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Tous les matins à son réveil, et le soir avant de se

PRATIQUAS DK PIÉTÉ

coucher, elle demandera la bénédiction a son auguste Mère ; elle ne manquera pas de réciter trois Ave Maria en l’honneur de sa pureté sans tache, de lui offrir ses sens et toutes les puissances de son âme, afin quelle le garde comme choses à elle appartenant et consacrées à son honneur, et lui demandera la grâce de ne point tomber ce jour-la dans le péché.

6. Elle visitera tous les jours quelque église dédiée â Marie ; en cas d’empêchement elle se tournera vers cette église, et la visitera ainsi spirituellement, récitant les mêmes prières que si elle s’y trouvait réellement.

Toutes les heures.

7. Elle récitera un Ave Maria chaque fois quelle entendra sonner l’heure, et au souvenir de Marie, elle formera au fond de son cœur l’acte suivant :

Je me réjouis, ô mon auguste Reine, de la grâce immense dont vous avez été favorisée au-dessus de toutes les créatures, de la gloire ineffable dont vous jouissez au-dessus de tous les bienheureux, et de la suprême dignité de Mère de Dieu, qui vous exalte au-dessus de tous les séraphins; je me félicite et me rejouis de vous voir ces glorieuses prérogatives, et si je les avais moi-même, je m’en priverais volontiers pour vous les offrir.

En tout temps.

8. 11 sera très-agréable â Marie de méditer continuellement, autant qu’on le peut, ses grandeurs et ses prérogatives ineffables, d’invoquer souvent son saint nom, de former fréquemment le désir d’avoir l’amour de tous les

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PRATIQUES DE PIÉTÉ

justes, de tous les bienheureux et de tous les séraphins pour aimer cette auguste Reine, de répéter si souvent ces actes qu’on en vienne à s’en faire une habitude, de manière à se rendre facile et doux le souvenir continuel de Marie.

9. Dans les conversations, on tâchera d’introduire quelques réflexions sur les gloires de Marie, et d'exciter son amour dans le cœur des autres. Pour être en état de propager plus efficacement la dévotion envers la très-sainte Vierge, on lira des ouvrages qui en traitent, ou qui rapportent des exemples de sa bienfaisance. Formons surtout le ferme propos de défendre le sublime mystère de son Immaculée Conception au prix de notre sang et de notre vie, s’il le fallait.

10. On vénérera avec un profond respect les images de Marie. Chacun en aura une dans sa maison, et lui baisera humblement les mains ou les pieds en entrant et en sortant; on portera aussi toujours sur soi quelque image ou médaille de la sainte Vierge.

1 1 . Toutes les fois qu’on entendra profaner ou prononcer en vain le saint Nom de Marie, on dira à haute voix : Béni soit le très-saint Nom de Marie.

1 2. Pour l’amour de la très-sainte Vierge, on fuira toutes les occasions de commettre le péché mortel, et on aura une grande horreur du péché véniel ; la servante de Marie se trouvant en face de quelqu’une de ces occasions dangereuses dira en elle-même : Cela déplaît a Marie, mon auguste Souveraine ; à Dieu ne plaise que je le fasse, et que je lui procure ce déplaisir! non, jamais je ne le ferai. Cette dévotion est la plus agréable à la sainte Vierge et la plus salutaire pour nous.

FIN

MES RÉSOLUTIONS

PRÉFACE DU TRADUCTEUR

Les règles de conduite privée qu'on va lire furent tracées par le bienheureux Léonard dès l’année 1717, lors de sa retraite dans la solitude de l’incontro, et il s’y conforma ponctuellement durant l’espace de 34 ans, c’est-àdire jusqu’en 1751 , époque de sa mort. On peut juger, en les lisant, de l’ardente charité dont son coeur fut constamment embrasé. Il les tint soigneusement cachées pendant sa vie, les portant toujours sur lui, renfermées dans les manches de sa robe ; c’est là qu’elles furent trouvées après sa mort. Personne n’avait connaissance de ce merveilleux abrégé de la perfection dont il s était fait une loi, hormis ses directeurs auxquels il en avait fait part dans le temps de ses exercices spirituels ; car, toujours défiant de ses propres lumières, il ne manqua pas de les soumettre à leur jugement et à leur approbation , sans laquelle il n’entreprenait jamais la moindre chose.

La distinction en §§ ou articles existe dans l’édition italienne, conforme à l’original. Tout en respectant cette distinction, nous y avons ajouté les titres qui serviront à diriger le lecteur et à faire ressortir l’ordre admirable qui

PRÉFACE

règne dans cet opuscule. Voici comment le Bienheureux procède.

Après avoir posé pour fondement de sa perfection la défiance de soi-même et la confiance en Dieu, il se propose de s’acquitter avec une exactitude toute spéciale des trois principales actions de la vie chrétienne et sacerdotale : la sainte Messe, l’Office divin et l’Oraison mentale.

Mais ce ne sont là que des moyens d’arriver à la perfection, laquelle consiste essentiellement dans l’union de l’âme avec Dieu. Afin d’entretenir avec lui ce commerce intime et permanent, il s’applique à réformer les trois puissances de l’âme : l’intelligence, la mémoire et la volonté, à l’aide des trois vertus théologales : la foi, l’espérance et la charité.

La charité, qui a un double objet, Dieu et le prochain, s’entretient et se manifeste par les œuvres.

Afin d’alimenter dans son cœur la charité envers Dieu, il s’impose une série de pratiques à observer chaque jour, chaque semaine, chaque mois, chaque année et en tout temps. C’est ici qu’il règle tout ce qui concerne ses exercices de piété, ses mortifications, l’observance des vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance , et la pratique des trois vertus morales les plus excellentes, les plus nécessaires dans sa profession, savoir : la vertu de religion, l’humilité et la charité envers le prochain.

Non content de se proposer de faire chaque chose avec l’intention la plus pure et la plus relevée, il s’oblige en outre à viser dans toutes ses actions au plus parfait, et à porter toutes ses vertus à un degré héroïque.

Voilà en quelque sorte l’esquisse du plan merveilleux de sainteté chrétienne et religieuse que s’est tracé le Bienheureux. Il indique, en terminant, les règles les plus sûres pour discerner les divers mouvements de la nature et de la grâce.

DU TRADUCTEUR

Nous plaçons 'a la suite des Résolutions , à cause de l’analogie du sujet, la Supplique à Marie ou Résolutions prises {par le R . Léonard , en son nom et au nom de ses confrères, lorsqu'il était gardien du * couvent de Florence. Cette pièce, dans l’édition italienne, est en tête de la correspondance et fait nombre avec les lettres de l’auteur. Il nous semble que sa forme et son titre de supplique à Marie ne justifient pas suffisamment une pareille classification.

MES RÉSOLUTIONS

RÉSOLUTIONS

PRISES DURANT LES EXERCICES SPIRITUELS QUE j’AI LE BONHEUR DE FAIRE UNE OU DEUX FOIS CHAQUE ANNEE , DANS LA PIEUSE SOLITUDE DE SAINTE-MARIE DE L’iNCONTRO, EN TOSCANE J COMMEN- CÉES DÈS L’ANNÉE 4717, RENOUVELÉES AVEC PLUS DE FERVEUR EN 1735, ET CONFIRMÉES POUR LA DERNIÈRE FOIS EN 4 745, AU COUVENT DU MONT, A GÈNES.

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