DÉFIANCE DE SOI-MÊME
1. Je pose pour fondement de toutes mes résolutions la défiance de moi-même, puisque toutes mes chutes dans les péchés et les défauts, grands ou petits, auxquels j’ai été sujet, sont provenues de mon orgueil, de ma vanité, de ma suffisance, de ma présomption intérieure et de ma confiance en ma propre habileté. Je le reconnais pourtant clairement, et une triste expérience me force de l’avouer, je ne puis pousser un soupir vers Dieu, ni avoir une bonne pensée, ni former le moindre mouvement salutaire, sans une nouvelle grâce et un nouveau secours de la part de Dieu. Par conséquent je confesse en toute vérité que je suis un ignorant, un être impuissant, désagréable, impropre à quoi que ce soit, ne possédant rien et n’étant capable de rien. J’aurai soin de faire précéder par cette pensée de mon néant toutes mes actions, au moins les principales, telles que prêcher, confesser, donner des avis et autres semblables. Instruit par une expérience manifeste, je confesse et je reconnais que tout bien vient de Dieu, que Dieu en est le principal agent et qu’à lui seul en est dû tout l’honneur et toute la gloire. Ces bonnes résolutions elles ^mêmes, je les considère comme des étincelles de la miséricorde de Dieu, et je sais très-bien que sans sa grâce actuelle, je
MES RÉSOLUTIONS
n’en ferais rien, que dis-je? j’agirais tout à rebours. Aussi, me défiant de moi-même, je me propose d’invoquer dans toutes mes actions, grandes ou petites, spirituelles ou temporelles , si pas toujours extérieurement, au moins intérieurement, l’assistance de Dieu, en répétant maintes fois : Mon Jésus, miséricorde !