et sur co montant, M. l'Ora. tour, ollo a payé pour mutériel roulant, y compris les droits, $1,351,374.84; pour malériol roulant sur lo chemin do for Québec, Montréal, Ottawa ot Occidental, $8450,800 ; et pour lo chemin de for Canada Central, $132,500 ; ot pour outillago, machines, ote., dans #os usinos, y compris los droits, 3241,651 ; tandis quo pour les sicamors, lours paiomonts s'élüvont déjà à $160,000. Maintenant, M, l'Orateur, cola fait un total do $5,647,525.90 payés pour cos diverses fins,

L'honorablo député pourra mo domandor co que nous avons à fairo avec le chemin do fer Québoc, Montréal, Ottawa et Occidental ot avoc lo chemin de fer Canada Contral. Jolui dis ceci—ct je suis étonné quo l'honorable député ait tonté do condamnor la compagnie da chemin de fer du Pacifiquo canadion parce qu'elle a fait l'acquisition des chemins do for Canada Contral, et Québec, Montréal, Ottawa ot Occidental—car il est impossible à qui quo co soit de s'exagéror l’importanco pour le Canada, il ost impossible de g'oxagéret l'importance qu'il y a pour lo pays, que cotto grande ligno nationale do chemin de fer parte du grand contro commercial du pays pour aller à l’océan Pacifique. Mais cola aurait pris des années à la population en dchors d’une région très limitéo pour se faire une idée do la situation géographique do Callander; et lorsque vous disiez que lo chemin de fer du Pacifique canadien allait de Callander à Port-Moody, vous parliez tout simplement grec à des gens absolument ïllettrés. Le fait est,

. l’Oratcur, quo tant sous le rapport du trafic que sous lo rapport des voyages, il est impossible do s'exagérer l'avantage qu'il y a pour tout homme qui commerce entro cos deux termini, la côte du Pacifique et Montréal, de n'avoir affaire qu'à une seule compagnie et à un seul chemin de fer, au lieu de deux ou trois.

Je dis, M. l'Oratour, que la compagnie du chemin de fer du Pacifique canadien ne pouvait prendre une mesure qui eût été plus éminemment conforme aux intérêts de ce pays, aux intérêts du Canada, que l'acquisition qu'elle a faite de ces deux chemins, car cela a donné un caractère tout à fait national à cette entreprise nationale. Mais, M. l'Orateur, cela n’a rien coûté au gouvernement, Chacun sait que le Canada Cenvral et la ligne entre Ottawa ot Montréal produisent un revenu suffisant pour payer non-seulement leurs propres frais d'exploitation, mais encore l'intérêt sur chaque dollar qu’ils ont coûté. Ht voici des années qu'il en est ainsi; do sorte qu’au lieu d’être uno charge, au lieu d’être un fardeau pour les ressources de la compagnie du chemin

do for du Pacifique cunadion, cot achat n étô absolumont avantagsoux au point do vue pécuniaire, ot co quo jo dis ici #appliquo aux embranchoments ainsi qu'aux lignos principulos,

Jo puis dire ici, M, l'Oratour, quo dos commandos ont 616 faitos pour 8758,670 valant do muiériel roulant qui oran livré prochainoment., En y ajoutunt los droits, co montant s'élèvora à $850,462.50, et coci est à part los $850,000 roquisos pour los stonmors, co qui porto à 66,497,788 lo montant déboursé par la compagnie du chomin do for du Pacifiquo canadion, presquo I montant total do l'argont qu'ollo a roçu du gouvornemont du Canada pour tout co qu’ello a fait jusqu'à présont, payé pour matériol roulant, équipoment, etc., sorvant à continuor les travaux sur ce chemin.

Maintenant voici un autro point—ot je puis dire ici que je suis convaineu quo lo rapport qui à été déposé sur la table do ln Chambre par mon honorablo ami lo ministro dos Douanes (M. Bowell) contient quelques inoxactitudes. Jo mo suis procuré los chiffres au bureau do la compagnie du chomin de fer du Pacifique canadion, où, comme Îles honorables députés lo saront, chaquo articlo est entré, ot où l’on tiont un compte très minutieux do chaquo classe de déponse, et ces chiffres mo disent que {a compagnio a payé en espèces, pour droits au bureau de douano do Montréal, $216,774, ot $618,747 au bureau de douane à Winnipog, soit en tout $835,502.81 de droits payés par la compagnie du chemin do fer du Pacifique canadien et versés dans le trésor du pays.

Maintenant, A. l'Orateur, l'honorable député sait que si nous oussions fait ces travaux nous-mêmes, pas un seul dollar de cot arxent n'aurait été versé au trésor, et que la compagnie du chemin de for du Pacifique canadien a non-soulement donné un élan formidable au pays par lo développement rapido du Nord-Ouest ct par la construction rapide du chemin, mais qu'elle à en outre mis dans lo trésor du pays près d’un million en argent, dont pas un sou n’y serait entré si lo gouvernement eût construit le chemin lui-même, parce que, comme l'honorable député le sait, nous pouvions faire entrer dans lo pays franc de droit et sans contribuer au revenu, tout Ce qui aurait été importé par le gouvernement et pour le compte du gouvernement, Je cite ce fait à l’'honorable député comme une autre preuve de la position de la compagnie relativement à cette question.

. Maintenant, M. l'Orateur, je n’hésite pas à déclarer ici que si la compagnie du chemin de fer du Pacifique canadien procède comme elle a procédé dans le Nord-Ouest, si elle Continue comme olle doit continuer, si elle veut donner à ses terres une valeur de $2.63 l’acre, terres qui se

trouvent muintonant à 100 ou 250 milles do son chemin do for ot do touto autro voic forr6o, si ollo agit ainsi, alors jo dis quo ln compagnio du chemin do for du Pacifique canadien aura déponsé sur son chemin, d'une oxtrémité à l'autre ot sur les ombranchomonts qui donnont do la valeur à ces torros, chaquo dollar dos $25,000,000 pour l'équipoment do la ligno,— pour lo matériol roulant, l'outillago, les stations pormanentos, les usines, los élévatours, los havr'os, los quais ot les divorsos choses qu'olle sora obligéo do se procuror ;—do sorto que 825,000,000 auront disparu du calcul do l'honorable député, ct do sos #37,000,000 do profil jo rogno ainsi sans la moindre hésitation $25,000,000 pour lo matériel roulant ot l'équipomont dont la compagnic sora obligée do so procurer,

Maintenant, l'honorable député dira pout-être : “ Vous no devez pas comptor cola deux fois; vous no dovez pas mettro d’abord au débit du chemin le montant requis pour lo construiro ot l’équipor et lui distribuer onsuito l'équipement en sus.” Jo n'ai pas l'intention do lo füire, mais—ot j'appolle l'attontion de l'honorable député sur ce point—combien devront coûter les deux têtes de ligne ? Il a lui-même répondu à cotto quostion très importante. Il évaluc à $77,000,000 Jo coût des deux extrémités du chomin do fer du Pacifique canadion, de sorto que l'honorable député voit quo pour construiro les deux extrémités du chemin, il en coûtera à la compagnie 810,000 de plus qu’elle ne roçoit en terres, d’après son propre calcul, ct je crois, M. l'Orateur, que dans ces circonstances, les calculs do profit de l’honorable député paraissont pèchor énormément par Ia base.

Mais supposons quo nous caleulions à 830,000 par mille, sans équipement, la construction de la section du lac Supéricur, cela forait $20,000,000, et 450 milles do la section des montagnes, à $70,000 par mille, sans équipement, équivaudraient à $631,500,000, soit, sans ‘équipement, un total do $51,500,000 quo la compagnie aurait à payer. L'équipement, comme je l'ai dit, coûtant $25,000,000, portcrait à $76,500,000 le montant qu’elle aurait à payer. Déduisez cela de $90,000,000, ot il vous restera juste $13,500,009, ou 815,000 par mille à être affecté à la construction de la section des prairies. Je crois, M. l'Orateur, qu'aprôs avoir Jui-mème évalué $12,000,000 le coût de la section des prairies, l'honorable député ne trouvera pas cette somme extravagante.

Maintenant, M. l'Orateur, je crois prendre l'honorable député d’une autre manière. J'ai démontré l’absurdité, ot il m'excusera si je me sers d’une expression aussi énergique, j'ai démontré l’absurdité du calcul de 52.68 par acre, car j'ai fait voir qu’on y arrivo en prenant tout le montant que

la compagnio a reçu, sans tenir compto des déponsos qu'il lui faudra faire pour oxplorntions—eot elle 4 couvert cotlo région d'oxploratours et d'arpontours en rapport avoc les travaux ;—jo dis quo sans tonir compte dos déponsos do In compagnie, l'honorable député ne peut tronver qu'un produit do 82,68 l’acre pour la totalité des torros que ln compngnien vondues, en prenant touten cos terres, dont In valeur a été augmentéo pur la construction des embranchomonts dans lo sud du Manitoba, on prenant toutes los terres do valeur depuis Winnipeg juaqu’à la Mâchoiro d'Orignal; ct, M, l'Oratour, jo veux en passant corriger uno orrour dans laquello l'honorable député est tombé relativement à la nécossité d'aller dans lo sud du Manitoba pour avoir des terros, parco qu'on no pont on acquérir dans la zone do 24 milles.

Je puis me trompor, Il pout so faire que co soit ce grand organe de l'opinion publiquo, le journal le Globe, mais on a dit quo la compagnio rofusait une grande partio des torres le long de la ligne du chemin dofer, Mais, M, l'Oratour, ello n'en à pas refusé un seul acre. Jo no prétends pas dire qu’il n’y à pas quelques endroits impropres à la colonisation où à propos desquels la question pourrait être soulovée ; mais olle a calculé toutos los terres do valeur des anciennes scclions qui n'étaient pas déjà aliénées ou au sujet desquelles quelques réclamations n'avaient pas été établies contre In couronne, Je suis heuroux de dire qne ce sont Les colons qui affluent dans cotte région, qui en prenant des terres ot en acquérant des droits sur ces torres, ont rondu difficile pour la Ccompagnic de trouver sa quote-part de terres dans les limites de la zone de 24 milles. Mais si elle ne pout obtonir que 52,68 en dedans des vingt-quatre milles avoisinant les chemins de fer dans le sud du Manitoba, comment peut-elle espérer obtenir pour 17,000,000 d'acres, dont une partie considérable doit se trouver entro les parallèles cinquantedeux et cinquantc-quatre de latitude nord. Je dis qu’il n’y a pas un seul chemin do fer aujourd’hui—pas plus le chemin de fer du Pacifique canadion qu'aucun autre, qui soit à 100 ou 250 milles de ces terres. Ii n’y a qu’un seul moyen, et l’honorable député sait en conséquence qno cela serait avantageux pour la compagnie du chemin de fer du Pacifique canadion, vu la longue période qui doit s'écouler avant qu’il soit possible pour elle d’avoir l’argent et de l'utiliser pour la vente do ces terres—il serait avantageux pour elle, si elle pouvait espérer faire établir les terres immédiatement, d'accepter $1 l'acre pour ce qui reste de terres. Et combien cela ferait-il ? cela ferait, avec le montant qu’elle a reçu et le montant qu'elle recevrait, $36,000,000 au lieu de $67,000,000, et il faudrait retrancher 831,000,000 des pro-

fits quo l'honorable député trouve moyen sur lo papior do mottre dans Los goussots de li compagnie du che. min do for du Pucilique canadien,

Je crois, M, l'Orntour, quo les services do l'honorable dé-

uté ont 66 d’une trs grande valour pour cotto compagnie. La discussion qui a ou lieu entre cot honornblo député ot moi a donné nno impulsion très préciouso aux actions do lu compaguio du chemin do for du Pacifique canadion dans uno occasion précédonto, et jo suis fâché do diro que cola a produit uno baisso correspondante dans les actions du Grand Tronc sur le marché monêtairo de Londres; parco que lorsqu'on a constaté que los honorables députés des deux côlés do la Chambr'o traitaient on ennemis du Canada tous eoux qui chorchaient à nuire à la prospérité de notre grande ontroprise nationale, on 4 pu voir quo lu culbuto soudaino do certaines valours était causée par des gens qui jo crois so tenaiont derrièro l'honorablo député et lui fournissaiont les calculs qu'il a faits.

Maintenant, M, l'Orateur, je n'ai pas l'intention d'en dire boaucoup plus long à co sujet, mais je vais pour un scul instant porter mon attention sur un autre point très important, quo l'honorable député a soulové relativomont à ce débat. IL a dit quo cos embranchements scraient dangereux pour le pays Et pourquoi? Il a dit quo la compagnio achetorait cos embranchements au prix de revient, et lorsque surviondrait ln question de la réduction de son tarif, parce que ses profits sont do 10 pour cont sur tout le capital, nous ne pourrions réduire leurs taux pour la raison bien simple quo l'exploitation de ces embranchements sera un fardeau pour la ligne-mère, et que la compagnie sera obligée d'en prendre tous les profits pour compenser les pertes des embranchements. L'honorable député s’aperçoit-il qu'il fait 1à un plaidoyer très fort en faveur de la compagnie du chemin de fer du Pacifique canadien. Elle ne peut construire un mille d'aucun embranchement, et elle les construit à ses propres frais, sans que chaque mille qu’elle construit soit d'une grande valeur pécuniaire pour la Confédération canadienne, parce que cela ouvre la voie à la colonisation. Cela double et triple la valeur des terres qui sans cela restoraient incultes et que le gouvernoment ne trouverait pas à vendre, et l'honorable député verra en conséquence que c’est une opération parfaitement légitime. Il s'oppose en outre à la vente des obligations à 60, et il demande avec une ingénuité bien jouée—car je ne puis croire un seul instant que l’honorable député était sérieux lorsqu'il oxposait à la Chambre une proposition aussi extraordinaire—il demande si l’on doit nous faire payer au pair ces obligations lorsqu'elles 8e vendent à 60. L’honorable député a-t-il jamais entendu

parler d'ancuno partie d'un chemin do for qui aurait 6t6 construito au moyen d'obligalions, uns quo l'escompto aur leu obligations de la compagnio affectées à la construction fut imputable au capital.

M. BLAKK: Mais co no sont pas Là dos obligations, co sont dos actions,

Sir CITARLES TUPPER: Ce no sont pas dos obligntions, ot jo puis assurer l’honorublo député quo lui ot tous los Canadions pouvont romorcior Diou do co quo co no sont pas dos obligations, Jo vais lui dire pourquoi. Si c'étaiont des obligations, lorsquo cotte grando ontrepriso nationale sorait terminéo, olle 80 trouverait dans uuo position soemblablo à collo dans laquelle l'Union Pacifie, lo Central Pacific, lo Northern Pacific ot les autros chemins do for inter-océnniques se sont trouvés, Ayant uno dette garantio par dos obligations et dovant un montant énormo sur loquel l'intérêt dovait êtro payé, ils ont 6té obligés do prélevor cet intérèt aur lo trafic du chomin, parco quo c'était uno réclamution obligatoire sur laquollo l'intérôt dovait être payé, sans quoi lo chemin aurait été onlové à 808 possossours, tandis que si l'argent cat prélevé par la vonte dos actions, comme dans lo cas actuel, honorable député doit voir quo bion que la compagnio paie—ot qu’il est justo qu'elle paie—l'intérôt sur les actions pendant lo cours do Ia construction, du momont que la construction est terminéo, il n’y a plus contre la compagnie de créanco ronformant un mandat pour recouvrer. On n’est pas obligé do prélover un soul dollar d'intérêt sur la propriété, parco quo tout l'intérêt qui doit être payé va dans les goussets des propriétaires eux-mêmes. Il n’y a aucune erpôco d’hypothèque.

Et quol est lo résultat do cet état de choses ? Le résultat cst qu'on Canada, nous aurons une grando ligne intor-océaniquo du chemin de for du Pacifique canadien, qui pout rivaliser, comme je l'ai déjà dit, même entre San Francisco et Chicago, pour le transport du trafic de la côto du Pacifique à travers une grando partio du pays, pour la raison que n'ayant pas lancé d'obligations, n'ayant lancé que des actions, le chemin se trouve dans une position tout à fait indépondante—dans une position telle qu'il peut agir en concurrence avec les autres chemins de fer d'une manière telle qu'aucun autre chemin de fer ne pourrait limiter s’il a une forte dotte garantie par des obligations, #il y avait une hypothèque sur le chemin et s’il était obligé de prélever l'intérèt dans n'importe quelles circonstances,

L'honorable député dit qu’il déplore co fait. Il dit que nous avons induit le peuple à espérer que le capital serait apporté dans le pays, et il dit qu'aucun capital n'est venu.

LA

Qui l'a ompèché do vonir ? Los ennomis du Canada, los onnomis du chomin do for du Pacifique cunadion l'ont empèché do vonir, ot qu'arrive-t-il ? IL artivo quo si nous n'avions pas ou la bonne fortuno de conclure co contrat avec dos hommos porsédant dos richonscs énormes, lo projot serait tombé à plat ot n'aurai pu résiator à l'hostilité dont il était l’objot en Canada ot on dohors du Canada. Nous avons ou l'avantage de conclure lo contrat avec des hommes qui 6taiont prôts à fairo lo contrairo do co quo les honorubles membres de l'opposition nous prédisaiont lorsque lo contrat a été conclu, Ces mossiours nous disaiont : Uno spéculation gisantesque sur los actions va avoir liou. Des obligations ot dos actions soront lancéos, con hommes disparaîtront sans avoir cncouru la moindre rosponsabilité, ot sans avoir éprouvé le moindre ombarras rolativoment à cotto ontropriso. Mais où on sommos-nous aujourd’hui ? Nous on sommos â une dato trs rapprochéo do l'achèvomont des travaux. Ils sont cngagés à torminor l’entreprise d’uno oxtrémité à l'autre au mois do décembro 1886. Ello ost presquo à moitié torminéo à l’houro qu'il ost, ot nous nous trouvons dans la position suivante: Il n'y a pas un soul do ceux qui ont accopté l'entreprise qui ne soit là aujourd’hui, pas un soul do coux qui ont signé le contrat qui n'ait contribué largoment do sa bourse pour fournir Îles moyens de mottre cette grande ontroprise nationalo dans la position où ello so trouvo aujourd’hui.

Jo ne comprends pas l’honorablo monsieur lorsqu'il dit qu'il croit désirablo d'attirer les capitaux étrangers ici. Comment 80 fait-il alors que dès qu’uno tontativo a liou dans co sens ct que des bons canadiens sont placés sur les marchés du dehors, l'honorable monsieur so plaigno ot doemando au gouvernement d'intervenir pour empêcher ces bons do ce vondre au-dessous du pair, do pour que nous no tenions pas compte de la différence lorsqu'il s'agira do réglor los prix do transport sur la ligne. Jo n'ai pas besoin de diro à l’honorable monsieur qu'il vaudrait mieux construire lo chemin, d’après lo plan actuel, lors même que la compagnie n’obtiondrait que cinquante cents par piastre de ses bons, plutôt que d'hypothéquer cette grande ligne ot de la mettre ainsi dans un état d'infériorité vis-à-vis des autres grandes lignes interocéaniques qui lui font concurrence.

Je ne crois pas avoir besoin d’ontrer dans plus de détails sur ce sujet. Je voulais tout simplement attirer l’attention sur le caractère incongru des remarques faites par l’honorable monsieur et de l'exposé qu’il a donné à la Chambre. Je ne saurais le condamner absolument toutefois. Je tiens compte des embarras de sa position. Après une expérience de deux ans, nous sommes en mesure de rappeler à la Chambre et au pays que les faits ont confirmé toutes les pré-

visions quo nous fuisions on proposant l'adoption du bill du Pacifique, Jono m'étonne pus quo l'honorablo monsiour, forcé do nous altaquer aux un terrain aussi nan UMÇOUx, uit trouvé difiluilo do rester duns les limitos d’uno discussion loyalo ot honnète, lorrquo avoc #os facultésu’oxamon méticuloux il lui étuit impossiblo de découvrir In moindro tache, la moindro aspérité où cloucr uno critique ériouse,

À. présout, M, l'Oratour, jo n'ai pas à trailor bien longucment la question dos tarifs do transport, bien quo l'honorablo monsieur attacho, commo moi, une rando importance à cotio quostion. Jo tions d'abord à dire, toutofois, qu'il est impossible d'éviter los prix élevés. [1 est inouï qu'un chomin do fer construit à travers un pays pou habité ait pu fonctionner à taux réduits, ot l'on no peut raisonnablement s'attendre à la choro. Tout lo monde sait quo l'on no pout transporter des eflots au mêmo prix sur un long parcours quo sur un parcours restreint, ct tout le mondo comprend qu'un chomin do fer tracé dans un pays pou habité no pout éviter les taux élovés.

Mais la Chambre remarquera quo l'échelle de prix du Pacifique est baséo, comme cols se fait aillours, sur le principe de Ia courbe parabolique—c'est-à-dire sur le fait quo le transport, qui s'opère rapidemont d’abord, so fait plus lontement à mesure que la route s'allonge. 1l vous faut exigor davantago pour un parcours restreint si vous voulez vous indemniser des prix réduits que vous obtoncez pour les parcours considérables.

Jo dirai à co propos quo M. Brydgces, président de la Chambre de commerce de Winnipeg, m'a fait des représentations sérieuses—ce Font les seules qui me soient venues do lui—contro co tarif, J'ai vu, cependant, quo ses critiques se bornaïient aux quatre premières catégories de marchandises, qui comprennent les épices, les nouveautés ot d’autros do mème cspôce. M. Brydges gardait un silence significatif quant au reste, c'est-à-dire quant aux sujets importants de ce tarif de traneport—calculé en vue de servir les grands intérêts du pays—quant aux prix de transport des effets dos immigrants, des instruments agricoles, du combustible, du bois de construction, des grains et d’autres articles semblables, qu’il faut transporter à des prix exceptionnellement bas si l’on no veut rendre absolument impossible l'établisse. ment des parties reculées du Nord-Ouest.

Je n'hésite pas à dire que le tarif actuellement soumis à la Chambre ne saurait rapporter le moindre profit à la compagnie du chemin de fer Canadien du Pacifique, avant de longues années, De fait, il serait impossible pour elle, avant que le pays ne soit bien peuplé, d’avoir de tarif qui payât, car les difficultés résultant du climat sont telles que—je

- z 1 Û] BELSSS 228 Es ie = S LL r 25 — — == E En = = Z — % 2 = Zz = = © © — mn ee = — = = == = Cr © EX 2 = 0 z o. LE — = = — TS SZ = — > EL: 2 o = + — —— = + = 2-3.2.2 92 + D S = 3 2 -—S = — © = 0 | = L + = ZE = 2 ZRAT SE == T 2==2 Z ZX So == — is SZ = — — == 2E=:— EL = © S z © © SC = TZ 5287 22<s = © LL + ©?

TT ST TZ = = = É CR 222 °- 226 £ Z Z £ [ES | = LEe ZE. 3 Oo £ Pr Ts -22= .— > — = un ns = = = = = + 7 Lu =D = Les Le Es ET su 0 D 4 tt =.

- LES = B = 2:73 sx ET = Len 53=-<1%.,8572 = 2 = TILL 2Z3SE50 EZ=ESS ER DT 32222 —=— ZE Sr-=Zz Es 2 © - LL SE TESSSEScC 22 + = LS ÉSSeD ls 22 S = S = EEE SEE = LE Los 3 À 2 22Z=SSs ST Q £ 3922 =2° Le] s2£ES ETS ST ET SZ Ss — D TZ æm LI22D 2 “Es © SE ?ESL2zrs ses LED 222 0572 L'ELSEÈSS € ESS es à — ——

ES

0001 loog loco DIE Fenetre msn, one snnsens eonese “"oTtmOIT creer 00987 100907 (0098 |0099,009F/L ou "ds ‘T9 —"219 ‘sion 27 zoquego ‘ossord | UIOÿ 9} 9p ‘9 0p J9 osnong uo 4197 2409 os 00008 |DOFFT 10038 |00081 |00€ST |00FGI |00F6/0009,9 ‘29ds ‘19—"272 ‘FoAIOUO9 9 sopurA ‘san10?818 SJUOMNIJSUIT (JSUUQU 9P SIA os 000c€ 000€ |oo0et looogt looegr loorat loorolooog!'a op ; E0UHS04 0078 9009 ‘O0COT 0006 |00€1 |00SC002€Ù"F op “030 6911607 (XCU9PI8Q (SIT CGT (CL 6ST 61 (621 66 99 |’e cu oquoods ossuj9—"270 ‘ongs ‘Xneqo (fes #6 gt DIT 186 F8 89 SF "3 op —"939 fOUTIB 2F 168 SG 6F cr FE ÏFG d'eeer Qu o18109d8 osev17)—"970 (62109199 86 £S JFIT (66 18 |:9 or SIT | aST fil 801 [8 |re nées 008 [CET je (o6t {for [get {eor [19 Ds D GF& OISCT (gs [ecz |IG6r (cot |ect los "#9 | 839 | “810 | "510 639 | ‘eo | ‘639 | ‘so |'839 leo ES PE, |———— mm | mme | mme ne mm = CREER RS compte mA MARS NUE ns Z 0001/0081 009 | 00F | 002 | 0907 | 008 | 009 lool oo "SI "Soi —— — a — — — "ST EV

‘X VIUrS 39 842d0,L ‘uos)}v ,p

Ja} 3P unuaq 9) 183 8p ur)

“anbyloeq np uatprus)

RE annee mnt

“LUOJSNVUL AŒ XIUdX Ad

cumont au sténographo

JILVUVAIRKOO LVIM

“1np9r XI € SUIPUET-E IUT -H0NA 9P 1}HIOdSULI 15808 159 UOHIVIO 9] 99 nd 91100 % S2H10dSUU1) JUOS J62N()-DION 9[ SUUD NO BAOJIUBI, nv 219%32,6 3004 mb #5u0]09 sap 39 sjuU18 II 69p (a[vI02d8 9 2SSu0) s3979 sof ‘enbybu4 np uPIPUUBN 19} 9P UNUSUO 91 IE4—"HN ———————————————————————— —— ————"

OP O0ES 1099%/0008T | eee ee ee lOOELT [008FT [0086 1009P/L TL 'S ‘19-939 ‘‘Q Op ‘qieqo ‘98 1d | 10} (19 9p ‘HO 0P 19 *# U9 187 240N)

| OP [T TT 777 post 0098500018 |""""1007€8 |°*"""10001/°"""I002TZ |OOCBT |00GZI "Re où “9948 ‘19-"979 ‘*A188U09 u9

| SODUBIA ‘}UIU “1JSUT °UQUI OP SOU 7777,00€8 |006F,00818 |°°"*"100087 j°""""100066/ "100908 [00GZT |O0OSIT 10089

CP Rs g op XNBT}S0f TOSTA 10gE ee 0008 |00CE ""I008IT |" 1109€l""""l000€T (00207 |00€Z [oocrir Op ‘999 ‘sayquy ‘xuvopiuq ‘8104 op cr feel cgr Î1e | ele lcgz orz Jogr [921 1€ ou ‘2948 ‘19-"078 ‘ongs ‘xnuqgo ‘og “1181 184 CLELLES CELCEES STE 09 0ç IOCT ousss SITE COLLE GTA AA 98 0ç 8 op —"973 ‘eu18 RS D 52: “68 92 (pr |g2 |°1 ou "0945 oSSULQ—"970 ‘89182199

: cr OST "IGST ECT £OT FG joe OP OP

FG 008 IG FOI EET £a TE op op

cg 1008 £T& (Ua A Let 82 |""*""5 Op Op €L 100€ LFG 6re ICOI EG |°""""""""T CU 08580) —SoSIpUVUOIUIf

“89 | "830 |ep0 | “630 80 l-s0 #19 | ‘#9 | ‘539 | “80 |619

00011890 ! 009! 06F A OOOT [GOS! 009 (00F 1008 (0001! CO8 | 009 00 1008! : "EoITt | *SOTITIE "SIT £1918413500 ——— RE "SO[OTIY “BAOHIUBC 39 .

c ‘ L 23H04 u010N PION onbyrva np SROduaoure ‘INed-FUIBS { 19} ap umo) dE 19 D uIKoUO

I3j D HW)

*NNS—IUOISKVUL AA XIUX SHC AILVUVALOO LVL

On pout voir, on comparant lo tarif du trafie du chomin do for du Pacifique canndion, avec colui du Atchison, Topeku ot Santa-l'o, du Pacifique du Nord—chomin qui travorso le mèmo pays, mais À quelquo distanco du nôtro—du Union Pacilic, du Saint-Paul, Minnoapolis et Manitoba, quo lo promior ost bouucoup plus bas quo colui de cos autres chomins do for,

On dit quo la compagnio du Pacifique a élevé son tarif au doli do co que lo gouvernement exigouit ct au delà du tarif précédemment on vigueur à Winnipeg, C'est vrui; mais c'ost uno orrour do dire quo ce tarif est plus élové quo celui du Grand-Tronc ou quo celui des chemins do for dos Ttats du Contro. ‘Co tarif’ était oxtrèmomont bas, tandis quo la distanco entre Saint-Vincent ot Winnipeg ost comparativo- ‘ment courte et quo le comincrco de transport y est considéable.

Mais, commo jo lo disais, l'objoction soulevéo par M. Brydges, ou par le Burcau do commerce dont il est président, cab celle-ci : Îl dit que le tarif opôre contre Winnipeg, que lo prix de transport jusqu'au Portage-la-Prairio, à 64 millos au-dolà de Winnipog, n'est pas double do co qu'il ost pour goixante-quatre milles jusqu'à Winnipeg, ot il semble croire que c’ost uno injustice pour Winnipeg,

Eh bien ! jo dois dire do suito que le gouvernement tient à faire tout co qui est on son pouvoir pour la prospérité de co grand contro commercial, qui prend un développement aussi rapide; mais il n’est pas prêt à sacrificr, dans co but, tout le Nord-Ouest. Si vous cxigiez double prix pour transportor au Portage-la-Prairie la même quantité de marchandisos qu'à Winnipog, vous n'agiricz que sur lo principe de diminuer le prix do transport par tonne pur mille en proportion de la distance à laquelle elles sont transportées dans l'Ouest. Jo dis que l'adoption d'un tarif qui alimenterait un chemin de fer d’après un principe comme celui préconisé par M. Brydges serait assez pour faire manquer l'établissement de ces lointaines régions, pour lesquelles lo tarif exigé pour le transport du grain, du combustible, du bois, des instruments aratoires, des cffcts du colon, doit être peu élevé.

Sur ce point je n’hésito pas à dire quo le tarif scra excessivement modéré et qu’il pourra soutenir avantageusement la comparaison avec celui des chemins de fer qui se trouvent dans les mêmes conditions ; et la seule objection à laquelle il puisse donner lieu, c’est qu'il ne soit pas disposé de façon à faire de Winnipeg le point de distribution pour tout le Nord-Ouest.

Pourquoi feriez-vous cela ? Winnipeg possède plusieurs avantages : elle est destinée à devenir une ville très impor-

tante; ollo est ln porto d'or pu quelle doit passer tout co qui vu au Nord-Ouoat, que ce roit dos Etuts-Unis où do la Baio du T'onnorro ; olle a l'avantage de compter dans son soin des hommes riches et ontroprenants, qui sont en moyonx de fairo dos importations assez considérables pour amonor uno réduction dans lex prix du transport, Mais, comme jo l'ai déjà démontré, il rorait impossible d'agsimilor ces prix à ceux qu'il faut fixer pour lo trufie à quatro où cinq conts milles à l’ouest, au pied des Montagnos Rochousos, kans adopter uu tarif qui, où détruirait entièrement d’un côlé l'oxploitation du chomin avoc succès, ou de l’autre ompôchorait l'établissement du pays.

Jo n'iniaterai pas davantage sur ec point, Car on VOA, en l’exnminant sérieusement, qu'on n’a pas beaucoup raison de 80 plaindre. Je puis diro que lo gouvernement, afin d’un côté do rendro justice à la compagnie du chomin do fer du Pacifique canadien, et de l'autro de ne rérervor lu liborté d'agir dans l'intérêt des colons et des voyageurs, à assigné au tarif uno durée d’un an soulement,—afin que, à mesuro que le pays s’établira ot quo lo volumo du trafic augmontora, nous puissions le traiter solon les circonstances, ct dans le but do favoriser les intérèts des populations qui s'établiront au Nord-Oucst,

Maintenant, M. l'Orateur, j'ai été quelque peu surpris de voir mon honorable ami, avec cet avengloement—de parti, je dois dire—dont il est quelque fois frappé, en commun avec d’autres personnes qui sont sujettes aux influences de parti, risquer la stupéfiante proposition que les avantages du contrat sont tous d’un côté. Il parlait do la déclaration, digno d’un homme d'Etat faite par mon honorable ami le député de Westmoreland, lequol disait, en termes qui ont dû porter la conviction dans l'esprit do tous les auditours, qu'il était heureux que la compagnie du chemin de fer du Pacifique canadien eût un bon contrat. Et pourquoi, M. l'Orateur ? La plus fatale errour quo le gouvernement aurait pu commettre aurait été do faire un contrat onéreux, sous lequel la compagnie aurait succombé,—un contrat qui l'aurait obligée, chassée du marché monétaire anglais par les influences dont j'ai parlé, à s’on rapporter à clle-mème pour avoir les moyens d'exécuter cette entreprise, jusqu'à une époque lointaine où elle aurait pu profiter des terres mises à sa disposition: Il n'aurait pas été possible de commettre une plus grave erreur, au point de vue des intérêts du Canada, qu'en faisant un contrat dont le succès aurait été mis en péril ct dont on aurait pu douter.

Pour savoir si les avantages de ce contrat sont réellement tout d’un côté, il suffit de s'arrêter au fait, déjà signalé par moi, qu'avec toutes les influences qu’elle pouvait mettre en.

al

jou, avoc lo brillants prospectus qu'elle pouvait publier, la compagnie n'a pu jusqu'ici vendre scx actions à plus do GOc, dans Ju pinstro, à Londres même, le mtuché où il nous est possible d'oblonir n'importe quel emprunt, si vous ôter roulomont on mosuro do prouvor que l'entreprise pour laquollo vous lovez cot emprunt doit rapporter dos profits,

Et quoi do plus? L'honorablo monsiour n Kiggnalé lo fait —je crois qu'il & plutôt insinué an gouvernemont que la loi avait été violéo—quo nons devions empêcher la compagnio d’obtonir ces G0c. dans la piastre, car il doute que la loi du pays lui permotto de payor 8% pour cont d'intérèt sur l'omprunt, à mémo lo capital, Mais, en faisant lo calcul de l'intérêt à payor—car la compagnio doit payor 5 pour cent au pair pour chaquo piastro qu’ollo obtiont pondant la construction—mon honorable ami s’est-il demandé ce quo cola forait à GÜc. duns la piastre, pondant quatre ou cinq ans ? Ët cepondant, il n’hésito pas à dire que la compagnie doit rotiror un profit do $37,000,000 ; mais il no tient pas compte do cos considérations, qui sontd’importance majeure dans lo calcul des transactions monétaires.

Avoc votre consentement, M. l’Orateur, je vais demandor à la Chambro la permission de m'arrêter ici, avant d'aborder un autre côté do la question, car le moment de la suspension de la séance cest arrivé.

À 6 heures, l'Orateur quitte lo fauteuil,

Séance du Soir.

Sir CHARLES TUPPER: Avant de reprendre la question au point où je l’ai laissée, jo tiens à réparer une omission que j'ai faite en citant un discours prononcé par l’honorablo chof de l'opposition, lo 15 avril 1830, dans lo débat auquel donna lieu la politique adoptée par notre gouvernement au sujet de la construction du chemin de for du Pacifiquo canadien,

J'ai démontré que l'honorable monsieur, après un calcul élaboré de ce qu’il en coûterait pour en faire un chemin de fer de première classe, fixait à $120,000,000 le minimum du prix de revient. Mais j'ai découvert que je n'ai pas été juste à son égard, car en rolisant ron discours, je constate qu'il ajoutait À cette somme $24,500,000 que le pays aurait à payor sous forme d'intérêt pendant l’exécution de l’entreprise. Voici ce qu'il disait le 15 avril 1880 :

Suivant l’ancien mode de construction, cette section centrale coûterait, en y comprenant les autres items que j'ai mentionnés, un peu plus de,$42,600,000, abstraction faite des deux tronçons de chaque extrémité. Le tronçon de l’ouest, entre Edmonton et Burrard Inlet

comme je l'ai dit, coûterait $45,000,000 ; et celui de l'est, entre Fort William et Nipissingue, d’une longueur de 650 milles, reviendrait, sui-

vant l'estimation du député de Lumbton, à $32,600,000, Aïngl, leg deux pactios oxtrômes estimées à #77,000,000, ot la partio contralo, avoo leg frais dGjà encourus, à 442,600,000, formeraient un total de $120,000,000, et cela, sans compter une dépense lügitimo et néccsgalro qui doit s'ajouter, dans tous los eng, à cellu des intérêts durant ln construc-

tion.

Dans toutes les entreprises de es genre, tous les 6tats estimntifs reln-

tivemont à la déponse, comprennent toujours l'intérêt sur les capitaux fournis pendant in durée do l'ouvrage, avant quo l'ontropriso ne donne un revonu, ot on doit tenir compto de cet item on faisant log calculs. Lu Chambre apprendra pout-6tro avec surprise que aur co quo nous avons dépensé jusqu'ù présent, l’intérôt, au 30 juin prochain, dépassern

$1,260,000 ; et encoro nous no mottons cot intérôt qu'à 4 pour cont, attondu que los capitaux ont 6t6 empruntés en partie aur dos garanties, A prendre le chiffre de l'estimation soumise il y a dix jours, ai nous déponsons soixante milliong pendant los dix annCes qui vont suivre, nous aurons un total de plug de %24,500,009 pour les intérêts, en mettant à 6 pour cent l'intérôt sur les emprunts à venir, enr c'est, je crois, le taux Îo plus bag auquel nous puissions nous procurer des capitaux.

Or, mon honorable ami admottra quo la compagnie du chemin de fer du Pacifiquo canadien ne peut lover des emprunts À 5 pour cent d'intérêt; par conséquont il lui faut ajouter à $120,000,000 $24,500,000 commo prix do revient du chemin, plus l'augmontation d'intérêt quo la compagnio dovra payor en sus du taux de 5 pour cont fixé par mon honorable ami, Jo suis bien aise d'avoir eu l’occasion de signalor cctte circonstance, car jo crois que sans elle l’oxposé fait par l'honorable monsieur no serait pas complot.

Puisque je parlo du capital sur lequel la compagnie a lo droit d'obtenir 10 pour cent, on vortu do la loi ot d’après lo contrat quo nous avons fait avec clle—car l'honorable monsieur doit se souvenir que l'acte rofondu des chemins de for a été modifié et quo le contrat embrasse cette modification, — je dois diro que cotte loï contient une disposition qui déclare que le capital dela compagnie du chemin de fer du Pacitique scra censé être la sommo de deniers que la compagnie est tenuo de mottro dans l’entreprise, plus les subventions reçues du gouvernement.

M. BLAKE : Moins les subventions,

Sir CHARLES TUPPER: Moins les subventions reçues du gouvernement.

Aiïnsi, du moment quo la compagnie obtient 10 pour cent ur son Capital, sur la somme qu'elle a mise dans l’entreprise, moins les subventions reçues du gouvernement, ces péages sont sujets à révision. Par conséquent, l'honorable monsieur verra, comme je le disais, que quelle que soit la somme que la compagnie est obligée de prélever sur la vente des bons, afin de compléter le montant reçu du gouvernement du Canada pour l'exécution de l’entreprise, l’escompte sur ce montant sera imputable sur le capital. Il n’est pas à supposer qu'une compagnie de chemin de fer vende ses

bons pour moins quo la sommo la plus élovéo qu'elle pout obtenir sur lo marché; otayant oblonu, aux moillouros conditions possiblos, lo montant absolument nécossairo pour omplôter, quollos qu'elles soiont, les subventions fournics pur lo gouvornoment, co montant orn lo cnpital sur loquol olle aura droit de rocovoir un profit do 10 pour cent avant quo lo gouvornomont puisse intervonir ot opérer do force ou oxisor uno réduction des péugos sur lo chomin.

M. l'Oratour, j'ai rolové plusiours des objections soulovécs par l'honorable monsiour dans los doux discours qu'il a prononcés sur la question. Ainsi que jo l'ai déjà dit, il s’objoctait aux ongngomonts que la Compagnie a pris dans l'est, ot il émottait l'avis qu'olle était allée trop loin, qu'elle avait fait prouvo d'imprudenco. Eh bien! M. l'Oratour, la connaigsanco quo j'ai acquiso des mossiours qui composent la compagnio m'u toujours fait supponor qu'ils sont parfaitemont capables de prendro soin de lours interôts, ob doués d’uno assez grande énergio pour les faire valoir; ot l'honorable monsieur pout constater quo, dans los engagements dont il parle, ils ont consulté los intérêts du Canada aussi bien que les leurs on prolongoant la ligno depuis Callander jusqu’à Montréal. J'ai déjà démontré quo ces cngagemonts n’ont pas fait déboursor un soul sou par le pays, parco que ces soctions de la ligno ont rapporté un profit plus élevé que l'intérêt nécessaire pour fairo face à toute la dépense que la compagnie avait à fairo. L'esprit do l'honorable monsieur peut donc être en ropos sur co point.

Mon honorable ami toucho ensuito à la question des monopoles,. “ Nous avons déclaré, dit-il, que les dispositions relatives au monopole n'étaient pas nécessaires pour assurer l'exécution de l’entreprise, et étaient de nature à retarder l'établissement du pays, à nuire à sa prospérité, ot à créer de graves mécontentements.” J'aimerais savoir où l’honorable monsieur s’est formé l'opinion que le chemin avait pu êtro construit sans lo monopole dont il parlo; j'aimerais savoir où il a puisé l'information qu’il aurait été possible à une personno ou à un corps de capitalistes, sur les garanties offertes, d'obtenir les moyons nécessaires pour construire ce chemin, si le gouvernement no leur avait pas donné les avantages qui sont portés au contrat. Je nie, M. l'Orateur, que si les conditions données par le gouvernement canadien à la compagnio du chomin de fer du Pacifique avaient été le moindrement altérées, il aurait été possible de mettre ce vaste projet à exécution.

L'honorable monsieur dit qu’il a toujours été entendu que la compagnie avait non-seulement le droit, mais pouvait forcer le gouvernement à exercer son pouvoir de désaveu. € Je n'ai jamais pu comprendre,” dit-il, “ qu’il ait été entendu

af.

quo la compagnie avait non-seulomont lo droit, muis pouvait forcor le gouvernement à exercer le pouvoir do désaveu, à appliquer son voto aux chartes demandéos pour dos chemins do for duns los limitos de la province du Manitoba, contruiromont au marché fait avec la compagnie du chemin do for du Paciliquo canndion. Je prétends que co marché eat nonsoulomont contraire à co qu'on nous avait dit quo sorniont lea conditions, mais contraire cortainemont à co qu'on a dit qu'il 6tait lorsqu'il nous fat Koumis par lo ministre dos Chomins do fer.” Eh bion! M. l'Orateur, je domandorai à l'honorablo monsieur do vouloir bien produiro la déclaration fuite par le ministro des Chemins de for,

M. BLAKE : J'ai dit qu'on nousa dit cola lorsque lo marché nous fut soumis, mais je n'ai pas mentionné lo ministre dos Chomins do fer,

Sir CHARLES TÜPPER : Alors, le ministro des Chomins de for ne l’a pas dit ?

M. BLAKE : Mais l'honorable premier ministro l'a dit,

Sir CHARLES TUPPER : Tout ce que jo puis dire c’est que, humble organe du gouvernement, j'ai essayé de fairo connaître les conditions du contrat ot la position que ce contrat faisait au gouvernement ot au pays vis-à-vis la compagnie du chemin de fer du Pacifiquo canadien. Et l'honorable député sait que personno ici no pout m'accuser d’avoir lo moins du monde abandonné la position que j'ai prise sur cette quostion,

Jo puis, M. l'Oratour, rappeler à l'honorable député que cette politique n’est pas sculement celle d’un gouvernement, mais colle de tous les gouvernemonts, Celle de l’administration dont il fait partio était aussi tranchée sur la question du désavou des chartes provinciales qui étaient pré. sumécs devoir nuiro au trafic du chemin de for du Pacifique cavadien que l’a été celle du gouvernement actuel. T'honorable député sait que durant le terme d'office du ci-devant gouvernement une charte a été octroyée—-sujette à être mise en vigueur par proclamation--pour la construction d'une ligne de chemin de fer depuis Winniper, à l’ouest de la rivière Rouge, jusqu'à la frontière des Etats-Unis. Il sait aussi quo mon prédécessour, qui était alors le premier ministre du pays, fut prié par M. Gcorgo Stephen de lancer la proclamation qui aurait donné forco de loi à cetto charte. Qu'’a répondu l’ex-premier ministre à cette demande? I!arefusé la proclamation. ![l a désavoué le bill. C’est là ce qu'il a fait. Et pourquoi? Parco qu’il a vu elairemont ct avec raison que le gouvornement canadien, ayant entrepris de construire le chemin de fer du Pacifique, ne devait pas per-

mottro aux lignos rivalos dos Elats-Unis d'Amérique do faire concurronco à cotto ontropriso. C'est la position qu'il a prise. Je dis qu'il à pris uno position inattnquablo, digno d’un hommo d’État, une position qui—imnalisré ln vigueur des attaques do 808 advorsaires d'alors on purlemont, maleré los critiquos dont sa politique était l’objot de la part de l'oppoaition du jour,—a été tolle qu'aucun membre do cotte Chambre, qui #e soucio dos véritables intérêts du pays, no saurait la blûmor. Bion plus, dos compagnios sont vonuos domander au gouvernemont ot au parlomont la passation de bills qui auraient créé do In compétition entre elles ct lo chemin de for du Paciliquo canadien, Or, qu'avons-nous fait, M. l'Oratour ? En ma qualité de ministre dos Chomins do for, jo mo suis rendu dovant le comité des chemins do fer, composé de cont dos principaux dépulés des deux partis qui divisent cotte Chambre, ot J'ai déclaré do la manière la plus formelle quo la détormination de co gouvernement était do rofuscr péromptoirement à toute compagnie la permission de construiro uno ligne de chemin do fer rivale du Pacifique canadion ou d'aucun do sos embranchements. (C'est ainsi que nous avons agi, ct jo le déclare sans hésitation en face des honorables députés de l'opposition, les membres du comité des chomins do for, adversaires comme amis, ont unanimont approuvé notre position. Je dis que cette politique n’a été attaquéo ni dans le scin du comité ni dans cette Chambre; on l'a approuvée comme saino ot conçue dans l'intérêt du pays L'année suivante, il vint d’autres intéressés qui supplièrent le gouvernement d'autoriser la construction de lignes rivales dans la province du Manitoba ot devant aboutir à la frontière américaine; ils furent également éconduits. C'ost pour cela que je dis que personne, ici comme au dehors, n'ignore que la politique du gouvernoment n’a jamais été mieux définie, plus tranchée, que sur cette question d'empêcher la construction dans Le Ma. nitoba de chemins de fer pouvant nuire au trafic du chemin du Pacifique canadien.

Voyons ce qu'était alors-celui-ci. Le gouvernement n'avait pas encore entrepris de construire un chemin de fer à travers lo Canada, sur un parcours de près de 650 milles le iong de la rivo nord du lac Supérieur, où il n'y avait pas une âme depuis le Rocher-Rouge, à Nipigon, jusqu’à Callender, Aucun gouvernement n'avait osé entreprendre semblable construction. Le wouvernement actuel même n'y était pas encore décidé. ÆEh bien ! malgré cela nous avons refusé de laisser faire concurrence à l'embranchement de Pembina, sur le chemin du Pacifique, qui se rendait à la frontière américaine. IL n’y a pas un homme impartial au Canada, pas un homme dégagé de tout esprit de parti, qui

dira quo—ulors quo la compagnie ont tonuo non-aoulemont à fairo tout co quo nous faisions, quand nous découragions In concutronco, mais à faire davantngo en construisunt 650 millos de chemin do fer dans le désort ontre Callendor ot In baio du Tonnerre—-nous n'étions pas obligés d fortiori d'appliquer à la compagsnio 1n même politique que nous avons fuivio pour protôsor lo gouvornemont, sans nous occupur lo moins du mondeo do la quostion du contrat. Il auflit do se rappelor los principos los plus élémentaires de lu justice pour so convaincro do cola, ot cost co que j'ai toujours fait dans cotto oncointo ot on dehors on discutant cotto question, Jo dis quo l’intérôt de co pays exige que lo chemin do fer du Pacifique canadion réussisso, ot quiconque compromet cv succôs travaillo contre los intérêts du Canada.

Mais, dira-t-on pout-ôtro, que faites-vous des intérêts du Manitoba ? Los intérêts du Manitoba ot du Nord-Ouest doivont être sacrifiés à la politiquo du Canada ? S'il lo faut, je diraioui! Quand, il y à Lrois ans, j'ai visité co pays, j'ai roncontré à Emorson dos délégués qui mo posdront cetto question, et jo leur déclarai alors quo lo gouvernement fédéral considérait commo un do sos principaux devoirs do faire son possiblo pour développer los vastes territoires du Nord-Ouest, ot qu'il demandait aux vicilles provincos de s'emparor do cctto ontroprise gigantesquo, do la pousser vigourcusoment, ot par là ouvrir et développer ce pays. Et c’est pourquoi, ajoutai-je, désireux que nous sommes de promouvoir vos intérêts par tous los moyens, nous croirions trahir lo Nord-Ouest, le Manitoba ct le reste du Canada si nous nous laissions détourner de la politique que nous n'avons jusqu'ici cossé de proclamer honnêtement ct ouvertement comme tout à fait essentielle au succès du chomin do fer du Pacifique canadien.

Je m'appuie sur cela non-seulement pour demander que cette politique soit sanctionnée par toutos les provinces du Canada, maïs pour que le Manitoba et le Nord-Ouest y donnent leur assontiment comme à une partie intégrante d’une politique de chomin de fer qui les a vivifiés ot développés si rapidement et si vigoureusement. Voilà ma réponse à l’honorable député sur ce point-là,

U a dit qu’il y avait boauconp de mécontentement dans le pays à co propos. Qui l’a fomenté, M. l'Orateur ? Où sont les hommes, où sont les journaux, où sont tous ceux qui ont traqué le gouvornement, qui l’ont attaqué tous les Jours, qui ont essayé de persuader à la population du Nord- Ouest que notre politique lui était préjudiciable ? Ce sont les mêmes hommes qui lorsqu'ils étaient au pouvoir, préconisaient et suivaient la même politique comme étant la seule juste et raisonnable et conçue dans l'intérêt de tout le

pays En voilà assoz sur la quostion du désavou. Jo ponso avoir passé on rovuo ct réfulé tous los principaux argumonts invoqués par l'honorablo député dans 804 divors discours,

Jo vais maintenant m'occupor pendant quelques instants do Ia dorniôro ot la plus importanto dos assortions qu'il faitos, ot j'on étais 1à quand l’ajournoment do la séunco a ou liou, Jo disais quo lorkquo l'honorable député de Wostmoroland énonçait l'idéo grundo ot largo qu'il était do l'intérôt du Canada quo lo chomin do for du Pacifique canadien fit uno entropriso payanto, il proclamait uno vérité qui trouvora do l'ocho d'an bout du pays à l'autro. Jo crois quo lontropriso paiora. Jo n'hésito pas à dire quo j'espère que la compagnio fora uno immonse fortune en rotour dos risques qu’elle court pour ontreprondre la construction du chemin do fer du Pacique oanadion—uno œuvro ontouréo de difficultés gigantosquos, dovant laquollo deux gouvornemonts ont reculé: une ontropriso si étonnante que los doux grands partis politiques so sont alarmés à l’idéo que lo gouvornemont s’on chargeñt, bion qu'il oût à sa disposition toutes los ressources du pays, les moyens d'importer on franchiso tout l’outillago nécossairo, ot d'emprunter tout co qu'il lui fallait d'argont au taux do 4 pour cent; on un mot, toute sorte de facilités ot d'avantages. Malgré tout cela les doux partis n'osôront nourrir l'idéo quo le gouvernement du Canada construisît un gigantesque chemin de fer long de 3,000 milles et traversant dos pays comparativomont pou peuplés. Le Canada apprit avec plaisir que lo gouvornement avait pu déposer devant la Chambre un contrat qui assurait l'exécution de cette entreprise à des conditions plus avantagousos au pays que no l’avaiont jamais espéré les mombres de cotto Chambre, à quelque parti qu'ils appartiennent.

Je soutiens quo si la compagnic du chemin de fer du Pacifique canadien est en voie do réussir, elle le doit au courago avoc lequel ses principaux membres se sont mis à l’œuvre et en ont fait le but de leur vie. Si cette entreprise réussit, ct elle a ou plus d'une fois ses houros difficiles à passer malgré toutes ses ressources, c'est parce que le gouvernemont a eu le bonheur de mettre la main non-seulement sur des hommes d'expérience ot de ressources, connaissant bien l’ouvrage qu'ils avaient à faire, mais encore sur des hommes possédant de larges fortunes personnelles, auxquelles ils auraient pu recourir si l’entreprise eût manqué de fonds, quand elle cherchait à s’en procurer au moyen de ce quiétait un désert, lo Nord-Ouest,

Je me réjouis done, dans ces circonstances, de ce qu'’ella ait réussi jusqu'aujourd’hui, et de voir qu’elle restera en fin

do compte on possession d'une propriété d'un grand prix

u'olle pourra 6.:ploiter tant à son profit qu'à celui du ponple du Cunndn, Jo dois diro maintenant quo, aolon moi, mon honorable ami n'a jamais commixs uno plus grande faute commo homme d'Etat, que l'opposition no n'est encore jamais liéo à suivre uno politique plus fausse au point do vuo do nos intérôts commo: parti, qu'en 40 déclarant hostile à cotto vasto entropriao.

Il no lour était pas permis do prondro cotto attiado, Co qu'ils avaient fait d'annéo en anncGo, leurs longs offorts au sujot do l'entreprise, lours déclarations devant ln Chambre au sujet do la valeur des terres, do la naturo du pays à travorsor, de l'énormo responsabilité qu'assumeraient coux, quels qu'ils fassent, qui entreprendraiont de construire le chemin do fer du Pacifique canadien ot de l'exploiter,—toutos choses qu'ils no #auraiont répudier, car leurs actos ot lours dires sont 1, —{out cola aurait dû [os ompècher de so montrer, comme ils l'ont fuit, hostiles à cetto œuvre gigantesquo. S'ils étaient capables d'apprendre quelque chose, s'ils étaient suscoptiblos d'improssions, «i l'expérience pouvait leur fairo comprendro ses enscignomonts, jo dis quo ce quise passo depuis deux ans devrait los convaincre qu'ils ont fait fausse routo ct los ramener au plus tôt à de moilleurs sontiments, Au point do vue du grand parti conservateur, je devrais désiror les voir continuer à suivre leur ligne de conduite actuelle; je devrais désirer que sur cette question, comme sur celle do la politique nationale, ils resteront on antagonismo avec la grande masse du peuple canadien.

M. l'Orateur, je n'ai pas consacré vingt-huit ans consécutifs de ma vio aux aflaires publiques, à les étudier, à étudier le sentiment populaire, sans m'être rendu capable d'en juger et de les apprécier; or, je sais ce quo je dis quand j'aflirmo que de tontes les questions qui se sont imposées à l'attontion publique, il n'y en a aucune sur faquelle Ia masso du pouplo, de tout parti ot de toute classe, ait eu une opinion mioux arrêtée que celle de l’entreprise du chemin de fer du Pacifique canadien.

Mon honorable ami, lors du débat sur l’adresse, en passant en revue les déclarations dignes d’un homme d'Etat faites par mon honorable ami le député de Westmoreland, a prétendu que tous les avantages se trouvent d’un côté, Eh bien ! M. l'Orateur, est-il possible qu’il soit sincère? Se peutil qu'il y ait quelque chose qui lui ferme les yeux et les orcilles, qui émousse les sens au moyen desquels on apprend ce quise passe autour de soi, au point de lui faire risquer une assertion semblable ? Je me permets de lui demander quelle a été l'influence de cette entreprise sur l’importante et vitale question de notre population. L'honorable député

sait quo los progrès rapides, la proupérité croissanto de notre pays no dépondont de rion tant quo des moyens do remplir lo Nord-Ouost ot d'attiror la population dans toutos les partios du pays. Quand mon honorable ami lo ministro do l'Agriculturo a présonté lo budget de l'immigration, l'honorablo député s'ost écrié: “Quoi qu'est-co quo cola vout diro? Nous croyions quo nous scrions débarr'aseés do tous cos fardonux ; nous ponsions quo la compagnie du chemin do for du Pacifique canadien devait soulo dépenser do l'argont pour abtirer chez nous l'immigration, ot qu'il ne nous restait plus qu'à nous croisor les bras.” Porsonno, M. l'Orateur, n'a jamais cru cola. J'admets que mon honorable ami qui 80 tiont en arridro do moi a déployé unoéncrgio, uno adrosse ot dos rossources mervoillouses pour attiror l'immigration au Canada, mais j'ajouto quo sans la construction du chomin do for du Pacifique, tous sos efforts auraiont été comparativoment inutiles Je déclare qu'aucun agent n'a à lui soul exercé uno plus forto influonce sur la grando ot vitalo question do l'immigration, quo la construction de co chemin do for. Jo soutiens quo l'honorable député oublie que des capitalistos de partout, do Londres, de franco, d'Allemagne, de Now-York, d'Amstordam, ont des intérêts dans cotte grande entreprise nationale du Canada, ct que par tous les canaux do publicité qui existent d'un bout do l'Europe à lPautre il circulo des centaines de mille publications qu'aucun ministre do l'Agriculture n'aurait jamais pu y envoyer sans le secours do cetto compagnie. Or, que font voir ces publications ? Elles ont appris au monde, aux pays trop peuplés de l'Europe, que les immigrants ne seront pas obligés de rester parqués à Winnipeg, incapables d’avoir dos terres où s'établir, mais qu’un chomin de fer qui se construit rapidement pourra les conduire, dès le lendemain de leur arrivée à Winnipog, à 500 ou 600 milles dans les prairies, où ils pourront choisir à droite ot à gauche des torres, s’y établir et y élever leur fortune.

Voyons un peu, M. l’'Orateur, ce que les statistiques nous apprennent, Quo l'honorable député ouvre le rapport de mon honorable ami, etil verra que l'immigration a augmenté de 40,000 âmes qu’elle a été en 1878, à 193,000 en 1832. Il nous est venu par la voie du Saint-Laurent, 10,295 colons en 1878, 44,850 en 1882. Les colons se comptaient par 29,808 en 1878, et par 112,458 en 1882. Il n’est pas allé moins de 70,532 colons s'établir dans le Manitoba et Le Nord-Oucst en 1882, dont 13,325 venaient des Etats-Unis. Qu'est-ce que ces chiffres-là prouvent ? Chacun sait, M. l'Orateur, que dans le passé le Canada souffrait de n'avoir pas, comme les Etats-Unis, un Nord-Ouest à ouvrir à l'immigration étrangère. Quiconque a étudié cette question sait qu’il n’y arien

do plus vrai quo evci : % L'étoile do l'Empire «o dirige vers l'Ouest" Chacun connait ln tondunco qui pouso vors l'oucat, Jutez un coup d'œil sur Los Etats américuins do l'Eat, cb qu'y voyez-vous ? Compurez lour population d'au: jourd'hui avoc co qu'elle était il y a déjà longlemps, ot vous lu trouvoroer comparativement stationnaire à causo de co courant fnimôricnin qui vous ontraîno constnmmont vorx l’oucst, Il on a 616 ainsi au Canada, ZLio boxoin #o fisuil sontir d'ullor dans l'ouest, et comme nous n'en avions prs les gons #'on allniont aux Etats-Unis, Hn ost-il ainsi aujourd’hui ?

Eh bien ! M. l'Oratour, non-seuloment lo courant qui ke divigonit du côté ouest dos Etats-Unis ost arrêté, mais il changé do direction, ot aujourd’hui, ceux qui avaient quitté notro pays pour l'ouest ot coux qui ont toujours vécu aux Etats-Unis, passont la 490 parallôlo, en tol nombre que, pendant l'année dornidre, 13,000 nous sont arrivés, Et jo prétonds quo dans lo cns où lo chemin do for n'aurait pas ou d'autro résultat, dans lo cas où co développement do notre Nord-Oucost n'aurait fait rion quo do portor ce courant d'immigration vers notre pays, ot inviter à vonir dans nos nouveaux torritoires la population d'au dolà des frontières, dans lo cas où co dévoloppemont n'aurait rion fait autro choso, il aurait accompli tout co qui sorait nécessairo pour s'imposer au jugomont ot à l'esprit de tout Canadien qui aimo son pays. Déduisez la population flottante de Ia population réel'e, ot il restera 58,751 colons établis au Nord-Ouest.

Mais, M. l'Oratour, cs n’est pas tout. Jo lirai—car cotto autorité cat préférable à tout énoncé que je puisso faire, ot je suis cortain que la Chambre me pormettra la choso—jo lirai, dis-je, un des extraits les plus intéressants qui aiont jamais figuré dans lo rapport d’un honorable ministre do l'Agriculture depuis quo lo Canada forme un pays :

. IT paraît, aussi, que la valeur certaine en argent et en propriété qui a té apportée dans ce pays en 1882, par les immigrants, représentait 53,171,601.59, outre un montant élevé apporté an Manitoba, dont on n’a pu connaître le chiffre et qu'il est impossible d'évaluer. De plus, ily a eu des valeurs considérables représentées par des outils, des instruments et des effets,

Le montant d'argent apporté au Manitoba, en 1882, par ceux qui avaient l'intention de s’y établir comme colons, a êté considérable, et comme on le verra par une note, au bas de cette page, un banquier a déclaré qu'il ÿ avait pour $8,000,000 de dépôts à Winmpeg, somme envoyée pour placements avant le milieu de l’année. Il n’y x pas de douto qu’il soit encore entré des capitaux après cette date, mais on ne peut en connaître le chiffre.

Une partie de ces capitaux venait des anciennes provinces ; mais prenant en considération le fait que les capitalistes des provinces de l'Est se proposant de faire deg placements au Manitoba ou dans les Territoires du Nord-Ouest, laisseraient probablement leurs dépôts dans leurs banques, Pour cu retirer quand ils en auraient besoin, on peut mettre au crédit des immigrants nouvellement arrivés les trois quarts de ce mon-

tant do 4,700,070 ; et cos caplluux on argent, anus tenir compte dos sommes déposés ns ln dato cl-dossus, feraient uno valeur totulo do #10,000,000, et clfros ronds, en articles ct en offets, apportéu par lon Imimigrennts en 1882,

Jo vous ai donné, M. l'Oratour, les chiffres rolntifs à l'année dernière ; muintenant j'attiro Pattontion nur lo fait fait qu'un télégranmme publié dans lo Globe ot vonant do on correspondant do Londres, annonçnit qno Lrois vapours, partis co jour-là, avaiont À Tour bord 3,000 pornonnos qui s'étaiont ombarquéos à Liverpool pour la Confédération du Canada, ot déclarait que co nombro était lo double do co qui était jasqu'ici embarqué. Un fuit eommo celui-là n'a pus besoin do commontaires pour montrer tout co que vaut, pour co pays, la construction du chomin do for Canadion du Pacifique, qui, commo jo l'ai dit, a 6t6 un des principaux agonts qui aiont contribué à changor ln condition do notro pays ot À nous pormottro de compior sur uno immigration toujours croissanto, car los commencomonts #ouls sont diMcilos, pourvu quo vous ayez, commo nous avons—jo suis houreux de lo roconnaîtro—lo pays lo plus attrayant du monde pour los colons. ‘l'out co dont vous avez boxoin, co sont les moyons d'attirer los gons dans lo pays, d'où il pourront annoncer à leurs amis ln prospérité qui los a accompagnés, ct on définitivo, vous on aëitirorez des millo, des dizaines do mille ot des centaines de millo à lour auito. Notro prospérité ira ainsi toujours croissant ot nous aurons la satisfaction de savoir que co jardin du mondo sera avant longtomps rompli de colons énorgiques et entroprenants qui feront flourir co désert jusqu’aujourd'hui ai négligé,

Maintenant, on mo permettra peut-être do fairo allusion, avec un grain d'orguoil personnol, aux résolutions que j'ai cu l'honneur do présenter commo donnant les opinions du gouvernement on 1879. Jon’aipas l'intention de les liro toutes, mais j'en lirai trois ; les voici :

3. Résolu.—Que des rapnorts de la mire-patrie annoncent un état sans précédent de misère chez lea classes ouvrières et 1n nécessité d'adopter, sur une grande échelle, des moyens pour venir à leur secours.

4 Résolu.—Que la construction du chemin de fer du Pacifique donnerait immédiatement de l'emploi à un grand nombre d’ouvriers et ouvrirait à la culture une vaste étendue de terres fortiles et créerait ainsi un débouché où pourrait 8 écouler le surplus dela population de la Grande- Bretagne et des autres Etats de l’Europe. Lo

5. Résolu.—Qu'il est évident qu'il serait dans l'intérêt général de trouver un débouché pour écouler le surplus de poputation qu'il y a dans l'Empire, et de fonder ainsi des colonies florissantes sur le sol anglais, ou bien de diriger vers des pays étrangers le courant d'immigration qui vient d'Angleterre.

Il m'est inutilo de rappeler à la Chambre que la grande difficulté dans laquelle se trouvait le Canada était que les Etats-Unis offraient de si grands avantages, avant que nous eussions notre Nord-Ouest, qu'il*nous était impossible de

Eutlor avec eux au aujot de l'immigration, Mais j'attirorai l'attontion sur lo fuit quo, bien que los honorablos mossiours do ln gaucho aiont dit au peuple qua c'étuit un révo inutile pour lo gouvornement do supposer qu'il pourrait mnencor le Souvornomont anglais à appuyor notro politique, j'ai l’orgucillouso satisfaction do savoir qu'aujourd'hui une des questions dont s'occupent lo plus les hommes d'état ot los ministros anglais, qui ont à l’houre qu'il est ontro les mains los destinées de l'Empire, est cotto question mèmo, et l'on prétond qu'une politique plus sago quo celle de l'immigration no pouvait pas Ôtro adoptée pour mettre fin aux difficultés des districts trop populoux do lu mère-patrie, on Angletorre, en Irlando ou on lvosso, qui on renferment toutos. Lord Dorby, l'habile ministre qui préside aujourd'hni à nos destinées coloniales, a déclaré publiquoment quo l’Angleterre no pouvait omployer les millions dont regorge son trésor à un meilleur usage qu'à onvoyer on Canada des immigrants nécossiteux des districts trop populoux de la Grande-Bretagne ; et enfin, par différents moyens qui n'auraient jamais pu être adoptés sans la construction du chemin de fer Canadien du Pacifique, le peuple d'Angleterre et la presse sont portés à comprendre qu'il n'y a rien do plus propre à leur faire espéror quo l'on pourra écouler ce surplus de population, que les moyens d'employer l'argent à la disposition du gouvernement impérial à établir ceux qni luttent aujourd’hui avec la pauvreté et le malheur, et cela, au cœur de l'empire, dans le grand Nord-Ouest canadien, où par lo travail et de l'énergie, ils pourront devenir rapidement des colons houreux, et non-seulenient des hommes qui ajouteront à la richesse du pays, mais aussi, deviendront une sourco de forco pour l'empire, au lieu d’être une source do la plus grande faiblosse nossiblo.

Cependant, bien que tous cos fuits fui furent connus, l'honorable chof de la gauche a osé dire que tous les avantages du contrat du chemin de fer Canadion du Pacifique sont d'un soul côté. Qu'il examine Winnipeg quelques instants. Qu'il examine ce que Winnipeg était ot ce qu’il est; qu'il examine ce que cette ville était avant que le gouvernemsnt entreprit la construction du chemin de fer. L'’honorable monsieur n’a qu'à jeter un coup d'œil sur les chiffres pour constater les faits los plus étonnants qui se soient présentés sur aucune partie do ce continent. Je le demande, même dans les Etats de l'Oucst de l’union américaine, l'honorable monsieur peut-il me montrer un seul endroit, malgré tous les avantages quo ces Etats possèdent et toutes les relations qu'ils ont établies avec les anciens pays, au moyen des émigrants venus aux Etats-Unis, l’honorable monsieur, dis-je, peut-il me montrer un seul endroit

qui donno les preuves do progrès ot de propérité rapidos que Winnipog présonto aujourd'hui? Y at-il, sur co continont, un endroit qui ait progrosré avoc la rapidité dont, nous avons été témoins au sujet de cotte ville, qui deviondra biontôt, qui ont déjà dovenuo un des plus grands contros commorciaux de co paya? En 1871 Ia population était do 500 âmos, on 1881 ello s'élovait à 9,000, et c'était bien après 1878, commo l'honorablo monsiour lo sait. Mais dopuis 1881, In première annéo dos opérations do In compagnio au chomin de for Canadion du Pacifique, la population s'est élovéc, dans une seule annéo, do 9,000 à au moins 25,000.

La valeur de la propriôté a été portéo de #9,000,000, qu'ello était on 1881, à 830,000,000 en 1882. Quelle preuve plus concluanto de l’influonce ot du succôs do cette politique qout-on apporter quo celle quo l'on trouve dans los chiffros puo j'ai cités ?

Les importations do la Grande-Brotagne cet des pays étrangers, en 1881, ont été de 32,837,451; on 1882, cllos s'étaient élevées à $8,222,923, soit une augmentation do $5,395,497. Mais le chiffre de l'augmentation, avec notre pays, est une question qui intéresse vivement le peuple des ancionnos provinces. Outre cotte augmontation do $5,000,- 000 dans los importations faites de la Grande-Bretagno ot dos pays étrangers, les importations que l’on a faites des anciennes provinces du Canada se sont élovées à $12,000,- 000, ce qui porte à au moins $820,000,000, dans uno seule annéo, les importations de la petite ville de Winnipeg, qui ne date que d’hior.

Si nous examinons maintenant les droits de douanes, que constatons-nous ? Il m'est inutile do dire à la Chambre ce que vaut chaquo immigrant; tout ce qu'il faut au Canada pour en assurer le progrès matériel et en faire disparaître rapidement la dette ot l’élever à un degré de prospérité tel qu'on pourra le comparer à tout autro pays du monde, tout ce qu'il faut, dis-je, c’est que l’on fasse venir des immigrants et qu’on leur donne les moyens de se procurer des emplois lucratifs. Les taxes que les immigrants qui arrivent ici paient au revenu du pays, en font une source de richesse absolue et certaine.

Que démontrent les rapports des douanes? Les droits prélevés en 1879 étaient de $279,253 ; en 1881, de $651,892 ; en 1882, de $1,587,827, soit une augmentation en faveur do 1882 sur 1881, de $935,435, ou près de $1,000,000 d'augmentation ; et cependant mon honorable ami hésite à accepter $1,500,000 de bons du chemin de fer Credit Valley comme garantie, pour permettre à la compagnie du chemin de fer Canadien du Pacifique de pousser avec plus de vigueur

oncoro los travaux importants qu'ello a entrepris, Non. soulemont ce contrat nous & apporté uno augmentation d'environ $1,000,000, mais en mêmo temps, la compagnio a vorsé elle-même au trésor du pays prôs do $1,000,000, ou, à quelque oxcoption près, elle a déponsé $5,000,000 on rnpport avec ges travaux en 1882, Len dépôts faits aux caissos d'épargnes du gouvernement ont augmenté, on 1882, do 8707,922 aur 1881,

Ft copondant, l'honorable monsiour ne peut tronver aucuno prouve dos bénéfices quo le contrat do ia construction du chemin de fer Canadien du Pacifique a rapportés au Canada, Croitil, où quelque autre honorablo député do cetto Chambre, quo l'histoiro do notro pays pourrait fournir;:des chiffres commo coux-ci pour prouver au monde les progrôs gigantosquos que nous faisons, 8i nous n'avions pas eu lo contrat avoc la compagnie du chomin do for du Pacifique. Je prétonds, M. l'Oratour, que dans ces circonslancos, nous pouvons parler du développement de Winnipeg à co sujet,

Maintenant, M. l’Orateur, je demande quo la Chambre me permette de lire un extrait d’un discours prononcé l'autro jour par M. Duncan McArthur. M. Duncan McArthur est un hommo habile et pratique qui a passé dix ans dans la ville de Winnipeg comme cuissier de la Banque des Marchands, emploi qu'il a dernièrement abandonné,

Dernièrement, ce monsiour prononçait les paroles suivantes:

Lorsque j'arrivai à Winnipeg, il y a plus de dix ans, c'était un village éloigué et insignifiant, situé À 500 milles an nord de toute ville importante des Etats-Unis, et renfermant une population d'environ 800 âmes. Les Américains et les Canadiens le regardaient comme ‘l'ultima thule ? de la civilisation.

Puis il décrit ce qu'il a vu pendant dix ans; mais je ne veux pas retonir la Chambre; je ne ferai queliro ce qu'il dit relativement à l'avenir; je ne lis pas cela, M: l'Orateur, parco que c’est le langage tenu par un chaud partisan, ni parce que c’c$t le langage d’un homme qui à queique chose à gagner en favorisant les intérêts politiques d’un parti ou d'un autre, mais parce que ce sont les réflexions d’un esprit logique, qui, peut-être, est plus en état d'étudier le passé et de prévoir les progrès futurs de cette partie du pays, que toute autie personne de son voisinage,

Voici ce qu'il dit :

Et maintenant, messieurs, quelques mots au sujet de l'avenir du Manitoba et du Nord-Ouest. Il est difficile de croire que les territoires du Nord-Ouest n'aient pas été connus avant les douze ou quinze dernières années, en ce qui concerne le peuple en général. Cependant, il en est

bien ainsi, et n'eût été le mouvement qui a accompagné et suivi la Confédération des possessions anglaises de l'Amérique du Nord, ces terri-

Loiros geratent encore aujourd'hui une terro inconnue. Nos hommes d'Etat n'ont jamnis sons6, lors des premiers eflorts qu’ils faisniont pour opérer ln Confédération, qu'il y nvait, dans lo Nord-Ouest, un pays encoro inconnu et plus grand, 8'étondunt depuis le lac Supérieur jusqu'aux Montagnes Rochouses d'un cût6, et deputs la frontière internationale jusqu’à l'océan Aretique de l'autre, renfermant dos ressources «gricoles, mannticturiürog et minières aufflsantes pour suppléer aux bogoins de cent millions d'hommes; un territoire valunt, nu point de vue matériel, plus que toutos les autres provinces engemblo.

Mosgieura, notre pays est 8i vasto et 8es reggources sont sl abondantes ot ai variées, qu’il est impossible de connuîtro l'étendue du premier et d'estimer la valeur des dernidros: et tros pen, mômo de ceux qui ont vécu le plus longtemps etqui ont voyagôélo plus dans l’intérieur du pays, possèdent une idée exacte de la valeur de l'héritage que lo Canada possède au Nord-Ouest.

Bornant notre examen de ce pays à la partio qui convient à l’agriculture, nous pouvons voir, en regardant comme nous ie fuisons, des limites orientales de la zonc fertile, une immense étendue de paya allant de Winnipeg aux Montagnes Rochenses d’un côté, et de Winripeg aux fertiles vallées de la région do lu rivière à ln Paix, de l’autre coté, étendue de pays qui renferme des millions d’acres propres à la culture ot aux pâturages, co qui cst suffisant pour donner ln propritté, l’indépendance et le bien-ôtre, pour les siècles futurs, au surplus de la population d'Europe ; et vu les exigences auxquelles a donné lieu un surplus de population dans plusieurs pays d'Europe, notre Nord-Ouest est destiné à ôtre rapidemeut peuplé. Notro 8ol, qui est facile à cultiver et d'une fertilité sans Cgale, est donné gratuitement aux colons de bonne foi, et vu que la surface en est unie, on peut, dans tous les travaux agricoles, employer avantageusement les machines qui secondent si puissamment les efforts du cultivateur dans les prairies.

En outre, le pays est accessible à l'Europe, et sang compter du tout gur l'immigration que nous avons eue des autres provinces et de la Grande-Bretagne pendant les annces deruières, nous pouvons espérer que le grand courant d'immigration du Nord de l'Europe, qui pendant les vingt dernières nunces s’est porté vers le Minnesota, le Dakota et d'autres territoires des Etats-Unis, 8e dirigera de notre côté et contribuera dans une grande mesure à la colonisation rapide du pays De plus, notre climat est salubre et tout à fait propre À donner à notre population la vigueur morale et physique. (Applaudissements.)

Il n’est pas nécessaire d'avoir une imagination ardente pour se faire une idée du changement qui sg’opérera dans le Nord-Ouest pendant Îles vingt prochaines années, Longtemps avant que cette période ne soit terminée, le pays sera couvert d’un rèseau de vuies ferrées, Nos prairies qui semblent aujourd’hui sans bornes seront cultivées, ombragées ct couvertes de résidences d'un peuple intelligent, prospère et heureux. Nous pourrons récolter et exporter une quantité de grain suflisante pour nous permettre d'appeler notre pays le grenier du monde. Plusieurs cités et villes très importantes seront bâties et non-seulement Winnipeg conservera sa position et son prestige actuels, mais sera tout probablement la citée la plus considérable et la plus importante du Canada.

Ceux qui connaissent peut ou qui ne connaissent point le Nord-Ouest et ses ressources, croiront peut-être que ces idées sont exagérées d’une manière extraordinaire ou inspirées par la partialité et la passion, mais dans peu de temps ce grand pays sera assez conuu pour être jagè à Sa véritable valeur. Avec un semblable avenir devant nous, nous pouvons très bien travailler, espérer et attendre. Différent de plusieurs des anciennes nations du monde quin’ont pas d'espace, que la pauvreté accable, qui sont soumises à un pouvoir injuste et tyrannique et dont la grandeur et le bonheur sont les choses du passé, nou: sommes aux portes d’une nouvelle terre promise, qui forme une des plus belles parties du Nouveau-Monde et où des millions d'habitants sont appelés à jouer leurs rôles dans le grand drame de la vie ; d’une terre qui doit être témoins

des progréa de la littérature, de la science et des arts ct des autrog genres de progrès ot do développement de ln nution.

Jo puis dire, M. l'Orateur, que personne no peut lire cot cxporé si clair, ai enlmo, si modéré, qui, dans tout co qu'il contient porte la conviction dans l'esprit do tout Irommo intelligent, Hans arrivor à la conclusion que los craintos ot les inquiétudes paaséos des honorablos députés do Ia gaucho n'étaient pas du tout fondées, o que tout co qui ost nécoskairo pour fuiro naître, sur ce continent, uno Brotagno plus grando, avec uno rapidité quo les habitants du vioux mondo n'ont jumais pu comprendre ni apprécier, sora fait à l'avonir comme nous l'avons fait dans le passé; ot par [a politique quo nous avons adoptée on construisant lo chomin do fer Canadien du Paciliquo, nous pouvons atteindre co but ot travailler au développement du pays, choses quo nous n'aurions pu faire de toute autro maniôre.

J'ai parlé il y a un instant, M. l'Orateur, do la valeur dos embranchoments que construit la compagnio du chemin de for Canadien du Pacifique. J'ai fuit allusion au fâit quo, à l'exception du torraiu situé sur s0s lignes, dopuis la Mâchoire de l'Orignal jusqu'aux Montagnes Rocheuses, cotte compagnio sorait oblisée de prendre le resto do scs terres, au Nord-Ouest, entre les cinquante-deuxième ct cinquantoquatrièmo parallèles de latitude nord, otque ces terros étaiont éloignées de 100 à 250 milles du chemin de for, Mainterant, M. l'Oratour, qu'il me soit permis d'attirer l'attention sur lo fait que, tandis quo la compagnie du chemin de fer Canadien du Pacifique a construit 281 milles d'embranchements avec ses propres ressources, ot tandis qu'elle construit un autie embranchement de 110 milles ot un autre de 180 milles, qui seront terminés dans le cours des deux prochaines années, tout ce que nous avons pu faire au sujet do la construction d'embranchements dans cct immense et précieux héritage du Nord-Ouest, au moyen d'entreprises privées, caété de construire un embranchement de cinquante et un milles, lo Sud-Ouest, et un autre de trente milles, qui sera bientôt de cinquante sur le Portage, Westbourne et Nord-Ouest.

Inutile de dire, M. l'Orateur, que c'est Ià tout ce qui a été fait, bien que le gouvernement ait donné à ces compagnies 6,400 acres de terro par mille, à $1 l'acre, le long de ces lignes de chemins de fer, pour les aider à construire ces embranchements privés; et, M. l'Orateur, je puis dire que sur la ligne du Portage, Westbourne et Nord-Ouest, comme chacun le sait, rien n'aurait été fait, n’eût été la construction du chemin de fer Canadien du Pacifique jusqu'au Portago la Prairie; je donne ces faits, M. l’Orateur, pour prouver à. la Chambre ce que vaut le développement du Nord-Ouest.

Non-soulumont, M. l'Orntour, nous pouvons parler ainsi do Winnipog, mais on allant pus loin à l’ouest, nous trou. vons Portago ln Prairio, Brandon, Broudviow, Régina, Mâchoiro do l'Orignal, Modecino Ifat ot Calgary, et dans chacun do cos ondroits nous trouvons déjà lo noyau do villos florissantos, industriouses ot poyuloures qui, bientôt, doviondront des contros importants dans tout co district, et qui contribucront au dévoloppomont do Ja population et à l'oxtonsion d'ombranchements an nord ct au sud, on rapport avec lo chomin de for Canndion du Pacifique, toutes choses qui no pourraient être accomplies d'aucune autre manidre,

En co qui concorno los pâturagos du pied des Montagnes Rocheuses, nous avons pu montror au monde qu'aucune partio du continent d'Amérique n’est plus propre à co genre d’industrio que notre Nord-Ouest canadien, où d'innombrablos troupeaux de bostiaux alimontent ct continucront à alimentor l'élément lo plus important du développement de Co pays.

r, M. l'Oratour, j'aimerais à demander à mon honorable ami 8i, connaissant Ces faits, il ost encore disposé à répéter que los avantages donnés dans le contrat du chemin de fer Canadion du Pacifique se trouvent tous d'un seul côté. Jo ne le crois pas.

Non-seulomont, M. l'Orateur, nous développons les ressources agricoles de ce pays, mais de nombreux capitalistes on développent les ressources minières.

Il y a uno chose qui nous donne un grand avantage sur toutes les prairies des Etats do l'Ouest, une chose au sujet de laquelle il leur est impossible de lutter avec nous. Ona déjà dit, d’après les plus hauts témoignages, que la fertilité du sol de notre Nord-Ouest n'est pas égalée; nous avons aussi le charbon, un des éléments qui contribuent le plus à l'établissement rapide d'un peuple grand et prospère au Nord-Ouest canadien; c'est un grand avantage que nous avons sur les prairics des Etats de l'Ouest, où l'on a constaté que l'absence de cet élément était un obstacle réel au développement du pays.

J'ai entre les mains un rapport préparé par un homme habile et qui sera bientôt un homme éminent; je veux parler de M. George M. Dawson, qui est attaché au département de l'Intérieur.

Après avoir décrit longuement la valeur des veines et la nature excellente du charbon du Nord-Ouest, il dit:

La découverte de veines de charbon exploitables en plusieurs endroits et le fait certain que plusieurs de ces veines couvrent des étendues considérables, assure un approvisionnement abondant de combustible dans cette partie du pays, question de grande importance pour un pays dont

une immense partie manque presque complètement de bois, La qualité d’une certaine quantité de ce charbon est assez bonne pour

on motiver le transport ñ une grando distance, et aans doute quo leg chemins de fer du Nord-Ouest compteront sur cotto zone de rochers à charbon, dang le vuiginnge des montagnes, pour s'approvisionner dé combuatible,

On s'ost déji nggur6 qu'il existait uno trés grande quantité do charbon. On dit que l'étendue de certainrg veines avait 616 découvorte, On a fait des calcals approximatifs do ln quantité do charbon que convre un mille carré, dnns plusieurs localités, et l’on n obtenu les résul-

tuls suivants :

Voine principale dans le voisinage des gisemonts do charbon, rivière du Ventre, un mille détendue, 5,500,000 tonnes,

lo des Herbes, rivière de l'Arc (continuation de la veine principale de ln rivièro du Ventre}, un mille carré d'éteudue, au delà de 5,000,000

de tonnes, Courbe du l'er à Cheval, rivitre do l'Arc, un mille carré, 4,900,000

t 5 rnverso des Pieds Noirs, charbon exploitnble dans une veine comme celle de lu riviére de l'Arc, un millo carré, 9,080,000,

Je cito cos faits on passant, pour montrer qu’à cot élémont si nécessaire au développomont d'un pays do prairies, lo Canada est do beaucoup supérieur à toute partio des Etats do l'Ouest, ct c’est un élément considérable pour l'avenir de notro pays. Nous avons des mines d’or, de cuivre ot de fer à l'extrémité nord du lac Supérieur, lesquelles, en ce rmomont, attirent l'attention do tout le monde, ct qui peuvent procurer un travail lucratif à un grand nombre do personnes. Et dans lo pays plus sauvage qui s'étend depuis Prince- Arthur's-Landing jusqu'à l'extrémité supérieure du lac Nipigon ct de la rivière Rouge, on se livre déjà aux industries des mines, tandis que l'on envoie des capitaux considérables pour favoriser lo développoment des ressources minières du pays.

Je me pormettrai d'attirer maintenant l'attention pendant un instant sur un autro point relatif à cetto question; je veux parler de la position où se trouve le pays au sujet des ventes de terrain. Jo vais liro quelques lignes adressées à mon ami le président du Sénat, par M. Burgess, l'habile secrétaire du département de l'Intérieur, qui, pendant longtemps à fait une étudo constante et sérieuse do cotte question. On ne m'a pas donné cette note pour que je la publie, mais clle exprime les faits d’une façon si claire ct si exacte que j'ose en faire part à la Chambre.

‘ Orrawa, 4 mai 1883.

Moxsrmur,—Ayant fait une étude approfondie de la question, je crois que les revenus de ce département provenant de la vente des terres agricoles et houilltres, des péages sur le bois de charpente, des loyers des pâturages et des ventes de terrains miniers autres que les terrains houillers, ainsi que des droits pro venant des minéraux, s'élèveront au moins à $58,000,000, entre le 1er janvier 1883 et le 31 decembre 1891, inclusivement.

Cette note est signée de M. Burgess, qui est chargé de donner les renseignements sur ces diverses questions. Je la

donno à la Chambro comme une prouvo do l'exactitude de l'énoncé fait il y a trois ans pri mon tros-honoruble ami lo minisiro do l'fntériour, lornqu'il disait à la Chambre qu'il espérait quo la construction du chemin de fer Canadien du Pacifique korait fuito sans qu'il en coûtft un soul dollar au pouple du Canada, car tout Lo montant nécessaire pour rembouruor lo gouvernoment ot le pays des déponses qu'ils feraient à co sujot soraiont, duns un temps pou éloigné, réalisé par la vonto dis Lorros ot par los rovonus provenant dos torres du Nord-Ouest. Jo dis que, sur eo point, la prouvo cost trôs conelutinto.

J'ai on mains un état du départomont rolativomont à co qui & ou lien, J'ai déjà fait connaîtro le montant total produit par Îes vontes, do 1872 à 1880 inclusivemont, ot j'ai fait voir la quantité insignifianto do torrains dont lo gouvernoment avail pu disposor et lo montant peu élové qu'ils avaient produit, c’est-à-dire, environ 31 centins ot domi par acre. Jo vais maintenant donnor les chiffres suivants quo m'a procurés lo département : Estimation approximative du montant exigible pour ventes do terres, ventes à terme ot préomption, calculé depuis le 1or janvier 1880, jusqu'au 1er décembre 1882, ot dovenant dû avant le 1 décembre 1885, $4,930,000. Vorsements dus par les compagnies de colonisation dovonant dus dans quatre ans, supposant que les compagnies ait la réfaction complète, $927,150. Compagnies qui ont jusqu'au 30 juin 1883 pour compléter leurs avrangoments ot dont les versoments doviondront exigibles dans le cours de quatre ans : Compagnio de terres et de colonisation du Canada, $537,600 ; compagnie do terres et do homestead de la Saskatchewan, $322,560 ; compagnie de colonisation de Tempérance, $835,656, soit un total, pour ces compagnios, de $1,698,816. Montants devant être reçus des compagnies de colonisation qui ont jusqu’au 28 février 1883 pour payer leurs versements, $150,000 ; loyers de terrain pour -baux de coupes de bois de charponte, 84,165; dù au bureau du commerce de bois de charpente à Winnipeg, $25,600 ; estimation du montant dû par la compagnie du chemin de fer Canadien du Pacifique au bureau de Winnipeg, $20,000, soit un total de $7,755,731, ct en ajoutant à ce montant l'argent roçu pendant l'année de calendrier 1883, $2,256,850, on a un total de $10,012,381.

On voudra bien se rappeler que mon très honorable ami a calculé ce que produisait la vente de terres au Nord-Ouest; et l’on voudra bien, aussi, se rappeler que mon honorable ami, le chef de la gauche, a non-seulement nié cet énoncé, mais il a prétendu qu'il était si extraordinaire et si inconcevable, qu'il discréditait, autant que l'honorable monsieur pouvait le faire, les prédictions et les calculs que le très

honorable premiocr ministre avait fuit. Nous culculions, d'après lo délai dans loquol la compagnie du chemin de for du Pacifique dovait oxécutor sos travaux, on vorty dos conditions de #on contrat, quo nouk no rocovrions pas #oulemont los 853,000,000 que nous payions au sujot do [a construction de cos travaux, mais que nous recovrions environ $60,000,- 000, soit un excédant considérable aur los déponsos totalos quo nous étions appelés à faivo relativoment À la construction do co chomin do for.

Afin do montrer à Ia Chambro l’oxactitudo do cotto ostimation, je forai connaître lo calcul fait par mon très honorablo ami ot communiqué à la Chambre il y a doux ans, calcul que les honorablos députés do Ia gauche ont alors boaucoup critiqué; jo vais aussi fairo voir quels ont été los résultats. Lo ministro de l’Intériour calculait qu'en 1882 il y aurait une population régulidro do 35,000 ; l'immigration réolle des colons au Nord-Ouest était do 58,751. J'ai prosque pour, M. l'Orateur de jetor du blâmo sur mon honorablo ami en citant ces chiffres, car vous pouvez croiro qu'il est incapablo de calculor exnctoment, IL évaluait à $781,000 les rovonus que l’on dovait retirer des terres de la Confédération pondant l'année 1882; lo rovonu réel pour l’année de calendrier a été do $2,256,000. Mon très honorable ami évaluait à 40,000 âmes l’augmontation de la population pour l’annéo 1883; ct mon honorable ami lo ministre de l'Agriculture évaluo l'augmentation de la population à 75,000 âmes, et je crois que ce chiffre sera encore au-dessous do la réalité, comme les calculs précédents. D’après mon très honorable ami le ravenu des terres, en 1883, devait êtro do $1,820,000 ; d’après les calculs actucls, il sera de 82,750,000, et tout porte à croire quo co montant sera encore au-dessous de la réalité.

Mon très honorable ami a calculé qu'en 1884 l'augmentation de la population serait de 45,000, estimation beaucoup moins élovée, comme on le verra, que l'augmentation réelle de 1882 ; d’après les estimations de mon honorable ami le ministro do l'Agriculture, cette augmentation sera de 100,000 âmes. Mon très honorable ami évalue le revenu à $2,622,000, et jo ne doute pas que nous recevions, cette annéo-là, 84,250,000.

Je donne ces chiffres pour prouver que nous pouvons demander avec confiance à la Chambro de regarder nos estimations commo étant bien au-dessous au licu d'êtro audessus de la réalité ; ct je demande de nouveau à mon honorable ami le chef de la gauche si ces chiffres ne me donnent pas le droit de parler comme je l'ai fait au sujet de tout ce qui à rapport au contrat du chemin de fer Canadien du Paecifique, c'est-à-dire que, jusqu'aujourd’hui, les c*leuls les plus

élovés quo les députés do ln droile ont ok6 fairo dovant In Chambre, dovant le pays, ont été plus quo justifiés; ot jo domandorni À mon honorable ami #'il est encore disposé à répéter la déclaration qu'il « faito on cotto Chambre que tous Los avantagos de co contrat sont d’un soul côté; s'il lo fuit, jo suis sûr qu'il roncontrorn des incrédules dos doux côtés do ln Chambro.

Maintonant, M. l'Oratour, jo dirai un mot, avant do reprendre mon #iégo, au sujot do lu Jotio réollo du pays, Tout Jo mondo sait que lorsque co gouvornoment s’est adrossé à la Chambre ot lui a demandé d'appuyer la politique, do travaillor vigourousomont à Ia construction du chemin de fer Canadion du Pacifiquo d'une extrémité à l'autre, les députés de la gauche ont fait ontondro un cri d'épouvante, ot l’on 80 rappelle tout co quo cotto tentative do la part du gouvornemont do construire co grand chemin dofcr dans une périodo raisonnable, devait accumuler de ruines on Canada.

Tout lo monde so rappello l'avortissemont, lo solonnel avertissement que mon honorable ami lo chof de la gauche donna à la Chambre; d'après lui, en exécutant cos travaux, nous dovions détruire les principes mêmes de 1a prospérité de notre pays. Il a admis, comme nous, que La chose Ia plus importanto pour lo Canada était l'immigration, mais, nous dit-il : “ Vous allez grevor ee pays d'une dette si considérable, eu égard à sa population, que tout le monde évitera lo Canada comme on fait d'une maladie contagieuse, et notre immigration cessera.”

Je suis heureux, M. l'Oratour, de pouvoir, dans ces circonstances, attirer un soul instant l'attention de la Chambre sur un Calcul fait par mon honorable ami le ministre des Finaneer—et nous savons tous jusqu'à quel point tous les calculs ont été au-dessous de la réalité, vu le soin qu'il a apporté à ne rien oxagéror ; co calcul a trait à l’état où sora co pays relativement à sa dette, lorsque le temps sera arrivé, en vertu du contrat, de compléter le chemin de for Canadien du Pacifique. Je fais co calcul avec beaucoup de plaisir, d’après l'expérience d’une année que nous a donné le contrat du chemin de fer du Pacifique. D'après mon honorable ami le chef de la gauche, les travaux de la compagnie du chemin de fer du Pacifique ont avancé trop rapidement dans une seule année. Ce contrat a contribué d'une façon extraordinaire à augmenter le trésor du pays; et qu'a révélé ce résultat? Eh bien! M. l'Orateur, à la fin de cette année, lorsque nous eûmes payé à Îa compagnie chaque dollar auquel elle avait droit, vu la rapidité avec laquelle la construction a avancé, nous devons réellement $1,734,129 de moins qu’au commencement de l’année. La dette réelle de la Confédération, la dette due le 30 de juin 1881, au

commencomont do l'exécution du contrat, était do 8165,305,780,40 ; lo 30 juin 1882, ollo était do $153,661,650,78, soit, comme jo l'ai déjà dit, uno réduêtion do $1,731,129,62. Telles sont los ruines quo dovait aceumulor dans co pays Lu construction d'un chomin do for Canadien du Pacilique. Jn outro, M. l'Oratour, mon honorable ami lo ministro don Financos m'a donné co mémoire : Surplus du revonn congolidé, 187D-A0 se so sssoss soc voscoce D 43132,743

do do dO 1HBO-BL nu ous sus venus vennennn rene 0 1,052 Produitg des torreg, 1880-81 us, sous voros sosessose soossvonoocvnasses 13 744,966 Estimation du aurplus cette année, ss sens srsssesse svoco sosves 6,000,000 Produits des terres cotto années sevsss ononee sosososes sovoos 13750000 Estimation du surplus l'année prochainos vus ss sssssss sons 4,000,000 Éstimation des produits den LOrres... cessenns soonoe sonvesounoosses 23 200,000 Estimation de l’épargno d'intérôt aprés janvier 1886, 1 pour

cent sur $30,000,006. F300,000 par année,ou un équivalent

de la réduction de In dotte dose mu oonesnes qovero sovseuses 73200,000 Si nous avons un surplus d'environ #$1,000,000 par nnnéc

depuis juin 1884 jusqu’en 1891, disons sept ann... 7,000,000 Les produits des terres pendant sept ans, $2,000,000 par

année, gernient ous ssssnsssse suvsses soosouee svesssens cos 14,000,000

Tel est lo montant que nous espérons rotirer du surplus du rovonu ot des ventes de terre, dopuis lo commencement do l'exécution du contrat jusqu'à l'époque stipuléo pour l'achèvement des travaux. D’uprès co caleul—ct jo crois quo nous admettons tous qu'il est exact—jo pense que nous pouvons concluro, non-seulement que notro pays ne sera pas noyé dans los dettes, mais que nous serons dans la position quo le gouvornement impérial occupe aujourd'hui. M. Childers a présenté son budget ct, on lo faisant, il a boau- Coup surpris les honorables députés de la gauche en proposant do 1éduiro la dette nationale do £8,000,000 par annéo. Elle a été réduite do £8,000,000 l’annéo dernidre, et le chancelicr de l’'Echiquier se propose de la réduire do £9,000,000 cetto annéo,

Mon honorable ami le ministre des Finances se propose do réduiro notre dotte de cette façon ; cost ainsi que nous nous proposons d'employer ces revenus, non à la construction du chemin de for Canadien du Pacifique, mais à la réduction de la dette publique, afin quo lorsque ce chemin sera construit d’un bout à l’autre, non-seulement la dotte du Canada no sera pas augmentée, mais avant longtemps la vente des terres seule remettra dans le trésor publie chaquo dollar dépensé pour cette construction.

Mais quelle en sera la différonco? La différence sera qu'au lieu d’être écrasés par la dette, au lieu de voir les immigrants qui voudraient venir s'établir dans notre pays entraînés vers d'autres contrées, parce que nous serons écrasés par unc dette énorme que nous ne pourrons ni

Page 1