PASSAGES INFÉRIEURS
AUX conditions que nous avons indiquées plus haut pour les ouvrages nécessaires à Técoulement des eaux (qui sont eux-mêmes des passages inférieurs), ceux-ci doivent, en outre, satisfaire à la clause stipulée par l'article 11 du Cahipr des Charges, ainsi conçu :
« Lorsque le chemin devra passer au-dessus d'uue route nationale ou départementale, ou d'un chemin vicinal, l'ouverture du viaduc sera fixée par l'Administration, en tenant compte des circonstances locales; mais cette ouverture ne pourra dans aucun cas être inférieure à :
8 mètres pour une route nationale ;
7 — — — départementale ;
V) mètres pour un chemin de grande communication ;
4 mètres pour un simple chemin vicinal. « Pour les viaducs de forme cintrée, la hauteur sous clef à [lartir du sol de la route sera de 5 mètres au moins ; pour ceux qui seront formés de poutres horizontales en bois ou en fer la hauteur sous poutre sera de 4", 30 au moins. »
Ponts en maçonneries. — Ce sont ces dimensions qui sont généralement adoptées dans la pratique ; on comprend qu'elles doivent donner lieu à des sujétions et à des modifi-
cations du profil des chemins aux abords. Appliquant ces dispositions à la traversée d'un chemin ordinaire, c'est-à-dire il un pont de 4 mètres en maçonnerie, on trouve que la forme la plus ordinaire est la voûte en plein cintre.
L'ouverture de 4 mètres donne une flèche ou montée de voûte de 2 mètres; la hauteur sous clef devant être de *» mètres, on a une hauteur de piédroits de 3 mètres. Si on applique les formules d'épaisseurs à la construction de cet ouvrage, on a une voûte de 0™,oO : une
chape de 0",tO la recouvrant et, enfin, la couche de ballast de 0"»,50, comme l'indique le croquis {fig. 94), ce qui donne une hauteur totale de 6™, 10 entre la chaussée et le niveau du rail, savoir :
Piédroits 3"» ,00
Voûte, montée 2 ,00
Maçonnerie 0 ,50
Chape 0 ,10
Ballast 0 ,50
Total 6"", 10
Bien que l'étude de la ligne rouge du profil en long d'un chemin de fer ait été faite en conséquence, de manière à no pas trop modifier l'état des routes et chemins traversés, il est rare que la hauteur ci-dessus puisse être obtenue sans un abaissement du niveau de la chaussée du chemin ou de la route.
Si on dispose d'une différence de dénivellation plus grande que celle ci-dessus, on peut, selon les circonstances, surélever le type sur ses piédroits, l'allonger sous les remblais, ou encore, si cela est possible, recourir au type à culées per-
Poulrcs métalliques
Ps^
dues, comme on Ta dit précédemment pour les ouvrages sur cours d'eau.
Poutres métalliques. — Si, au contraire, et c'est le cas le plus ordinaire, la hauteur dont on dispose est inférieure à 6",10, on abandonne le type voûté pour \f remplacer par le type à poutres métalliques, la hauteur exigée n'étant plus que de 4™,30, au lieu de 5 mètres. Pour un pont de 4 mètres une poutre de 0*,42 suffit {fig. 95) (une poutre semblable peut résister à la charge réglementaire par millimètre carré). La longrine supportant le rail a, y compris celui-ci , une hauteur d'environ 0",38, ce qui donne en tout :
Kio. {I5.
Sous poutre
Poutre 0
Longrine et rail o
Total ""
C'est, on le voit, 1 mètre de gagné sur le type normal. Poutres jumelles. —Si celte réduction ne suffit pas encore. Poutres jumelles
Fie. 96.
on emploie alors un type spécial dit à pouf resywme//es(/lg. 96;.
Ce type consiste, comme Tindique sou nom, en deux poutres assemblées entre lesquelles on place la longrine supportant chaque file de rails ; on obtient ainsi :
Hauteur sous poutre 4™,30
Poutre 0 ,40
En tout 4»,70
soit 1™,40 de gagné sur le type normal. C'est la plus grande rédaction qu'on puisse obtenir.
Les diverses conditions d'application du type de 4 mètres qu'on vient d'examiner peuvent se représenter pour les passages inférieurs de 5, 7 et 8 mètres, avec la seule différence de l'augmentation des dimensions nécessaires pour satisfaire aux conditions de stabilité de ces ouvrages.
Prix de revient de quelques passages inlérienrs. — On ne peut donner ici que des indications sommaires sur l'adaptation de tel ou tel type, suivant les circonstances et les cas qui peuvent se présenter : ceux-ci sont trop variés pour être appuyés d'un exemple. On trouvera ci-dessous les prix de revient pouvant (Hre admis dans la rédaction d'un avant-projet pour les cas ordinaires, sans trop de chance d'erreur.
francs
Passages inférieurs de 4 mètres en maçonnerie 12.000
— 4 — avec poutres métalliques. 11.500
— 5 — en maçonnerie 17.500
— 3 — avec poutres métalliques. 15.500
— 7 — en maçonnerie 21.000
— 7 — avec poutres métalliques. 20.000
— 8 — en maçonnerie 26.000
— 8 — avec poutres métalliques. 25.000
Ces prix, qui s'appliquent à des lignes à double voie, ne sont, bien entendu, que des moyennes pouvant varier dans de certaines limites, suivant les circonstances et les localités ; pour un chemin de fer à voie unique les prix ci-dessus peuvent être réduits de 1/3 environ, la moyenne des longueurs entre les tètes de ces ouvrages étant ordinairement dans le rapport
de 8«,40à 5«.60, suivant qu'ils sont construits pour une ou pour deux voies.