CHAPITRE XIII TRAIN OU CHASSIS
g 1. — Caractères généraux.
Le matériel roulant des chemins de fer se distingue de celui en usage sur les routes par les caractères généraux suivants:
1» Application de mentonnets ou boudins aux bandages de roues, afin de maintenir celles-ci dans la voie;
2" Calage des roues sur les essieux, en vue de donner plus de solidité à l'ensemble de l'essieu et des deux roues ;
3" Conicité des bandages, pour racheter la différence des parcours effectués par chaque roue, dans les courbes, et maintenir le véhicule dans l'axe de la voie en alignement droit;
4" Parallélisme plus ou moins absolu des essieux, dans un but de simplification et de solidité ;
5'"' Position des roues sous les caisses qui débordent latéralement, ce qui permet de leur donner la plus grande largeur possible ;
';° Application de la charge sur des fusées extérieures aux roues ; on a ainsi une plus grande stabilité.
§ 2. — Châssis.
On substitue presque partout, au moins pour les brancards ou longerons, le fer ou l'acier au bois. Il n'est pas douteux que l'emploi du fer augmente sensiblement le poids mort du véhicule ; mais il augmente en même temps la solidité et la durée, tout en diminuant le prix de revient. L'emploi de l'acier, qui présente les mêmes avantages que le fer, avec cette supériorité qu'on peut, pour obtenir la même résistance, diminuer la masse du métal, semble donc s'imposer, aujourd'hui qu'on est arrivé cà fabriquer des aciers très homogènes.
Pour les voitures à voyageurs, certaines Compagnies, notamment en Angleterre, préfèrent toutefois les châssis en bois. Avec ceux-ci et les roues Mansell, à centre en bois, elles prétendent obtenir un roulement plus doux et moins de sonorité.
Depuis quelques années, on construit des châssis de wagons en tôle emboutie ; on en fait aussi en fer5 creux, c'est-à-dire de forme tubulaire.
î^ 3. — Essieux.
Parties de l'essieu. — Dans un essieu, on considère trois parties : les fusées, sur lesquelles porte la charge ; les portées de calage, où sont fixées les roues ; le corps de l'essieu, partie qui est entre les roues.
Efforts. — Les essieux, lorsqu'ils sont en mouvement, se trouvent soumis à des efforts qui [ieuvent être classés en cinq groupes :
[" Efforts de flexion dus à ce que la charge portant sur les fusées ne passe pas par les points d'appui des roues sur les rails ;
2" Efforts de cisaillement au droit des mêmes points;
3" Efforts de flexion résultant des chocs des boudins sur les rails :
4» Efforts de torsion provenant de la résistance au roulement appliquée à la jante des roues ;
5" Efforts de torsion dus aux parcours sur les courbes.
Quelques-uns de ces efforts peuvent être déterminés par le calcul, mais il en est qui échappent à toute analyse, et ne peuvent être évalués même approximativement ; tels sont les chocs des rails sur les boudins.
En raison de la rotation de l'essieu, ces efforts agissent constamment en des points différents ; les fibres de l'essieu sont alternativenient tendues et comprimées par suite des efforts de flexion dus à l'application de la charge. Cette répétition d'efforts alternatifs diminue considérablement la résistance des essieux après un certain parcours, ain^^i que l'ont montré les expériences de Wœlher i. C'est pour cela que
1 Couche, Voie, matériel roulant et exploitation technique des chemins de fer, t. II, p. 121.