‹ Chemin de la croixChapitre 33 sur 153 · XIII« STATION · texte numérisé non relu

XIII« STATION

JÉSUS DANS LES BRAS DE SA MÈRE

Nous venons de contempler Jésus suspendu a l’arbre de la croix au milieu des transes de la mort, et maintenant il repose, froid et sans vie, sur le sein de sa Mère. Anges saints, décidez lequel de ces deux spectacles fut le plus lamentable pour le monde entier. Je le sais, vous donnez la préférence à la douleur de la Mère. Ah ! mes frères, voilà le Calvaire, voici la croix la plus douloureuse et la plus digne de nos larmes : ce sont les bras sacrés d’une mère inconsolable. Ah! pauvre Mère! Peut-on imaginer une douleur plus profonde que celle de la Mère d’un Dieu serrant sur son sein le corps inanimé de celui qui fut tout ensemble et son Fils et son Père? Jésus était Fils de Marie, puisqu’il avait été engendré dans ses chastes entrailles; il était son Père, puisqu'en tant que Dieu il lui avait donné la vie en la créant. Voilà donc concentrés dans le cœur de Marie les deux tourments les plus atroces qui puissent crucifier un cœur, c’est de voir et d’embrasser le corps sans vie d’un père, d’un fils. O douleur! ô transes sans pareilles! Cœurs endurcis, comment pourrez-vous n’être pas attendris à la vue de tant de souffrances? Vous du moins, âmes pieuses, payez au cœur affligé de Marie le tribut d’un soupir d’amour, et que les douleurs de la Mère rencontrent dans nos cœurs la compassion que n’y réveillent point les douleurs du Fils. Heureuse l’âme qui sait se captiver l’amour de Marie; car, c’est un point certain, le véritable dévot de Marie est moralement sûr du paradis.

Page 1