‹ Chemin de fer Pacifique canadien: discours de Sir John A. Macdonald, Ottawa, 17 janvier, 1881Chapitre 3 sur 3 · QUATRIÈME PARLEMENT · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARLEMENT

"résultat do l'appel au pays est devant vous ot je suis premior ministre du Canada.

Mais quelle que soit la cause de l’échoc dosir Hugh Allan et de Ia première compagnie organisée pour construire cetio ligne, je puis expliquer cet échec sans faire allusion à aucune raison politique. Je dirai seulemont, que la plus forte opposition qu'ait jamais eu le gouvernement dont je suis le chef, ne négligea rien, et que notre insnecès eut deux. causes : la détermination d'attaquer Île gouvernement ot le désir de faire échoucr le projet. .

On a prétendn dans cette chambre, je dirai même, on a prouvé que le projet actuellement soumis à l'approbation de la Chambre est plus .avantageux que celni de 1372. Quels que soient les mérites des offres ct soumissions, quels que soient les mérites de la dernière ôffre déposée sur Îc bureau dg la Chambre, je crois quo tous les hommes francs et sincôres, ayant quelque connaissance des chiffres, ‘admettront que Ia convention que le gouvernement actuel a conclue, sous sa propre responsabilité, avec le syndicat dc 1880, est plus avantageuse que l’arrangement fait avec sir Hugh Allan, en 1872. Et jo demande à la Chambro cé au pays si le Canada n’y eût pas beaucoup gagné en acceptant et mettant à exécution le contrat de sir Hugh Allan en 1872. Depuis cette époque, neuf années précieuses ont été perdues, neuf années qui ne reviendront plus et pendant lesquelles la construction de la ligne aurait régulièrement avancé. Les hommes engagés dans cette entreprise, si les capitalistes européens avaient voulu les entendre, auraient été assez forts pour établir la ligne à travers lo continent, ct à la fin de la neuvième année, en dehors de la province du Manitoba où l’on voit à peine aujourd’hui la trace des pas des blanes, il y aurait des centaines do mille habitants, que le désespoir seul a conduits aux Etats-Unis, se pressant dans nos territoires du Nord-Ouest. Cotic région où l’on ne voit aujourd’hui qu’un petit nombre de colons, à l'extrémité oricntale, sorait l’heureuse patrie de centaines de mille—au bas mot—d’hommes civilisés, d’hommes déterminés, actifs ct laborieux, travaillant pour eux-mêmes et leurs familles ct qui auraient fait de cette région, beaucoup plus tôt qu'on ne pouf l’espérer maintenant, un pays bien pouplé ct prospère.

Mais ce sont là de vains regrets. Nous, députés de la droite, ne sommes pas responsables du délai, nous ne sommes point responsables du temps perdu, ct nous en appelons, avec confiance, au pays, à la postérité. Nous en appelons, avec confiance, à tout homme sincère, et il nous dira si ce Canada dont nous sommes si fiers, dont l'avenir est l'objet de nos sollicitudes, bien qu'il soit assuré, n'aurait pas acquis uno position infiniment plus enviable de notre temps, du vivant du plus ancien de nous, il nous dira si cette région ne serai pas déjà devenue une partie importante de la Confédération canadienne, si le contrat de 1872 eût élé mis à effet, mais cela ne devait pas être, M, l'Orateur; nous avons échoué dans nos efforts, et ces efforts, nous le savons, furent continués par l'administration qui nous succéda, administration forte”d’une grande majorité, forte de l'habiieté de ses membres ot à fa tète de laquelle se trouvait un homme éminemment pratique. Oni, c’est un homme pratique et ceux qui scrallièrent à lui s’en vantèront à juste titre. il omploya toute son énergie à la réalisation de ce projet. TT était soutenu par une si forte majorité qu'aucune opposition ne pouvait le contredire, lui faire face, lui susciter des cembarras sérieux. L’honorable *monsieur déclare lui-même qu'il n’a pas rencontré d'obstacles, que l'opposition du jour n'a entravé aucunement sos démarches. Or, M. le président, il adopta, en substance, notre projet do 1872; il tenta des efforts honnêtes et sincères, je le crois, pour dégager son administration, lui-mêèmo ot son parti deg responsabilités de sa position ct des-engagemonts pris par lui-même ot ses parti. sans, obligations que l’on ne pouvuitreniersans déshonneur, obligations dont il fallait s'acquitter sans délai, À moins de compromettre notre erédit et notre honneur,

Cancun admot que ces obligations étaient sacréce, chacun admet l’oxistence d'un traité conclu avec la Colombio anglaise, avec la population et le gouvernement de la Colombie anglaise, et non-seulement c'était un marché, une convention solennelle ontre le Canada et la Colombie anglaise, mais cette convention a été formellement sanctionnée par 1: gouvernement de Sa Majesté, La construction de la ligne était une queston de politique coloniale et de politique impériale en Angleterre, ct l’ancienne administration dirigée par mon honorable amide Lambton—que je ne vois pas à son siége et qui, je le crains, cst absent pourla mêmc cause que moi vendredi soi ot je rogrotte très sincèrement son absence, — l'administration de mon honorable ami se erut liéo pur cotte politique. L'administration dont j'étais le chef ot l'administration dont il était le chef Ini-même, se trouvaient également liées par les résolutions adoptées à l'époque où la Colombie anglaise est entréo dans Ja Confédération, tontes les deux étaient engagées à faire construire la ligne, — au moyen d’une subvention en espèces et en terres,—par une compagnie légalement constituée, s'il était possible, et quélques personnes allaient même jus. qu'à dire que la construction ne devait se faire par aucun autre moyen. Cette obligation l’embarrassait; mais bien qu'elle aït embarrassé les deux administrations, comme elle était l'exprossion formelle d’un vœn du parlement, cotte résolution ne dérangeait aucunement la convention piemière: Les délégués de 1a Colombie anglaise siégeneint en cette Chambre lorsque la motion fut adoptée ; ils y donnèrent leur assentiment lorsqu'elle deviné la loi du pays, et à leur retour chez eûx, la législature et la population de la Colombie anglaise ne leur adressèrent pas un mot de reproche. Ils demandaient seulement que l'esprit de 1a résolution fût mis à effet, autant que les hommes peuvent remplir, avec honnêteté, justice et franchise, un pacte solennel, un cogagement- obligatoire. . Nous no pouvions, sans déshonneur, manquer à la foi du traité. Les deux ndministrations se sentaient obligées de faire tous leurs efforts pour faire construire la lighe par l'entremise d’une compagnio de capitaliétes, légalement constituée à cet fin. Ce que nons avions essayé, l'administration qui nous.suivit dûé le tenter, ct ello lança des avis publics, comme on l’a dit ct expliqué; inutile quo j'entre days de nouveaux détails à cet égard. JL’honorable député de Lambton, alors chef de l'administration, fit publier des avis demandant aux capitalistes du monde entier des soumissions pour ectte entreprise. Mais les soumissions n’arrivèrent pas. Le Canada n'avaitil point le crédit dont il jouit actuellement ? Le gouvernement du jour n'avait-il pas le crédit dont jouit le gouvernoment actuel?" L'état du marché monétai® offraitil peu de chances à l'époque ? La région du Nord-Ouest n’était-elle pas aussi bien connue qu'aujourd'hui ? C’est ce que je ne saurais dire. Peut-être toules ces causes réunies, on seulement quelques-unès d'entre clles contribuôrent-clles à empêcher le succès; mais, en tous cas, l'appel de l'añcienne atministration aux Gipilalistos dn monde entier, ne réussit pas,

* Si je comprends bien la chose, M. l'Orateur, ce n'était poin£ une offre ordinaire, fixant aux capitalistes un certain Jour pour répondre, comme la chose se pratique qtüant il s'agit do construire une maison, ct leur disant que les soumissions seraient reçues jusqu'à tel jour, à midi, lesinformant, en outre, qu'aucune soumission no serait reçue après ce jour et cette heure. , D'abord, le gouvernement invitait un concours de capitalistes, T/administration suivante invita les capitalistes du monde entier à concourir. C'était un avis au monte entier et lorsque nous recûmes, avec plaisir et confiance, une offre do-particuliers qui, nous le croyons, avaient tous les”moyens do moner à bonne fin l’entraprise, s'ils voulaient s'en ébarger, nous crûmesavoir accompli le væu humblement exprimé par le parlement, le veu de tous les membres de cotto assemblée, qui gésiraient voir le gonvernement se dégager de suite de louto responsabilité, M. l'Orateur, je pourrais faire allusion à un discours que j'ai

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prononcé avant de partir pour l'Angleterre, aa printemps de- 1880, ot je mentionne-cediscours parce que c'était nn avis public pour ic pays.

L'honorable député de Durbam-Ouest dont Fesprit, à la tournure légale, s'attache volontiers aux défauts de f>rme, pourra prétendre que mon discours ne constituait pas un avis égal. Mais, en certaine occasion antérieure, lorsque l'honorable député de Lambton essayait d'imposer, sans avis préalable, certaine mesure au pays, il dit, avec indignation, dans cette Chambre: “Tout le mondo a lu le discours que j'ai prononcé à Sarnia. Lorsque je retournai chez moi pour me faire éliro comme premier mimistre.j'ai faitconnaître an pays le programine du gouvernement, ot le pays n'a pas élé pris à l'improviste.” Je demande à l'honorable monsieur si cela n'est pas exact, ot si la sauce qui convient pour apprêter certain volatile, ne convient pas à autre volatile de la même famille ? : o

M.BLAKE. Je n’ai point dit que c’est une oie.

Sir JOHN -A. MACDONALD. Teile est la réponse (answer) empressée du jars (anse). J'espère que mon honorable ami me pardonnera l’ailusion, parec qu'il l'a provoquée. Toutefois, bipède lui-même, il ne mérite aucunement d’être classée dans la famille des bipèdes £uxquels jui fait allusiqu. Mais qu'on me permette de lire ce que je disais au printemps de 1880: “Quand je vous dis ici que nombre de capitalistes offrent de construiie la ligne, sout déstroux que le gouvernement la iour transfère, et comptent, réaliser des fortunes en l'exploitant et en colonisant les terres mises en réserve pour la construction, ete.” J'ajoutais : “En ce moment le gouvernement a une offre sous considération.” Ces paroles furent répétées dans tout le pays. l/organe des honorables-messieurs de la droite les commenta. Tous les journaux politiques du Canada voulurent les publier avec commentaires. Nous avions. clairement annoncé nos inténtions, et personne ne prétendit que nous n'avions pas le droit d’en agir ainsi. Personne ne vint nons contredire. On nous félicita d’avoir reçu.pareille offre. “Toute la presse de l'opposition essaya de tourner la chose en ridieule. “Vous ne trouverez pas de capitalistes pour construire la ligne, disaient ces journaux ; vous ne réussirez point; néanmoins, bon voyage !” Voilà ce que disait la presse de l'opposition avant notre départ pour l'Angleterre. Nous anrious pu conelure ce contrat dans l'esprit et aux ermes de l'acte passé par l’administration précédente. Je serais houreux de discuter cette question de droit avec l'honorable chef de Ia gauche; mais cette question est trop vaste.

Nous avons compris que ce projet devait nécessairement engager l'avenir ot les revenus du Canada pour an grand nombre d'années, et qu'avant de le mettre à exévntion le gouvernement devait consulter la population etle pariement du Canada. À cet égard, nous n'avons pas suivi l'exemple de l'administration qui nous a précédés. Certains embranchements devaient entraîuer la dépense d'octrois considérables et le chef actuel Ge l’oppoution protesta fortement contre l'ancien chef de l'opposition quand l'honorable député de Tambton annonça qu'un contrat avait été adjngé et qu'on allait commencer certains trasaux. L'honorable député de Durbham-Ouest lui demanda—joublie les termes de la question, mais M. Alackensio répondit qu'il ne pouvait fairo davantage et qu'il avait agi sous sa propre responsabilité.

M. BLAKE—Je crois que Fhonorabie monsieur se tromne. Ti veut parler de l'interpetlation que je Ks pour demander à l'honorable député de L'imbton sur quelle autorité îl se basait pour entreprendie 1 construction de Fembranchement d'Esquimault et de Nanuimo.

Sir JOIN A. MACDONALP—C'est cela, peut ètre. La réponse parle d'ellemèeme. L'honoïable monsieur demanduit sur quelle autorité le premier ministre d'alors se basait pour entreprendre lu co istruction de l’embranehement d’Es-:

quimault et Nanaimo, M. Mackenzie répondit qu'il n'avait

rien à demander au parlement. N'est-ce pas la réponse qu'il fit? : .

M. BLAKE-—Non ; à coite partie de li question, il répondit qu'il avait déjà donné avis do la présentation d’un bill autorisant la construction du chemin de fer; c'était une réponse bien différente à mon interpellntion. Dans le mème discours, je demandai à l'honorable monsieur, s’il se proposait do soumettre la convention Cnrnarvon à l'approbation de la Chambre, ct il me répondit que, sur ce point, il n'avait rien à demander au parlement.

Sir JOIN A. MACDONALD. Eh! bien, M. l'Ovateur, M. Mackenzie répondait à l'honorable monsieur qu'il n'avait rien à demander au parlement, et c'est après cela, après avoir constaté que les honorables messicurs lui feraient une opposition sourde, après avoir aperçu derrière lui la caverne des Adulamites que l'honorable chef de l'opposition força M. Mackenzie à faire cctte déclaration. Je ne saurais ane tromper. Je mo rappelle tous les détails de l'incident. Je répète que le gouvernement avait le droit de faire lous ses etorts pour se libérer Iui-mème ct libérer le pays de l’obligation de construire la ligne, ct do l'obligation encore plus : lourdo de l’exploiter. Que chacun examine un instant la nature de ces obligations et la manière dont elles s'imposent au gouvernement. Les mèmes faits se sont produits au sujet de l’[ntercolonial ct se produisent dans toute entreprise publique. Bien que mon honorable ami ait"triomphé de beaucoup d’obstacics sur l’Intercolonial, il est impossible que le gouvernement exploite avee avantage un chemin de fer. Cette exploitation donne lieu à toutes sortes de récriminations politiques. Les hommes que nous employons sur la ligne, à commencer par les portefuix, edeviennent des employés publies. . Si lun de ces hommes est nommé, pour une raison quelconque, on dit quo c’est un protégé politique. S'il est destitùé on prétend que ccla est'dà à sos opinions politiques. *Si une vache est tuée sur la ligue, le député qui compte sur le vote du propriétaire de cot animal, fait une motion au sujet de l'aceident, La responsabilité, los frais, les tracns et les ennuis réservés au gouvernement qui exploite cette ligne, sont tels que, pour cos causes seules, nous avons cru dovoir déguser notre responsabilité. Nous avons eu assez de preuves à l'appui, dans cotto Chambre. Quant à la question suulevée par mon honorable ami alors député de Bruce Sud, voici la réponse : . :

it Nous n'avons jamais demandé d’antorisation an parlement ; nous lu avons simplement communiqué cette decision, et nous espérons que la Chambre nous approuvera en acceptant les teumes convenus grâce à l'intervention où à I médiation de Lord Carnarvon ; nous espérons que cet appui nous sera généreu-ement accordé.”

Eh! bien, M. l'Orateur, nous nous rendîmes en Angleterre, * et Lien qu'éloignés du pays, nous eûmes parfois l’occasion de constater les agissomonts de l'opposition. Oh ! comme elle craignait de nous voir réussir Dépêches sur dépêches étaient envoyées au Canada, informant le pays, avec une expression de regret, que nous avions misérablement, honteusement échoué. Tes dépêches ajoutaient que c'était Ià une preuve qu'en Angloterre on n'avat aucune confiance dans l'administration actuelle. Comment une compagnie do de capitalistes pourrait-elle ayoir confiance dans une administration entachée du seandale du Pacifique? On disait encore que le résultat aurait été bien dillérent si le Canada avait eu un gouvernement plus honnète, plus capable et possédant, à un haut degré, la contiance des capitalistes européens qui s'étaient chargés do l'entreprise. On versait des larmes-des larmes de crocodile neut-être—sur le malheureux sort du Canala gouverné par uuc”administration tellement iner pable et.criminelle que, neuf ans après la date du pme: contrat, elle mettait à effet le projet avantageux d'engager des capitalistes anglais à prendre sa placo et à construire la ligne.

Toutefois, M. l'Orateur, nous avons réussi; et :dans, mon discours à Hochelaga, discours dont on a tant parlé, Lien qu'il

ne méritft pas tant d'honneur, j'annoncçai le fait que nous avions passé un contrat en bonne et due forme. Je le répète aujourd’hui ; le contrat ost arrêté. Voici dans quelles circonstances je pris la parole à Hochelaga. Le Club Cartier, association conservatrice, me présenta une adresse à laquelle je dus répondre. Je ne rétracte pas un soul mot de cette réponse. Voici mes paroles : “ A présent j'espère—ct l'avenir confirmera cet espoir—que bientôt je pourrai regarder le chemin de fer du Pacifique comme achevé.” J’espérais aussi que cette entreprise s'achèverait avec le concours des honorables messieurs de la gauche, tant que nous serions au pouvoir > mais le projet déposé aujourd’hui sur le bureau de la Chambre, prouve que ces messieurs ont tout-à-fait abandonné l'idée de construire le chemin de fer du Pacifique canädien. Ïls trament un complot politique, ils essaient de joter le

- blâme sur d’autres. Mais malgré ce complot, nous. allons construire la ligne, et le premier marché scra mis à exécution. L'engagement pris envers la Colombie anglaise, les engagements qui doivent assurer le développement futur du Canada seront mis à effot sous les auspices du gouvernement conservateur et avec l’appui du gouvernemont conservateur. Cetto ligne sera construite et, malgré tous les artifices de l'opposition, malgré la proposition sans consistance qu'elle vient d'élaborer, les travaux de construction vont être poussés vigoureusement, sans interruption et avec succès jusqu’à l'achèvement, et alors le sort du Canada, comme confédération, sera définitivement scellé ; le sort du Canada, comme grande nation sera fixé, et les hororables messieurs de la gauche ne pourront plus le compromettre. L'émigrant européen trouvera une patrie dans Îa grande région de l’ouest, grâces aux efforts du parti conservateur.

Mais voici une nouvelle objection, M. l’Orateur. “Après que l'administration a conelu les arrangements, après qu'elle à passé un contrat dont les honôrables messieurs so scraient réjouis ot vantés, fl y 2 trois ou quatre ans, et qu'ils auraient cité comme preuve de leur merveilleuse habileté administrative, ilS viennont affirmer que nous n'avons pas l'autorisation de passer ce contrat, Tant que Mardochée domeurera à la porte du palais des rois, il ne cessera de protester. Dans cotte discussion nous avons affaire à des comédiens hors ligne,—je veux parler de mes honorables amis de Ja gauche. Ces honorables messieurs sont des acteurs achevés. Mais le meilleur acteur ne réussit pas toujours. La gauche joue; tour à tour, la tragédie, la comédie et la farce. Elle à commencé par la tragédie, M. l'Orateur. Elle a déclaré le contrat oppressif et la subvention énorme. Suivant colle, nous abandonnons les terres du Nord-Ouest. Pas un seul acre n’est réservé où le colon libre et indépendant puisse promener ses pas. Nous cédons un monopole à eeite compagnie. L'opposition nous a dépeint la tyrannie de cette compagnie qui doit opprimer le peuple en établissant un tarif élevé et la tyrannio d’un grand monopole qui maintiendra pendant des siècles son contrôle sur une vaste étendue de teires—dont la vente Ini fournira les capitaux nécessaires pour construire la ligne— pour faire augmenter la valeur de ces terres par le travail des colons. T'ello est la tragédie; et les honorables messieurs l'ont si bien jouée, quo si out l’auditoire n'a pas été ému, nous avons pu voir des larmes de pitié et de douleur baigner le visage des honorables messieurs de la gauche.

Ensuite, nous avons cu la comédie. Lorsqu'on à in à chacun de ces messicurs son discours de l’an dernicr, il a été prouvé que l’année dernière, l'année précédente et antérieuroment, ils pensaient d’une façon ct disent aujourd’hui tout le contraire. Nous avons alors assisté au spectacle je plus amusant et le plus comique, Chacun de ces messieurs s’est levé pour protester, en disant : “ Je no suis pas lié par ces paroles, J'ai dit cela lan dernier, ou l'année precédente, mais, autres temps autres idées, les choses ont changé depuis deux ans, où nn an, où même dans huit mois, comme l’a dit un d'entre eux, mais je ne suis aucunement lié aujourd’hui par les paroles que j'ai prononcées il ÿ'a hnit

mois, Rien de plus comique, Nous en avons tous ri. La Chambre s’en est amusée et un immenso éclat do rire a retenti d'un bout à l'antro du pays. Les honorables messieurs ajoutent, il est vrai, que nous étions fous il y a huit moïs et

ême il y a deux ans. Maïs si nous étions fous alors, vous n'aviez pas le droit, comme ministres, de partager notro folie ; vous n'aviez pas le drvit de défondre les folies que nous recommandions nous-mêmes, puisqu'aujourd'hui nous faisons preuve de sagesse. Tolle est la comédie.

Ensuite est venue la farce, A. l'Oraieur. Lo libretto de celte farce a été déposé auiourd’hui sur le bureau de la Chambre. La tragédie ot la comédie ont assez bien rénssi ; mais devant un auditoire impartial, la farce, j'en ai bien peur, sera sifflée, pour me servir d’une expression reçue au théâtre. C'est une véritable farce; mais je ne saurais dire si les conséquences en seront bien drôles. Pour ma part, je crois que Îles conséquences nous feront rire, parce que Île plus grand châtiment que peut subir l’auteur d’une farce, ou l'acteur qui la joue, est que Ia pièce fasse four, que l'auditoire siftie la pièce, ct c'est le sort réservé à cette charmante farce. Elle a été jouée, M. l'Orateur, maïs pour changer la métaphore, je dirai que la trame était cousue do fil blanc. Les aveugles no s'y laisseraient pus prendre. Les plus crédules n’en croiraient rien. Les plus confiants diraient : # À d’autres ! ” Pas un homme de bon sens, pas un homme sachant que deux ct deux font quatre, ne s’arrèter®'un instant à ce projet sans consistance, M, l'Orateur. La trame a été ourdie ici, à Ottawa. On veut en faire un engin politique, ot voici commentrsisonnent les auteurs de ce chef-d'œuvre : ‘“ Le gouvernement actuel s'est engagé sous 16 sceau ct sous” la signature de ses membres en particulier, sous le sceau du ministre des Chemins de fer, par un Ordre en conseil, eë le contrat est signé, scellé”-et délivré, . Le gouvernement est engagé par ce contrut, Il ne s’en dédira pas, notre affaire est bonne. Faisons n'importe quelle offre. Nous pouvons par exemple, offrir de construire la ligne moyennant 81,690 par mille. Notre affaire est bonne. Nous pouvons fiire signer un tel et un tel, etc.” Je n'étais pas présent, on le pense bien, mais moû honorable ami de Niagara a démontré que parmi los pétitionnaires et membres du nouveau syndicat, qui font l'offre formulée dans ce précieux document, six OU SEDbs seen

M. PLUMB. JIlyen a sepr. °

Sir JOHN A. MACDONALD. On compte sept candidats désappointés ct battus à des élections précédentes. En lisant le diccours de mon honorable ami, je vois qu'il s'agit d’un complot politique. Je demanderai à mon honorable ami, le député de Ia division ouest de Durham, si Jobn Walker n'est pas un homme politique très remarquable. Je demanderai à mon honorable ami, si I. If. Cook n'est pas un homme politique remarquable. Il s’agit d'un complot politique tramé ici. llétait bien facile, oh! très facile de faire une offre, car l’on savait que le gouvernement ne pourrait, ne devait, ni ne voulait l'accepter. Nous avons passé, de bonne foi, un marché avec la compagnie, et nous avons promis que le marché deviendrait un pacte entre le gouvernement et Ia compagnie, du jour où le parlement le ratifirora. Nous étions obligés de soumettre cette convention à lasanction du parlement, et l'opposition s'est dit à elle-même: “ Si cette mesure est rejetée, ajoutaient les conspirateurs, le ministère ue peut honorablement, décemment domeurer en charge ; par suite, nous arriverons au pouvoir et nous aurons soin de nos amis, des sept où huit hommes politiques ot de leurs confrères. Nous les mettrons à l'aise et nous arrangerons toutes choses de manière à ce que, si lour offre est acceptée, il nous sera facile «le les hbéror de le engagement lorsque nous serons an pouvoir.”

Il est, selon moi, de toute évidence que ce document a été élaboré ici, et pour enlever aux membres du nouveau syndicat toute appréhension de se trouver, un jour, dans quelquo embarras, on y a inséré une séric de clauses spécifiant que

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le gouvernement peut les libérer de leurs obligations. Les honorables messieurs ont décidé que nous devons quitter ces siéges, quo nous ne pouvons pas décemment demeurer en charge. Ils se sont dit: ‘“ Nos opinions sont connucs, cha cun sait ce que nous peusons de lu construction du chemin de fer du Pacifique canadien, ce que nous forons, quel est notre progrriume, et quand nous arriverons au pouvoir, nons vous libérerons de l’obligaton de construire les parties difficilos de la ligne.” C’est un jen où tout l'avantage est d’un côté, M. l’Orstcur; mais la mèche est éventée. Ü'est en vai que l'oiscleur tend ses filets sous les yeux de l'oiseau. Nous serions aveugles comme des chauves-souris, le pays serait une société d'hommes aussi aveugles que les hiboux en plein jour, si chacun ne voyait pas qu'on à tendu un filet, et le filet ne servira de rien. Personne n’y sera pris. Avec une toile d’araignée, on ne saurait attraper une société intelligente en possession de ces documents.

M. l'Orateur, ces honorables messieurs auraient mieux fait de traiter ia question en général. Ils auraient pu nous dire quo d’autres particuliers étaient prêts à passer un contrat. S'ils nons avaient dit, de leurs siéges, qu'à leur connaissance, corigains entrepreneurs étaient prèts à construire la ligne. pour un faible montané alors, M. l'Orateur, les personnes qui n’auraicrit pas vu que c'était un mouvement de flanc, ayant pour but d'entraver l1 formation et l'organisation de l compagnie, do diftérer indéfiniment la construction de la ligne, auraient pu être ébranlées dans leurs convictions; ais le député le plus naif, dâns cette Chambre, peut voir, par ces documents, qu'il s’agit d'une :'use politique, d’une ruse peu honorable, comme je l'ai déjà dit, que l’on citera toujours à la honte.de tous ceux qui l'ont imaginé et de ceux qui leur ont prêté assistance. Je ne pense pas que l’honorable représentant de Ia division ouest de Durhzæn ose con- &æiller au gouvernement et â la Chambre d’accepter cette proposition d’un nouveau syndicat, Je le défie do fuire pareille recommandation. Je sais qu'il ne la fera pas; je ne crois point tout ce qu’il a dit; je ne crois point tout ce que les honorables députés de la gauche ont fait valoir contre le premier syndicat, pour conseiller ensuite à la Chambre d'assumer l4 responsabilité de voter pour la proposition faite par le second syndicat. Ces honorables messieurs ne réussiront point. ‘

Que nous ont-ils dit, M. l'Orateur ? que notre proposition est illégale. L'honorable député de Gloucester nous à dit que le gouvernement avait.agi contre la lei en faisant ect arrangement avec le premier syndicat. Mais, alors, comment pourrat-il voter la proposition qui donne le contrat à ce second syndicat? L’honorable député de Norfolk-Nord nous a dit que certaines. clauses de ce contrat constituaient une escroquerie. Mais je retronve ces mêmes clauses dans les propositions du nouveau syndicat! 11 trouvera, dans le nouveau contrat, sauf deux exceptions, les clauses quo l'honorable monsieur, dans un langage fort éloquent, bien que peu par. lementaire, a qualifiées d'escroqueries.

Qu'on moe permette d'examiner quelques-unes de ces clauses. On nous a reproché, on premier lieu, que nos conditions sont excessives. On peut prétendre cola si on les compare avec les termes do cette soumission pour rire.

En second lieu, on dit que nous n'avions Point le droit d'adjuger un contrat à d'autrès qu'aux soumissionnaires ayant répondu à un avis public. ù

Mais voici un autro point sur lequel j'attire l'attention de l’honoräble député de Norfolk-Nord. IL 4 dit que le mode d’après lequel les terres sont choisies, aux termes de notre proposition, constitue une escroquerie, une fraude, un vol. Maïs voici que des membres du nouveau syndicat, sir W, P. Howland & Cie., demande qu'on les autorise à pratiquer cette escroquerie, cette fraude, sans quoi ils ne se chargeront pas de l'entreprise. Sitel estle cas, l'honorable monsieur ne votera assurément pas en faveur du second syndicat,

UNE VOIX. Il est prêt à tout.

Sur JOHN A. MACDONALD. On a dit encore, “ Mais le gouvernement va construire la ligne entre la baie dn Tonnerre et la rivière Rouge, entre Kamloops et Yale, entre Yale ot Port Moody. 1liva devenir ainsi l'associé du syndicat, Cela n'est pas acceptable” Les députés qui ont eu recours à cet argument, ne peuvent voter pour le nouveau syndicat.

Un autre argument est que le mode d'émission des obligations est vicieux; que-ies autres personnes émottront des bons et lai-seront les porteurs “attendre en vain leur argent et Ja population du Canada attendre en vain la constraction de la ligne. Pourtant, le mode d'émission des bons est identique à celui que je trouve dans la proposition do sir W. P. Howland et Cic. .

Ensuite, M. l’Orateur, on s'est hautement plaint de ce que Je dépôt est trop faible. * L'offre est d’un million de piastres. Le nouveau syndicat offre la même somme. Mon honorable ami m’apprend que les membres du nouveau syndicat ont monté d’un cran—pour employer l'expression de mon bon ami H. H. Cook—et ils ont envoyé des certificats jusqu'à concurrence de douze ou treize cent mille dollars. : *

PLUSIEURS VOIX. Oh! oh!

Sir JOHN A. MACDONALD. Les honorables députés do la gauche ne devraient pas enfrcindre les règles de la Chambre. Jo parle avec une certaine difficulté, parce que je ne suis pas très biçn, mais je me ferai entendre. La proposition déposée sur le bureau de la Chambre spécitie que les membres du nouveau syndicat feront un dépôt d'un million de dollars. Ils ont télézraphié, me dit-on, qu'ils avaient déposé une garantie de 81,200,000 ; qu'une fois le contrat signé, ils ferort 1n dépôt permanent d’un million de dollars. Eh bien, M. l'Orateur, c'est une pauvre ruse d'ajouter $20J,00ÿ à ce million, quand le contrat déposé sur votre bureau, prescrit que le syndicat devra déposer $3,000,-. 000 au 1er mai, 1882. «

M. ANGIIN. Non, non.

Sir JOHN A. MACDONALD. Je domande encore qu'on ne m'interrompe pas. Je crois qu’un ex-Orateur doit connaître les convenances d’un débat.

UNE VOIX. Le 1er décembre, 1882. -

Sir JOHN A. MACDONALD. Le syndicat doit faire un dépôt permanent d’un million, entre les mains du gouvernement. Îl versera les autres $1,000,000 le 1er décembre, 1882—et c’est une garantie suffisante pour le pays et pour la Chambre, que le syndicat ne trouvera pas d'avantage à vendre les obligations pour abandonner ensuite les travaux, Cette idée est absurde, hontense pour ceux qui l'ont mise en avant, et ne vaut presque pas la peine qu'on s’en occupe.

Mais, M. l’Orateur, avant de signaler lo nouvean syndicat à la Chambre, avant de lui faire voir que c’cstune véritable farce—et ce mot n’est pas trop fort—je dirai que, vendredi, je me proposais de preudre la parcle pour déclarer que le gouvernement, comme administration, se sont obligé d'exécuter de bonne foi le contrat qu'il a passé et qu'il a le droit de demander ct qu'il demande le vote de la Chambre.

Nous croyons que cette offre est la meilleure qni aït été faite jusqu'à présent. Nous croyons que le pays sera satisfait dos conditions du contrat. Nous croyons qu’il n'entrat. nera pas, en fin de compte, une dépense de dix centins au peuple du Canada, Nous croyons qu'il atteindra le but pour lequel 1l a été fait; que nous devons mencr à bonne fin la construction du chemin de fer dans nn avenir peu dioigné; et, sarle propre mérite du contrat, sans tenir compte des embarras que l’on vont faire à la onzièmo heure, en présentant nn simulacre de soumission, —ÿemploie le mot simulacre malgré la respectabilité de quelques-uns des messieurs qui l’ont signéc,—sur le propre mérito.du

contrat dis-je, nous sommes tenus de demander qu’il soit adopté et que ie chemin soit construit selon les désirs du peuple et du parlement du Canaga.

Co ne serait pas conforme aux usages constitutionnels, si je disais ce que le gouvernement fersit dans le cas où; après” avoir soumis À la Chambre ce qui dans son opinion est la meilleure ligne de conduite à suivre et ce qui devient une partie de son programme, —il voyait que le projet n'est pas adopté, et je ne voudrais pas pour un instant tenir à la Chambre un langage pouvant sembler contenir une menace de nature à indiquer la ligne de conduite que le gouvernement adopterait dans cetle éventualité. Mais tout co que je puis dire c’est que, si cola arrivait, pour me servir d’une expression devenne célèbre au Canada, nous nous apercevrions, et leg honorables messieurs de la gauche ne manqueraient pas de nous dire que notre utilité auraît cessé. Ce document a probablement été préparé par les honorables messieurs de la gauche dans le but de leur procurer l’occasion de nous dire ces mots. .

Les honorables messienrs de la gauche n’ont pas caché leur Inmière sous le boissonu, leurs paroles n'ont pas été. prononcées dans un coin, Nous connaissons le programme de l'opposition ponr lavoir entendu énoncer et répéter maintes fois on cette Chambre par le chef de l'opposition pendant la session actuelle. Nous savons qu'il est opposé à la construction du chemin à travers la Colombie anglaise ; qu’il a protesté contre la constructian de cette partie- du chemin, dés ‘que la question eut été soumise au parlement, en disant à cette province: “ Pauvre sœur égarée, allez en paix.” Nous savons qu'il a tonrné en ridicule l’idée de pousser à travers une région inhosyitalière. anne mer de montagnes, la construction d’un chemin de fer qui n'aurait aueun trafic, maïs qui coûterait des sommes énormes et qui ne serait d'aucune valeur réelle. +

L’honoräble monsieur est resté fidèle à ce programme. Pendant la dernière session, il a propoté, à propos des entreprises données par l'administration actuelle, conformément aux annoncss publiées par le ministère précédent. et dañs le but de metcre à exécution le programme de ce dernier, * que la continuation des travaux de construction du chemin, à travers Ia Colombie anglaise, fut remise à plus tard ainsi que toute mesure à cet effet; et je dois exprimer le regret que me cause l'absence inévitable de honorable député de Lambton en’ cette occasion. Mais quel que soit le regret que me fasse éprouver l'absence de ce monsieur, j'ai regretté encore plus l’hurailiation qu’il a subie, lorsqu'à la dernière session, la motion de l'honorable monsieur aété mise entre vos mains, Si j'étais son ennemi le plus acharné, et si je voulais triompher de lui, je ne saurais désirer lui voir subir une humiliation plus profonde, un destin plus triste, ni une fin plus déplorable pour un homme d'état, que de je voir, sous le fouet de l’homme qui l’a déposé, de l’homme qui l’a chassé et supplanté, obligé d’avaler ses propres paroles et de donner son vote pour que la construction du chemin à travers la Colombie anglaise fût remise à plus tard, do le voir obligé de démentir— je n’emploie pss le mot dans un sens injurieux — ses propres annonces dans les jonrnanx et toutes les démarches faîtes par son administration lorsque cette dernière avait demandé des soumissions pour la construction du chemin.

Que voulaient dire ces annonces et la demande de sonmissions ? Etait-ce une duperie, une frande, et pouvait-on dire comme cenx qui ignoraient le fond ce l'affaire, que l'honorable monsieur était descordu dans lex dernières prafondeurs de la dégradation. pour employer cet argument Inimême et dire que ceîte annonce ne prouvait rien. et qu’il avait voulu tout simplement s'assurer du coût prabable de l’entreprise ? Car on 2 affirmé on cette Chambre, que c'était à le but qu'on avait voulu aticindre en publiant l'annonce. De sorte que des entrepreneurs auraient été invités à venir non-soulement de toutes les parties du Canada, mais de San Francis©”, des Litats-Unis. de l'Angleterre et de toutes les

parties du monde, qu'ils auraient dû explorer tout le terrain avec leurs arpenteurs et leurs ingénieurs pour faire leurs études ot leurs estimations, au prix do grandes peines et de dépenses considérables, pour constater la nature do l'entreprise, afin que le gouvernement pût leur dire unsuite: ‘ Messieurs, noûs vous sommes très reconnaissants des ronseignements que vous nous avez fournis et que vous avez recucillis à vos propres frais ot non aus frais du public.”

Je suis certain que pas un seul des mossiours de l’ancien ministère n'aurait pu agir ainsi, ni dire que l’annonce n'a pas été publiée de bonne foi, qu’elle na pas été rédigée dans le but d'adjuger l’entreprise. Autrement c'etit été une moquerie, uu Îeurre et un piège, une injure & chaque bomme qui aurait enconru des dépenses en conséquence de sa publication, et à tous les hommes du métier et à tous les capitalistes de l'univers.

Je dois dire que le programme du chef de l'opposition a ête avoué et formulé. En premier lien, son programme comme ministre scrait d'arrêter tous les travaux dans la Colombie anglaisé,—pas un mille ne sorait construit, —pas un convoi ne traverserait In Colombie anglaise s'il pouvait l’'empècuer. Pas un article do commerce ne passerait sur une ligne de chemin de fer à travers cette province pour aller à l'est, s’il pouvait arranger les choses à sa guise, et cette province seraië obligée d'en appeler au pouvoir suprême, à l’impartialité du gouvernement et du parlement angiais, où justice est toujours rendue, pour la débarrasser du lien qui l’unirait avec un peuple aussi dépourvu d’honneur, aussi dépourvu de caractère, aussi indigne do figurer parmi les nations et lui permettre de renouveler une union avec le gouvernement de Sa.Majesté, lequel verrait à ce que justice fit rendue à une population ayant longtemps souffert. C'était là la politique du chef de l'opposition gu sujet de l'ouest Maintenant sa politique au sujet de l’est est * bostile à la construction du chemin au nord du lac Supéricur. Il avoue ses prédilcetions pour la ligne du Saulfé Sainte-Marie, pour détourner le commeiec vers les Etats. 7 Unis, pour rouforcer, pour renouvoler, pour ètendreét dévtlopper notre commerce avec les Etats-Unis, au prix de la destruction complète du grand projet, base ot programme de la Confédération, qui consiste à relior ies grandes provinces composant la Confédération canadienne, d’un océan à l'autre, à l’aide d’une immense chaîne de fer qui ñs pout être et ne sera jamais rompue.,

Mus par les soutiments de loyauté ot d’allésæeance envers notre gracieuse Souveraine, qui nous sont communs à tous, influeñcés par tous les principes qui portent les sujets britanniques à vouloir vivre et mourir sons la couronne britannique, nous devrions avoir, on faveur de ces moyens de communications, les intérêts pécuniairos de la Colombie anglaise, et les fesant servir à resserrer plus étroitement Île. lien qui unit ensemble toutes les provinces de la Confédération, nous deviendrions ainsi une même nation unie par les principes, la loyauté et les intérêts.

C'était là le programme des honorables messieurs, et il a été appuyé ct il serait encore appuyé par tout le parti. Il a été aussi appuyé par l'organe de ce parti. Je ne je lis pas souvent, car jo ne considère pas qu'il offre une lecture saine. mais on me dit qu'il se prononce fortement ii faveur du chemin de fer du Sault Sainte-Marie, Cependant nous nous rappelons tous, car je lai maintes fois entendu lire, la manière dont cet organe, au temps jadis, dénonçmt la constraction du chemin du Sault, comme trahissant les intérèts du Canada, et comme propre à détruire l'avenir de la Contédération,—comme étant de nature à nous unir bon gaé mal gré aux Etats-Unis, par un lien commereiai, qui devait amencr un peu plus tard nn lien politique, Les temps sont changés, et lon me dit que cet organic appuie fortement Phonomble chef de l'opposition, aussi fortement qu’autrefois Île combattait vigonreurement, dans un esprit de loyauté toute britannique. D'autres hommes dirigent aujourd’hui ce journal, et si le chef qui le dirigenit jadis vivait encore,

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je ne crois pas qu'il roniornit tout son passé, ef tous ‘ses intérêts au point d'abandonner un grand principe, commun à tous les patriotes, un principe qui a tonjours pu, queis qu'aient pu être les sujets de discussions dans l'enceinto parlementaire, le retenir uni au parti dont je suis l’un des bumbles membres, toujours uni avec nous pour la défense des intérêts britanniques, pour la défense des institutions iwonarchiques, et pour essayer, autaut que possible, à nous préserver commu peuple libre eL indépendant de toutes relations extérieures avec les autres pays du monde à l'exception de notre noble mère-patrio la vieille Angleterre.

Maintenant il est parfaitement clair que ce document a été préparé ici pour des fins politiques. Jo ne ferai qu'attirer l'attention de cotte Chambre sur quelques rares variantes qui existent entre ce contrat ct celui quo nous avons déposé sur le bureau, variantes qui se trouvent dans le nouveau con- “trat. Vous verrez qu'il a été préparé dans le but exprès de permotire à l’homme le plus timide,—y compris sir William P. Howland, qui ne risquerait pas 55,000 sans êlre certain que la somme ui serait remise—il est rédigé dans le but de permettre à l’homme le plus timide de signer ce document, sachant qu'il ne risque rien. C'était: ace, je gagne; pile, tu perds. Ceux qui se sont joints à cetic affaire, savaient que le ministôre actuel devait s'en tenir et s’en tiendrait au premicr contrat, qu'en conséquence, une nouvelle administration le remplacerait et que mon honorable ami prendrait le place que j'occupe très indignement aujourd'hui—une place que secs grandes personalités personnelles et son zèle eb les luttes qu'il a éngagées pour son parti lui donnent le droit d'orner de sa présence.

Îls savaient quel serait son programme. Ïl y a si peu de temps qu'il l’a exposé, que jo no crois pas qu'il puisse le changer. Ilest certain qu'il peut changer entre 1880 ct 1881, mais dans le cas actuel, le changement scrait si rapide que mêmo lo talcut versatile de mon honorable ami ne lui permettrait pas de changer aussi promptement que cela.

J'en arrivo à la nouvelle offre. Que dit la première proposition ? ‘

La Compagnie offre aussi par les présentes, dans le cas où le gouvernement désirerait-abandonner la construction de Ia section de lest, de réduire la dite subvention en argent et en terres du montant affecté à la dite section de l'est du chemin de fer en vertu du 9ième paragraphe de cette proposition."

Les messieurs qui ont fait la soumission n'avaient pas l'intention de construire la section du lac Supérieur parce qu'ils cro; aient que le gouvernement actuel, insisterait à ce que la section du lie Supérieur fût construite. Ils cspéraient que nous serions battus par l'offre du second syndicat, que les houorablos messieurs de la gauche monttraient au pouvoir, ct que dans ce cas, le gouvernement désirant abandonner la construction proposée, ils prendraient l’entreprise moyennant uno réduction déterminéc.

Ils avaient pour les encourager le programme par lequel Phonorable monsieur s'engagcait à l'abandonner. Ils se préparaiont done d'avance, eb ces trois autres clauses me convainquent et convaincront tout autre que ceci est un complot politique, ourdi par des hommes politiques, et que ces homines,—dont quelques-uns possüdont plus de richesse, les autres moins eb les autres n’en possèdent pas du tont— ne pouvaient en aucune manière courir le risque de perdre nnc somme de dix cèntins, soit en construisant la ssetion du lac Supérieur, soit en l'exploitant pondant dix années. La section süivanto se lit comme suit:

Au cas où le gouvernement désirernit apantdonner la construction de

lu dite section de l'est, la compagnie ofMfe pur les pivsentes de construie, dans un délai de trois ans, d équiper, de posséder et d'exploiter, comme

* purtie du chemin de fer Pacifique canadien, nn embranchement de la biue

du Sud-Est, luc Nipissingue, au Sault Sainte-Marie.” =

Ainsi de l’autre section. Elles ont été insérécs dans la soumission que les honorables messieurs de l1 gauche auraient accoptéo afin de pouvoir ecnstruire, en vertu de ce coutrat, s'il est accepté, le chemin du Sault Sainte-Marie ct

La do jeter par-dessus bord la section du lac Supérieur. C'est assez clair pour quo tout homme puisse le lire avec facilité. J'en arrive à la clause 21me qui se rapporte à la divisioh électorale que je représente, et j'attire sur ce point l'attention de mon honorable collègue de la division électorale de

Victoria: L

6 Au ess où le gouvernement désirerait abandonner 1r construction de la section ouest du dit chenun de fer, s'etendant®de Kamloops à Port Moody, il sera libre de le faire, moyennant une somme de # 3,500,000.

C'est bien cela, aucune chance pour un chemin se dirigeant vers Ja mer jusqu'à Yale. L'houorable monsieur est opposé à ce qu'un scul mille de chemin de fer soit construit dans la Colombie anglaise, et avec qu’elle joie ne recevrait-il pas ces messieurs lorsqu'ils viendraient lui dire : “ Eh! bien, vous no voulez pas vous pressor de construire cette partie, de le continner maintenant.” L'honorable monsieur répondrait : “ Non, nous sommes trop heureux de nous en débarrasser.” La clause se lit comme suit :

Au ces où le gouvernement désirerait retarder ou abandonner Ia construction par la Compagnie ci-dessous, de la partie ouest de la section centrale du dit chemin de fer.”? -

C'est-à-dire qu'en vertu du premier contrat l’on devra construire la partie qui s'étend de Kamloops à Emory's Bar, laquelle est déjà donnée à l’entreprise ; mais les 450 milles qui restent,de Kamloops à travers les Montagnes Rochouses jusqu'à Jasper House, est la région la plus difficile de tout le pays : ;

. ‘Etant les 45Q milles situés à l’ouest de cette section, tel que mentionné dans la 9e clause de cette proposition, la compagnie offre de rédure ln subyention en espèce et en terres du montant affecté aux dits 450

C'est-à-dire que la premiôre clauso retrancho la section du lac Supérieur, la seconde clause pourvoit à la construction du chemin de fer du Sault Sainte-Marie ct le troisième pourvoit à ce que le gouvernement puisse abandonner la constraction de la ligne à partir d'Emory’s Bar jusqu'à Port Moody, et la quatrième clause abandonne la construction de tout ce qui se trouve à l’ouest de Jasper House.

Maintenant, M. l'Orateur, c’est le programme du gouvernement de construire toutes ces sections ; l'opposition s'est engagée par son programme à les retrancher. Œlle y est engagée. Elle ne peut revenir sur le programme qu'elle a oxposé. C’est de fait une soumission pour la section rémunérative, la section la plus facile, la moins dispendieuse, la plus profitable, la section qui non-seulement pourra être construite à pen de frais, mais qui donnera des profits lorsque la population viendra habiter cette région à la suite du,chemin de fer. Et tout ce plan qui avait ostensiblement pour but d'assumer la responsabilité de construire et d’exploiter toute la ligne depuis le lac Nipissingue jusqu'à l'océan Pacifique,-est tout simplement une offre impudente de econstruire la scction des prairies et de le faire avec l’aide d’amis politiques, qui, lorsqu'ils arriveront au pouvoir, accordoront à la compagnie toutice qu'elle voudra et lui permettront de borner tous ses efforts, ses responsabilités ct toutes ses obligations dans l'avenir, à 4 construction d’un chemin facile à travers les prairies, chemin qu’elle pourra rélier avec les lignes de chemins de fer américainés, et enlever ainsi le commerce du Nord-Ouest au moyen d’un ou de -plusieurs chemins de fer américains, pour la ruine complète du grand piogramme qui a donné naissance à la Confédération canadienne, pour la ruine complète des espérances que nons avons de devenir une grande nation, de ia perspective que nous ivons de nous emparor du commeïce du Pacifique, ct de relier l'Asie à l'Angleterre par un chemin de fer passant À travers le territoire britannique.

Il est aussi facilo de construire un chemin de fer à travors les prairies et de l'exploiter qu'il est facile de rouler un trouc d'arbre; maïs ceci est ün effort fait dans le but d’enlever au pays, d'enlever à Ontario, d'enlever à Québec, d'enlever aux provinces maritimes toute communication par voio ferrée avec Lo Nord-Ouest.

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M. ANGLIN. Vraiment! + '

Sir JOHN A. MACDONALD. L'honorable monsieur dit: Vraiment ! Oui, je le dis avec orgueil, si notre projet est mené à bonne fin, le vapeur arrivant à Ialifax déchargera «on fret et débarquern ses émigrants sur un chemin de fer anglais qui traversera Québec et Ontario jusqu'au far west, sur le territoire anglais et sous le pavillon anglais, sous la protection des lois canadiennes ct sans qu'il y ait aucun danger quo les immigrants soient trompés, séduits, enlevés à leur allégeance ou engagés à aller fixer leur résidence ailleurs qu’au Canada, ou sans que le trafic venant d'Angleterre ou do l'Asie soit assujéti à la prohibition possible ou à des droits, des restrictions et des règlements de douane vexatoires d'un pouvoir étranger. De sorte qu’il est clair que ces messieurs ne couraient pas lo moindre risque. Ils ne seraient nullement obligés de construire les parties très coûteuses du chemin. Après dix ans ils ne scrment pas obligés d'exploiter aucune partie du chemin qui ne rapporterait pas de bons bénéfices. Le Canada pourrait chanter en attendant ses communications par voies ferrées sur son propre territoire, mais le pouple verrait graduellement les colonies se séparer les unes des autres. Nous deviondrions un fagot dépourvu de liens et nous tomberions sans force, sans pouvoir, sans but, entre los mains de la république voisine.

Considérons ce que c’est quo cette offre. Ces messieurs doivent construire le chemin de fer dans la prairie à raison de $7,333 par mille, et ils font une réduction correspondanto dans l'étendue des terres qui doivent être concédées." Mais il faut se rappeler que s'il y a réduction dans l'étendue des terres, ces terres seront toutes le long du chemin de fer dans 12 prairie. Ils auront tout le terrain où il a le plus de valeur. Cesterres ont été diversement évaluées à $5, $4, 83, 82, et $1, mais il est clair que si la section des prairies est seule construite, toutes Les terres seront prises dans le voisinage immédiat du chemin de fer, tandis que si. le tout est construit, une bonne partie des terres seront prises loin du chemin de fer dans des endroits où leur valeur sera diminuée en raison de leur éloignement. M. Gegrgo Stephen et Cie., sont obligés de prendre les terres où ils pourront les prendre. Ils ne peuvent avoir qu'environ 11,000,009 d’acres de Winnipeg à Jasper House, et le reste des 25,00u,000 d'acres doit être trouvé ailleurs. Afin de leur donner la valeur d’un dollar, une valeur quelconque, il leur faudra construire des embranchemeuts de chemin de fer jusqu’à ces endroits, et cette Chambre et le pays seront bien aise de leur donner la permission de Ie iaire afin qu’ils puissent ouvrir d'autres sections du pays éloignées de la ligne-mère. Mais nous avons le témoignage des honorables messieurs de la gauche, quant à la valeur, d’après eux, des terres situées dans le voisinage du chemin de fer. Le chemin de fer passera à travers la partie la plus fertile et augmentera ainsi leur valeur, de sorte que les profits qui pourront êtro réalisés dans la construction de la section des prairics avec les terres qui se trouvent dans lo voisinage immédiat du chemin de {er et qui doivent ëlre cédées au nouveau syndicit, seront de beâucoup plus considérables que celui que les 25,000,000 d’acres donneront à une compaguie obligée de construire toute la ligne depuis le lae Kipissinguo jusqu'au Pacitique. De sorte que c’est un marché qui ne leur ofire aucun risque.

Il ÿ a entre ces deux soumissions uno légère différence sur laquelle je ne puis m'empêcher d'attirer l'attention de la Chambre. En parcourant cette seconde proposition, je vois que la plupart des clauseB du contrat ainsi que de la cédule, sont prises dans les documents do la Chambre, mais en réduisant le prix. Pourtant il y a quelques changements, et il y a le changement d’un seul petit mot, eur icquel je dois attirer l'attention de Ja Chambre. Nous nous rappelons tous la diseussion entre mon hoñorable ami

le députe de Lincoln, (M. Rykert) et l'honorable ohef de-

l'opposition sur la question de savoir s’il existe un poüvoir

capable do forcer la compagnie du chemin de fer à construire lo chemin, et mon honorable ami (M. Rykert) a mentionné ln cour de chancellerie. J'ai dit alors que si c'était seulement un contrat facultatif on ne pourrait naturellement pas obliger les entrepreneurs à en remplir les conditions. La seule conséquence de la non-exécution des conditions d'un contrat facultatif, sernit la possibilité, pour lo parlement,d'annuler la charte, si c'était la loi, ou l’on pourrait intenter une action en dommage par voie de compensation. Mais s’il y avait obligation légale, si le contrat n'élait pas facultatif mais obligatoire, non-seulement un simple contrat entre des parties maïs une obligation statutaire, que cela devenait tn devoir statutaire imposé par lo parlemont avec pouvoir suprême sur l'individu, et si ce devoir était imposé, il pourrait y être contraint par un mandamus. C'est là ce que j'ai dit.

La seconde clause du contrat que nous avons préparéc, est suivie mot à mob pour ainsi diro, excepté los mots ‘“ par le présent domné à l’entreprise” qui ont été rayés, ce qui veut dire sans dou:e par le présent soumissionné. Elle décrête que ‘les entrepreneurs aussitôt après l’organisation de la compagnie déposeront immédiaiement entre les mains du gouvernement $1,000,000 en argent ou en valeurs ayant cours.” On nous dit que la compagnie fera ce dépôt, qu'elle contracte l'obligation de le faire. En consultant la clause relative à la construction, je vois que les mots “devra construire” (shall) dans lo contrat que nous avons préparé, sont rayés et que Je mot ‘“ construira-” (will) est mis à leur place On a gardé l'obligation, de payer le subside que devra imposer le parlement par un statut, mais lorsque nous arrivons a lu clause déclarant que la compagnie construira le chemin, nous trouvons que les mots ‘“ devra construire ” (shall) sont rayés et que le mot ‘“construira” (will) y est substitué. Le mot‘ coustruira” est tout simplement uno expression d'intention, et la seule conséquéhce, de la mise à exécution de ce projet, c’est que la partie subséquente du contrat sera lettre morte, parce qu'il dit qu’en considération de la promesse, le gouvernement s'engage à faire certains paicments. De $orte que si la promesse n’est pas mise à exécution les paiements no seront pas füits.

Si le mot“ shall” est bon pour signifier ‘ devra déposer” il doit être bon pour dire ‘‘devra construire,” et cependant il est laissé au sujet du dépôt et rayé lorsqu'il s'applique à lu construction. Il doit y avoir un but dans cela; ceci est unc obligation statutaire qui impose un devoir dont le gouvornement du jour peut exiger l’accomplissemrent comme il ‘le peut de tout devoir dont l'exécution lui est confiée.

J'avais oublié un état que l’on. m'a remis entre les mains ct sur lequel je vaïs attirer votre attention. J'ai parlé de la valeur des terres le long de la section. des prairies, qui, naturellement doivent être d’une valeur plus grande que les terres que le premier syndicat aurait à prendre pour le fardeau additionnel et Ia responsabilité additionnelle dont il so chargerait sur, toute la longueur do la ligne. Nous pren-drons la section canadienne. Or voici un calcul fait. sur la nouvelle proposition. Nous allons évaluer la concession deS terres pour la section de la prairie, à $1 l’acre, et tout lo monde admettra que ce chiffre est ridiculement bas.

M. MILLS. ‘ C'estcela -

Sir JOÏNN A. MACDONALD. Oui, ce prix est ridiculement bas pour les terres situées en dedans d’une distance de vingt-quatre milles de chaquo côté äe la section des prairies ; Ces terres devront valoir beaucoup plus qu'un dollar l’acre lorsque le chemin sera construit. La subvention en cspôces, 900 milles à 8733.38 par mille, sera de $6,000,000, ct la concession de terres 10,000 acres par mille, pour 900 miiles à $L l’acre sera de $9,000,000 formant en tour pour la construction de la section des prairies, à $1, l'acre $15,600,000. Si vous évaluez le terrain à $2 l’acre, ct c’est beaucoup trop bas à en juger par les estimations des honorables messieurs de la gaucho. La subvention on espèces ct lu concession

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de terres à $2 l’acre, fera en tout $24,600,000. Evaluez les terres à 83.18 l'acre et elle s'élèvera à $28,620,000, formaut en terres et en argent $35,220,000, de sorte que pour la construction, de la section peu coûteuse, la section facile, la section qui peut être exploitée avec profit, à $1 l'acre, la compagnie recevra 817,333.33 par mille ; à $2 l'acre, elle aura $27,338,33 par mille, et à $3.1S l'acre, elle aura, 839,133 par mille. Et ces prix seraient donnés par les honorabies messieurs de la gauche qui disent que cette section peut être construite moyennant $8,110 par mille,

Sir ALBERT SMITH. Combien votre compagnie reçoit” elle en vertu de votre proposition ?

Sir JOIN A. MACDONALD. Lorsque la Chambre a discuté la répartition de la subvention, on a prétendu qu’une somme disproportionnée était accordée à MM. Stephen et Cie., et cette offre a été faite pour faire croire au public que cette somme est excessive. Croyant, comme doivent le croire tous ceux qui examinent cette offre, que l'intention des soumissionnaires est de ne construire que la section des prairies, je vous ai démontré que le prix de construction de toute cette section devra varier entre $17,000 et $39,006 par mille selon les divers prix auxquels les terres ont été estimées par acre. Ceci n’est que pour la section des prairies. La raison pour laquelle la somme accordée dans le contrat primitif pour cette section a été fixée à un chiffre élevé, c'est que cette section doit être construite de suite et que les travaux doivent être poussés avec vigueur. C’est la section qui ne peut être consiruite quo la première, et jusqu'à ce qu’elle soit construite, la population qui devra, croyons-nous, s’empresser de chercher un refuge et un abri dans notre Nord-Ouest, ne pourra s’y rendre. Il est de la plus grande importance, aux yeux du gouvernement, que ce chemin soit construit immédiatement. Cette subvention considérable a donc été accordée pour la section des prairies, dans le but d'engager les entrcpreneurs à pousser les travaux de ce chemin avec rapidité et à le terminer dans l’espace de trois ans, et les entrepreneurs se sont déclarés prêts à le faire s'ils obtenaient le contrat avant le ler janvier. Ils le termineront aussitôt que possible après ce délai. Ce n’est pas un mal que cette section soit-mieux payée que les autres pourvu que les garanties soient bonnes ; que le capital soit entre les mains d'hommes d'honneur, possédant des fortunes, peu importe où l'argent sera appliqué. La répartion à été ainsi faite daos le but de hâter la construction des 1,000 miiles à travers les fertiles prairies du Nord-Ouest, de façon à permettre à la population de s’y rendre immédiatement. Et, il faut bien se rappeler que la compagnie ne peut avoir de terres dans la région du lac Supérieur, ni dans la Colombie anglaise, où les terres ont été décrites par les honorables messieurs de la gauche, comme sans valeur, cette province étant une “ mer de montagnes.” En conséquence toutes les terres qui doivent être concédées se trouvent dans la région des praïñies, et nous nous efforçons, à l’aide de concessions de terres dans cette région, d'engager la compagnie à construire ce chemin et autant d’embranchements qu'elle peut en construire. Lie but principal est non seulement d'avoir la ligne se prolongeant de l'est à l'ouest, mais d'assigner à la compagnie des terres qui devront être choisies conjointement par le gouvernement et par elle-même. Pour l’encourager à construire des embranchements nous lui donnons une subvention considérable et d'une grande valeur, afin que toute cette région soit non-seulement ouverte de l’est à l'ouest, mais qu'elle soit #illonnée par des tronçons 8e dirigeant vers le nord ou vers le sud jusqu'à de grandes distances à l'intérieur.

J'entends derrière moi une voix qui dit qu'ilsconstruiront

1 du ac Supérieur en même temps. Nousavonseu bien soin d'y voir. Je crois que coux quiont signé le premier contrat sont des hommes d'honneur possédant de grandes fortunes, et qui ne voudraient pas perdre leur réputation, leur prestige, et. leur crédit sur les marchés moné-

taires de l’univers, en ne remplissant pas les obligations de leur contrat. Mais nous étions convaincus que nous n'avious pas le droit de nous contenter de leur parole, et nous avons stipulé dans le contrat que le gouvernement commencera à l'extrémité de la ligne du Pacifique, probiblement à Callendar Station, et procèdera vigoureusement, d’une façon régulière, et de telle manière que les progrès annuels, n’assureront pas l'achèvement des travaux au bont de dix ans, mais seront tels qu'ils poürront démontrer au gouvernement la possibilité d’achever en dix ans le chemin du lac Supérieur. Il faut se souvenir que ceci est un seul et même contrat et non un contrat qu'on puisse séparer. C’est un contrat quia pour but de construire les sections est et ouest. 11 2 pour but de construire ces deux sections, et si la compagnie ne remplissait pas l'obligation qu'elle à prise, quant au chemin du lac Supérieur ou quanc à la section des prairies, elle n'aurait aucun droit d'exiger la subvention en espèces où en terres, pour le montant d'ouvrage qu'elle aurait pu faire dans la prairie. Si elle ne remplit pas ces obligations dans une section, lors même qu’elle aurait construit le double du nombre de milles qu'elle aurait promis de construire dans la prairie, et qu’elle les aurait achevés à notre satisfaction, lorsqu'elle viendra réclamer les terres ou l'argent, si elle n’a pas poussé vigoureusement les travaux ‘ans la section du lac Supérieur, et construit chaque année une proportion de cette section par année, suffisante pour nous convaincre que les travaux seront terminés à temps, nous lui dirons : Vous n'y êtes pas—vous n'aurez pas cet argent; ilest vrai que vous avez construit la section des prairies, mais vous avez échoué dans toutes les autres parties du chemin qui doivent être continuées pari passu ct nous ne vous donnerons ni un dollar ni un acre de terre, parce que, bien que vous ayez construit toute la ligne dans la section des prairics, vous avez déplorablement failli dans les autres parties de la ligne.”

Afin de produire un grand effet à l’aide des nouvelles propositions, les adversaires du projet primitif ont retranché [a 15ème clause qui se lit comme suit :

* Pendant 20 ans à partir de cette date, la construction d'aucune ligne de chemin de fer ne sera autorisée pai le gouvernement fedéral au sud du chemin de fer Pacifique canadien, partir d'aucun point sur ou près le ligne du chemin de fer Pacifique, excepté telle ligne qui, se dirigerait vers le sud-ouest ou à l'ouest sud-ouest ; ni en dedans de 15 milles à partir du 49ème degré de latitude. Et advenant 1 établissement de toute nouvelle province dans les territoires du Nord-Ouest, des dispositions seront faites pour continuer cette prohibition après cet établissement jusqu’à l'expiration de la dite période.”

Cette clause avait été insérée après mûre délibération pour la même raison que nous avions demandé au parlement de construire le chemin de fer. Nous désirons et lo peuple désire ävec nous, que le chemin, lorsqu'il sera construit, soit un chemin eanadien ; la grande artère du trafic canadien, pour le transport des richesses et du commerce de l'ouest jusqu’à la mer à travers le territoire canadien. Autant que nous pourron:,l’empècher nous ne permettrons

as qu'il soit construit dans l'intérêt des chemins de fer des Etats Unis. Nous désirons garder sur notre propre chemin aussi longtemps que nous pourrons légitimement le faire passer tout convoi venant du pied des Montagnes Rocheuse*, et je suis henreux de savoir que l'une des régions les plus fertiles et peut-être la plus fertile de toutes, se trouve en plein sur Île versunt est des Montawnes Rocheuses—chargé de marchandises proveniuit de la Colombic-anglaise en destination de l’est, Nous croyons que ce chemin pourra transporter les marchandises à des prix aussi réduits et répondre aux bosoins du trafic tout aussi bien que les chemins de fer américains peuvent Le fairé. Mais nous désirons garder le commerce de notre côté, que pas un seul convoi qui passera sur le chemin de for du Pacifique canadien n'aille aux Etats-Unis, si nous pouvons l'empêcher, mais qu'il traverse plutôt notre propre territoire afin quo nous puissions augmenter la richesse et la populution de Montréal, Québec, Toronto, Halifax et Saint-Jean, au moyen d’une grande voie forrée

lanadienne, profitant autant que possible du mouvement du commerce dans le pays.

Je ne prétends pas dire que nous puissions empêcher c'établissement de voies de communications moins dispendieuses. Il n'ya rien qui puisse empêcher Ja création d’autres chemins de fer de s’établir et d'être mis en opération à travers le continent, dans notre propre pays. Notre Confédération est aussi grande que toute l’Europe, et il vaudraït autant dire que le chemin de fer de Paris à Moscou peut répondre aux besoins de toute l’Europe que de prétendre que ce chemin de fer répondra à tous les besoins du Nord-Ouest. Dans la suite des temps il y aura place dans cette région pour autant de chemins de fer qu'il en existe en Europe, et s'ily a une tentative—la tentative serait futile —de la part du chemin de fer Pacifique Canadien d'imposer des tarifs et des taxes oxcessifs, ce serait une folie qui serait bien vite exposée par la construction de lignes rivales À l’est et à l’ouest, lesquelles ouvriraient notre pays dans toutes les directions et suffiraient amplement à empècher la possibilité d’un monopole comme celni dont les honorables messieurs de la gauche ont fait un tel épouvantail.

J’allaïs dire qu’un convoi partant du pied des Montagnes- Rocheuses pourrait être dirigé par une ligne traversant le

ays dans une direction sud-est vers les chemins de fer des

tats-Unis. L’honorable monsieur dit que ce sera pour vingt ans seulement ; mais j'allais dire qu’un convoi partant du pied des Montagnes Rocheuses pourrait être allégé d’une partie de son chargement au profit d’une ligne se dirigeant vers le sud-est et les Etats-Unis, et ce serait autant de trafic qui serait enlevé au profit de la république voisine, et à quelques milles plus loin une autre ligne pourrait être raccordée avec une autre ligne américaine, et ainsi de suite, de sorte que longtemps avant d’arriver à Winnipeg ou à la rivière Rouge, la majeure partie du commerce serait enlevée à notre ligne au profit des lignes américaines. :

Le Rhin, ce magnifique fleuve s'élançant avec fierté de sa source, traverse les plus belles parties de l’Europe, et cependant il finit misérablement sa carrière, et se pord duns les sables en s’approchant de la mer, tel serait le sort de notre chemin de fer du Pacifique, si nous le soumettions aux saignées que voudraient lui pratiquer les lignes tributaires de lignes étrangères. Ces lignes tributaires alimenteraient les lignes étrangères, ajoutcrait à la richesse étrangère etaugmenterait le revenu des pays étrangers en transportant aillours notre commerce, jusqu'à ce qu’arrivé aux gures extrèmes dans l'Ontario et a Montréal, il serait tellement affaibli qu'il mourrait presque d’inanition. Nul homme jouissant de ses facultés ne voudrait entreprendre de construire 450 milles de chemin dans cette région aride au nord du lac Supérieur, et l'exploiter pendant dix longues années lorsqu'il sait qu'à moins d'imposer quelque restriction à la construction de ces lignes, pas une livre de fret n’irait au Nord-Ouest, mais qu'au contraire, tout irait aux Etats-Unis. Nous en aurions bien une faible part, mais la majeure partie du commerce, irait par la ligne favorite des honorables messieurs de la gauche à travers le territoire américain, sans que nous ayons aucun espoir qu'il revienne au Canada par le Sault Sainte-Marie.

Nous savons quel somme énorme d'argent possèdent les capitalistes américains engagés dans les entreprises de chemins de fer aux Etats-Unis. Nous avons eu des preuves des rivalités insensées qu ont existé parfois entre certaines grande compagnies de chemin de fer dans ce pays Nous les avons vu exploiter des chemins de fer dans des conditions ruineuses dans l'espoir de s’écraser mutuellement. Avec notre chemin, alimenté par une population d'à peine 4,006,000, avec un pays, et une finance qui sont encore dans leur enfance, comment pourrions-nous lutter contre les capitalistes de tous les Etats-Unis ? Quel avantage ces derniers n’auraient-ils pas sur nous ? Les Américains offri-

aient de transporter les marchandises pour rien. Ils irsient

même jusqu'i payer les producteurs pour les engager à expédier leurs produits par ces chemins. Le fret n'irait pas tout par le Sault Sainte-Marie. 11 irait à Chicago. Ii irait par une centaine de voies différeutes.

Il s'écoulerait à travers les Etats-Unis, jusqu'à New-York Boston et les autres ports, et après qu’il aurait élé prouvé que notre chemin cest inutile, les capitalistes américains viendraient peut-être acheter notre ligne comme ils en ont acheté d’autres. On ne peut empêcher que les lignes de chemin de fer et de télégraphe soient achetées par les capitalistes étrangers. Ces derniers peuvent obtenir le contrôle de nos marchés et nous enlever le commerce qui devrait se diriger du grand Ouest par les chemins de fer canadiens jusqu'au fleuve Saint-Laurent.

Grâce à leurs richesses énormes, leurs cupitaux énormes, dépassant le revenu d’un très grand nombre de gouvernements les mieux posés de l'Europe, ils pourraient pendant une période d'années réduire lenrs tarifs à un chiffre si modique, que notre chemin de fer, les entrepreneurs, la compagnie seraient ruinés, et qu'il leur serait tout-à-fait impossible de continuer la lutte. Et qu'y at-il de plus misérable dans n'importe quel pays qu’une compagnie de chemin de fer insolvable. Qu'est-ce qui pourrait être plus regrettable plus déplorable et plus ruineux pour l'avenir du pays que la mise en vente des valeurs de compagnies en banqueroute ? Ces compagnies ne pourraïent pas s'approvisionner, elles ne pourraient pas renouveler les rails, elles ne pourraient pas entretenir leurs chaussées en bon état d'entretien, et elles ne pourraient pas conserver leur matériel roulant en bonne condition. Je chemin diminuerait, diminuerait, diminuerait tant qu'il deviendrait une proie facilè pour cette coterie. Nous ne saurions courir un tel risque.

Nous avons vu ce qu'une coterie commerciale a fait pour le blé à Chicago. Elle a augmenté le prix des aliments nécessaires à la vié, elle a maintenu pendant un an le pain du pauvte à un prix élevé afin de réaliser des profits aux dépens des ouvriers pauvres de l’Europe et de tout le reste de l'univers Dans le cas actuel on sc trouverait en présence -d’ane autre association semblable, mais infiniment plus riche, possédant un capital beaucoup -plus considérable, et étant encore beaucoup plus dépourvue de scrupules—et c’est un fait bien établi ot bien prouvé, qu'il n’y a pas d'hommes plus dépourvus de scrupules, ni plus insoucicux des conséquences que les spéculateurs et les propriétaires de chemin de fer des Etats-Unis. Les mesures que nous avons prices lorsque nous avons décidé que ce chemin ne scraïii pas dépouillé de son trafic de la manière que je viens d'indiquer. étaient essentiollemont une qnestion de précaution, une question de légitime défense et une question de nécessité. Ce chemin aura franc jeu pendant vingt ans à partir d'aujourd'hui, et pendant dix années seulement à partir de la date de son achèvement; et il doit être protégé contre ceux qui voudraient lui voler tous ses profits, tous les gains, les gains légitimes, que la compagnie espère réaliser avec cette entreprise sur les capitaux qn’elle doit y placer. Ceci n’a été fait que pour la protéger pendant les dix premières années où son trafic sera encore à l’état d'enfance. Nous savons parfaitement bien qu'il s’écoulera un grand nombre d'années avant qu'une population nombreuse soit fixée dans cette région ct les dix premières années ne rapporteront pas de profits; nous savons parfaitement que tous les efforts. toute l’habileté administrative de lacompagnie devront être mis en œuvre pour permettre à la compagnie de retirer des sections est et ouest, des profits suffisants pour la rémunérer raisonnablement en proportion de ses dépenses et de sa responsabilité durant ces dix années. Afin de lui procurer des chances raisonnables de snecès nous avons pourvu à ce que le parlement fédéral, notez bien—nous ne pouvons contrôler aucun autre parlemert nous ne pouvons contrôler POntario—nous ne pouvons cortrôler le Manitoba—donne pendant les dix premières annéer après la construction du chemin, à cette ontreprise, à lagnelle il accorde tant d'argent

et une étendue si considérable de terres, une chance raisonnable de pouvoir exister.

Le fait même que ces messieurs veulent conclure ce

‘marché et le fait qu'ils consentent à construire le che-

min dans ces conditions démontre qu’ils n’ont pas l’intention d'exploiter la ligne à l’est de la rivière Rouge. Il leur est facile de permettre la construction et l'exploitation de chemins de fer se raccordant à la ligne-mère dans les prairies, de tout chemin de fer local de colonisation destiné à subvenir aux besoins du pays situé le long de Ia ligne de l'est à l’ouest. Le trafic local et le transport que le chemin de fer pourra avoir entre Jasper House et la rivière Ronge sufiront amplement à l’alimenter et ces messieurs peuvent très facilement dire : ‘ Nous n’avons pas besoin de ces exemptions.” Mais, M. l'Orateur, s’ils doivent construire le chemin au nord du lac Supérieur, s'ils ont l'intention de le construire et de l'exploiter pendant dix ans, ils ne doivent pas chercher à priver ce chemin du trafic nécessaire à son alimentation, car ce chemin serait absolument sans valeur pour eux, Son trafic serait enlevé longtemps avant qu'une seule livre de marchandise eût traversé Îa ‘rivière Rouge pour passer sur le territoire canadien. Ceci est l’une des preuves innombrables dont l'évidence est patente à la face même du second contrat, démontrant que ce n’est pas un contrat bona fide, que ce n'est pas uue offre bona fide et honnèête de construire le chemin sur le territoire canadien ; mais c’est une offre de construire un chemin qui devra mettre à exécution le programme formulé par les honorables messieurs de la gauche. Îl a été fait dans ce but, et dans ce but seulement. La clause suivante, M. l'Orateur, est la seizième..…….

UN DÉPUTÉ.* Il est six heures.

Sir JOHN A. MACDONALD. Je ne crois qu'il soit à propos que je divise mon discours pour le recommencer demain. J'aurai sans doute occasion de parler encore sur cette question. Je puis dire cependant que mon honorable ami de la gauche a bien feint l'indignation—eomme il fgint Toujours bienÉlorsque j'äi proposé que les' ordres du jour cédassent le pas à la discussion de cette question. Il a pris la Chambre et le pays à témoin de la perversité de notre conduite. C'était très bien joué, mais c'était très significatif, car l'honorable monsieur nous avait bien et dûment avertis, lorsque nous siégions on comité qu'il avait l'intention de parler longtemps sur cette question iorsque vous oceuperiez le fauteuil. °

Nous ne désirions rien faire, mais nous voulions donner toute la latitude possible à la discussion, et Dieu sait que nous avons accordé toute la latitude possible. Mais nous voulions procéder. Je savais très bien que la discussion

serait reprise lorsque vous seriez au fauteuil, et tout ce qu nous voulions, c'était de ne pas perdre de temps. Nous n’avons jamais été assez fous de croire que cette seconde proposition ne serait pas amenée devant la Chambre. Tout honorable député pouvait l’amener. Les parties ellesmêmes pouvaient présenter des pétitions exposant qu’elles avaient fait l'offre. Nous voulions continuer le débat.

J'en appelle aux députés, comme à des patriotes, comme à des hommes qui ont en mains les destinées de ‘la patrie, de ne pas se laisser aveugler, de ne pas se laisser jouer, de ne pas se laisser induire en erreur par an artifice aussi ingé? nieux que déshonorant. Je sais que nous pouvons en appeler à nos compatriotes ; je sais que nous pouvons en appeler au patriotisme du peuple du Canada. Nous pouvous lui dire que nous voulons avoir une ligne qui reliera Halifax avec l'océan Pacifique. Nous pouvons lui dire, même par la bouche de nos ennemis, qu'à même nos terres nous pouvons payer vingt fois chaque montant pris dans le gousset du peuple, et nous pourrons avoir un grand chemin de fer Pacifique. Et nous l’aurons.

Laissez-moi établir un contraste. L'on vous demande d'adopter une ligne partant des Etats-Unis et retournant aux États-Unis. L'on vous demande d'accepter une ligne par laquelle le commerce de l’est va aux Etats-Unis ct par laquelle les profits légitimes de la section du lac Supérieur seront détruits. L'on vous demande d’accepter une ligne par laquelle le commerce de l’ouest s’en ira aux Etats-Unis, M. l'Orateur toute cette affaire est une tentative de détruire le chemin de fer du Pacifique. Je puis compter sur lintelligence de la Chambre et sur le patriotieme du peuple, je puis compter non-seulement sur le patriotisme, mais cicore sur le bon sens du peuple pour mener à bonne fin un arrangement qui nous procurera tout ce dont nous avons besoin, qui satisfera toutes les aspirations légitimes, qui nous do: nera un Canada grand, prospère, uni, riche, progressant et se développant au lieu de nous rendre tributaircs des lois américaines, des chemins de fer américains, de la servitude américaine, des tarifs américains, et de tous les petites ot les grandes, supercheries auxquels les Américains ont l'habitude d’avoir recours pour ruiner notre entrepriso.

Regardez ce tableau et regardez l’autre. Je sais quel choix sera fait par le peuple du Canada. Et je crois qu'avant les élections générales de 1883, les honorables messieurs «de la gauche essaieront à faire oublier au peuple, ce complot de publicains. Ils avaleront leurs propres paroles devant le pouple comme ils essaient actuellement de les avaler, relativement à la politique nationale—et en ce faisant ils s’aliéneront l'estime et le respect du deuple du Canada.

M. BLAKE propose l’ajournement du débat.

La Chambre s’ajourne à six heures,

Imprimerie DE MacLean, Roger ET Cie., Rue WELLINGTON.

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