Chemin de Lévis et Kennebec [microforme]
Il y a quelques semaines, M. le curé de St Anselme eut l’obligeance de me communiquer une brochure intitulée : Chemin de fer de Lévis et Kennebec et ses embarras,—par Charles À. Scoti,un des ci-devant contracteurs. ITisloire concise des relations de Larochelle et Scott avec La ligne depuis son début jusqu'au temps actuel. Ne pouvant m'expliquer pourquoi je n'avais pas reçu cette brochure, je fis volontiers la part de l’inadvertance, comptant bien que M. Scott ne manquerait de me l’adresser. J'attendis en vain; je n’ai pas encore reçu ce pamphlet, qui me concerne plus que mon ex-associé, et il me fait peine de constater qu’au lieu de l’inadvertance que je supposais, il n'y a que malveillance, manque de gentillesse et animosité chez mon ex-associé, qui a de provos délibéré commis cette omission.
Je me demande ce que j'ai pu raisonnablement lui faire pour mériter cette malveillance et cette animosité ? Serait-ce parceque pendant longtemps, je lui ai donné la plus généreuse hospitalité ? Il me semble pourtant qu'après avoir eu M. Scott pour associé durant cinq ans, après l’avoir en toute circonstance traité en gentilhomme, j'avais bien droit de recevoir de sa part l’histoire écrite par lui, et d’une manière injuste à mon égard, d’une entreprise qui m'est chvre à plus d’un titre, au succès de laquelle je me suis constamment dévoué et où j'ai perdu le peu de fortune que j'avais acquis par mon travail et mon industrie personnelle... Peut-être mon ex-associé éprouve-
PR en
t-il un certain malaise de l'injustice avec laquelle il me traite dans cette brochure ? C’est la seule explication que je trouve à l’inexcusable omission dont il s’est rendu coupable envers moi, et j'accepte cette explication avec d'autant plus de plaisir qu’elle me porte à croire que s’il me traite injustement, mon ex-associé est encore accessible à ce sentiment de l'honneur que j'avais cru remarquer chez lui dans le cours de nos relations.
Quoiqu'il en soit, je n'ai pu me procurer sa brochure ni en prendre connaissance que grâce à l’obligeance de M. le curé de St. Anselme, car, chose singulière ! elle n’a été mise ni en vente ni en circulation gratuite chez les libraires, ce qui explique les retards que j'ai mis à réfuter les erreurs qu’elle renferme et à rétablir les faits qu’elle dénature. C’est une besogne pénible ; mais je dois l’accomplir en justice pour moi-même, comme pour tous les autres qui, au Canada, ont contribué à l'avancement de cette belle entreprise du Chemin de fer de Lévis et Kennebeec, eux dont M. Scott méconnaît d’une manière si outrageante les sacrifices et les justes réclamations. $i les prétentions exhorbitantes des soi-disant capitalistes anglais ont pu trouver un défen-
seur zélé dans la personne de mon ex-associé, il est bien juste -
que je me fasse le défenseur impartial des intéressés canadiens, surtout des pauvres ouvriers qu'on voudrait frustrer du produit de leurs rudes labeurs pour en faire bénéficier la cupidité d'un spéculateur. Dans une autre circonstance, je n'ai pas hésité, même au sacrifice du peu de fortune que je possédais, à me constituer le protecteur de leurs intérêts et je m'estime encore heureux de prendre en mains la défense de leur cause, qu’on s'efforce de dénaturer et de compromettre aux yeux du public qui ne connaît pas le fond de l'affaire.
La brochure de M. Scott fourmille d'erreurs et de fausses représentations ; il n’en est pas une page qui ne contienne un nombre plus ou moins respectable de faux avancés. C’est vraiment une longue et ennuyeuse besogne que de réfuter toutes ces inexactitudes, mais je ne reculerai pas devant cette tâche ardue, qui me procure le plaisir de rendre service à des gens qui ne m'ont jamais ménagé leurs sympathies ni leur dévouement etme donne la satisfaction de rendre hommage à la vérité.
La réfutation des erreurs de M. Scott, soit dit en passant, a cela de commode que c’est lui-même qui me fournit les preuves voulues pour constater à l'évidence son inexactitude.
RS ee RÉ E ÉPERES ET u
UT ee