‹ Chemin de fer le Grand Tronc [microform]Chapitre 7 sur 7 · CHEMIN DE FER DU GRAND-TRONC DU CANADA · texte numérisé non relu

CHEMIN DE FER DU GRAND-TRONC DU CANADA

Bureau ou GÉRANT-GÉNÉRAL,

Montréal, 26 Avril 1883.

Au Très Honorable Sir John A. McDonald, K. C. B. Etc., Etc., Etc. Ottawa.

Monsieur,

Je me crois obligé de vous écrire de nouveau sur le même sujet dont parlait ma lettre du 24 Courant, à cause des vues expriméespar l'honorable ministre des chemins de fer, lorsque la seconde lecture du bill concernant la Compagnie du Chemin de Fer Pacifique Canadien a été proposée le 24 courant.

D'après la presse, l'honorable ministre a, parait.il, dit que le- 8ouvernement approuvait le loyer à perpétuité des chemins de fer Credit-Valley et Ontario et Québec, par la Com pagnie du Pacifique Canadien ; qu'il était de la plus haute importance qu'il y eut dans le Nord-Ouest la plus grande compétition possible avec les grands. centres commerciaux du Canada, —Montréal, Toronto, Hamilton et autres parties d'Ontario, et que le gouvernement croyait que: l'intérêt public serait plutôt favorisé que blessé par l'adoption du projet contenu dans ce bill.

Je soumets humblement que les vues exprimées par l’honorable. ministre, varient du tout au tout avec la politique antérieure du 80nvernement sur cette question ; et de plus que l'effet du bill. proposé sera de perpétuer le monopole qui a été concédé à la. Compagnie du Chemin de Fer Pacifique Canadien dans le Nord- Ouest ; et encore, étendre les limites démarquant les priviléges. exclusifs accordés à la Com pagnie. D’après les termes de l’arrangement passé avec le Syndicat du Pacifique Canadien, cette Compagnie ne doit pas céder un monopole absolu et doit être libre de. toute compétition dans le Nord.Ouest. Par un contraste singulier avec son ancienne politique, l'honorable ministre des Chemins de: Fer recommande à présent l'entière compétition contre le Grand Tronc. La Compagnie du Grand Tronc doit être exclue du Nord- Ouest ; le Pacifique Canadien, construit à même le trésor public.,

“doit être encouragé et aidé par le gouvernement en passant par la région desservie par le Grand Tronc, et ce, sous le prétexte apparent de fournir de la Compélition à la population du Nord- Ouest.

J'oserais demander comment le Grand-Tronc peut, sous les circonstances, entrer en compétition dans le trafic du Nord-Ouest, Voyant que le chemin de fer de la Baie du Tonnerre à Winnipeg, et celui de l’'embranchement à St-Vincent vont être mis sous le Contrôle de la compagnie rivale et on ne devra permettre accès dans ce territoire à aucun autre chemin de fer,

Cette compagnie a déjà éprouvé les désavantages du monopole ‘en existence, même à ce moment, où il n’existe aucune autre Compagnie rivale ; et elle peut bien prévoir de graves inconvénients résultant de cette complète exclusion en autant qu'il est possible, en insistant sur la diminution des prix imposés par le chemin de fer du Pacifique Canadien.

Avant queles bosoins du N ord-Ouest soient connus autrement que par l'expérience acquise par le Grand Tronc, et avant que le Pacif.

“que Canadien ait ouvert aucune communication avec ce territoire, de trafic qui devra s'échanger sera, d’après les vues de l’Honorable Ministre, assez considérable, pour qu'il s'établisse trois routes ‘différentes afin qu’il en naisse la plus grande compétition possible; mais on ne peut affirmer sérieusement que le but de la politique actuelle est d'en venir à ce résultat. Au contraire, il est évident ue la conséquence va être toute contraire à celle prédite par J'Honorable Ministre.

Il est bien statué que le chemin de fer venant de St.Paul à la digne de la frontière, appartient presque tout à des messieurs qui font aussi partie du bureau de direction du Pacifique Canadien.

Le chemin de fer de St. Paul à Chicago est entièrement, ou en très grande partie, sous le Controle d’un grand capitaliste améri- Cain. Le nouvel anneau de la chaîne de communication (le Michigan Central) est présidé et mis sous le contrôle du même homme, et le Michigan ‘Central, possède ou contrôle le chemin de fer Canada Southern qui communiquant avec la ligne qu’on se propose de louer (la Credit Valley), établit de suite le monopole américain à Toronto.

chemin de fer Ontario et Québec étant terminé, il adviendra, si on permet la réalisation du loyer projeté, que toute la ligne

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depuis Montréal jusqu'à Win nipeg sera sous le contrôle du Mon. sieur dont il est fait mention plus haut, et du bureau de Direction du chemin de fer Pacifique Canadien. Les deux lignes ainsi décrites, intimement unies par des liens dont l'existence est déjà connue, serviront indubitablement à exclure du Nord-Ouest toute compétition de la part du chemin de fer le Grand-Tronc ; et je demande humblement quelle compétition devra être permise, sous les circonstances, entre le cb- min de fer du Pacifique Canadien proprement dit, et la route par les Etats, dont je viens de parler ?

L'expérience acquise par cette Compagnie dans ses relations avec les Compagnies de chemin de fer américaines, où la liberté d'agir n'est pas permise, est qu'elle a été réellement mise hors de con- Cours en étant forcée d'adopter un certain taux de iarif, tandis que Ceux controlant avaient le pouvoir de modifier leurs prix selon les avantages de leur propre chemin.

C’est pourquoi l’arrangement proposé n'aura pas pour résultat de fournir pleine et entière liberté de compétition dans le Nord- Ouest avec les grands centres de commerce du Canada, et je n’éprouve aucune hésitation à dire, comme il est fait allusion plus haut, qu’au contraire il ne servira qu’à perpétuer le monopole qui existe actuellement.

J'ai déjà referré dans ma lettre du 24 courant, au fait que l’arrangement projeté aura pour effet de détourner le trafic de la route du Canada. J'ai maintenant à soumettre à votre considération que l'admission projetée de l'influence américaine tend à éloigner entièrement de la route de la Puissance, le passage du trafic en destination de l’est. L'administration américaine avec laquelle le Pacifique Canadien s’est si intimement lié, contrôle réellement une ligne de chemin de fer très importante entre Boston, New York, Philadelphie et Winnipeg; et la compagnie de Chemin de Fer la plus puissante de l'Amérique ne perdra aucune occasion et ne laissera échappé aucun moyen V'’attirer le trafic du Nord-Ouest vers ses chemins de fer.

Je vous ferai remarquer de plus que, quelque soit le but principal du loyer projeté, il aura dans tous les cas pour effet de créer une ligne concurrente à celle du Grand Tronc dans toutes les parties du Canada, jusqu’à Détroit, Chicago et dans les régions ouest du Continent Américain ; et la chose n’est réellement pas en accord avec la politique reconnue lorsque la section Est de ce chemin

a été achetée par le Gouvernement, et lorsqu'il à été décidé que le coût de revient serait appliqué au prolongement du chemin de ‘cette Compagwit jusqu'à Chicago,qu'une autre route concurrente de ‘Chicago—et emtibrement étrangère— recevrait l'#ide de l'influence du Gouvernement et de l'argent du public, et ce au plus grand préjudice de cette compagnie,

IL est plus ou moins admis que les chemins de fer du Gouvernement n'ont pas pour but principal de faire de l'argent, et quoique cela puisse ne pas être le cas pour le Pacifique Canadien, cepen-

écents exprimés parson Président luimême;si richement favorisé, doté et fourni d'argent par la Puissance que pcut en faire une entreprise sujette en aucune manière aux règles de prudence ordinairement suivies au profit de la propriété.

Je demande au nom d'une Compagnie propriétaire, dont le capital dépensé en Canada dépasse la dette consolidée et non consolidée de toute la Puissance, s'il est juste que l'influence du Gouvérnen, nt et les revenus du pays soient ainsi mis à contribution Contre une corporation privée de capitalistes anglais.

Je soumets de plus que cette Compagnie va souffrir des dommages, en autant que, pendant que le monopole accordé dans le Nord-Oust lui liait les mains, les fonds accordés à une compagnie rivale serviront à des fins d'agression en accord avec les concur-

.rents Américains les plus acharnés contre la Compagnie du Grand Tronc,

J'ai l'honneur d’être, Monsieur, Votre obéissant serviteur, J. HICKSON, Gérant Général.

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