MONSIEUR
Je vous ai adressé le s courant un message télégraphique contenant la substance d’un message par le câble, reçu par un des directeurs de cette Compagnie à Londres et afin de prévenir toute erreur dans sa transmission, j'ai cru opportun de vous en envoyer une copie.
Le message était comme suit :
Montréal, 5 février 1 884 Au Très Honorable SIR JOHN A. MAcDoNaLD, Ottawa.
J'ai reçu instruction par câblegramme “ d'informer le Premier de la Puissance que les Directeurs du Grand-Tronc, tout en désirant ardemment la prospérité de la Puissance et celle du chemin de fer Canadien du Pacifique proprement dit, protestent énergiquement contre toute législation à l'effet de donner de l’aide aux lignes acquises par le Syndicat en dehors des dispositions de la charte du Pacifique Canadien, en se servant ainsi des fonds publics pour faire de l2 concurrence contre des entreprises privées.”
Je n'ai eu aucune réponse aux suggestions que je vous ai faites jeudi dernier lorsque je vous ai montré comment on pouvait établir l’harmonie entre les parties intéressées et unir leurs efforts pour é::blir et promouvoir la prospérité du pays.
(signé :) J. HicksoN, Gérant Général.
Rares
Je vous aurais envoyé cette copie hier, mais j'en ai été empêché par la pression d’autres engagements importants.
Il n'y a pas matière à surprise si les Directeurs de cette Compagnie protestent contre le procédé adopté au sujet de la Compagnie du Pacifique Canadien.
Si cette compagnie avait été incorporée et si ses transactions avaient.
été conduites d'après les principes ordinaires d'une compagnie à fonds social, il est probable que les Directeurs de la Compagnie n'auraient pas cru qu'il était nécessaire d'adresser des remontrances au Gouvernement, attendu que les conditions ordinaires inhérentes au placement des capitaux privés, leur auraient donné toute la protection nécessaire ou celle qu'il pouvait attendre.—Mais attendu que pratiquement l'argent pour construire le Chemin de Fer est fourni à même le revenu public, augmentant considérablement les obligations de cette Compagnie, qui est directement et indirectement aujourd'hui le plus grand contribuable exempt de taxes dans la Puissance, les opérations de la Compagnie du Pacifique Canadien Prénnent un caractère absolument différent, De plus, lorsque l'on considère le fait que les fonds fournis par le Gouvernement Canadien, sont plus que suffisants par eux-mêmes pour compléter la ligne du Pacifique et que les ressources
de la Compagnie du Pacifique Canadien, obtenues avec l'aide et le
crédit du Gouvernement, ont été et sont détournées au bénéfice de
lignes en antagonisme directe avec cette compagnie, des lignes qui ne
sont pas nécessaires dans l'intérêt public, ou qui, si elles étaient néces-
saires devraient être supportées exclusivement par des entreprises privées, il est du devoir de ceux qui sont chargés des affaires de cette Compagnie de protester contre le procédé que l’on adopte.
En lisant les documents qui ont été présentés au Parlement, il est ‘évident que le subside en argent et les terres octroyées par le Gouvernement à la Compagnie du Pacifique Canadien, d’après l'estimation de leur valeur par le Gouvernement et Ja Compagnie, étaient suffisants Pour payer tous les travaux qui ont été faits jusqu’aujourd’hui sur la ligne du Pacifique Proprement dite, et qu'aucune réquisition ultérieure sur le trésor public n’était nécessaire ; si les opérations de la Compagnie avaient été bornées à J’
S au trésor public, le
Ssaire pour compléter la route noninterrompue qu’il était de l'intérêt public de construire.
Il était de mon devoir, lorsqu'on a fait la Proposition d'affilier des lignes ne formant aucune partie de la ligne trans-continentale, et n’étant aucunement nécessaire au Pacifique Canadien pour le dév
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de son trafic, d'adresser une remontrance au Gouvernement, et de montrer l'injustice qu’il y avait de détourner les ressources fournies par le pays pour une grande œuvre nationale, pour construire des lignes dont le publi- n'avait aucunement besoin, et qui, par elles-mêmes, étaient des entreprises commerciales problématiques. Je me permets encore de vous référer à mes lettres du 24 et du 26 avril 1883 (Appendice B,.)
Ceux qui sont intéressés dans la Compagnie du Grard-Tronc ont, pendant les dix dernières années, fourni des capitaux au montant de près de trente-trois millions, pour l'amélioration de la voie, l'extension de ses facilités, la perfection de son équipement et l'ouverture d’extensions, en vertu d'arrangements sanctionnés par la Législature et le Gouvernement.
Il doit être apparent, lorsque l’on découvrira que les ressources de la Puissance devront être encore taxées afin de susciter et alimenter des projets de concurrence pour détruire la valeur de ces entreprises et du capital investi pour construire la ligne du Grand Tronc à son début, lorsque l'on aura aussi pris en considération l'augmentation de taxes qui en résultera, que la situation ne peut être envisagée qu'avec crainte par les vingt ou trente mille propriétaires qui sont intéressés dans la Compagnie.
. Les directeurs de la Compagnie n’ont jamais voulu la placer dans une attitude d’antagonisme à la Construction du Chemin de Fer Canadien du Pacifique Proprement dit, et ils ont toujours été disposés, comme j'ai déjà eu occasion de vous le montrer, à donner toutes les
ou à l'Ouest, sur tous les points où les deux voies viennent en contact.
Dans le passé on n’a pas trouvé qu’il était impraticable d'exploiter le Chemin de fer Intercolonial d’une manière satisfaisante, en correspondance avec la ligne de la Compagnie du Grand-Tronc, malgré que la Compagnie fut en possession de lignes qui, jusqu’à un certain point, faisaient une concurrence au chemin de fer du Gouvernement. Jusqu'aujourd'hui, je n'ai jamais reçu une plainte officielle que le développement de la ligne de l’Intercolonial eût été retardé, soit par la privation des facilités, soit Par une action hostile de la part de la Compagnie du Grand-Tronc—et vous me permettrez de demander pourquoi on n'a pas trouvé qu'il fut Praticable d'établir un échange de trafic entre le Pacifique Canadien et le Grand-Tronc, aux mêmes conditions.
Le projet d'accorder un subside additionnel du Gouvernement au Pacifique Canadien au montant de trente millions de dollars, sans prendre des garanties suffisantes pour empêcher que ces fonds ne soient employés, comme cela a été le cas dans le passé sur des travaux entièrement étrangers au but que l'on s’est proposé en construisant la ligne du Pacifique Canadien, et Pour que l’on ne fasse pas de nouvelles demandes de fonds à l'avenir, a intensifié le sentiment de malaise déjà éprouvé par les capitalistes qui ont investi leurs fonds dans des entreprises canadiennes ; et je vous exposerai respectueusement que la continuation de la politique du passé devra avoir pour résultat des dommages non-seulement au placement de fonds dans cette compagnie, mais dans toutes les autres entreprises de chemins de fer dans le Pays ; et elle rendra impraticable toute tentative pour obtenir d’autres capitaux pour les nouvelles lignes et les améliorations sur les lignes actuelles, sous aucune condition, à moins d’avoir la garantie du gouvernement. :
J'ai honneur d’être, Monsieur, Votre très obéissant serviteur,
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