D'ANGLETERRE
Fourni par M. Reed en argent comptant et en rails jusqu'en Avril, 1874 (sur la rjremière émission de Bons) .£ 55,000
Fourni par M. Reed en argent comptant commes avances,* depuis Avril, 1874, jusqu'à date, tel qu'il apparait par le rapport (sur les bons de seconde émission)... 53,195
Sterling .£108,195
ou à $4.86 par £ $525,827 70
ou $12,083 par mille.
il ne faut pas non plus oublier que les montants portant les numéros 2, 3 et 4 ($104,780) furent donnés et souscrits pour un chemin à rails de bois, entrepris moyennant $6,000 par mille. Ces souscripteurs ont maintenant un chemin
de fer à sa place, ce qui doit certainement dépasser ce qu'ils en attendaient lorsqu'ils donnèrent ce qu'ils ont de l'ait donné !
Plusieurs correspondants anonymes se sont, par la voie des journaux, efforcés, depuis que les embarras actuels sont commencés, de prouver que sur le montant dépensé à la construction du chemin, 48 par cent ont été fournis par M. Reed et ses amis, à rencontre de 52 par cent fournis par les actionnaires, le Gouvernement, et les personnes auxquelles les $115,098 sont dues.
Or, en laissant les souscriptions du Gouvernement et d'autres personnes du Canada demeurer telles qu'elles sont, le montant ainsi souscrit représenterait $303,293 ou, environ $7,000 par mille, à l'encontre des avances d'Angleterre de $525,827, ou $12,083 par mille ; et je maintiens que la subvention du Grouvernment est donnée en qualité de bonus aux personnes qui viendraient à fournir les fonds pour conduire l'entreprise à bonne fin, ainsi que les souscriptions de Lévis et St. Anselme, qui représentent $62,000. En conséquence le tableau suivant devrait être considéré comme une juste comparaison :
Souscriptions privées $ 42,780
Dette flottante encourue sur le crédit des négociations en Angleterre 115,098
Total....' $157,878
ou $3,650 par mille,
à l'encontre des avances réelles venues d'Angleterre, telles que portées au tableau, $525,827, ou $12,083 par mille.
Dans ce qui précède, je n'ai fait que citer les chiffres réels dos montants en argent pour démontrer où en sont les affaires en fait de finances entre la Compagnie du Chemin de Fer
de Lêvis et Kennebec et M. Rééd. Je veux maintenant démontrer la position du mortgage !
Sur la première section de la ligne, environ 30 milles, pour ne point parler de la seconde section, il y a une dette en bons, (des bons mis en circulation et tenus en Angleterre) de <£3,300 sterling par mille, et sur laquelle on s'attend à faire payer un intérêt de sept pour cent par année, (ou en chiffres, £1,000 par année.) Le Fonds de dépôt fourni par la subvention du Gouvernement est épuisé, et le 1er juillet prochain, c£3,500 seront dus, et il n'y aura pas de fonds pour les solder, et le bail avec M. Sénécal, comme on peut le voir", ne fait pas même allusion à aucune dette en bons existante.
Les obligations sur le chemin sont en conséquence :
Dette de bons sur la 1ère section =£100,000
Avances de M. Eeed sur la 2cme émission de
£100,000 de bons 53,195
ou à $4.86 par £ $744,527
on environ $17,000 par mille.
Ceci, il nous semble, doit être passablement clair poulies personnes qui possèdent aucune connaissance de chiffres.
M. Reed ne s'était jamais pour un instant attendu à ce qu'on lui demandât de fournir tout l'argent requis pour la construction de la lig'ne, mais se reposait sur l'action libérale du Gouvernement et des Municipalités, pour l'aider à mener à bonne fin une entreprise si importante à la Province ; mais, à ce sujet, cependant il fut grandement déçu, car, malgré tous ses efforts en 1875 et 1876, pour obtenir une aide additionnelle du Gouvernement, du Comté de
Beauce, et dé Lévis, il né réussit pas à les convaincre dû fait que l'on ne pouvait se procurer des capitaux anglais pour des entreprises de chemins de fer, à moins que le peuple, profitant directement de l'entreprise, n'agisse à un degré raisonnable.
Peut-on blâmer M. Reed d'avoir ressenti un fâcheux désappointement à la vue de l'apathie et de l'indifférence manifestée par le Grouvernement et par le peuple après avoir été si libéralement assistés par les capitalistes anglais, et qu'on se rappelle bien que le chemin de fer de Lévis et Kennebec est la seule ligne de chemin de fer, dans la Province de Québec, dont les garanties aient été quotét's sur la Bourse de Londres. A part de ces contretemps, permettez-moi de vous faire observer que dans le prospectus publié, et à l'aide duquel j'ai fait les négociations pour les capitaux anglais, les revenus du trafic sur les premiers 30 milles furent estimés (j'ai fait les calculs sur la même base qni est établie par les ingénieurs d'Ontario et dos Etats-Unis, tenant compte de la r)opulation et des produits du District à être desservi par le chemin,) à $180,000 par année en bloc, équivalant à $6,000 par mille, ou beaucoup moins que le Grand Tronc et autres chemins canadiens ne gagnent Tandis que les recettes réelles sur 30 milles ne sont montées qu'à environ $32,000 par année, on a à peine de quoi payer les dépenses que nécessitent le fonctionnement de la ligne, et sur les 45 milles, ce montant ne s'est pas accru Je n'ai nullement envie de douter qu'aussitôt que le commerce de bois s'améliorera, et que le peuple s'accoutumera au chemin de fer comme moyen de communication, les recettes ne soient beaucoup plus considérables ; et en effet j'ai encore la ferme conviction que si jamais la ligne est parachevée de manière à se relier au système des chemins de fer des Etats Unis dans le Maine, et avec le Québec Central, et que l'immense étendue de terres non occupées dans le Comté de Beauce, admirablement adaptées à un éta-
blissement, et destinées à devenir le jardin de la Province aura été développée par son entremise, le chemin de Lé vis et Kennebec deviendra avec le temps, une des lignes les plus profitables et les plus utiles dans la Province ; mais dans l'intervalle nous ne pouvons nous étonner que M. Reed ait été rudement désenchanté de voir qu'après l'expiration d'une année de fonctionnement, les recettes n'aient pu produire une seule piastre, pour solder l'intérêt sur les débentures. Je suis d'opinion que les recettes auraient pu être considérablement augmentées, dans le cas où le terminus à Lé vis eût atteint un point plus convenable, et que celui de St. Joseph se fût rendu au village, mais en dépit de tous les efforts faits dans ce but, on ne put obtenir une seule piastre en guise d'aide soit de Lévis ou de St. Joseph pour effectuer l'extension.
En raison de toutes ces circonstances, il fut impossible de continuer la ligne ou de faire circuler les Bons de la seconde émission, et M. Eeed naturellement refusa de faire de nouvelles avances jusqu'à ce que le Gouvernement et les municipalités eussent donné une assistance plus effective. On doit évidemment comprendre que M. Reed ne s'engagea nullement à acheter les Bons, mais qu'il ne ferait que rendre compte à la Compagnie en conformité du taux mentionné dans la convention quand il ferait une émission publique, et il fut naturellement porté à croire que dès le moment qu'on aurait progressé bonâfide, le Gouvernement et les municipalités concourraient d'une manière sensible à pousser l'entreprise, pour le mettre en état de faire circuler les Bons et de parachever la ligne.
En novembre dernier, vu la position critique dans laquelle se trouvaient les finances de la compagnie, et des contracteurs, et la réunion prochaine de la Législature Provinciale, il crut devoir traverser l'Atlantique, (ce qu'il ne put faire qu'en sacrifiant considérablement ses affaires privées en Angleterre) dans le but de soumettre les affaires
au Gouvernement, et de constater ce qu'on pouvait faire pour parachever la ligne. Aussitôt arrivé ici, il se transporta par la ligne j'usqu'à St. Joseph, (son terminus actuel,) et de là se fit conduire en voiture jusqu'à St. G-eorges, et à son retour à Québec en vint à la conclusion, que vu que les recettes du trafic ne fesaient que rembourser le coût du fonctionnement de la ligne, il serait inutile de continuer la construction du chemin pour le présent, à moins :
lo. Que le Gouvernement n'augmentât leur aide d'une manière effective.
2o. Que les municipalités ne se montrassent intéressées dans l'entreprise, et ne souscrivissent un montant raisonnable pour leur venir en aide.
3o. Que le parachèvement des lignes Américaines s'y reliant jusqu'à la frontière des Etats-Unis, ne fût assuré aussitôt que le Lé vis et Ivennébec aurait atteint ce point.
M. Reed considéra qu'en continuant les travaux dans les circonstances actuelles, sans aucune chance de continuer la circulation de bons sur une ligne qui était incapable de payer l'intérêt sur ceux déjà émis, il en résulterait la création d'une dette flottante considérable, sans espoir prochain de la payer, et la disgrâce et banqueroute finales de tous ceux intéressés dans l'entreprise. Pour ces considérations il proposa au Gouvernement le plan suivant, et dans lequel il fut assisté par la compagnie, savoir :
lo. Que dans le but de garantir le paiement de l'intérêt sur les premiers .£100,000 de débentures, (à l'encontre desquels le trafic actuel ne peut nullement contribuer) il x>roposa d'aider à construire le chemin de fer Quebac Central depuis son terminus actuel jusqu'à "Weedon, environ 45 milles, pour former une connexion à la Jonction Scjtt avec le Lévis et Kennebec, et il considérait que l'augmentation du
trafic de cette source couvrirait pleinement l'intérêt nécessaire, savoir : £7,000 par année !
2o. Que le Gouvernement accordât la subvention à laquelle le chemin de fer de Lévis et Kennebec aurait droit sur la partie non' parachevée de leur ligne, qui ne se monterait qu'à environ $60,000, (déduction faite du montant transporté pour garantir les porteurs de bons,) pour être appliqués au chemin de fer Québec Central, cette compagnie donnant comme garantie collatérale les débentures de ce chemin à leur valeur vendable, cet emprunt devant être remboursé aussitôt que les bons seraient vendus î
Le Gouvernement refusa de consentir à cette proposition, et de faire aucune augmentation sur le montant total de la subvention accordée en 1875, mais passa une mesure proposant d'accorder une aide temporaire à ce chemin ainsi qu'à d'autres, comme suit. (On peut facilement voir que cette mesure ne pouvait être que de peu de service à un chemin qu'on devait parachever dans tout son parcours.)
(BILL DE L'ASSEMBLÉE, No. 105.)
" Acte pour amender la loi concernant les octrois en argent " faits à certains chemins de fer, et pour autres fins.
' ' QA MAJESTE, par et de l'avis et du consentement de kj la Législature de Québec, décrète ce qui suit :
1. Le Lieutenant-Gouverneur en Conseil, aussitôt que " les compagnies des chemins de fer suivants :
" Le chemin de fer de Lévis et Kennebec ;
" Le chemin de fer Québec Central, 'Québec Central Rail- " way Company]
" Et le chemin de fer Intercolonial de St. François et Mé- " gantic,
là
" Auront mis les parties complétées de leurs chemins eii " bon état d'exploitation, à sa satisfaction, pourra leur " avancer, à compte sur leur subside, lo. une somme de " $1,000 par chaque mille de chemin ainsi complété, en sus " des $4,000 qu'elles ont reçues ou peuvent être maintenant 11 en droit de recevoir, et 2o. sur la balance totale du sub- " side qui leur a été accordé pour toute autre partie de leur " chemim qu'elles peuvent compléter dans la suite, une " autre somme à un montant tel et de manière que cette " avance faiïè^il reste à payer pas moins de $2,000 par " mille, sur la partie du chemin à être complétée dans la " suite, et qu'il ne soit dans aucun cas avancé plus de " $0,000 par chaque mille de chemin. Le Lieutenant-G-ou- " verneur en Conseil pourra exiger que la somme de $1,000 " par mille avancée aux Compagnies mentionnées dans la 11 section précédente, sur les parties complétées de leurs " chemins, soit employée à parfaire ces parties de chemin " et à payer ce qu'elles pourront devoir pour le droit de " passage, la main-d'œuvre et le roulant."
Qu'il me soit permis de dire ici que l'idée de M. Eeed était que, vu que le chemin de fer Québec Central avait des bons municipaux considérables, il serait relativement facile de parachever cette ligne, et qu'une fois cette ligne parachevée il serait relativement facile de négocier les bons à Londres sur une ligne de chemin terminée, et le parachèvement de cette jonction aurait pu être fait cette année.
Ne réussissant pas à mettre ce plan à exécution, il fut forcé d'envisager les choses d'une manière différente. Les dettes des contracteurs s'élevaient à environ $130,000, (montant plus tard réduit à $115,000 par le fait que les propriétaires du matériel enlevèrent ce qui leur appartenait,) et le fonds spécial pour le paiement de l'intérêt sur les débentures était épuisé, de sorte que quelque mesure décisive dut être adoptée. Il fit alors les propositions suivantes :
lô. Que la main-d'œuvre des contracteurs et le prix du droit de passage (privilégié) fussent payés à même l'avance devant être faite par le Gouvernement d'après l'octroi que la compagnie avait le droit de recevoir. Ce montant devait être complètement absorbé à cet effet, et laisser encore les dettes existantes des contracteurs au montant d'environ $100,000.
2o. Que lui, M. Eeed, ferait une avance de quinze centins par piastre en argent pour payer aux i«M«4atté»imf à compte. ^-*~c*nc^Ce *s
3o. Qu'un certificat d'obligation devait être fourni par la Compagnie à chaque créancier pour la balance qui lui revenait, et que dès le moment que la Compagnie serait en état de continuer ses travaux, ces obligations seraient payées à même les revenus de la troisième émission de bons, et une garantie serait donnée à cet effet.
4o. Que dans le cas où les créanciers accepteraient cette proposition, tout le stock de la Compagnie de chemin de fer de Lévis et Kennebec, possède par Larochelle et Scott, en vertu de leur contract, serait transporté à M. Rééd.
Il demanda le transport du stock pour le mettre en état de contrôler l'entreprise, (et pourquoi pas ? voyant qu'il avait fourni presque tous les fonds qui s'y trouvaient) et dans le but ultérieur d'empêcher qu'il ne tombât entre les mains d'une multitude de gens qui pourraient lui causer de l'embarras plus tard dans l'administration des affaires de la Compagnie !
.Te prétends que c'était une offre généreuse de sa part, parcequ'il n'était nullement responsable des dettes des contracteurs, parce que nous l'avions engagé à placer des fonds dans une entreprise qui tourna à son grand désavantage, et qu'il n'avait pas besoin du stock pour contrôler le chemin, vu qu'il n'avait qu'à faire valoir l'hypothèque, (Bon,s) qu'il
avait, afin de s'en assurer la complète possession, et par ce moyen raver toutes les réclamations des créanciers, des con-
tracteurs et des premiers actionnaires !
M. Larochelle, mon associé, s'opposa de la manière la plus formelle à ces propositions ; et les Directeurs de la Compagnie du chemin de fer de Lévis et Kennebec, quoi qu'approuvant le règlement proposé, ne voulurent jamais consentir à la dernière proposition par laquelle le contrôle des élections et du chemin devait être donné à l'homme qui avait fourni les fonds, et à qui on est redevable de la cons* truction de 45 milles de chemin.
N'ayant pu en venir à un arrangement amical et raisonnable des embarras se rattachant à l'entreprise, M. Reed n'avait d'autre recours que celui de procéder légalement contre la compagnie, mais non sans avoir préalablement donné avis aux Directeurs de ses intentions et leur avoir demandé le paiement des avances qu'il avait faites de bonne foi.
Vers le 13 janvier, après avoir confié le maniement de ses affaires aux mains de l'Hon. G-eorge Irvine, ainsi qu'une procuration à M. Cunningham, M. Eeed partit pour l'Angleterre, joliment désenchanté (inutile de le dire) de ses rapports avec le chemin de fer de Lévis et Kennebec, sa pre* mière entreprise au Canada.
Le six février eut lieu l'assemblée annuelle des action» naires de la compagnie du chemin de fer de Lévis et Kennebec (dont un compte rendu complet fut publié dans le C /iront de du 7me) et de dire que la conduite des directeurs et des quelques actionnaires présents manqua d'égards pour M. Eeed, serait l'expliquer d'une manière très modeste !
Les procurations d'à peu près 300 actionnaires remises au président et au secrétaire, avec environ une demi douzaines de personnes présentes, et représentant en tout
environ $40,000 réunis, contrôlèrent l'élection, tin refus opiniâtre d'enregistrer le vote (3,200 actions) de la Wason Manufacturing Co., dont la compagnie avait acheté des wagons à passagers au montant de $20,000, et qui avait accepté de bonne foi le stock comme garantie collatérale (mais que le secrétaire n'avait pas mis de record dans 1ers livres de transport) ainsi que le refus d'enregistrer le vote du syndic de Larochelle et Scott, quoique muni d'un ordre de la cour, mit ces messieurs à même de faire à leur guise, et d'élire ceux qu'ils voudraient, et ayant élu le bureau de direction qui suit, MM. E. Beaudet, J. B. Renaud, F. X. Lemieux, L. P. Demers, W. C. Carrier, Z. Audet, A. Fortier, Q-. O. Taschereau, et Michel Cahill, les actionnaires par procurations, se mirent en frais de disposer de la propriété des porteurs de bons en louant toute la ligne du chemin de fer à M. Sénécal, un parfait étranger à l'entreprise, aux conditions suivantes :