‹ Chemin de fer Pacifique canadien [microforme]Chapitre 3 sur 3 · DO GR · texte numérisé non relu

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prononcé avant de partir pour l'Angletorre, au printemps der 1880, ot je montionne-codiscours parce que c'était un avis public pour lo pays.

L'honorable député de Durham-Oucst dont l'esprit, à la tournure légale, s'attache volontiers aux défauts de firme, pourra prétendre que mon discours no constituait pas un avis égal. Mais, on cortaine occasion antérieure, lorsque l'honorable député de Lambton ossayait d'imposer, sans avis préa: lable, certaino mesure au pays, il dit, avec indignation, dans cette Chambre: “Tout le monde a lu le discours que j'ai prononcé à Sarnia. Lorsque je retournai chez moi pour me faire élire comme premier ministre.j'ai fait connaître au pays lo programino du gouvernement, ot le pays n’a pas élé pris à l’improviste.” Jo demando à l’honorablo monsieur si cola n'est pas exart, et si la sauce qui convient pour apprêter certain volatile, ne convient pas à autre volatile de la même famille ? ; .

M. BLAKE, Jo n'ai point dit que c’est une oie,

Sir JOHN A. MACDONALD. Telle est la réponse (answer) empressée du jars (anser). J'espère que mon honorable ami me pardonnera l’allusion, parce qu'il l'a provoquée. Toutefois, bipède lui-même, il ne mérite aucunement d’être classéo dans la famille des bipèdes auxquels j'ui fait allusiqn.' Mais qu'on mo permette de lire ce que je disais au printemps de 1580: “Quand je vous dis ici que nombre de capitalistes offrent de construire la ligne, sont désireux que le gouvernement la leur‘ transfère, et comptent, réaliser des fortunes en l'exploitant et en colonisansé les terres mises en réserve pour la construction, etc.” J'aïoutais : “En ce moment lo gouvernement a uno offre sous considération.” Ces paroles furent répétées dans tout le pays. L'or-

‘ gano dos honorables’messieurs do la droite les commenta.

Tous les journaux politiques du Canada voulurent les publicr avec commentaires. Nous avions.clairement annoncé nos intentions, et personne ne prétendit quo nous n'avions pas le droit d'en agir ainsi. Personne ne vint nons contredire, On nous félicita d’avoir reçu pareille otfre. ‘Toute la presse do l'opposition essaya de tourner la chose en ridicule. “Vous ne trouverez pas do capitalistes pour construire la ligne, disaient ces journaux ; vous ne réussirez point; néanmoins, bon voyage !”” Voilà ce que disait la presse de l'opposition avant notre départ pour l'Angleterre. Nous aurions pu conclure ce contrat dans l'esprit et aux termes de l’acto passé par l'administration précédente, Je serais houreux de discuter cette question de droit avec l'honorable chef de la gauche; mais cette quostion est trop vaste.

Nous avons compris que ce projet devait nécessairement engagor l'avenir et les revenus du Canada pour un grand nombre d'années, et qu'avant do le mettre à exécution le gouvernement devait consulter la population et le pariement du Canada, À cot égard, nous n’avons pas suivi l'exemple de l'administration qui nous a précédés. Certains embranchements devaient entraîner la déponso d'octrois considérables et le chef actuel de l'opposition protesta fortement contre l’ancien chef de l'opposition quand l'honorable député de Lambton annonça qu’un contrat avait été adjugé et qu'on allait commencer certains travaux. L'honorable député de Darham-Ouest lui demanda—j'oublie les termes de la question, mais M. Mackenzio répondit qu'il ne pouvait fairo davantage et qu'il avait agi sous sa propre responsabilité.

M. BLAKE—Jo crois que l'honorable monsieur se trompe, 1 veut parler de l'interpeilation que je fis pour demander à l'honorable député de Laimbton sur quelle autorité il se basait pour entreprendre l4 construction de Fembranchement d'Esquimauir et de Nanaimo.

Sir JOHN A. MACDONALD—C'est cela, peut ètre, La réponse parle d’elle-mème. L'honorable monsieur demandait sur quelle autorité le premier ministre d’algrs se basait pour entreprendre la co istruction de l'embranchement d'Esquimault et Nanaïmo, M. Mackenzie répondit qu'il n'avait

riun à demander au parlemont, N'est-ce pas la réponse qu'il fit ?

M. BLAKE—Non ; à cotte partie de la question, il répondit qu'il avait déjà donné avis do la présentation d'un bill autorisant la construction du chemin de fer ; c'était uno réponse bion différente à mon interpellation. Dans le même discours, jo demandai à l’honoruble monsieur, s’il se proposait do soumettre la convention Carnarvon à l'approbation de la Chambre, et il mo répondit que, sur ce point, il n'avait rien à demander au parlement,

Sir JOHN A. MACDONALD. Eh! bien, M. l'Orateur, M. Mackenzie répondait à l'honorable monsieur qu'il n'avait rien à demander au parlement, et c'est après cela, après avoir constaté que les honorables messiours lui feraient uno opposition sourde, après avoir aperçu derrière lui la cavorno des Adulamites que l'honorable chef do l'opposition força M. Mackenzie à faire cette déclaration. Je ne saurais mo tromper. Je mo rappelle tous los détails de l'incidont. Je répète que le gouvernement avait le droit de faire tous ses otforts pour so libérer lui-mème ot libérer lo pays de l'obligation de construire la ligne, et do l'obligation encore plus

lourde de l’exploiter. Que chacun examine un instant la

nature de ces obligations et la manière dont elles s'imposent au gouvernement. Les mèmes faits se sont produits au sujet de l’Intercolonial et se produisent dans toute entrepriso publique. Bien que mon honorable ami ait triomphé de Loaicbup d'obstacies sur l'Intercolonial, il est impossible que le gouvernement exploite avec avantage un chemin do fer. Cette exploitation donne lieu À toutes sortes de récriminations politiques. Les hommes que nous employons sur la ligne, à commencer par les portefaix, doviennent des employés publics. . Si l’un de ces hommes est nommé, pour une raison quelconquo, on dit que c'est un protégé politique. S'il est destitüé on prétend que cola est‘dû à ses opinions politiques, *Si une vaché est tuée sur la ligne, le député qui compte sux lo vote du propriétaire do cot animal, fait une motion au sujet do l'accident, La responsabilité, les frais, les tracas et les ennuis réservés au gouvernement qui exploite cette ligne, sont tels que, pour ces causes seules, nous avons cru dovoir dégager notre responsabilité. Nous avons cu assez de preuves à l'appui, dans cotte Chambre. Quant à la question soulevée par mon honorable ami alors député do Bruce Sud, voici la réponse: . °

# Nous n'avons jamais demandé d'autorisation au parlement ; nous lu avons simplement communiqué cette décision, et nous espérons que la Chambre nous approuvera en acceptant les termes convenus grâce à l'intervention ou à li médiation de Lord Carnarvon ; nous espérons que cet appui nous sera généreusement accordé.

Eh! bien, M, l'Orateur, nous nous rendîmes en Angleterre, :

et bien qu'éloignés du pays, nous eûnes parfois l’occasion de constater Les agissements de l'opposition. Oh! comme elle craignait de nous voir réussir. Dépèches sur dépèches étaient envoyées au Canada, informant lo pays, avec une expression do regret, que nous avions misérablement, hontensement échoue. Tes dépêches ajoutaient que c'était là une preuve qu'en Angleterre on n'avait aucune contianco dans l'administration actuelle. Comment une compagnie do de capitalistes pourrait-elle ayoir confiance dans une administration entachée du scandale .du Pacifique? On disait encore que le résultat aurait été bien différent si le Canada avait eu un gouvernement plus honnête, plus capablo et possédant, à un haut degré, la confiance des capitalistes européens qui s'étaient chargés do l'entreprise. On versait des larmes—des larmes de crocodile peut-ètre—sur le malheureux sort du Canala gouverné par une’ administration teilement incapable et criminelle que, neuf'ans après la date du premier: contrat, elle mettait à effot le projet avantageux d'engager des capitalistes angluis à prendre sa place et à construire la ligne,

Toutefois, M, l'Orateur, nous avons réussi; et dans, mon discours à IHochelaga, discours dons on a tant parlé, bien qu'il

no méritât pas tant d'honneur, j'annonçai le fait que nous avions passé un contrat en bonne ot due forme. Jo le répète aujourd’hui ; lo contrat ost arrêté. Voici dans quelles circonstances je pris la parole à Hocheiaga. Le Club Cartier, association conservatrice, me présenta une adresso à laquelle je dus répondre. Je ne rétracte pas un soul mot de cette réponse. Voici mes paroles : ‘‘ A présent j'espère—ct l'avenir confirmera cet espoir—que bientôt je pourrai regarder le chemin do for du Pacifique comme achevé.” J’ospéræis aussi que cette entreprise s'achèvorait avec le concours des honorablos mossieurs de la gauche, tant que nous serions au pouvoir ; mais le projet déposé aujourd’hui sur le buroau de la Chambre, prouve que ces messieurs ont tout-à-fait abandonné l'idéo de construiro le chemin de fer du Pacifique canàdien. Ils trament un complot politique, ils essaient do joter le blâmo sur d'autros. Mais malgré ce complot, nous. allons construire la ligne, et lo premier marché sera mis à exécution. L'engagement pris envers la Colombio anglaise, les cngagomonts qui doivent assurer lo développement futur du Canada seront mis à effot sous los auspices du gouvernement conservateur et avec l'appui du gouvornemont conservateur, Cette ligne sern construite et, malgré tous les artifices de l'opposition, malgré la proposition sans consistance qu'elle vient d'élaborer, les travaux de construction vont être poussés vigoureusement, sans interruption et avec succès jusqu'à l'achèvement, et alors le sort du Canada, comme confédération, sera définitivement scellé ; le sort du Canada, comme grande nation sera fixé, ot les hororables messieurs de la gaucho ne pourront plus le compromettre. L'émigrant européen trouvera une patrie dans la grande région de l'ouest, grâces aux efforts du parti conservateur.

Mais voici une nouvolle objection, M. l'Orateur. Après que l'administration a conclu les arrangemonts, après qu'elle a passé un contrat dont les honôrables messieurs so soraient réjouis ot vantés, îl y a trois ou quatre ans, et qu'ils auraient cité comme preuve de leur merveilleuse habileté tdministrative, ils viennent affirmer que nous n'avons pas l'autorisation do passer ce contrat, Tant quo Mardochéo demeurera à la porte du palais des rois, il ne cessera de protester. Dans cette discussion nous avons affaire à des comédiens hors ligne,—je voux parler de mes honorables amis do la gauche, Ces honorables messieurs sont des acteurs achevés. Mais le meilleur acteur ne réussit pas toujours. La gaucho joue, tour à tour, la tragédio, la comédie et la farce. Elle a commencé par la tragédie, M. l’Oratour, Elle a déclaré lo contrat oppressif et la subvention énorme. Suivant olle, nous abandonnons les terres du Nord-Ouest. Pas un seul acre n’est réservé où le colon libre et indépendant puisso promencr ses pas, Nous cédons un monopole à cette compagnie. L'opposition nous a dépeint la tyrannie de cette compagnie qui doit opprimer le peuple en établissant un tarif élevé et la tyrannie d'un grand monopole qui maintiendra pendant des siècles son contrôle sur uno vaste étendue de teires—dont la vente lui fournira les capitaux nécessaires pour construire la ligne— pour faire augmenter la valeur de ces terres par le travail des colons. Telle est la tragédie; et les honorables mossieurs l'ont si bien jouée, que si tout l'auditoire n'a pas été ému, nous avons pu voir des larmes de pitié et do douleur baigner le visage dos honorables messieurs de la gauche.

Fnsuite, nous avons eu la comédie. Lorsqu'on à In à chacun de ces messiours son discours de l'an dernier, il a été prouvé que l’année dernière, l’année précédente et antérieuroment, ils pensaient d’uno façon ct disent aujourd’hui tout le contraire. Nous avons alors assisté au spectacle le plus amusant et le plus comique. Chacun de ces messieurs s’est levé pour protester, en disant : ‘“ Je no suis pas lié par ces paroles. J'ai dit cela l'an dernier, onu l'année précédente, mais, autres temps autres idées, les choses ont changé depuis deux ans, où un an, ou même dans huit mois, comm l’a dit un d’entre eux, mais jo ne suis aucunement lié aujourd’hui par les paroles que j'ai prononcées il y'a huit

mois, Rien de plus comique, Nous on avons tous ri. La Chambre s'en est amusée et un immense éclat do rire a retonti d'un bout à l'autro du pays. Les honorables messieurs ajoutent, il est vrai, que nous étions fous il ÿ a huit mois et

êmo il y a deux ans, Mais si nous étions fous alors, vous n'aviez pas lo droit, comme ministres, do partager notro folie ; vous n'aviez pas le druit de défondre les folies que nous recommandions nous-mêmes, puisqu'aujourd'hui nous faisons preuvo de sagesso. Tolle est la comédie.

Ensuite est venue la farce, M, l'Ora‘teur. Lo libretto do cette farco a été déposé aujourd’hui sur lo bureau de la Chambre. La tragédie ot la comédio ont assez bien réussi ; mais devant un auditoire impartial, la farce, j'en ai bien peur, sera sifflée, pour me servir d’unc expression reçue au théâtre. C’est une véritable farce; majs je no saurais diro si les conséquences on seront bien drôlos, Pour ma part, je crois que les conséquences nous feront rire, parce que le plus grand châtiment que peut subir l’autour d'une farce, ou l'acteur qui la joue, ost que la pidco fusse four, quo l'auditoire siflle la pièce, ot c'est lo sort réservé à cette charmante farco. Elle a été jouée, M. l'Orateur, mais pour chaiger la métaphore, je dirai que la trame était cousuo de fil blanc, Les aveugles no s'y laisseraient pus prendre. Les plus crédules n’en croiraient rien, Les plus confiants diraient : ‘A d’autres ! ” Pas un homme de bon sens, pas un hommo sachant que deux ct deux font quatre, ne s'arrèterwuy ins- {ant à ce projet sans consistance, M, l'Orateur. La trame a été ourdie ici, à Ottawa. On vout en faire un engin politique, ot voici comment raisonnent les autours de ce chef-d'œuvre :

“ Le gouvernement actuel s’est engagé sous lé sceau et sous:

la signature de ses membres en particulier, sous le sceau du ministre des Chemins de fer, par un Ordre en conseil, ot lo contrat est signé, scellé’ et délivré, . Le gouvernemont est engagé par ce contrat. Il ne s’on dédira pas, notre affaire est bonne. Faisons n'importe quelle offre. Nous pouvons par exemple, offrir de construire la ligne moyennant 81,090 par mille. Notre affaire est bonne. Nous pouvons faire signer un tel et un tel, etc.” Je n'étais pas présent, on lo ponso bien, mais mon honorable ami de Niagara a démontré que parmi los pétitionnaires et membres du nouveau syndicat, qui fout l'offre formulée dans co précieux document, six OÙ SGPbes csv

M. PLUMB. Ilyena sept.

Sir JOHN A. MACDONALD. On compte sept candidats désappointés et battus à des élections précédentes. En lisant le discours de mon honoruble ami, je vois qu'il s'agit d’un complot politique. Je demauderai à mon honorable ami, le député de la division ouest de Durham, si Jobn Walker n'est pas un homme politique très remarquable. Je demanderai à mon honorable ami, si H. IH, Cook n’est pas un homme politique remarquable. Il s’agit d'un complot politique tramé ici. Ilétait bicn facile, oh! très facile de faire une offre, car l’on savait que le gouvernement ne pourrait, ne devait, ni ne voulait l’acceptor. Nous avons passé, de bonne foi, un marché avec la compagnie, et nous avons promis que le marché deviendrait un pacte ontre le gouvernement et la compagnie, du jour où le parlement le ratifirora. Nous étions obligés de soumettre cette convention à la sanction du parlement, et l'opposition s’est dit à elle-même: “ Si cotto mesure est rejetée, ajoutaient les conspirateurs, le ministère ne peut honorablement, décemment domeurer en charge ; par suite, nous arriverons au pouvoir et nous aurons soin de nos amis, des sept où huit hommes politiques et de leurs confrères, Nous les mottrons à l'aise et nous arrangerons toutes choses de manière à ce que, si leur offre est acceptée, il nous sera facile «do les libérer de leux engagement lorsque nous serons au pouvoir,”

Il est, selon moi, de toute évidence que ce document a été élaboré ici, et pour enlever aux membres du nouveau syndicat toute appréhension de se trouver, un jour, dans quelque embarras, on y a inséré une série de clauses spécifiant que

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le gouvernement pout les libérer de leurs obligations. Les honorables messieurs ont décidé que nous devons quitter ces siéges, quo nous no pouvons pas décemment demeurer en charge, Ils se sont dit: ‘ Nos opinions sont connues, chucun sait ce que nous pensons de lu construction du chemin do fer du Pacifique canadien, ce que nous forons, quol est notre programme, et quand nous arriverons au pouvoir, nous vous libérerons de l'obligation de construire les parties diff cilos de la ligno.” C’est un jeu où tout l’avantago ost d’un côté, M. l'Oratour,; mais la mècho cost éventée. C'est en vain qua l'oiscleur tend sos filets sous les youx de l'oiseau. Nous serions aveugles comme des chauves-souris, le pays serait une société d'hommes aussi aveugles que les hiboux on plein jour, si chacun ne voyait pas qu'on a tendu un filet, et lo filot ne servira de rien. Persônne n’y sera pris. Avec uno toile d’araignéoe, on ne saurait attraper une société intelligente en possession de ces documents,

M. l'Orateur, ces honorables messieurs auraient mieux fait de traiter la question en général. Ils auraient pu nous dire que d’autres particuliers étaient prêts à passer un contrat. S'ils nons avaient dit, de leurs siéges, qu'à leur connaissance, cortains entrepreneurs étaient prêts à construire la ligne pour un faible montant alors, M. l'Orateur, les personnes qui n'auraient pas vu quo c'était un mouvement do flanc, ayant pour but d’entraver la formation et l'organisation de la compagnie, do ditlérer indéfiniment la construction de la ligne, auraient pu être ébranlées dans leurs convictions ; mais le député le plus naif, dâns cette Chambre, peut voir, par cos documents, qu'il s'agit d’une ruse politique, d'une ruse peu honorable, comme je l'ai déjà dit, que l’on citera toujours à la honte de tous ceux qui l'ont imaginé et de ceux

qui lour ont prêté assistance, Jo no ponse pas que l'hono-

rable représentant de la division ouest de Durhain ose conæiller au gouvornoment et à la Chambre d'accepter cotte proposition d’un nouveau syndicat, Je le défie do fuire paroille recommandation. Jo sais qu'il ne la fera pas; je ne crois point tout ce qu'il a dit; je no crois point tout ce que les honorublos députés de la gauche ont fait valoir contre lo premier syndicat, pour conseiller ensuite à la Chambre d'assumer la responsabilité de voter pour la proposition fuite par le sccond syndicat. Ces honorables messieurs ne réussiront point.

Que nous ont-ils dit, M. l’Orateur ? que notre proposition est illégale. L'honorable député de Gloucester nous a dit que le gouvernement avait.agi contre la loi en faisant cot arrangement avec lo premier &; adicat. Mais, alors, comment pourra-t-il votor la proposition qui donne le contrat à ce second syndicat? L'’honorable député de Norfolk-Nord nous a dit que certaines clauses de ce contrat constituaient uno escroquerie. Mais je retrouve ces mêmes clauses dans les propositions du nouvoau syndicat! 11 trouvera, dans lo nouvoau contrat, sauf deux exceptions, les clauses quo l'honorable monsieur, dans un langage fort éloqyent, bien que peu parlementaire, a qualifiées d’escroquerics.

Qu'on mo permetto d'examiner quelques-unes de ces clauses. On nous a reproché, en premier lieu, que nos conditions sont excessives. On peut prétendre cola si on les comparc avec les termes de cette soumission pour rire.

En second lieu, on dit que nous n'avions point lo droit d'adjuger un contrat à d'autrés qu'aux soumissionnaires ayant répondu à un avis public. ;

Mais voici un autre point sur lequel j'attire l'attention de l'honorüble député de Norfolk-Nord. Il 4 dit que le mode d’après lequel les terres sont choisies, aux termes de motro proposition, constitue une escroquerie, une fraude, un vol. Mais voici que des membres du nouveau syndicat, sir W, P. Howland & Cic., demande qu'on les autorise à pratiquer cette escroquerie, cette fraude, sans quoi ils ne se chargeront pus de l’entreprise. Si tel est le cas, l'honorable monsiour no votera assurément pas en faveur du second syndicat,

UNE VOIX. Ilest prêt à tout.

Sir JOHN A. MACDONALD. On a dit encore, ‘“ Mais lo gouvernement va construire la ligne entre la baie du Tonnerre et la rivière Rouge, ontre Kamloops ot Yalo, entre Yale ot Port Moody. 11 va devenir ainsi associé du syndicat, Cela n'est pas acceptable.” Les députés qui ont eu recours à cet argument, ne pousent voter pour lo nouveau syndicat,

Un autre argument est que le mode d'émission des obligations est vicieux ; que les autres personnes émottront dos bons et laisseront les porteurs attendre en vain leur argent et la population du Canada attendre en vain la cons: truction de la ligne. Pourtant, le mode d'émission des bons est identique à celui que je trouve dans la proposition de sir W. P, Howland et Cic. ‘

Ensuite, M. l’Orateur, on s'est hautoment plaint de ce quo Je dépôt est trop faible. L'offre est d’un million de piastres. Lo nouveau syndicat offre la même somme. Mon honorable ami m'apprend que les membres du nouveau syndicat ont monté d'un cran—pour employer l'expression do mon bon ami H. H. Cook—et ils ont envoyé dos certificats jusqu'à concurrence de douze ou treize cent mille dollars. ° .

PLUSIEURS VOIX. Oh! oh!

Sir JOHN A. MACDONALD. Les honorables députés do la gauche ne devraient pas enfroindre les règles de la Chambre. Jo parle avec une cvrtaine difficulté, parce que je ne suis pas très bign, mais jo me forai entendre. La pro- Does déposée sur le bureau de la Chambre spécitie que es membres du nouveau syndicat foront un dépôt d'un million de dollars, Ils ont télégraphié, me dit-on, qu'ils avaient déposé uno garantie de 81,200,000 ; qu’une fois le contrat signé, ils feront un dépôt permanent d’un million de dollars. Eh! bien, M. l'Orateur, c'est una pauvre ruse d'ajouter 820,009 à co million, quand le contrat déposé sur votre bureau, prescrit que le syndicat dovra déposor $85,000,- 000 au 1er mai, 1882.

M. ANGLIN, Non, non.

Sir JOHN A. MACDONALD. Je demande encore qu'on ne m'interrompe pas. Je crois qu’un ex-Orateur doit connaître les convenances d’un débat,

UNE VOIX. Le 1or décembre, 1882,

Sir JOHN A. MACDONALD. Le syndicat doit faire un dépôt permanent d'un million, entre les mains du gouvernoment. Îl versera les autres $4,000,000 le 1er décembre, 1882—et c'est une garantie suffisante pour le pays et pour Yi: Chambre, que le syndicat ne trouvera pas d'avantage à ‘cidre les Obligations pour abandonner ensuite les travaux. Cet 5 idée est absurde, honteuse pour ceux qui l'ont mise en avant, et no vaut presque pas la peine qu’on son occupe.

Mais, M. l'Orateur, avant de signaler le nouveau syndicat À la Chambre, avant de lui faire voir que c’est'une véritable farce—et co mot n’est pas trop fort—je dirai quo, vendredi, je me proposais de prendre la parcle pour déclarer que le gouvernement, comme administration, se sont obligé d'exécuter de bonne foi le contrat qu'il a passé et qu'il a le droit de demander ct qu'il demande le vote de la Chambre.

Nous croyons que cette offre est la meilleure qi ait été faite jusqu’à présent. Nous croyons que le pays sora satisfait dos conditions du contrat. Nous croyons qu'il n’entrat. nera pas, en fin de compte, une dépense de dix centins au peuple du Canada, Nous croyons qu'il atteindra le but pour lequel 1! a été fait; que nous devons mouer à bonne fin la construction du chemin de fer dans un avenir peu éloigné; et, sur le propre mérite Gu contrat, sans tenir compte des embarras que l’on vout faire à la onzièmo heure, en présentant un simulacre de sou mission, —j'emploie lo mot simulacre malgré la respoctabilité de quelques-uns des messieurs qui l'ont signéc,—sur le propre mérite.du

contrat dis-je, nons sommes tenus de demander qu'il soit adopté et que le chemin soit construit solon les désirs dv peuple et du parlement du Canada.

Co ne serait pas conforme aux usages constitutionnels, si

je disais ce que le gouvernement ferait dans le cas où; après’

avoir soumis À la Chambre ce qui dans son opinion est la meilleure ligne de conduite à suivre et ce qui devient uno partio de son programme,—il vpyait que le projet n'est pas adopté, et jo ne vondrais pas pour un instant tenir à ln Chambre un langage pouvant sembler contenir une menace de nature à indiquer la ligne de conduite que le gouvornement adopterait dans cette éventualité. Mais tout co que je puis dire c'est que, si cola‘arrivait, pour me servir d'uno expression devenue célèbre au Canada, nous nous apercovrions, et les honorables messieurs do la gaucho no manquoraient pas do nous dire que notre utilité aurañt cessé. Ce document a probablement été préparé par les honorables messieurs de la gauche dans le but do leur procuror l'occasion de nous dire ces mots.

Los honorables messienrs de la gnuche n'ont pas caché

leur lumidre sous lo boissenu, leurs paroles n'ont pas été.

prononcées dans un coin, Nous connaissons le programme de l'opposition pour l'avoir entendu énoncer et répétor maintes fois on cette Chambre par le chef de l'opposition pendant la session actuelle. Nous savons qu'il est opposé à la construction du chemin à travers la Colombie anglaiso ; qu'il a protesté contre la constructian de cette partie du chemin, dès ‘que ia question eut été soumise au parlement, en disant à cette province: ‘ Pauvre sœur égarée, allez en paix.” Nous sarons qu'il a tourné en ridicule l'idée de pousser à travers uno région inhospitalière. uno mor de montagnes, la construction d'un chemin de fer qui n'aurait auéun trafic, mais qui coûterait des sommes énormes ot qui ne serait d'aucune valeur réelle.

L'honorable monsieur est resté fidèlo à ce programme. Pendant la dornière session, il a proposé, à propos des entreprisos données par l'administration actuelle, conformément aux annonces publiéos par le ministère précédent, et dans le but de mettre à exécution le programmo do ce dernier ‘ que la continuation des travaux de construction du chemin, à travers la Colombie anglaise, fut remise à plus tard ainsi que toute mesure à cet effet; et je dois exprimer le regret que me cause l’absenco inévitable de !’honorable député de Lambton en cette occasion. Mais quel que soit le regret que me fasse éprouver l'absence de ce monsienr, j'ai regretté encoro

lus l'humiliation qu’il a subie, lorsqu'à la dernidro session, a motion de l'honorable monsieur a été mise entre vos mains. Si j'étais son ennemi le plus acharné, ot si je voulais triompher de lui, jo no saurais désirer lui voir subir une humiliation plus profonde, un destin plus triste, ni une fin

lus déplorable pour un homme d'état, que de le voir, sous e fouet de l’homme qui l’a déposé, de l'homme qui l’a chassé et supplanté, obligé d’avaler ses propres paroles et de donner son vote pour que la construction du chemin à travers la Colombie anglaise fût remise à plus tard, do lo voir obligé de démentir— je n’emploie pos le mot dans nn sens injurieux— ses propres annonces dans les journaux et toutes les démarches faites par son administration lorsque cette dernière avait demandé des soumissions pour la construction dun chemin.

Que voulaient dire ces annonces et la demande do soumissions ? Elait-ce une duperie, une fraude, et pouvait-on dire comme ceux qui ignoraient le fond ce l'affaire, que l'honorable monsieur était descendu dans le& dernières profondeurs de la dégradation, pour emplerver cetargument lnimême et dire que cette annonce ne prouvait rien, et qu'il avait voulu tout simplement s'assurer du coût probable de l’entreprise ? Car on a affirmé on cette Chambre, que c'était 1à le but qu’on avait voulu atteindre en publiant l'annonce. De sorte que des entrepreneurs atraient été invités à venir non-seulement de toutes les parties du Canada, mais de San Francise”, des Etats-Unis. de l'Angleterre et de toutes les

parties du monde, qu'ils auraient dû explorer tout le terrain avec lours arponteurs et leurs ingénieurs pour faire lours études ot leurs estimations, au prix de grandos peines et de dépenses considérables, pour constater la nature do l'entroprise, afin quo le gouvernoment püt leur dire ensuite: “ Mossiours, nous vous sommes très reconnaissants des vonsoignements que vous nous avez fournis et quo vous avez recuoillis à vos propres frais et non aux frais du public,"

Je suis certain que pas un seul des mossiours do l'ancien ministère n'aurait pu agir ainsi, ni dire que l’annoncæ n'u me été publiée de bonne foi, qu'elle na pus été rédigée dans e but d'adjugoer l'entreprise, Autrement c'eñit été uno moquerie, un leurre et un piège, une injure # chaque hommo qui aurait encouru des dépenses en conséquence de su publication, et à tous les hommos du métier ot à tous les capitalistes de l'univers,

Je dois dire quo le programme du chef de l'opposition n été avoué et formule, En premior liou, son programme comme ministre serait d’arrèter tous les travaux dans lu Colombie anglaisé,—pas un mille ne sorait construit, —pas un convoi ne traverserait ln Colombie anglaise s'il pouvait l'empêcher. Pas un article de commerce ne passerait sur une ligne de chemin de for à travers cetto province pour allor à l'ost, s'il pouvait arranger les choses à sa guise, ct cette province soruié obligée d'en appeler au pouvoir suprèmo, à l’impartialité du gouvernement et du parlemont anglais, où justice est toujours rendue, pour la débarrasser du lien qui l’unirait avec un pouplo aussi dépourvu d’honneur, aussi dépourvu de caractère, aussi indigno do figurer parmi les nations et lui pormettre do renouveler une union avoc le gouvernemont do Sa.Majosté, loquol vorrait à co que justice fat rendue à une population ayant longtemps souffert, C'était là la politique du chef de l'opposition gu sujet do l’ouest. Maintenant su politique au sujet de l’est est hostile à la construction du chemiu au nord du lac Supérieur, Il avoue sos prédilections pour lu ligne du Sault

Sainte-Marie, pour détournor le commorieo vers les Etats.

Unis, pour renforcer, pour renouvelor, pour étondreét dévv-

lopper notro commerce avec les Etats-Unis, au prix do la dostruction complète du grand projet, base ot programmo de la Confédération, qui consiste à relier les grandes provinces composant la Confédération canadienne, d’un océan à l’autre, à l’aide d’une immense chaîne de for qui ne pout être et ne sera jamais rompue. ,

Mus par les soutiments ‘de loyauté ot d’allégeance envors notre gracieuse Souvoraine, qui nous sont communs À tous, influeñcés par tous les principes qui portent les sujets britanniques à vouloir vivre et mourir sous la couronne britannique, nous devrions avoir, on faveur de ces moyens de communications, les intérêts pécuniaires de la Colombic anglaise, et les fesant servir à resserrer plus étroitemont le lien qui unit ensembla toutes les provinces de la Confédération, nous deviendrions ainsi une même nation unie par les principes, la loyauté ot les intérêts.

était là le programme des honorables messieurs, et il a été appuyé cet il serait encore appuyé par tout le parti. [la été aussi appuyé par l'organe de ce parti. Je ne le lis pas souvent, car jo ne considère pas qu'il offre une lecture saine, mais on me dit qu'il se prononce fortement cr favour du chemin de fer du Sault Sainte-Marie. Cependant nous nous rappelons tous, car jo l'ai maintes fois entendu lire, la mansdro dont cet organe, au temps jadis, dénonçait la construction du chemin du Sault, comme trahissant tes intérèts du Canada, et comme propre à détruire lavonir de la Confédération, comme étant de nature à nous unir bon gré mal gré aux Etats-Unis, par un lien commercial, qui devait amencr nn pen plus tard un lien politique, Les temps sont changés, et l'on mo dit que cet organe appuie fortement l'honomble chef de l'opposition, aussi fortement qu'autrefois il le combattait vigoureusement, dans un esprit de loyauté toute britannique. D'autres hommes dirigent aujourd’hui ce journal, et si le chef qui le dirigeait jadis vivait encore,

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je no crois pas qu'il roniorait tout son passé, ot tous ‘sos intérêts au point d'abandonner un grand principe, commun à tous les patriotos, un principe qui a toujours pus quels qu'aiont pu être les sujets do discussions dans l'encuinto arlementaire, lo rexcuir uni au parti dont jo suis l’un des Fumbles membres, toujours uni avec nous pour ln défonso dos intérèta britanniques, pour la défense does institutions monarchiques, et pour ossayer, autant quo possible, à nous préserver commu pouple libre ot indépendant do toutos relations extérieures avec les autres pays du mondo à l'oxcoption de notre noble mère-patrio la vieille Angloterro.

Maintenant il est parfaitemont clair que co document a été préparé ici pour des fins politiques. Jo ne forai qu'attirer l'attention de cette Chambre sur quelques rares variantes qui oxistent entre ce contrat et celui que nous avons déposé sur lo bureau, variantes qui so trouvont dans le nouveau contrat, Vous vorrez qu'il a été préparé dans lo but exprès do pormottre à l'homme le plus timide,—y compris sir William P, Howland, qui no risquerait pas $5,000 sans êLre cortain quo la sommo it serait romiso—il est rédigé dans lo but de permottre à l’homme lo plus timide de sanee co document, sachant qu'il ne risque rien. C'était: Face, jo gagno; pilo, tupords. Ceux qui se sont joints à cette affaire, savaient que lo ministère actuel devait s'en tenir et s'en tiendrait au premior contrat, qu'en conséquence, une nouvollo administration le remplacerait et que mon honorable ami prendrait le place que j'occupo très indignemeont aujourd'hui—une place que ses grandes personalités personnelles et son zèle et les luttes qu'il a éngagéos pour son parti lui donnent le droit d'orner de sa présenco,

Ils savaient quol serait son programme. Il y a si pou de tomps qu'il l'a exposé, que jo no crois pas qu'il puisse le changer, Ilest cortain qu'il peut changer entre 1880 ot 1881, mais dans le ens actuel, le changement sorait si rapide que même lo talout versatile do mon honorable ami no lui permettrait pas do changer aussi promptoment que cela,

J'on arrivo à la nouvelle offte. Que dit la promidre proposition ?

{La Compagnie offre aussi par les présentes, dans le cas où le gouvernement désirerait-abandonner la construction de la section de l'est, de réduire la dite subvention en argent et en terres du montant affecté à la dite section de l'est du chemin de fer en vertu du 9ième paragraphe de cette proposition.”

Les messieurs qui ont fuit la soumission n'avaiont pas l'intention do construire la section du lac Supériour parco qu'ils croyaient quo lo gouvernement actuel, insisterait à co quo la section du 14e Supérieur fût construite. Ils espéraient que nous serions battus par l'offre du second syndicat, que los honorables messieurs do la gauche montoraiont au pouvoir, ot que dans ce cas, lo gouvornement désirant ubandonner la construction proposée, ils prendraient l’ontreprise moyennant une réduction délorminéo.

Ils avaient pour les encourager le programme par lequel l'honorable monsieur s'engageait à l'abandonner, Ils se préparaient donc d'avance, et ces trois autres clauses me convainquont et convaincront tout autre quo ceci est un complot politique, ourdi par des hommes politiques, et quo cos hommes, —dont quelques-uns possèdent plus do richesse, les autres moins et les antres n’en possèdent pas du tout— ne pouvaient en aucuno munière courir le risque de perdro une somme de dix céntins, soit en construisant la ssetion du lac Supérieur, soit en l'exploitant pendant dix annéos. La section suivanto so lit commo suit :

Au cas où le gouvernement désirerait abandonner la construction de la dite section de l'est, la compagnie offre par les présentes de construire, dans un délai de trois ans, d équiper, de posséder et d'exploiter, comme partie du chemin de fer Pacilique canadien, un embranchement de la baie du Sud-Est, lac Nipissingue, au Sault Sainte-Marie.” -

Ainsi de l’autre section. Elles ont été insérées dans la soumission que les honorables messieurs do la gauche auraient accoptéo afin de pouvoir construire, en vertu do ce contrat, s’il est accepté, le chemin du Sault Sainte-Marie ct

do joter par-dessus bord la section du lac Supérieur. C'ost assez clair pour quo tout homme puisse lo lire avec facilité. J'en arrive à la clause 21me qui se rapporte à la division électorale que jo représente, et j'attire sur ce point l'attention do mon honorable collègue do la division électorale de Victoria:

Au cas où le gouvernement désirerait abandonner ln construction de la section ouest du dit chemin de fer, s'étendant°de Kamloops à Port Moody, il sera libre de le faire, moyennant une somme de $ 3,600,000,

C'est bien cela, aucune chance pour un chemin so dirigeant vers la mor jusqu'à Yale, L'houorablo. monsieur est opposé À ce qu'un soul mille de chemin de for soit construit dans la Colombie anglaise, et avoc qu'elle joie no recevrait-il pas ces messieurs lorsqu'ils viendraient lui dire : “ Eh ! bien, vous no voulez pas vous pressor do construire cette partie, do lo continuer maintenant.” L'honorablo monsieur répondrait : “ Non, nous sommes trop heureux de nous en débarrassor.” La clause se lit comme suit :

Au cas où le gouvernement désirerait retarder où abandonner la construction par la compagnie ci-dessous, de la partie ouest de la section

centrale du dit chemin de fer,’

C'est-èdire qu'en vertu du premier contrat l'on devra construire la partio qui s'étend de Kamloops à Emory’s Bar, laquelle est déjà donnée à l’entreprise ; mais les 450 milles qui restent,de Kamloops à travers les Montagnes Rochouses jus Jasper House, est la région la plus difficile de tout

e pays: ;

‘Etant les 45Q milles situés à l’ouest le cette section, tel que mentionné dans la 9e clause de cette proposition, la compagnie offre de réduire la subvention en espèce et en terres du montant affecté aux dits 450

milles.”

C'est-à-dire que la première clauso retrancho la section du lac Supérieur, la seconde clauso pourvoit à la construction du chemin de fer du Sault Sainte-Marie ot lo troisième pourvoit à ce que lo gouvernement puisse abandonner la construction de la ligno à partir d'Emory’s Bar jusqu'à Port Moody, et la quatrième clause abandonne la construction de tout ce qui so trouvo à l’ouest de Jasper House.

Maintenant, M. l'Orateur, c'est lo programme du gouvernemont de cosstruire toutos ces soctions ; l'opposition s'est engagée par son programmo à les retrancher, Elle y est engagéo. ÆEllo ne peut revenir sur lo programme qu'elle a exposé. C'est de fait une soumission pour la section rémunérativo, la section la plus facile, la moins dispendieuse, la plus profitable, la section qui non-seulement pourra être construite à peu de frais, mais qui donnera dos profits lorsque la population viendra habiter cetto région à lu suite du,chemin de fer. Et tout ec: plan qui avait ostensiblement pour but d'assumer la responsabilité de construire ot d'exploiter toute la ligne depuis le lac Nipissinguo jusqu'à l'océan Pacifique,-est tout simplement une offre impudente de construire la section des prairies et de le faire avec l’aide d'amis politiques, qui, lorsqu'ils arriveront au pouvoir, accordoront à la compagnie toutice qu’ello voudra et lui permettront de bornor tous ses cfforts, ses responsabilités ot toutes ses obligations dans l'avenir, à la construction d’un chemin facile à {ravors les prairies, chemin qu'elle pourra relier avec los lignes de chemins de fer américainés, et enlever ainsi lo commerce du Nord-Ouest au moyen d’un ou do -plusieurs chemins de fer américains, pour la ruine complète du grand programme qui a donné naissance à la Confédération canadienne, pour la ruina complète des espérances que nous avons do devenir une grande nation, de la perspective que nous avons de nous emparor du commerce du Pacifique, ct de relier l'Asie à l'Angleterre par un chemin de fer passant à travers le territoire britanniquo.

1 est aussi facile de construire un chemin. de fer à travors les prairies et do l’exploiter qu'il est facile de rouler un trouc d'arbre; mais ceci est ün effort fait dans le but d’'enlever au pays, d’enlevor à Ontario, d'enlever à Québec, d'enlever aux provinces maritimes toute communication par voio forrée avec lo Nord-Oucst,

M. ANGLIN, Vraiment! ' \

Sir JOHN A. MACDONALD, L'honorable monsieur dit: Vraimont ! Oui, je le dis avoc orgueil, si notre projet est mené à bonno fin, le vapeur arrivant à Halifax déchargera son fret ot débarquera sos émigrants sur un chemin de fer anglais qui traversern Québoc et Ontario jusqu'au Jar west, sur lo territoire anglais et sous le pavillon anglais, sous ln pente des lois canndiennes ct sans qu'il y ait aucun dunger quo les immigrants soient trompés, séduits, enlovés À lour allégeance ou engagés À aller fixer leur résidence ailleurs qu'au Canada, ou sans quo le trafic venant d'Angleterre ou do l'Asio soit assujéti à la prohibition possible ou à des droits, des restrictions et des règlements de douane vexatoires d'un pouvoir étranger, De sorte qu'il est clair que cos messieurs no couraient pas lo moindro risque. Ils ne seraient nullement obligés de construire les parties très coûteuses du chemin, Après dix aus ils ne soraient pas obligés d'exploiter aucune partie du chemin qui ne rapporterait pas do bons bénéfices, Lo Canada pourrait chanter en attendant ses communications par voies ferrées sur son propre territoire, mais le pouple verrait graduolloment les colonies so séparer les unes des autres, Nous deviondrionsun fagot dépourvu de liens et nous tomborions sans force, sans pouvoir, sans but, entre los mains de la république voisine.

Considérons ce que c'est quo cette offre, Ces mossiours doivent construire Jo chemin de for dans la prairie à raison de $7,333 par mille, et ils font une réduction correspon-

danto dans l'étendue des terres qui doivent être concédées,

Mais il faut se rappeler que s'il y a réduction dans l'étendue des terres, ces terres seront toutes le long du chemin de fer dans la prairie. Ils auront tout lo terrain où il a le plus de valeur, Cos terres ont été diversement évaluées à $3, 84, 83, 82, et $1, mais il est clair quo si la section des prairies est seule construite, toutes Les terres seront prises dans lo voisinage immédiat du chemin de fer, tandis que si. le tout est construit, une bonne partie des terres seront prises loin du chomin de fer dans des endroits où leur valeur sera diminuée en raison de leur éloignement. M. Gegrgo Stephen et Cie., sont obligés de prendre les terres où ils pourront les prendre, Ils ne peuvent avoir qu'environ 11,000,009 d'acres do Winnipeg à Jasper House, et le reste des 26,000,000 d'acres doit être trouvé ailleurs. Afin de leur donner la vulour d'un dollar, uno valeur quelconque, il leur faudra construire des embranchemeuts do chemin de fer jusqu'à ces endroits, et cette Chambre et le pays seront bien aise de leur donner la permission de le faire afin qu'ils puissent ouvrir d'autres sections du pays éloignées de la ligne-mère. Mais nous avons le témoignage des honorables messieurs de la gauche, quant à la valeur, d’après eux, dos ® terres situées dans le voisinage du chemin de fer, Le chemin de fer passera à travers la partie la plus fertile et augmentera ainsi ieur valeur, de sorte que les profits qui pourront êtro réalisés dans la construction de la section des prairics avec les terres qui se tronvent dans lo voisinage immédiat du chemin de er et qui doivent être cédées an nouveau syndicat, seront de beaucoup plus considérables que celui que les 25,000,000 d’acres donneront à une compaguie obligée de construire toute la ligno depuis le lac Nipissinguo Jusqu'au Pacifique. De sorte que c’est un marché qui ne leur ofïre aucun risquo.

Il ya entre ces deux soumissions uno légère différenco sur laquelle je ne puis m'empêcher d'attirer l'attention do - la Chambre. En parcourant cette seconde proposition, je vois que la plupart des clauses du contrat ainsi que de la cédule, sont prises dans les documents de la Chambre, maïs en réduisant le prix. Pourtant il a quelques changements, et il y a le changement d’un seul petit mot, eur iequel je dois attirer l'attention de Ja Chambre, Nous nous rappelons tous la discussion entre mon honorable ami

le député de Lincoln, (M. Rykert) et l'honorable ohef de:

l'opposition sur la question de savoir s’il existe un poüvoir

capable de torcor la compagnie du chemin de for à construire lo chemin, et mon honorable ami (M. Rykert) a montionné la cour de chancellerie, J'ai dit alors que si c'étuit seuloment un contrat facultatif on ne pourrait naturellemont pas obliger los entrepreneurs à en remplir los conditions, La soule conséquence de la non-exécution des conditions d'un contrat facultatif, serait la possibilité, pour lo arlement,d'annaler la charte, si c'était la loi, ou l'on pourrait ntenter uno action on dommage par voie de compensation. Mais s'il y avait obligation légnle, si le contrat n'était pas facultatif mais obligatoire, non-seulement un simple contrat entre des parties mais une obligation statutaire, que cela devenait tn devoir statutaire imposé par le parlemont avec pouvoir suprême sur l'individu, ot si co devoir était imposé, il pourrait y être contraint par un mandamus. C'est là ce que j'ai dit,

La seconde clause du contrat quo nous avons préparéo, est suivio mot À mot pour ainsi dire, excepté los mots ‘ par lo présent donné à l'entreprise” qui ont été rayés, co qui vout dire sans doute par le présent soumissionné, Elle décrète que ‘ les entrepreneurs aussitôt après l'organisation de la compagnie déposeront immédiatement entre les mains du gouvernement 81,000,000 on argent ou en valeurs ayant cours,” On nous dit que la compagnio fera ce dépôt, qu'elle contracte l'obligation do le faire. En consultant la clauso relative à la construction, je vois que les mots ‘“ dovra construire” (shall) dans lo contrat que nous avons préparé, sont rayés ot que Jo mot ‘ construira ” (will) est mis À leur placo Ona pure l'obligation, de payer le subside que devra imposor lo parlement par un statut, anais lorsque nous arrivons à lu clause déclarant quo la compagnie construira lo chemin, nous trouvons que les mots ‘ devra construire ” (shall) sont rayés et que lo mot ‘“construira” (will) y cst substitué, Le mot ‘‘ construira” est tout simplement uno expression d'intention, et la seule conséquence, de la mise À exécution de ce projet, c'est quo la partie subséquonte du contrat sera lettre morte, parco qu'il dit qu'en considération do In promesse, lo gouvernement s'engnge à faire certains paicments. De forte quo si la promesse n'ost pas mise à oxécution les paiemonts no soront pas faits.

Si lo mot “ shall” est bon pour signifier ‘‘ dovra déposer’ il doit être bon pour dire ‘‘devra construire,” ot cependant il est laissé au sujet du dépôt ct rayé lorsqu'il s'applique à lu construction. Il doit y avoir un but dans cela; ceci est uno obligation statutaire qui impose un devoir dont le gouvernement du jour peut exiger l’accomplissentent commo il le peut de tout devoir dont l'exécution lui est confiée.

J'avais oublié un état quo l'on m'a remis ontre les mains et sur lequel je vais attirer votre attontion. J'ai parlé de la valeur des.torres lo long de la section, des prairios, qui, natarellement doivent être d’une valeur plus grande que les torros que le premior syndicat aurais à prendro pour lo fardeau additionnel et la responsabilité additionnelle dont il so

chargorait sur, toute la longueur do la ligne, Nous pren--

drons la section canadienne, Or voici un calcul fait: sur la nouvelle proposition. Nous allons évaluer la concession des terres pour la section de la prairie, à $1 l’acre, et tout lo monde admettra que ce chiffre est ridiculement bas,

M. MILLS, : C'est cela. ‘

Sir JONN A. MACDONALD... Oui, ce prix est ridiceulcment bas pour les terres situées on dedans d'une distanco de vingt-quatre milles de chaquo côté de la section des prairies ; ces terres devront valoir beaucoup plus qu'un dollar l’acre lorsque le chemin sera construit, La subvention en cspètves, 900 milles à 8733.33 par mille, sera do $6,000,000, ct la concession de terres 10,000 acres par mille, pour 900 miilos à $1 l’acro sera de $9,000,000 formant en tour pour la construction de la section dos prairies, à 81, l’acre $15,600,000. Si vous évaluez le terrain à $2 l’acre, et c'est beaucoup trop bas à on juger par les estimations des honorables messieurs de la gauche. La subvention on espèces ct la concession

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de torros à 82 l'acre, fera en tout 824,600,000, Evaluez les torros à 83,18 l'acre ot olle s'élèvera à 828,020,000, formant en terres ot on argent 835,220,000, de sorte que pour la construction, do la section peu coûteuse, la section facile, la section qui pout être exploitée avec profit, à 81 l'acre, la compagnie rocovra 817,333.33 par millo ; à 82 l'ucre, olle aura 827,333,33 pur mille, ot à 83,18 l'acre, elle aura, 839,133 pur mille, Et ces prix seraient donnés par les honorables messiours de la gauche qui disent que cette section pout être conatruite moyennant 88,110 par mille,

Sir ALBERT SMITH, Combien votre compagnie reçoit” elle en vertu de votre proposition ?

Sir JOHN A. MACDONALD. Lorsque la Chambre a discuté la répartition do la subvention, on a prétendu qu'une somme disproportionnée était accordée à MM. Stephen et Cie., et cette offre a été fuite pour faire croire au public que cette somme est cxcossive, Croyunt, comme doivent le croire tous ceux qui examinent cette offro, que l'intention des soumissionnaires est de ne construire que la section des prairies, je vous ai démontré que le prix de construction de toute cette section devra varier entre 817,000 et 839,000 par mille selon les divers prix auxquols les terres ont été osti. mées par acro, Ceci n'est que pour la section des prairies, La raison pour laquelle la somme accordée dans le contrat primitif pour cette section a été fixée à un chiffroélevé, c'est quo cotte section doit être construite de suite et que les travaux doivent étre poussés avec vigueur. C'est la section qui ne peut être construite quo la première, et jusqu'à ce

u’elle soit construite, la population qui dovra, croyons-nous, s'empressor de chercher un refuge et un abri dans notre Nord-Ouest, ne pourra s'y rendre. Il est de la plus grande importance, aux yeux du gouvernement, que ce chemin soit construit immédiatemont, Cette subvantion considérable a donc été accordée pour la section des prairies, dans le but d'engager les entrepreneurs à pousser les travaux de ce chemin avec rapidité et à le terminer dans l’espace de trois ans, ot les entrepreneurs se sont déclarés prêts à le faire s'ils obtenaient le contrat avant le ler janvier. Ils lo termineront aussitôt que possible après ce délai, Ce n’est pas un mal que cette section soit-mieux payée que lesautres pourvu que les garanties soient bonnes ; que le capital soit entre les mains d'hommes d'honneur, possédant des fortunes, peu im-

rte où l'argent sera appliqué. La répartion a été ainsi kite daos le but de hâter M coustiuetion des 1,000 milles à travers les fertiles prairies du Nord-Ouest, de façon à permettre à la population de “y rendre immédiatement, Et, il faut bien se rappeler que la compagnie ne peut avoir de terres dans la région du lac Supérieur, ni dans la Colombie anglaise, où les terres ont été décrites par les honorubles messieurs de la gauche, comme sans valeur, cotte province étant une ‘mer de montagnes.” En conséquence toutes les terres qui doivent être concédées 80 trouvent dans la région des praïics, et nous nous efforçons, à l’aide de concessions de terres dans cette région, d'engager la compagnie à construire ce chemin et autant d’embranchements qu'elle peut en construire. Le but principal est non seulement d’avoir la ligne se prolongeant de l'est à l'ouest, mais d'assigner à la compagnie des terres qui devront être choisies conjointement par le gouvernement et par elle-même. Pour l’encourager à construire des embranchements nous lui donnons une subvention considérable et d'une grande valeur, afin que toute cette région soit non-seulement ouverte de l’est à l'ouest, mais qu'elle soit &illonnée par des tronçons 8e dirigeant vers lo nord ou vers le sud jusqu'à de grandes distances à l'intérieur.

J'entends derrière moi une voix qui dit qu'ils construiront

1 du ac Supérieur en mème temps. Nous avonseu bien soin d'y voir. Je crois que ceux qui ont signé le premier contrat sont des hommes d'honneur possédant de grandes fortunes, et qui ne voudraient pas pordre leur réputation, leur prestige, et leur crédit sur les marchés moné-

tairos de l'univers, en ne remplissant pas los obligations de lour contrat, Mais nous étions convaineus que nous n'avions pas le droit de nous contenter de leur parole, et nous avons stipulé dans lo contrat quo lo gouvernement commencera à l'extrémité de la ligne du Pacifique, probublement à Callendar Station, ot procèdera vigoureusement, d'une fagon régulière, et do telle manière que les progrès annuels, n'assuroront pas l'achèvement des travaux au bout de dix ans, mais seront tols ot pourront démontrer au gouvernoment la possibilité d'achever en dix ans lo chemin du lac Supériour, Il faut se souvenir que ceci est un soul et même contrat et non un contrat qu'on puisse séparer, C'est un contrat qui a pour but de construire los sections est ot ouest, Il a pour but de construire ces deux soctions, ot si la compagnie ne remplissait pas l'obligation qu'elle a prise, quant au chemin du lac Supérieur ou quant à la section des prairies, elle n'aurait aucun droit d'exiger la subvention en ospèces où on terros, pour le montant d'ouvrage qu'elle aurait pu faire dans la prairie, Si elle ne remplit pas ces obligations dans une section, lors même qu'elle aurait construit le double du nombre de milles qu'elle aurait promis de construire dans la prairie, et qu'elle les aurait achevés à notre satisfaction, lorsqu'elle viendra réclamer les terres ou l'argent, si elle n'a DE Ares vigoureusement les travaux lans la soction du ac Supériour, et construit chaque année une proportion de cette soction par année, suffsante pour nous convaincre que les travaux seront terminés À temps, nous lui dirons : Vous n'y êtes pas—vous n'aurez pas cet argent; il est vrai que vous avez construit la section des prairies, mais vous avez échoué dans toutes les autres partios du chemin qui doivent être continuées pari passu ot nous ne vous donnerons ni un dollar ni un acre de terre, parce que, bien que vous ayez construit toute la ligne dans la section des prairies, vous avez déplorablement failli dans les autres parties de la ligne.”

Afin de produire un grand effet à l'aids des nouvelles propositions, les adversaires du projet primitif ont retranché la 15èmo clause qui se lit comme suit :

*! Pendant 20 ans à partir de cette date, la construction d'aucune ligne de chemin de fer ne sera autorisée par le gouvernement fédéral au sud du chemin de fer a canadien, L'rentie d'aucun point sur ou près la ligne du chemin de fer Pacifique, excepté telle ligne qui, se dirigerait vers le sud-ouest ou à l'ouest sud-ouest ; ni en dedans de 15 milles à partir du 49ème degré de latitude. Et advenant 1 établissement de toute nouvelle province dans les territoires du Nord-Ouest, des dispositions

seront faites pour continuer cette prohibition après cet établissement jusqu'à l'expiration de la dite période.”

Cette clause avait été inséréo après mûre délibération pour la même raison que nous avions demandé au parlement de constrairu le chemin de fer, Nous désirons et lo pouplo désire avec nous, quo le chemin, lorsqu'il sera construit, soit un chemin canadien ; la grande artère du trafic canadien, pour le transport des richosses et du commerce do l'ouest jusqu’à la mer à truvers le torritoiro canadien, Autant que nous pourrons, l'empècher nous ne permettrons

as qu’il soit construit dans l'intérêt des chomins de fer des Etats Unis. Nous désirons garder sur notre propre chemin aussi longtemps que nous pourrons légitimement le faire passer tout convoi venant du pied des Montagnes Rochouse*, et je suis heureux de savoir que l’une des régions les plus fertiles et pout-être la plus fertile de toutes, se trouve en plein sur lo vorsant est des Montagnes Rocheuses—chargé de marchandises

rovenant de la Colombic-anglaise en desunation de l’est, Nous croyons que ce chemin pourra tr'ansportor les marchandisos à des prix aussi réduits et répondre aux besoins du trafic tout aussi bien que les chemins de fer américains peuvent le faire. Mais nous désirons garder le commerce de notre côté, que pus un seul convoi qui passera sur le chemin de for du Pacifique canadien n'aille aux Etats-Unis, si nous pouvons l'empêcher, mais qu’il traverse plutôt notre propre territoire afin que nous puissions augmenter la richesse et la population de Montréal, Québec, Toronto, Halifax et Saint-Jean, au moyen d’une grande voie forrée

lanadienne, profitant autant que possible du mouvement du commerce dans le pays.

.Je ne prétends pas dire que nous puissions empêcher c'établissement de voies de communications moins dispendieuses. Il n'ya rien qui puisse empêcher Ja création d’autres chemins de fer de s'établir et d'être mis en opération à travers le continent, dans notre propre pays. Notre Confédération est aussi grande que toute l’Europe, et il vaudrait autant dire que le chemin de fer de Paris à Moscou peut répondre aux besoins de toute l’Europe que de prétendre que ce chemin de fer répondra à tous les besoins du Nord-Ouest. Dans la suite des temps il y aura place dans cette région pour autant de chemins de fer qu'il en existe en Europe, et s’ily a une tentative—la tentative serait futile —de la part du chemin de fer Pacifique Canadien d'imposer des tarifs et des taxes oxcessifs, ce serait une folie qui serait bien vite exposée par la construction de lignes rivales à l’est et à l’ouest, lesquelles ouvriraient notre pays dans toutes les directions et suffiraient amplement à empêchor la possibilité d’un monopole comme celui dont les honorables messieurs de la gauche ont fait un tel épouvantail.

J’allais dire qu’un convoi partant du pied des Montagnes- Rocheuses pourrait être dirigé par une ligne traversant le pars dans une direction sud-est vers les chemins de fer des

tats-Unis. L’honorable monsieur dit que ce sera pour vingt ans soulement ; mais j'allais dire qu’un convoi partant du pied des Montagnes Rocheuses pourrait être allégé d'une partie de son chargement au profit d’une ligne se dirigeant vers le sud-est et les Etats-Unis, et ce serait autant de trafic qui serait enlevé au profit de la république voisine, et à quelques milles plus loin une autre ligne pourrait être raccordée avec une autro ligne américaine, et ainsi de suite, de sorte que longtemps avant d'arriver à Winnipeg ou à la rivière Rouge, la majeure partie du commerce serait enlevée à notre ligne au profit des lignes américaines.

Le Rhin, ce magnifique fleuve s’élançant avec fierté de sa source, traverse les plus belles parties de l’Europe, et cepondant il finit misérablemont sa carrière, et se pord duns les sables en s’approchant de la mer, tel serait le sort de notre chemin de fer du Facifique, si nous le soumettions aux saignées que voudraient lui pratiquer les lignes tributaires de lignes étrangères. Ces lignes tributaires alimenteraient les lignes étrangères, ajoutcrait à la richesse étrangère etaugmenterait le revenu des pays étrangers en transportant ailleurs notrecommerce, jusqu’à ce qu'arrivé aux gures extrèmes dans j’Ontario et à Montréal, il serait tellement affaibli qu'il mourrait presque d’inanition. Nul homme jouissant de ses facultés ne voudrait entreprendre de construire 450 milles de chemin dans cette région aride au nord du lac Supérieur, et l’exploiter pendant dix longues années lorsqu'il sait qu’à moins d'imposer quelque restriction à la construction de ces lignes, pas une livre de fret n'irait au Nord-Ouest, mais qu’au contraire, tout irait aux Etats-Unis. Nous en aurions bien une faible part, mais la majeure partie du commerce, irait par la ligne favorite des honorables messieurs de la gauche à travers le territoire américain, sans que nous ayons aucun espoir qu'il revienne au Canada par le Sault Sainte-Marie.

Nous savons quel somme énorme d’argent possèdent les capitalistes américains engagés dans les entreprises de chemins de for aux Etats-Unis. Nous avons eu des preuves des rivalités insensées qui ont existé parfois entre certaines grande compagnies de chemin de fer dans ce pays. Nous les avons vu exploiter des chemins de fer dans des conditions ruineuses dans l'espoir de s’écraser mutuellement. Avec notre chemin, alimenté par une population d'à peine 4,000,000, avec un pays, et une finance qui sont encore dans leur enfance, comment pourrions-nous lutter contre les capitalistes de tous les Etats-Unis ? Quel avantage ces dernicrs n’auraient-ils pas sur nous ? Les Américains offriraient de transporter ies marchandises pour rien. Ils iraient

même jusqu'à payer les producteurs pour les engager à expédier leurs produits par ces chemins. Le fret n'irait pas tout par le Sault Sainte-Marie. IT irait à Chicago. Il irait par une centaine de voies différentes,

Il s'écoulerait à travers les Etats-Unis, jusqu'à New-York Boston et les autres ports, et après qu'il aurait été prouvé que notre chemin est inutile, les capitalistes américains viendraient peut-être acheter notre ligne comme ils en ont acheté d’autres. On no peut empêcher que les lignes de chemin de fer et de télégraphe soient achetées par Îles capitalistes étrangers. Ces derniers peuvent obtenir le contrôle de nos marchés et nous enlever le commerce qui devrait se diriger du grand Ouest par les chemins de fe: canadiens jusqu'au fleuve Saint-Laurent.

Grâce à leurs richesses énormes, leurs capitaux énormes, dépassant le revenu d’un très grand nombro de gouvornements les mieux posés de l’Europe, ils pourraient pendant une période d'années réduire leurs tarifs à un chiffre si modique, que notre chemin de fer, les entrepreneurs, la compagnie seraient ruinés, et qu’il leur sorait tout-à-fait impossible de continuer la lutte. Et qu'y at-il de plus misérable dans n'importe quel pays qu’une compagnie de chemin de fer insolvable. Qu'est-ce qui pourrait être plus regrettable

lus déplorable et plus ruineux pour l'avenir du pays que a mise en vente des valours de compagnies on banqueroute ? Ces compagnies ne pourraient pas s'approvisionner, elles ne pourraient pas renouveler les rails, elles ne pourraient pas entretenir leurs chaussées en bon état d'entretien, et elles ne pourraient pas conserver leur matériel roulant en bonne condition. Le chemin diminuerait, diminuerait, diminuerait tant qu'il deviendrait une proie facilè pour cette coterie. Nous ne saurions courir un tel risque.

Nous avons vu ce qu’une coterie commerciale à fait pour le blé à Chicago. Elle a augmenté le prix des aliments nécessaires à la vie, elle a maintenu pendant un an le pair du pauvte à un prix élevé afin de réaliser des profits aux dépens des ouvriers pauvres de l’Europe et de tout le reste de l'univers Dans le cas actuel on so trouverait en présence d’une autre association semblablo;, mais infiniment plus riche, possédant un capital beaucoup plus considérable, et étant encore beaucoup plus dépourvue de scrupules—et c’est un fait bien établi et bien prouvé, qu'il n’y a pas d'hommes plus dépourvus de scrupules, ni plus insoucieux des conséquences que les spéculateurs et les proprittaires de chemin de fer des Etats-Unis. Les mesures que nous avons prises lorsque nous avons décidé que ce chemin ne serait pas dépouillé de son trafic de la manière que je viens d'indiquer, étaient essentiellement une qnestion de précaution, une

uestion de légitime défense et une question de nécessité. de chemin aura franc jeu pendant vingt ans à partir d'aujourd'hui, et pendant dix années seulement à partir de la date de son achèvement; et il doit être protégé contre ceux qui voudraient lui voler tous ses profits, tous les gains, les gains légitimes, que la compagnie espère réaliser avec cette entreprise sur les capitaux qu'elle doit y placer. Ceci n’a été fait que pour la protéger pendant los dix premières années où son trafic sera encore à l’état d'enfance. Nous savons parfaitement bien qu'il s’écoulera un grand nombre d'années avant qu'une population nombreuse soit fixée dans cette région ot les dix premières années ne rapporteront pas de profits; nous savons parfaitement que tous les efforts. toute l’habileté administrative de lacompagnie devront être mis en œuvre pour permettre à la compagnie de retirer des sections est et ouest, des profits suffisants pour la rémunérer raisonnablement en proportion de ses dépenses et de sa responsabilité durant ces dix années, Afin de lui procurer des chances raisonnables de succès nous avons pourvu à ce que le parlement fédéral, notez bien—nous ne pouvons contrôler aucun autre parlement nous ne pouvons contrôler l'Ontario—nous ne pouvons contrôler le Manitoba—donne pendant les dix premières années après la construction du chemin, à cotte entreprise, à laquelle il accorde tant d'argent

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et une étendue si considérable de terres, une chance raisonnable de pouvoir exister.

Le fait même que ces messieurs veulent conclure ce

‘ marché et le fait qu’ils consentent à construire le che-

min dans ces conditions démontre qu'ils n’ont pas l'intention d'exploiter la ligne à l’est de la rivière Rouge. Il leur est facile de permettre la construction et l'exploitation de chemins de fer se raccordant à la ligne-mère dans les

tairies, de tout chemin de fer local de colonisation destiné À subvenir aux besoins du pays situé le long de la ligne de l’est à l’ouest. Le trafic local et le transport que le chemin de fer pourra avoir entre Jasper House et la rivière Rouge suffiront amplement à l’alimenter et ces messieurs peuvent très facilement dire : ‘“ Nous n’avons pas besoin de ces exemptions.” Mais, M. l'Orateur, s'ils doivent construire le chemin au nord du lac Supérieur, s’ils ont l'intention de le construire et de l’exploiter pendant dix ans, ils ne doivent pas chercher à priver ce chemin du trafic nécessaire à son alimentation, car ce chemin serait absolument sans valeur pour eux. Son trafic serait enlevé longtemps avant qu’une seule livre de marchandise eût traversé la rivière Rouge pour passer sur le territoire canadien. Ceci est l’une des preuves innombrables dont l'évidence est patente à la face même du second contrat, démontrant que ce n’est pas un contrat bena fide, que ce est pas une offre bona jide.et hon’ nête de construire le chemin sur le territoire canadien ; mais c’est une offre de construire un chemin qui devra mettre à exécution le programme formulé par les honorables messieurs de la gauche. Il a êté fait dans ce but, et dans ce but seulement. La clause suivante, M. l'Orateur, est la seizième..…..

UN DÉPUTÉ.: Il est six heures.

Sir JOHN A. MACDONALD. Je ne crois qu'il soit à ropos que je divise mon discours pour le recommencer emain. J'aurai sans doute occasion de parler encore sur

cette question. Je puis dire cependant que mon honorable ami de la gauche a bien feint l’indignation—comme il foint Tujouts bien-Élorsque j'äi proposé que les'ordres du jour cédassent le pas à la discussion de cette question. Il a pris la Chambre et le pays à témoin de la perversité de notre conduite. C'était très bien joué, mais c'était très significatif, car l'honorable monsieur nous avait bien et dûment avertis, lorsque nous siégions on comitè qu’il avait l'intention de parler longtemps sur cette question lorsque vous occuperiez le fauteuil.

Nous ne désirions rien faire, mais nous voulions donner toute la latitude possible à la discussion, et Dieu sait que nous avons accordé toute la latitude possible, Mais nous voulions procéder. Je savais très bien que la discussion

serait reprise lorsque vous seriez au fauteuil, et tout ce qu nous voulions, c'était de ne pas perdre de temps. Nous n’avons jamais été assez fous de croire que cette seconde joponon ne serait pas amenée devant la Chambre. Tout onorable député pouvait l’amener. Les parties ellesmêmes pouvaient présenter des pétitions exposant qu'elles avaient fuit l'offre. Nous voulions continuer le débat,

J'en appelle aux députés, comme à des patriotes, comme à des hommes qui ont en mains les destinées de .la patrie, de ne pas se laisser aveugler, de ne pas se laisser jouer, de ne pas se laisser induire en erreur par un artifice aussi ingé: nieux que déshonorant. Je sais que nous pouvons en appeler à nos compatriotes ; je sais que nous pouvons en appeler au patriotisme du peuple du Canada. Nous pouvons lui dire que nous voulons avoir une ligne qui reliera Halifax avec l'océan Pacifique. Nous pouvons lui dire, même par la bouche de nos ennemis, qu'à même nos terres nous pouvons payer vingt fois chaque montant pris dans le gousset du peuple, et nous pourrons avoir un grand chemin de fer Pacifique. Et nous l’aurons.

Laissez-moi établir un contraste. L'on vous domande d'adopter une ligne partant des Etats-Unis et retournant aux États-Unis. L'on vous demande d'accepter une ligne

ar laquelle le commerce de l’est va aux Etats-Unis ot par aquelle les profits légitimes de la section du lac Supérieur seront détruits. L'on vous demande d'accepter une ligne pe’ laquelle le commerce de l’ouest s’en ira aux Etats-Unis.

. l’Orateur toute cette affaire est une tentative de détruire le chemin de fer du Pacifique. Je puis compter sur l’intelligence de la Chambre et sur le patriotisme du peuple, je puis compter non-seulement sur le patriotisme, mais cacorce sur le bon sens du peuple pour mener à bonne fin un arrangement qui nous procurera tout ce dont nous avons besoin, qui satisfera toutes les asp'rations légitimes, qui nous doi:nera un Canada grand, prospère, uni, riche, progrossant et se développant au lieu de nous rendre tributaires des lois américaines, des chemins de feiï américains, de la servitude américaine, des tarifs américains, et de tous les petites ot lesygrandes,supercheries auxquels le& Américains ont l’hkabitude d’avoir recours pour ruiner notre entrepriso.

Regardez ce tableau et regardez l’autre. Je sais quel choix sera fait par le peuple du Canada. Et je crois qu'avant les élections générales de 1883, les honorables messieurs de la gauche essaieront à faire oublier au peuple, ce complot de publicains. Ils avaleront leurs propres paroles devant le peuple comme ils essaient actuellement de les avaler, relativement à la politique nationale—et en ce faisant ils s'aliéneront l'estime et le respect du deuple du Canada.

M. BLAKE propose l’ajournement du débat,

La Chambre s’ajourne à six heures.

Imprimerie DE MacLean, Ro&@er er Cie., Rue WELLINGTON.

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