CONCLUSION
Le projet qui vient d'être exposé a pour double caractéristique un mode de construction original et un mode d'exploitation entièrement nouveau.
Comme construction, la double voie ferrée portée presque entièrement par une poutre centrale, reposant elle-même sur une seule rangée de colonnes, est bien une nouveauté dans la construction des chemins de fer, nouveauté qui répond complètement aux exigences du lieu choisi. La critique pourra apprécier diversement le mérite de l'œuvre elle-même ; mais son utilité, son opportunité, sont incontestables pour tout le monde.
Comme exploitation, c'est une solution particulièrement avantageuse et essentiellement nouvelle que cette application de Télectricité aux chemins de fer, sans laquelle il eût fallu renoncer, peut-être pour toujours, à avoir de vrais chemins de fer dans l'intérieur de Paris et surtout sur les boulevards.
Tel qu'il a été conçu, le projet qui vient d'être exposé est d'une réalisation qui ne présente aucune difficulté sérieuse ; d'une exploitation simple et économique, il offre toutes les conditions de sécurité absolue qui peuvent être désirées. Sur tous ces points la démonstration est faite ou facile à faire.
J'aurais pu hérisser ce travail de formules et de calculs plus ou moins savants, qui sont l'apanage si facile de l'ingénieur ; j'ai évité, au contraire, avec soin, d'entrer dans de trop grands détails techniques, me réservant de le faire d'une manière complète en temps et lieu.
Désirant être lu, il fallait être court. J'ai dû le plus souvent me borner à des indications sommaires qui sont le résultat d'observations, d'études, de calculs dont l'exposé ne pouvait être fait sans donner à ce travail l'importance d'un volume.
J'ai surtout voulu indiquer à grands traits les caractères essentiels
de l'œuvre ; montrer sa possibilité non contestable, ses avantages certains aux divers points de vue de la salubrité, du dégagement des voies publiques, de la commodité et de la rapidité des communications, des économies qui en résultent, des bénéfices annuels que la ville pouvait en retirer.
J'ai voulu montrer que l'on devait dès à présent se préoccuper du réseau des chemins de fer urbains et ne plus s'attarder à des objections qui ont perdu leur raison d'être ou dont il faut bien se garder d'exagérer la portée ; que l'on devait aller droit au but en prenant pour objectif immédiat, autant que possible, la ligne des grands boulevards, oh les voies aériennes rendront le plus de services et oîi les dépenses seront le plus largement rémunérées, sans créer de charges d'aucune sorte.
Comment mieux terminer qu'en résumant ainsi tout ce qui précède: Voici un moyen nouveau qui donne annuellement, à 30 millions de personnes, la facilité de circuler sur les boulevards , de faire un voyage agréable dans l'espace, loin des mauvaises odeurs de la rue et à l'abri des intempéries; un moyen qui pourrait au besoin transporter 20000 voyageurs par. heure sur les boulevards, de la Madeleine à la Bastille, moyennant le prix de 10 centimes, et qui devra rapporter à la ville un revenu annuel d'un million à un million et demi? Que faut-il de plus et que doit-on attendre pour se mettre à l'œuvre ?
J. Chrétien,
Ingéûieur civil.
87^ ruo (le Mouceau.
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