‹ Chemin de fer de Levis et Kennebec, et ses embarrasChapitre 1 sur 8 · UN DES CI-DEVANT OONTRACTEURS · texte numérisé non relu

UN DES CI-DEVANT OONTRACTEURS

Histoire Concise des relations de Larochelle et Scott avec la ligne depuis son début jusqu'au temps actuel.

Vû la position malheureuse dans laquelle la compagnie du Chemin de Fer de Lévis et Kennebec se trouve aujourd'hui placée, dans une attitude hostile envers les capitalistes anglais qui ont construit le chemin au point Joù il en est actuellement rendu, et vû que le public n'a qu'une bien iaible connaissance de la position réelle de l'entreprise et *les circonstances qui ont causé les embarras actuels ; et plus particulièrement pour ma propre justification, moi qui ai induit mes amis anglais à placer leurs fonds dans l'entreprise, je pense qu'il est à propos de soumettre au public dans cette brochure une histoire concise de l'entreprise et de ma liaison avec icelle, et en ce fesant, j'ose certifier que je ne suis mû par d'autres motifs que celui de la justice et de

franchise à l'égard de tontes les personnes qni ont, de bonne foi, contribué à amener le chemin à l'état de perfection où il se trouvait, lorsque les embarras malheureux, qui sont dernièrement survenus, ont fait naître le désaccord et l'animosité dans une entreprise si importante et qui promettait tant pour les intérêts de la Province de Québec.

La Compagnie du Chemin de Fer de Lévis et Kennebec fut incorporée par Acte du Parlement Provincial en 1869, dans le but de construire un chemin de fer d'environ 90 milles de longueur, de Lévis à la ligne de frontière des Etats Unis, dans le Maine, et le 31 Décembre 1870, un contrat fut fait avec M. J. B. Hulbert pour construire 50 milles de chemin à rails de bois, de Lévis à St. François, moyennant le prix de $6,000 comptant par mille, parachevé et en état d'exploitation. Durant l'été de 1871 à peu près 27 milles furent nivelés (au coût pour le contracteur, de $44,000 comptant), pour lesquels la Compagnie paya environ $65,- 000 en débentures municipales au pair et en argent. Les souscriptions au stock de la Compagnie à cette époque (et elles n'ont jamais augmenté depuis) se montaient à environ $104,780, composé comme suit :

Ville de Lévis $5 0,000 en bons de la Corporation

St. Anselme 12,000

Noms de particuliers.. 42,780 argent comptant.

Avec en sus une subvention du G-ouvernement de $1,710 par mille, représentant environ $2,870 par mille. Tel était le montant que la Compagnie avait pour construire un chemin à rails de bois de 90 milles de long, qui devait avoir coûté $6,000 par mille !

C'est durant le cours de l'été de 1871 que je rencontrai pour la première fois M. Larochelle, et dans l'hiver de 1872

nous entrâmes en société, non pas pour construire le chemin de fer, mais pour entreprendre un sous-contrat de M. Hulbert afin de fournir les traverses et le bois pour 30 milles du chemin, et nous nous trouvâmes engagés au montant d'environ $30,000, pour le paiement desquels nous devions avoir recours à M. Hulbert, et par son entremise, à la Compagnie du Chemin de Fer de Lévis et Kennebec.

M. Hulbert fut malheureux dans ses contrats et ne put faire honneur à nos réclamations, et il ne restait plus de fonds à la Compagnie, de sorte que (dépourvus de ressources nous-mêmes) nous dûmes faire en dehors des efforts pour nous rembourser. En janvier, 1873, Larochelle et Scott firent un arrangement avec M. Hulbert, par lequel ce monsieur consentit à abandonner totalement le contrat, et nous devions lui être substitués. L'entreprise de la première section (30 milles) nous fut concédée par la Compagnie, nous, nous engageant de notre côté à construire cette section du chemin, et à accepter comme nos profits son exploitation pendant vingt ans. (Ce bail fut subséquemment prolongé à 99 ans sur tout le parcours de la ligne, 90 milles.)

Les chemins à rails de bois n'ayant pas répondu au but que l'on s'était proposé en les construisant, l'idée de construire ce chemin avec des rails de bois fut abandonnée, et je préparai un prospectus pour un chemin de fer, pensant que je n'avais qu'à me rendre sur le marché de Londres pour me procurer tout le capital dont j'avais besoin, dans l'espace de quelques jours. Je partis pour l'Angleterre en mars 1873, et dans l'intervalle, grâce à la générosité de M. Jas. G-. Ross, de Québec, qui nous avança les fonds suffisants, nous fûmes en état de liquider la plus grande partie de notre passif.

Rendu à Londres, je constatai qu'il m'était complètement impossible de négocier les bons d'un chemin qui, en

réalité, n'avait rien à donner comme garantie à part la mince somme de $2,870 par mille, souscrite ici par le Gouvernement et par le peuple. Après avoir passé environ quatre mois à Londres, fesant tous mes efforts pour négocier un emprunt, je revins au Canada, n'ayant nullement atteint mon but, mais laissant la négociation dans les mains d'un ami personnel, M. J. "W. Cunningham, qui s'engagea à faire de son mieux pour négocier l'emprunt voulu. L'on verra plus tard comment il réussit à remplir son engagement.

Aussitôt après mon retour au Canada, j'entrai en pourparlers, par l'entremise de M. Hulbert, avec des personnes de New York, et m'assurai de 600 tonnes de rails de fer, et d'une locomotive, qui nous permirent de poser six miles de la voie. Pour le paiement de ce matériel, des bons du chemin furent donnés comme garantie collatérale, avec l'entente que le montant pour lequel nous étions responsables, serait payé lorsque nous aurions négocié notre emprunt en Angleterre.

Pour nous mettre en état de payer le fret, et de poser les rails, nous empruntâmes de l'argent, nous reposant sur notre succès en Angleterre pour le rembourser. En octobre 1873, M. Cunningham me télégraphia de me rendre en Angleterre, disant qu'il espérait pouvoir procurer des fonds pour nous permettre de continuer. Je partis par le steamer suivant, et à mon arrivée fus présenté par lui à John Langham Reed, Ecuier, contracteur et agent de change, qui s'occupait de l'examen de notre projet, et après m' être renseigné aux meilleures sources de la condition de M. Reed, et avoir reçu le meilleur rapport de son caractère comme homme d'honneur, et en état de pousser notre projet, j'entrai en arrangement avec lui (sujet à son approbation par la Compagnie) pour qu'il nous fit des avances afin de continuer les travaux, et en vue de notre position critique, j'obtins de lui la somme de <£1,500 sterling pour

transmettre par dépêche télégraphique, nous mettant en état de payer notre main d'œuvre, etc., et de nous sauver de la banqueroute.

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