LA. CONSTRUCTION DE CHEMINS DE FER
Le Globe de Toronto dit : — On prétend quelquefois que les chemins de fer qui, en grande partie, ont été construits au moyen de boni des municipalités, devraient en permanence appartenir à ceux qui ont ainsi fourni une grande portion des fonds. On peut facilement constater que cette prétention est erronée. Les chemins de fer sont maintenant pour toutes fins pratiques les chemins ordinaires de tout pays qui a des prétentions au progrès et à la civilisation. Sans eux les habitants souffrent de grands désavantages. . Plus la population est clair semée, et le pays nouveau, plus ces chemins sont nécessaires, et moins il est probable que J 'entreprise soit de suite en état de se suffire à elle-même. L'objet que se propose la grande masse dû peuple en venant en aide à un chemin de fer est de construire le chemin et de le tenir en opération. Une fois ce point gagné, ils ont un retour complet pour leur argent. Si le G-ouvernement accorde de l'aide, c'est p Dur la même raison. Mais les actionnaires ordinaires, et ceux qui ont avancé de l'argent sur les
bons du . chemin, se trouvent dans une position différente. Ils ne retirent rien, à moins qu'ils n'aient leurs capitaux en sûreté, et que les intérêts ne leur soient payés. Le bon sens et la justice s'accordent à dire que dès qu'ils encourent la plus grande partie du risque, ils devraient ea retirer les profits. En dépit de l'aide en boni et des avances du G-ouvernement, le plus grand nombre des chemins de fer qui ne sont pas à la rigueur des ouvrages publics sous le contrôle national, n'auraient jamais eu de commencement réel sans le secours de fonds particuliers. Supposons que, complètement épuisés, ils eussent été mis forcément en vente et vendus pour ce qu'ils pourraient rapporter, il n'y aurait aucun doute qu'il ne fût raisonnable et convenable que les acheteurs n'exerçassent sur eux une influence contrôlante en autant que pourraient le permettre les engagements antérieurs des promoteurs. Ils ne pourraient qu'acheter ce qite l'autre aurait en vente, et si la propriété avait été grevée de certaines conditions à l'égard des taux du fret, et l'expédition de trains à passagers à certains temps et a cer* tains prix du passage, par conséquent les acheteurs seraient liés par ces conditions précisément de la même manière que l'étaient les premiers gérants et directeurs. Que sont donc des porteurs de bons de chemins de fer dans bien des cas, si ce n'est des personnages occupant une position anologue à celle d'acheteurs, sous un contrat de vente ? Et qui a le droit de s'Opposer à ce qu'ils occupent une telle position et exercent une telle influence, sinon ceux qui sont prêts, dans l'intérêt public, à acheter leurs réclamations et à leur permettre de profiter de l'entreprise aussi bien que les autres qui ont contribué à son exécution ? Ceux qui donnent des boni ont tout ce qu'ils exigent quand la ligne Ètet en voie d'exploitation, et transporte leurs effets, et concourt û faire le développement de leur district. Le Gouvernment a tout ce qu'il désire quand le pays est avantagé. Que retirent les actionnaires et porteurs de bons ? Le risque de perdre les fonds qu'ils y ont placés ou la chance de
vendre l'entreprise plus tard rémunérative après peut-être des années d'inquiétude, et après avoir versé des sommes additionnelles dans ce but afin d'empêcher la perte de tout ce qu'ils y avaient risqué.
Je laisse maintenant le sujet entre les mains du public, avec pleine confiance qu'un jugement impartial sera rendu.