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tous nos créanciers et c'est pourquoi je m’opposai de toutes mes forces au plan de M. Reed, qui ne voulait pas continuer la ;onstruction de la ligne et n’offrait de payer que 15/00 à nos créanciers canadiens.
Donc, au lieu d’accèder aux désirs de M. Reed, je repoussai ses projets et fis tout en mon pouvoir pour l’induire à nous tenir parole et à nous fournir les fends qu’il s'était engagé à nous avancer, lui démontrant que ses projets étaient impraticables— ainsi que je l’ai indiqué ailleurs—et que le seul moyen de réi soudre la difficulté et d'assurer sa créhnce, c'était de nous fournir les capitaux qu'il était tenu de nous fournir et avec lesquels nous pouvions payer toutes nos dettes, établir le terminus dans la ville de Lévis, rendre le chemin jusqu'au village de St Joseph, en un mot faire tout ce qui, d'après M. Reed lui-même, devait rendre l'exploitation de la ligne assez Incrative pour pouvoir payer l'intérêt sur les débentures.
Inutile de dire que dans toute cette lutte j'avais à combattre et M. Reed et M. Scott qui approuvait tous ses projets, et était bien déterminé à tout faire pour en assurer le succès. En vain je lui représentais l’avenir de l’entreprise, les justes réclamations de nos créanciers canadiens qu'il voulait sacrifier ; il faisait la sourde oreille et ne voyait que la réalisation de desseins de M. Reed.
Voyant que tout était inutile, j'avisai aux moyens de déjouer les projets de M. Reed et de mon associé et de parer au coup qu’ils préparaient à l’entreprise elle-même ainsi qu'à nos créar.ciers canadiens. Convaincu aue la construction du chemin pouvait être avantageusement continuée avec les ressources que la compagnie avait à sa disposition, je pensai à trouver un homme qui pût l’entre prendre et la mener à bonne fin tout en payant nos dettes. Je jetai de suite les yeux sur M. Senéual, dont je connaissais l’habilité et l'indomptable énergie, lui qui avait au milieu de difficultés presqu'insurmontables réussi à continuer le chemin de Richelieu, Drummond et Arthabaska, placé dans la même position que celui de Lévis et Kennebec. Je m’abouchai avec lui et il accepta les conditions stipulées au bail qui lui fut consenti par la compagnie. Outre que je le savais capable de construire le chemin et de payer nos créanciers, je le croyais de force à tenir tête à M. Reed et à son cercle: les faits ont prouvé depuis que je ne me trompais point.
Maintenant, je dois déclarer que je n’ai aucun intérêt personnel dans le bail de M. Senécal, qui ne m'a rien promis et auquel