‹ Chemin de fer Pacifique canadien [microforme]Chapitre 2 sur 3 · OTTAWA, 17 JANVIER · texte numérisé non relu

OTTAWA, 17 JANVIER

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Sir JOHN A. MACDONALD. M. l'Orateur. vendredi dernier, je me proposais de faire quelques observations au sujet de l'amendement alers ontro vos mains, Mais, par malheur pour moi ct heureusement peut être pour la Chambre, j'étais trop indisposé pofr m’acquitter de cette tâche ot je ‘dus quitter la salle. Quoiqu'il en soit, cette motion est réglée. La discussion du contrat a déjà duré longtemps, mais elle est encore à l'ordre du jour, et avec votre bienveillante permission et celle do la Chambre, je ferai quelques observations—elles ne seront pas longues—sur la question

soulevée ainsi ot définie dans la résolution et l’amondement, .

ot le débat auquel elle a donné licu. .

En premier lieu, M. l'Orateur, jo voudrais parler de l'attitude prise par lo gouvernement au sujet de toute cette question, Ilest vrai qu'on l'a discutéo ad nauseam, dans cetto Chambre ot dar: le paye; mais vu la position que j'occupe, il ne me sem}. 3 hors do propos, oiseux ou inutile de rappeler à l’a on de la Chambre certains faits relatifs À l’état actuol de ete grande entroprise, et en le faisant, jo dois offr: mes excuses les plus humbles et les plus respectuouses au collèguo qui siége auprès de moi, à l'honorable ministre des Chemins dé fer, parce qu'il a mainto fois traité la question d’une manièro que jo puis envier, mais que jo n'ai point l'espoir d'égaler, On sait que du moment où la Colombie anglaise entra dans la Confédération—et jo n'ai pas besoin do lire les journaux do la Chambre pour prouver le fait—les deux chambres du parlemont d'alors so prononcûrent formellement on faveur du projet de fairo construire lo chemin de fer du Pacifique canadien par une compagnie ‘légalement constituée, Commençons au point do départ, passons on revuc toute la discussion, toute la conduite des deux gouvernements qui ont ou à s'occuper de co projet, nous constatons que c'est là lo fil do la question et qu’il en relie tous les détails de telle sorte que toute modification lo briso complètement. Dans le pays et dans cotto

étions assez heureux, si le Canada avait assez de crédit sur le marché où se. réunissent les principaux capitalistes, pour en induire quelques-uns à se charger Ce cotte grande entreprise, nous aurions obtenu un grand avantago pour le Canada. 4 =)

Telle était l’idée qui inspira notre législation en 1872." Les mesures de l'administration qui nous succéda étaient basées sur le même principe, savoir, qu'il importait d'éviter, autant que possible, toute complication,touto responsabilité, touto incertitude, ct onfin tout danger de faire do cette grande entreprise un engin politique. Chacun admoettait qu'il était do la plus haute importance de faire disparaître tous les obstacles à la continuation régulière des travaux, à l’accomplissement de ce grand projet ayant pour but de relier, par un chemin de fer allant d’un océan à l’autre, toutes los partios de notro pays qui, alors, formera un tout compact, aussi bien en fait qu'en droit. Chacun comprenait qu’il était de Ja plus haute importance de hâter l'exécution des travaux ; quo cette question no devait plus être une de celles dont les partis rivaux font l’objet do leurs luttes ; quo l'entreprise devait être conduite d’après les principes du commerce ct la ligne construite par uno corporation de capitalistes, comme tout autre chemin de fer, dans l'espoir ct l’attente que les capitalistes seraiont honnêtement et pleinement indemnisés dos risques qu'ils auraient courus, des dépenses qu'ils auraient faites ct do la responsabilité qu'ils auraient assumée. Tout le pays se serait déclaré on faveur de cette proposition, s’il coût été possible de la mettre à effet. Nous ossayämos sans succès, après avoir tenté un énergique cffort, un cflort presque couronné de succès, en 1872, pour construire afnsi le chemin de fer., Jo n’introduirai, dans cette discussiôn, aucune allusion à la politique du passé, on co qui me concorne et on ce qui à trait à la question, Des allusions de co genre ont êté faites par les advorsaires du gourornement, surtout par coux qui désiraient noireir ma réputation. Mais les faits sont là, M. l'Orateur, le

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résultat do l'appel au pays ost devant vous ot je suis premior ministre du Canada.

Mais quelle que soit la cause de l'échec dosir Hugh Allan et de ]a première compagnie organisée pour construire cetto ligne, je puis expliquer cet échec sans faire allusion à aucuno raison politique. Je dirai seulemont, que la plus forte opposition qu'ait jamais eu le gouvernement dont je suis lo Chof, no régligea rien, et quo notre insuccès eut deux. causes : la détermination d'attaquer le gouvernement ot lo désir de fuire échoucr lo projet.

On a prétendu dans cotte chambre, je dirai même, on a

rouvé que le projet actuellement soumis à l'approbation de

a Chambre est plus «avantageux que celui de 1872. Quels que soient les mérites des offres ot soumissions, quels quo soient les mérites de la dernière ôffro déposée sur lo bureau dg la Chambre, je crois quo tous les hommes francs ct sincères, ayant quelque connaissance des chiffres, admottront que la convention que le gouvernement actuel a conclue, sous sa propre responsabilité, avec lo syndicat do 1880, est plus avantageuse que l'arrangement fait avec sir Hugh Allan, en 1872. Et jo demande à la Chambro et au pays si le Canada n'y eût pas boaucoup gagné en acceptant et mettant à exécution lo contrat do air Hugh Allan en 1872. Depuis cette époque, nouf annéos précieuses ont été pordues, neuf années qui ne roviendront plus et pendant lesquelles la construction de la ligne aurait régulièrement avancé, Les hommes engagés dans cotte entreprise, si les capitalistes européens avaient voulu les éntendre, auraient été assez forts pour établir la ligne à travers lo continent, et à la fin de la neuvième année, en dehors de la province du Manitoba où l'on voit à peine aujourd’hui la trace des pas des blancs, il y aurait des centaines do mille habitants, que lo désespoir seul a conduits aux Etats-Unis, se pressant dans nos territoires du Nord-Ouest. Cette région où l’on ne voit aujourd’hui qu'un petit nombre de colons, à l'extrémité orientale, sorait l’heureuse patrie de centaines de mille—au bas mot—d’hommes civilisés, d'hommes déterminés, actifs ot laborieux, travaillant pour eux-mêmes et-leurs familles ct qui auraient fait do cotte région, beaucoup plus tôt qu'on ne peut l'espérer maintenant, un pays bien peuplé ct prospère.

Mais co sont là de vains rogrets. Nous, députés de la droite, no sommes pas responsables du délai, nous no sommes point rosponsables du temps perdu, ct nous en appelons, avec confiance, au pays, à la postérité. Nous en appelons, avec confiance, à tout homme sincère, ct il nous dira si ce Canada dont nous sommes si fiers, dont l'avenir est l'objet de nos sollicitudes, bien qu’il soit assuré, n'aurait pas acquis une position infiniment plus enviable de notre temps, du vivant du plus ancien de nous, il nous dira si cette région ne serait pas déjà dovenuo une partie importante de la Confédération canadienne, si le contrat de 1872 eût été mis à effet, mais cela ne devait pas être, M. l'Orateur; nous avons échoué dans nos cfforts, et ces efforts, nous le savons, furent continués par l'administration qui nous succéda, administration forte"d’une grande majorité, forte de lhabiieté de ses membres et à Ja tète de laquelle se trouvait un hommo éminemment pratique. Oui, c’est un hommo pratiquo et ceux qui so rallièrent à lui s'en vantèront à juste titre. Il employa toute son éncrgie à la réalisation de ce projet. Il était soutenu par uno si forte majorité qu'aucune opposition ne pouvait le contredire, lui faire face, lui susciter dos embarras sérieux, L'honorable monsieur déclare lui-même qu'il n’a pas rencontré d'obstacles, que l'opposition du jour n'a entravé aucunement sos démarches, Or, AL, le président, il adopta, en substance, notre projet de 1872; il tenta des cftorts honnêtes et sincères, je le crois, pour dégager son administration, lui-mèmo et son parti des responsabilités de sa position et des-engagemeonts pris par lui-meme ct ses partisans, obligations que l’on ne pouvait renier sans déshonneur, obligations Cont il fallait s'acquittor sans délai, À moins de compromettro notre crédit et notre honneur, |

Coacun admot quo ces obligations étaient sacréos, chacun admet l'oxistonce d’un traité conclu avec la Colombie anglaise, avec la population ot ]e gouvernoment de la Colombie anglaise, et non-seulement c'était un marché, une convention solennelle ontre le Canada et la Colombio anglaise, mais cette convention a été formellement sanctionnée par lo gouvernement de Sa Majesté, La construction de la ligne était une queostion de politique coloniale et do politique impériale en Angloterre, et l’ancienne administration dirigée par mon honorable amide Lumbton—que je no vois pas à son siége et qui, jo le crains, cst absont pourla mêmo cause que moi vendredi soë ct je regrette très sincèremont son absence, — l'administration de mon honorable ami se erut liée pur cotte politique. L'administration dont j'étais le chef ct l'administration dont il était le chef lui-même, se trouvaient également liées par les résolutions adoptées à l'époque où la Colombio auglaise est centréo dans Ja Confédéra-tion, toutes les deux étaient engagées à faire construire la ligne, — au moyen d'uno subvention en cspèces ot en terres,—par une compagnie légalemont constituée, s’il était possible, et quelques personnes allaient mêmo jus: qu'à dire quo la construction ne devait se fairo par aucun autre moyon. Cctto obligation l'embarrassait; mais bien qu'ollo ait embarrassé les deux administrations, comme elle était l’exprossion formelle d’un vœu du parlement, cotto résolution no dérangenit aucunement la convention première, Los délégués do la Colombie anglaise siégeneint en cette Chambre lorsque la motion fut adoptée ; ils y donnà-

rent leur assentiment lorsqu'elle devint la loi du pays, et à leur retour chez eux, la législature ot la population do la Colombie anglaiso ne leur adressèrent pas un mot do reproche, Ils demandaïcnt seuloment que l'esprit do la résofition fût mis à offot, autant que les hommes peuvent remplir, avec honnéteté, justice et franchise, un pacte solennel, un engagement: obligatoire. - Nous no pouvions, sans déshonneur, manquer à la foi du traité. Les deux administrations se sontaiont obligées de faire tous leurs efforts pour faire construire la ligho par l'entremise d’uno compagnio do capitaliftes, légalemont constituée à cet fin. Ce quo nous avions essayé, l'administration qui nous suivit dût lo tenter, ct cllo lança des avis publics, comme on l'a dit et expliqué; inutile que j'entre days de nouveaux détails à cet égard, L'honorable député de Lambton, algrs chef de l’administration, fit publier des avis demandant aux capitalistes du monde entier des soumissions pour cette entreprise, Mais les soumissions n'arrivèrent pas. Le Canada n’avait-il point le crédit dont il jouit actuellement? Le gouvernement du jour r'avait-il pas le crédit dont jouit le gouvernoment actuel?" L'état du marché monétait offrait-il peu do chances à l'époque ? La région du Nord-Ouest n'était-elle pas aussi bien connue qu'aujourd'hui ? C’est ce que je ne saurais dire, Peut-èlre toutes ces causes réunies, ou seuloment quelques-unes d'entre clles contribudrent-elles à empècher le succôs; mais, en tous cas, l'appel de l'añcienne administration aux capitalistes du monde entior, no réussit pas,

- Sije comprends bien la chose, M, l'Orateur, ce n'était point une offre ordinaire, fixant aux capitalistes un certain jour pour répondre, comme la chose se pratique qüant il s'agit do construire uno maison, et leur disant que les soumissions seraient reçues jusqu'à tel jour, à midi, les informant, en outre, qu'aucune soumission ne serait reçue après ce jour

et cette heure. , D'abord, le gouvernement invitait un con-

cours de capitalistes, T'administration suivante invita les capitalistes du monde enticz à concourir, C'était un avis au mondo entier et lorsque nous reçûmes, avec plaisir et confiance, une offre de-particuliers qui, nous le croyons, avaiont tous les*moyens de moner à bonne fin l’entraprise, s'ils voulaient s'en charger, nous crûmezavoir accompli le vœu humblement exprimé par le parlement, le vœu de tous les membres de cettu assemblée, qui gésiraient voir le gouvernement se dégager de suite de touto responsabilité, M. l'Orateur, je pourrais faire allusion à un discours quo j'ai

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