XII0 STATION
JÉSUS ÉLEVÉ EN CROIX
Etes-vous enfin satisfaite, créature obstinée? Vous voilà arrivée au terme de vos désirs. Voyez comme ces barbares, après avoir traîné la croix avec le Sauveur crucifié près de la fosse destinée à le recevoir, la redressent sans ménagement et l’y laissent retomber de tout son poids. Voyez, comme à cette horrible secousse les pieds et les mains se déchirent, les nerfs se brisent, et des flots de sang recommencent à jaillir. O transes ! ô douleur !... Grand Dieu ! qui pourrait exprimer les angoisses immenses de Jésus? Lisez-les, mon cher frère, sur cette face divine et moribonde, obscurcie des pâleurs de la mort. Considérez cette sainte âme qui, avant de se séparer de son corps adorable, pardonne de bon cœur à ceux qui l’ont offensée, donne le paradis à qui le demande, recommande sa Mère au disciple bien-aimé, et touchant au terme de sa douloureuse agonie, jette un dernier regard vers la terre, et avec des yeux pleins de compassion vous cherche, mon pauvre pécheur, afin de vous dire un dernier adieu. Enfin, poussant un profond soupir, Jésus incline la tête, et meurt pour votre amour, au milieu des angoisses et des tourments.
Cieux et terre, créatures inanimées, vous êtes émus de douleur en face d’un tel sacrifice, et parmi nous il n’y en aura pas un seul qui jettera un soupir en faveur de mon Jésus qui vient d’expirer? Ah ! mon Dieu, mort pour moi, crucifié pour moi, Médiateur de miséricorde si outragé pour moi, non, ce ne sont point des larmes, mais du sang que je voudrais verser en retour de tant de souffrances.
Ah ! pécheurs mes frères, courage, grand courage !
car Dieu veut nous sauver. Comment I voir le Fils de Dieu maltraité et mis k mort comme le plus vil animal, crucifié comme un malfaiteur, percé d’une lance comme un assassin de grand chemin, saturé d’opprobres, et tout cela pour moi, et tout cela pour vous ; et ne pas croire qu’il veuille nous pardonner? Non, non ; je ne puis ni neveux en douter. Espérance donc, mes frères, espérance dans la miséricorde infinie de Jésus. Et cet acte d’espérance, je le scelle au nom de tous par un baiser affectueux imprimé au pied de cette croix. Souvenez-vous-en à jamais, afin qu’au moment d’expirer, vous ayez le bonheur de rendre votre âme à Dieu en disant : J’espère, j’espère dans l’infinie miséricorde de Jésus crucifié pour moi.
XIIIe STATION.
JÉSUS ENTRE LES BRAS DE SA MÈRE
O la plus affligée des mères! il n’a donc pas suffi que vous fussiez présente, immobile de douleur comme une statue, au crucifiement et a la mort de votre bien-aimé Fils? Voici que pour surcroît d’affliction, Joseph et Nicodème déposent sur votre sein ce corps adorable, pâle, défiguré, couvert de blessures et de sang. O Mère de douleur, comme votre cœur si tendre et si aimant dut éclater en sanglots et en gémissements, en voyant entre vos bras les restes inanimés de ce Fils unique, l’objet de tous vos amours I Elle arrose ces plaies béantes d’un déluge do larmes et les couvre de mille baisers ; saint Jean et les autres saintes femmes entourent à l’envi ce corps adorable, pour lui prodiguer les marques de leur tendresse. Madeleine embrasse ses pieds, Jean se tient serré sur sa poitrine, et les autres lui baisent les mains. — Approchez-
TROISIÈME EXERCICE
vous aussi, mon pauvre pécheur, et vous adressant tantôt à Jésus, quoique mort, tantôt à la très-sainte Vierge, ou aux âmes ferventes qui lui tiennent compagnie, demandez pardon de vos fautes, suppliez-les de vous faire participant de leur douleur, et des ardeurs qu’ils conçurent de se consumer entièrement à la gloire de Jésus crucifié et mort pour nous.
XIVe STATION.