‹ Chemin de fer de la Baie des Chaleurs [microforme]Chapitre 24 sur 24 · PP PO AT NT PE FT · texte numérisé non relu

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tionnement du gouvernement de cette province ; après avoir injustement refusé de payer les dettes légitimes aux entrepreneurs de chemins de fer, aux conducteurs de travaux de colonisation, aux institutitutions de charité, aux maisons d'éducation, aux sociétés d'agriculture, etc, ete. ; après avoir refusé de convoquer la Législature, à la demande de la grande majorité des représentants du peuple, pour leur permettr:

de juger le différ nd que vous aviez soulevé entre nous, pour obéir aux ordres des autorités d'Ottawa ; après avoir refusé, durant tout ce temps-là, de venir, comme vous y étiez tenu, jour par jour, À votre bureau officiel, pour y transiger les affaires publiques,quand vous étiez payé pour cela par le peuple de ce pays ; après avoir dit qu'il vous fallait le rapport de la Commission pour juger définitivement les accusations injustes portées par vous contre vos ministres ; après avoir constaté que vous ne pouviez pas obtenir tel rapport et que le terme fatal de la réunion des Chambres approchait, vous avez inventé ce mode d’un prétendu rapport préliminaire et mis cyniquement à exécution une des conspirations les plus odieuses qui ait jamais été faites par un chef d’exécutif contre les libertés constitutionnelles dont jouit un peuple libre.

Vous dites que “en face de la persistance “ du ministère à demeurer en office, nonobs- ‘“ tant l'incurie et les illégalités de son “ action et les constatations de l'enquête, “ïjl ne me reste, dans les circonstances, “ pour protéver la dignité de la couronne et “ sauvegarder l'honneur et les intérêts de “ la province en péril, que le remède cons- “titutionnel de vous retirer ma confiance “et de vous révoquer, vous et vos collègues, du “ représentant de la couronne et de mem- “ bres du conseil exécutif, ?

Permettez-moi de vous dire que vous auriez mieux fait de ne voint donner de

de vos fonctions d’aviseurs

raisons pour justifier notre renvoi d'oflice que d’en donner de mauvaises,

Vous avez commencé par me demander des explications, en m'imposant en même temps et dans le même document une enquête par une commission royale ; puisque vous étiez décidé à vous débarrasser de vos ministres, vous n’aviez besoin ni de mes explications, ni d’une enquête, et celleei devient maintenant une farce bien coûteuse,

Vous êtes si pressé d'atteindre votre but et de mettre le pouvoir entre les mains de vos amis politiques, que vous n’attendez même pas le rapport définitif de la Com-

mission dont vous-même avez choisi les membres et imposé la juridiction, et, abusant de la maladie du juge Jetté, vous faites procéder ea-parte ses deux collègues contre toutes les règles des convenances et de l'étiquette professionnelle,

Vous parlez de l’incurie de vos ministres, quand vous les avez réduits autocratiquement à l'impuissance,

Vous parlez de la dignité de la couronne et de l'honnenr et des intérêts de la province, quand vous avez été le premier à fouler aux pieds cette dignité dont vous êtes revêtu et à mépriser l'honneur et les intérêts du pays.

Vous parlez de l’illégalité de nos procédés, faisant sans doute allusion à la conversion du subside de terres en argent et à l’émanation des lettres de crédit, quand vousmême après avoir étudié la question, avez consenti à cette conversion, et quand vous savez, par expérience personnelle comme juge, que les cours d'Appel sont souvent obliuées de renverser les jugements des covrs inférieures, fussent-elles même présidées par un homme qui devient lieutenantgouverneur,

Vous dites que vous me retirez votre confiance ; vous vous faites illusion, car vous le savez bien : vous me l’avez toujours refusée cette confiance. Vous êtes sorti des luttes actives de la politique pour monter sur le banc où vous êtes toujours resté partisan.

Vous avez laissé le banc judiciaire aller à Spencer-Wood, et là encore avez tenu tout le temps que j'ai été aviseur, la conduite d’un partisan politique,

Je savais que je n'avais point votre confiance ; mais je savais aussi que je n’en avais pas besoin : , avais celle du peuple et de la grande majorité de ses représentants, et celle-ci me suftisait,

Vous prétendez que les constatations fuites à l'enquête vous justifient de me renvoyer d'office, sans le rapport de vos commissaires ;et vous croyez obéir à un devoir de conscience en vengeant de cette facon la moralité publique,

Lord Dufferin, qui était votre supérieur, et comme homme d'Etat et comme gouverneur constitutionnel, n’a pas agi ainsi, lors du scandale du Pacifique. Il a laissé ses aviseurs, accusés d’avoir vendu un contrat publie, pour une somme d'argent considérable destinée à des fins de corruption électorale, choisir eux-mêmes les commissaires qui devaient faire l'enquête, Et quand la constatation des faits eut été établie, quand il eut été prouvé que des ministres de la

pour vous votre

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couronne avaient touché des sommes d'argent considérables de Sir Hugh Allan pour les fins susdites, et qu’un rapport final, clair, positif, lui eut été soumis, il erut devoir le renvoyer au parlement pour que celui-ci en prit connaissance et décidât lui-même, dans sa sagesse, ce qui devait être fait.

Les ministres inculpés, vos amis politiques, n’ont pas cru devoir résigner avant de connaître l’opinion hostile de la majorité de la Chambre des Communes,

Ces ministres coupables étaient vos chefs; vous étiez alors dans la vie politique active, et le respect de la moralité publique que vous invoquez aujourd’hui ne vous a pas empèché de les supporter et de les appuyer de tout votre talent et detoute votre énergie.

Plus tard, quand vous avez siégé dans li Chambre des Communes, vous les avez absous ofliciellement du crime dont ils avaient été trouvés coupables, et, par leurs propres commissaires, et par la majorité des représentants du peuple. Et aujourd’hui, vous subissez la volonté du premier ministre fédéral, M. Abbott, qui distribuait lui-même cet argent corrupteur aux ministres, et c’est toujours au nom de la moralité publique que vous me renvuyez.

Voilà des faits, monsieur, qui sont à la connaissance de tous, et vous ne réussirez jamais à faire croire à vos cuncitoyens, pas même à vos partisans que vous mettez au pouvoir, que c’est le respect de la moralité publique qui vous guide dans les circonstances actuelles.

Tout le monde le sait, n’essayez pas à le | nier, ce n’est point dans l'intérêt de la moralité publique que vous avez fait cette crise

et que vous avez renvoyé vos ministres :

c’est pour donner à vos amis les bénéfices des contrats plantureux que vous connaissez, la construction de l’Ecole normale à Québec, la prison centrale à Montréal, et d’autres travaux d’urgente nécessité,

Votre conduite, monsieur, dans toute cette malheureuse affaire, met en danger nos institutions politiques et porte atteinte sérieusement à l'autonomie de notre province : gardez-en la responsabilité devaut le pays et devant l’histoire,

Je vais essayer de défaire votre œuvre néfaste,avee le concours de mes ex-collègues et de mes amis politiques ; je vais dépenser, dans ce but, tout ce que j’ui d'énergie et de courage, je ne désespère point de réussir à sauver notre chère province de l’abtime dans lequel vous et vos amis avez essayé depuis quelque temps de la jeter.

Je vous dénonce à l'opinion publique, Ge qui vous relevez comme les autres,et j'espère que le jour n’est pas éloigné où les représentants (du peuple, reprenant le pouvoir dont vous les avez privés temporairement, vengeront la constitution violée par vous,qui aviez juré de la protéger.

l«ssez-mmoi vous rappeler ce que tout le méude dit: Vous recevrez bieutôt de M. Abbott votre maître, le prix de votre trahison nationale,

En terminar:,

Laissez-moi aussi vous rappeler ce que tout le monde dit de moi : que j'irai bientôt devant le peuple et recevrai de ses mains fortes et puissantes un mandat nouveau qui me permettra de reprendre dans la Législature le poste dont vous m'avez chassé et de vous faire sortir constitutionellement

ais sûrement de Spencer-Wood, si vous y êtes encore,

J'ai l’honneur d’être,

Monsieur, Votre obéissant serviteur, (Signé) Honor£ MERCIER.

Député de Bonaventure,

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