BUREAU DU GÉRANT GÉNÉRAL
Montréal, 7 février 1884.
Au Très Honorable
SIR JoHN A, MacDoNaLp, K.C. B,
Ottawa.
CHER SIR Jouw,
Votre lettre du 4 courant est arrivée tard dans la soirée du 5. Je vous avais informé par le télégraphe, hier, que je l’avais reçue et que j'y répondrais le plus tôt possible.
Aux entrevues que j'ai eu le plaisir d’avoir avec vous et l'honorable ministre des chemins de fer la semaine dernière, je vous ai montré comment les intérêts des actionnaires et des porteurs de débentures du Grand Tronc étaient affectés par les subsides et les avances considérables faits et que l’on se proposait de faire à la Compagnie du Pacifique Canadien ; et comme je me propose de vous entretenir de nouveau sur cette question dans cette lettre, je vais essayer de vous fournir les informations que vous désirez.
Si l’on admet qu'il est désirable de faire quelques arrangements entre les deux compagnies qui, tout en permettant l’utilisation la plus complète, dans l'intérêt du public, de toutes les lignes actuellement construites et contrôlées par toutes les deux, assureraient une protection raisonnable au capital investi, je me permettrai de moyen d'arriver à cet arrangement serait trouvé si] supportait le projet.
Naturellement si l’on considère que les intérêts publics sont promus en suscitant l’antagonisme et la concurrence et la construction de lignes sans nécessité, lignes qui auront non-seulement un effet désastreux pour les capitaux déjà investis de bonne foi, et d’où le Pays a, de l’aveu de tous, tiré les plus grands avantages, mais qui, comme on l’admet aussi, détruiront le crédit et chasseront les capitaux du pays, alors tout arrangement entre les deux compagnies devra nécessairement être considéré par le Gouvernement comme n'étant pas désirable.
Je vous dirai respectueusement, néanmoins, dans ce cas, qu’une seule des compagnies contestantes ne devrait pas avoir de son côté toute:
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influence de l’aide du Gouvernement, pendant que l’autre supporterait les lourdes charges rendues nécessaires par l'action de l'administration vis-à-vis sa rivale,
Vous vous rappelez sans doute qu'une tentative a été faite l'an dernier pour rétablir l'harmonie entre les intérêts en conflit et que l’on avait signé les bases d’un arrangement que le Président de la Compa-
‘gnie du Pacifique Canadien considérait alors indubitablement comme
‘raisonnables et équitables. Comme il se pourrait que vous n’eussiez Pas une copie de ce document, je vous en inclus une, ainsi que la copie de la correspondance alors échangée entre nous. (Appendice A.)
Je me suis permis de vous dire à notre récente entrevue, qu'en vue des avances considérables que le Gouvernement se proposait de faire à la Compagnie du Pacifique Canadien, le remboursement desquelles ne pouvait être assuré que par la vente des terres, des débentures et des actions de la Compagnie, tout arrangement à l'effet d'augmenter la “Confir ice et d'encourager les capitalistes à placer leur argent dans le Pays, doit être considéré comme une question d'importance publique et partant d’un grand intérêt pour le Gouvernement.
Depuis que l’arrangement de 1883 a été fait (arrangement qui a été subséquemment abandonné) il y a eu des changements qui devraient être pris en considération dans tout compromis qui serait effectué à présent ; et il est presque impossible, dans le cadre d’une lettre, de définir ‘minutieusement ce qui est maintenant praticable, et plus particulièrement ‘lorsqu'on est privé d'informations exactes sur la position de quelques- ‘unes des lignes dans lesquelles est intéressée la Compagnie du Pacifique Canadien (ou ceux qui contrôlent cette compagnie).
En supposant que le but du Pacifique Canadien serait d'arriver à Québec, et d’après le discours prononcé dernièrement dans la Chambre des Communes par l'honorable ministre des Chemins de F er, l'on doit déduire que le Gouvernement désire que la Compagnie devrait y arriver, je me permettrai de suggérer :
Qu'il pourrait y avoir un échange de la ligne de la Rive Nord pour des lignes appartenant à la Compagnie du Pacifique Canadien (ou aux personnes qui contrôlent cette compagnie) dans Ontario, à des conditions à être débattues ou (à certaines conditions définies) à être déterminées par un arbitrage.
Cet échange d'intérêts devrait être accompagné par des conventions
“qui, tout en assurant au public l'usage le plus libre des lignes en
question, détermineraient les intérêts des de résultats de leurs Opérations, et les condition dans le cas où cela serait nécessaire, pourraie arbitrage.
Il y a d’autres projets sur lesquels on Pourrait baser un arrangement, J'en mentionnerai un. Les lignes d’Ontario et de la Rive Nord pour. raient être organisées en compagnies indépendantes, exploitées comme telles au profit des compagnies du Pacifique Canadien et du Grand Tronc, d'après des arrangements qui assureraient des facilités com. plètes pour le public et le trafic Propre des lignes principales des deux compagnies,
Avec un pareil Compromis il serait nécessaire d’ indépendante Pour règler les disputes, bien définis pour le trafic.
D'après l’un ou l'autre de ces projets,
avoir une autorité et il faudrait faire des contrats
>; On pourrait faire en même temps d'Halifax le port d'hiver du Pacifique Canadien, ce à
quoi l'honorable ministre des chemins de fer attachait de l'importance
La Compagnie du Grand-Tronc à été et est encore prête à donner
toutes les facilités requises pour la ligne proprement dite du Pacifique Canadien, sur ses lignes à l'Est et au Sud de Montréal
directions, et à mettre ce trafic pratiquement dans des favorables que le sien.
J'espère qu'il vous plaira de me laisser savoir l'opinion du Gouvernement sur ces su l
seront jugées praticables et raisonnables,
Je suis,
Cher Sir John, Votre très dévoué
(signé) JT. Hickson, Gérant Générat..
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7 février 1884.
Au Très Honorable SIR Jonn A. MacponaLp, K.C.B.
Etc. etc. etc.
Ottawa.