E. DEMERS
Secrétaire."
Que la convention avec M. Reed fût heureuse et favorable, c'est constaté par le fait que, depuis cette époque les promoteurs de chemins de fer aux Etats-Unis ont offert des Bons à Londres sur des chemins en opération à cinquante pour cent d'escompte, sans réussir à faire aucun emprunt d'argent ; et que des hommes de l'influence de Sir Hugh Allan, lion. Thos. McGreevy, le Président du Crédit Valley Road de Toronto, le contracteur du Québec Central et autres, aient passé des mois et des mois à Londres, s'efforçant de faire circuler leurs bons, et qu'ils aient dans tous les cas échoué dans leurs tentatives vers ce but; et cependant ce- chemins avaient des capital-actions et des octrois municipaux variant de $4,000 à $10,000 par mille, sans compter des subventions considérables du Gouvernement, tandis que le Lévis et
Kennébec, comme je l'ai démontré, n'avait que $1,160 par mille provenant de ces sources. Quelques-uns des chemins d'Ontario, tels que le Toronto et Nipissing, qui, de fait, réussirent à négocier leurs bons, ont dû limiter leur émission à $8,000 par mille, tandis que le Lévis et Kennébec obtint £3,300 sterling par mille.
A mon retour à Québec, je me rendis à New York, et nos créanciers en cet endroit, qui nous avaient fait des avances considérables, se déclarèrent complètement satisfaits de la négociation que j'avais faite en Angleterre, vu qu'ils avaient des rapports très satisfaisants au sujet de la position de M. Rééd. Grâce à la générosité de M. Eeed, qui nous avait fait une avance préliminaire de £1,500, les affaires marchèrent très-bien à Québec, et les travaux avancèrent durant l'hiver de 1873 et 1874. Dans le printemps de 1874, notre première expédition de 1,4-00 tonnes de rails, et dans l'automne, 600 tonnes de surplus arrivèrent expédiés par M. Eeed, ainsi que des avances nous mettant en état de continuer nos travaux, et dans l'automne de 1874, nous avions parachevé 30 milles du chemin. Notre passif aux Etats-Unis, au montant de $70,000, fut aussi liquidé par M Eeed.
Dans l'automne de 1874, je fis des arrangements satisfaisants avec la Compagnie Rhode Island Locomotive Works, et la Compagnie Wason Mafivfacturing, pour deux locomotives additionnelles, et cinq wagons de première classe qui furent duement livrés en novembre. Ces achats furent faits sur la seule confiance qu'on avait dans nos négociations en Angleterre.
Nous continuâmes de recevoir des avances d'Angleterre jusqu'en Mai, 1875, et M. Eeed avait réussi â faire circuler la première émission de £100,000 de débentures, et nous avait avancé environ £9,000 en sus de ce qu'il nous avait promis de faire, pour lesquels il ne retenait que la seconde émission comme garantie collatérale.
Comme nous pensions qu'il était très à propos de construire quinze milles de plus de la ligne, (jusqu'à St. Joseph) je partis pour l'Angleterre en Avril, 1875, pour faire tout en mon pouvoir afin d'engager M. Reed à nous faire les avances requises, et après beaucoup de difficultés, il y consentit, retenant la seconde émission de bons comme garantie collatérale, vu que le marché ne permettait pas de les mettre en circulation. Une procuration semblable à celle envoyée en première instance lui fut expédiée, le mettant à même de disposer de la seconde émission.
Le 20me juin de la même année, notre première section de trente milles fut ouverte au traffic. Les rails pour les quinze milles additionnels n'étant pas arrivés avant septembre, nous ne pûmes pas achever les travaux jusqu'à St. Joseph cet automne, mais en juillet, 1876, les quinze milles additionnels furent inspectés par l'Ingénieur du G-ouvernement.
Le Gouvernement en 1875 accorda une aide additionnelle, augmentant la subvention à $3,800 net, de sorte que le montant total qui fut employé à la construction effective du chemin de fer (43 milles) jusqu'au temps actuel est comme suit :