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REMBLAIS

Organisation du déchargement. — Le plus ordinairement, un chantier de décharge s'organise de la manière suivante :

Décharge simple. — Après avoir posé la voie sur la plateforme déjà exécutée au moyen des procédés de transport dont on a disposé, on ménage, à quelques mètres du point de déchargement, une deuxième voie dite de garage ou de remisage^ d'une longueur suffisante pour recevoir au moins deux rames de 6 à 40 vagons.

A l'extrémité du remblai la voie est légèrement inclinée vers la décharge si on emploie le gros matériel, et on y empile 2 ou 3 traverses noyées dans le remblai formant ainsi un bourrelet ou heurtoir pour les vagons (fig. 39).

Quand un train arrive chargé, il est reçu sur la voie AB; la

Décharge simple

locomotive se détache et revient par l^aiguille a et la voie B' juaqu*au chantier de charge chercher un second train. Au moyen du cheval de lance, on détache le premier vagon qui est amené en 6 ; le mouvement qui lui est ainsi imprimé et le choc du heurtoir suffisent à pro* voquer le renversement de la caisse du vagon et opérer le déchargement* Ce vagon est immédiatement poussé sur la voie B' au moyen du cheval de lance, que Ton attelle aussitôt au deuxième vagon chargé pour l'amener au déchargement, et ainsi de suite pour les autres vagons de la rame.

Une installation normale doit comprendre 3 rames de 6 à 8 vagons de Tun ou Tautre type : une en chargement, la seconde en déchargement, et la troisième en route soit vide, soit chargée.

Après le voyage que nous venons d^ndiquer, la locomotive, revenue au chantier de charge, en repart avec un des deux convois en chargement et vient comme précédemment sur la voie AB; elle se détache du train qui est livré alors à Téquipc de déchargement, et, passant sur la voie B*, refoule la rame vide qui s'y trouve jusqu'au chantier de chargement pour revenir alors avec un nouveau train chargé, et ainsi de suite.

Comme on le voit, ces trois opérations doivent être parfai-

Fio. 39.

Décharges double et triple

temenl équilibrées, pour qu'il n'y ait ni fausse manœuvre, ni perle de temps ; la charge, pas plus que la décharge, ne doit être arrêtée un seul instant. Au début du travail, aJors que les transports se font à de courtes distances, la locomotive peut avoir des arrêts à Tune ou l'autre extrémité du chantier; mais, quand ces distances augmentent, l'équilibre s'établit.

L'expérience indique, d'ailleurs, rapidement les points où l'actÎTité doit être augmentée.

Avec cette installation, si on emploie du gros matériel et pour un transport à 1 kilomètre par exemple, on peut faire en moyenne 4 voyages par heure avec un minimum de 6 vagons, ce qui donne environ 30 mètres cubes, soit à peu près 300 mètres cubes dans une journée de dix heures ; on pourrait ainsi vider une tranchée de 30.000 mètres en quatre mois de travail, ce qui constitue une marche normale.

Décharges double et triple. — Si ce débit était insuffisant, on pourrait l'augmenter en installant une décharge double ou même triple, comme l'indique M. Sévène dans son Cours de Chemins de fer {fig. 40).

En doublant, par exemple, les

voies de décharge, on double

aussi la largeur en couronne do

Fio. 40. lavancement, et le cube à ajouter

latéralement devient presque nul.

On peut aussi poser trois voies de décharge de front, car on

peut réduire la largeur d'enlrevoie exigée pour les voies

définitives, et dans ce cas le cube correspondant au déchar-

PLATKFORMK

gement latéral disparait complètement. Mais, dans l'un et l'autre de ces deux cas, les sujétions relatives à Tusage du tronc commun parles vagons allant à la décharge occasionnent des pertes de temps qui diminuent le débit. Avec deux décharges on ne dépasse guère un cube journalier de 450 mètres, ce qui en dix mois suffirait à vider une tranchée de 1.000.000 à 1.200.000 mètres cubes; cela constitue déjà une tranchée considérable. Mais il est rare qu'on soit obligé d'employer ces derniers procédés et qu'une tranchée de cette importance soit enlevée par une seule décharge ; on l'attaque presque toujours des deux bouts à la fois.

Décharge au Decauvillc. — Le déchargement des vagons

Fio. ',1

Decauville se faisant en bascule par côté le plus o; «linuire-

ment (il existe des vagous basculant par bout], on peut obtenir néanmoins Favancement en remblai, avec ce matériel, soit au moyen du ri page des voies à leur extrémité, ce qui est toujours très facile a faire, soit par la pose d'un bout de voie courbe permettant de faire un déchargement normal à cette extrémité, soit par un régalage successif et en avant de la décharge restant sur la plateforme {fig. 41 ).

On peut aussi placer sur Textrémité du remblai un petit échafaudage permettant de recevoir un ou deux vagonnets qui, en versant les remblais de chaque côté, en avant de la plateforme normale, forme un massif central s*élargiasaat successivement. .

Tassement des remblais. — Surélévation. — Le mode de déchargement des remblais à pleine hauteur a pour conséquence, des tassements assez considérables de la plateforme après l'exécution, surtout après une période de pluies. Od tient compte de celte circonstance en donnant aux terrassements une hauteur telle qu'après le tassement la plaieforme soit à peu près à son niveau définitif. Le relèvement est

ordinairement du rr de la hauteur du remblai et. prend la

forme ci-dessous {fig. 42) ; il est, comme on le voit, plus sensible

Fio. 42.

sur le couronnement de la plateforme que sur les talus qui ont pris à peu près immédiatement leur épanouissement définitif.

Cette surélévation est généralement donnée aux remblais quand la pose des voies doit se faire longtemps après ; au bout de six mois, le tassement est à peu près complet, bieo

PLATEFORME i37

que dans œrtaiues circonstances on en ait encore remarqué les effets quelques années après l'exécution.

Si la mise en exploitation doit néanmoins suivre de trop près Fexécution des terrassements on ne peut guère exécuter le relèvement de la plateforme aà qui diminuerait trop la couche de ballast ; TefTet du tassement est alors racheté par des couches successives de ballast qui remettent ainsi progressivement la voie à sa cote normale. Mais, afin de laisser plus tard à la plateforme son proQl définitif, il est nécessaire de lui donner avant le ballastage le supplément de largeur W correspondant au tassement des talus, pour n'avoir rien à y ajouter ensuite, car les élargi.ssements ultérieurs sur les talus ne constitueraient qu'un placage sans cohésion avec le reste du remblai et, par suite, sans aucune solidité.

Précaiitioiu aux aborda des onvragM d'art. — Avec la décharge à pleine hauteur on est, en outre, obligé de prendre certaines précautions aux abords des ouvrages d'art sur lesquels doit passer le remblai, car les terres arrivant brusquement et avec une certaine force contre les maçonneries des piédroits pourraient les détériorer ou même les renverser. Ces précautions énumérées au devis sont généralement les suivantes:

Dès que le pied des talus du déchargement arrive près des maçonneries d'un ouvrage, une équipe d'ouvriers prend, à la brouette, dans ces talus, les terres nécessaires aux remblais autour et de chaque côté des maçonneries et les monte en les pilonnant avec soin jusqu'au-dessus de la voûte, que l'on enveloppe ainsi d'un massif qui la préserve du choc occasionné par la chute des remblais. Le passage des vagons sur l'ouvrage et le déchargement sur la voûte ne peuvent avoir lieu que quand celle-ci est recouverte d'une couche de remblai d'au moins \ mètre à «",50 suivant l'importance de TouTrage.

Rétablissement du piquetage de l'axe. — Les tranchées étant complètement vidées, on procède au rétablissement du piquetage et au nivellement des piquets d'après les repères établis précédemment. On emploie, comme pour le tracé

U8 CONSTKL'CTION

déOnitif, des piquets encoches que Ton enfonce à la cote rougo du profil en long ; une pointe placée sur la tète de chaque piquet indique exactement l'axe du tracé. Cet axe n'est rétabli sur les remblais qu'après le tassement complet des terrassements.

Règlement des talus. — Il ne reste plus alors pour les tranchées qu'à faire le roglement et le dressement des talus •et Touverture des fossés pour l'écoulement des eaux qui pourraient raviner la plateforme.

Le pied et la crête des talus étant parfaitement déterminés par de petits piquets, on décape la surface d'après des saignées de 20 à 30 centimètres de largeur espacées de 2 à 3 mètres, dressées au cordeau suivant le gabarit du profil définitif de la tranchée déterminé par des liteaux cloués sur des piquets {fig. 43). Ces saignées, appelées des M en terme de

Ki.ï. 43.

chantier, servent ainsi do repères entre lesquels il n'y a plus qu'à enlever les terres en saillie sur le plan régulier des talus.

Le règlement des talus de remblai ne se fait qu'après le tassement complet.

C'est l'ouvrage d'une catégorie de terrassiers appeh'iî taluteurSf qui ont vite acquis une certaine habileté dans ce travail spécial.

Fossés. — Une fois les lalus dressés et réglés, ou procède à l'ouverture des fossés. Ceux-ci, d'après le type ordinaire, ont généralement 0™,80 d'ouverture en gueule, 0«»,30 en plafond, et0",2^de profondeur. Quelquefois, afin de faciliter récoulement des eaux sur la plateforme, on donne à celle-ci

Profil dans les terres ordinaires

une pente transversale de O^ïOS. Le fossé conserve sa largeur en gueule de 0",80 ; mais, comme sa profondeur a augmenté de 0",0o pour conserver aux revers l'inclinaison de 45**, on réduit la largeur en plafond à O^jSS, ce qui est peu appréciable en exécution et n'offre aucun inconvénient (fig. 44 et 44 bis).

Dans les terrains argileux et humides, il est quelquefois nécessaire d'établir les fossés avec des revêtements en pierres s^ches; on leur donne alors la disposition indiquée au profil ci-après {fig. 45) ; on dresse le fond de la fouille à 0'",45 en contre-bas de l'arête de la plateforme, le revêtement est fait en moellons bruts, sans parement, choisis parmi les plus réguliers et dégrossis seulement d'un coup de marteau.

Quand les fossés doivent assurer un écoulement d'eau permanent, il convient de leur faire un revêtement en maçonnerie avec radier en béton et des barbacanes de distance en distance, tous les 2 à 3 mètres, suivant les circonstances. Dans ce ca.s on garnit la face postérieure des maçonneries.

du côté des terres, d'un blocage en pierres brûles formant

Profil cUns los leiraitis humides.

^ d.8o ^...iJkL.^.'Xi

drain pour recevoir les eaux provenant de la tranchée (fig. 46». Dans les tranchées de rocher, la largeur de la plateforme est ordinairement de 9«*,10. On ménage de chaque

PhJÎiî avec éÈmlletnént. d'eaux latérales,

Fig. 46.

côté, pour Técoulement des eaux, un petil fossé auquel on fait un revêlement en pierres sèches ou en maçonnerie à mortier avec barbacanes du côté du ballast. Ces fossés son! recouverts, de 20 en 20 mètres environ, par des dalles ayant 2 mètres de largeur. Les muretles sont montées à environ 0",<0 au-dessus du niveau de la plateforme, de manière

que le couronDement corresponde à peu près au pied du talus de la banquette du ballast {/Ig. 47). On obtient les bar* bacanes en ménageant, tous les 2 mètres au plus, des jointfi;

j^\ Profil ààixs le rocher

1 Fjg, 47.

sans mortier d*environ 0"^,05. On pratique dans le parement du rocher, à la hauteur de la murette établie du côté de la plateforme, une entaille pour y placer la dalle de recouvroment du fossé.

§2. — Consolidation de talus

La question des consolidations de talus est un des points les plus importants de l'exécution des terrassements, et

142 COÎSSTRUCTION

qui présente beaucoup d'aléa ; elle mérite à ce titre d'être traitée avec quelques détails. Les cas étant nombreux et variés, on ne peut certainement les envisager tous ; on ne peut donner que des indications sur les principes généraux dont l'application dépend absolument des circonstances.

En général les causes de dégradations des talus proviennent ou de l'extérieur ou de l'intérieur.

DÉGRADATIONS PROVENANT DE l'EXTÉRIEUR

Il arrive en effet souvent que des terrains argileux, même très mamelonnés, se tenant par eux-mêmes très bien eu équilibre, présentent peu de cohésion, à leur surface, dès ifu'on y a fait un certain travail, ou qu'on y a ouvert une tranchée. Les talus taillés dans des terres mélangées d'argile s'altèrent et se décomposent au contact de l'air ou sous l'action plus ou moins destructive des eaux provenant des terrains supérieurs et qui en ravinent la surface.

Pour ces accidents qui proviennent de causes extérieures, le remède est tout naturel et consiste à mettre les talus à l'abri de l'action destructive des agents atmosphériques.

Fossés de crête. — On les préserve d'abord des eaux venant des terrains supérieurs en établissant au sommet de la tranchée un fossé de crête, dont on dirige les pentes sur chacun des versants de la tranchée et auquel on ménage, au besoin, un écoulement dans des descentes perreyées établies, de distance en dislance, dans le talus et débouchant dans le fossé de pied de la tranchée ifig. 48).

Il est parfois prudent de maçonner ce fossé et même d'y faire un radier en béton si l'écoulement d'eau est considérable, afin d'éviter les infiltrations pouvant occasionner des éboulements. On a soin également de régler le terrain au sommet de la tranchée avec une légère pente du côté du fossé, de façon à éviter que les eaux se répandent sur les talus et les dégradent.

Pour préserver les talus du contact de l'air et des dégra-

dations superficielles, il faut, selon les circonslauces, les recouvrir de semis, gazons, plantations, de perrés à pierres sèches ou eu maronnerie à mortier ou même de clayonnages.

Tlâteformc

Fir.. /,8.

Quand on veut faire surtout des semis et dosgazonncmonis, il est à peu près indispensable que Tinclinaison des talus soit d'au moins 6/4, ces travaux ne réussissant pas toujours sur des talus à 45*>.

Semis. — Si on fait des semis sur des terres argileuses, aussi bien en déblai qu'en remblai, il est nécessaire de recouvrir la surface du talus d'une couche de terre végétale d'au moins 0",15 à 0"»,20 d'épaisseur. A cet effet les talus élant réglés suivant la ligne pointillée [fig. 49) ci-après, on taille des redans espacés de 4 mètre à 4™, 50, suivant l'inclinaison de ces talus, en enlevant une couche superficielle de 0",10 à 0",I5, et on y applique ensuite une couche de terre végétale que l'on pilonne avec soin. On fait alors les semis en grattant au râteau la surfaces dos U'ilus que l'on bat ensuite légèrement fiu moyen d'une danio plate du poids d'environ 3 kilogrammes.

Pour faire ces semis, il faut profiter d'im temps humide, autant que possible après une pluie ; pendant la sécheresse

on serait obligi^ irarroser l<^gèrement la surface au moyen d'une pompe à main après le répandage des gi^aines.

On emploie généralement des graines de prairies ordinaires mélangées de trèfle rouge, de sainfoin et surl^îut de luzerne

' végétale natarelle

Fia. 49

et de chiendent dont les racines pivotantes atteignent de grandes profondeurs et constituent un rapide et puissant moyen de consolidation. Le prix de revient ne s'élève pas à plus de 0 fr. 10 par mètre carré, et peut s'établir ainsi qu'il suit pour 100 mètres carrés :

Savoir;

fr.

Une journée de manœuvre taluteur 4,50

A ajouter pour faux frais et bénéfices, 15 0/0. 0,67

Fourniture de graines mélangées 0,55

Main-d'œuvre (1/2 journée) 2,25

Faux frais et bénéfices, 15 0/0 0,33

Pour 100 mètres carrés 8,30

Soit par mètre superficiel : 0 fr. 083.

On compte généralement de 30 à 50 kilogrammes de graine? pour ensemencer un hectare de talus ; cela dépend, du reste, aussi de la nature du sol et des graines que Ton emploie.

I>L.\TiroiLME

Gazonnements. — Les gazonncmenls doimeutciussiiic bous résullats, mais surtout dans les Iranchées. Ils se font de deux façons: à plat, comme placage, ou on boutisse, c'esl-àdire par assises, avec des mottes de gazons ayant au moins de 25 à .jO centimètres de longueur, i.ïà 20 de largeur et 10 à 12 d'épaisseur, choisis autant que possible dans des endroits humides, très herbus v.l bien garnis de racines vives. Pour l'enlèvement des gazons on prolite, quand on le peut, des prairies existant dans les emprises ou dans les excédents, de façon à diminuer les indemnités à payer de ce chef aux propriétaires.

On se sert pour hîs découper d'un conleiiu spécial à manche, muni d'une corde (py. HO): un ouvrier* IcMinnl le

3u a gazoTiG

FiG. ôO.

manche dirige et maintient le couteau aune certaine profondeur, tandis qu'un autre ouvrier tire sur la corde de manière à déterminer des bandes régulières comme le ferait le contre d'une charrue

L'enlèvement se fait ensuite de la même façon avec une héche recourbée [fiy. ol) et également muniiî d'une corde ; l'ouvrier qui. tient le manche n'a (ju'à lo maintenir suivant une certaine inclinaison pour avuir dfM niolti's de t^n/oii duni' épaisseur voulue. Ces mottcb sont mises en «lépot il ( ouscicuh^rniCTiu.N lt v«iie. iO

146 C0N8ÏKUCT10>

vées en tas, l'herbe en dessous, et arrosées si cela est néccs-

Fio. 51.

saire en temps de sécheresse. Cet enlèvemenrne^doitpas être fait trop longtemps avant l'emploi, car les gazons se détériorent vite en dépôt, malgré les précautions prises et reprennent plus difiicilement après leur mise en place dans ces conditions.

Gazonnements à plat. — Pour les gazonnements à plat, ou placage, on commence par enlever sur la face des talus une

Profil du ulos <»}

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(b) Rlcv'alion Uterale

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