‹ Chesnelong, sa vie, son action catholique et parlementaireChapitre 2 sur 302 · ARCHEVÊQUE DE SENS · texte numérisé non relu

ARCHEVÊQUE DE SENS

Orthez, le 6 janvier 1913.

Cher 3f on seigneur.

Je vous remercie d'avoir voulu me dédier le beau livre que vous avez consacré à la mémoire de mon bien-ai7né père.

Je vois dans ce délicat hommage plus qu'une aimable attention, digne dun cœur tel que le vôtre ; fy vois une pensée de foi : prêtre, vous avez voulu honorer la plénitude du sacerdoce dont a été investi, malgré son indignité, un des fils de votre héros.

A V expression de ma gratitude pour une délicatesse dordre tout surnaturel, il m'est doux d'ajouter celle de ma reconîiaissance émue pour la conscience et le talent que vous avez mis à retracer la vie du grand chrétien dont la tendresse, les conseils

Vni , CHESNELOXG

et les exemples ont été et demeurent Vhonneur et la fierté de ses enfants.

Vous avez voulu œnserver aux générations futures le souvenir d'un Français^ serviteur passionné de son pays^ à la prospérité et à la grandeur duquel il travailla sans relâche, pendant trente ans, avec un dévouement qui ne recula janiais xlevant un labeur, un désintéressement qui Vempêcha toujours de rechercher ou de fuir une responsabilité.

Vous avez voidu dégager, par-dessus tout, les exemples d'un catholique, modèle, dans la vie jyrivée, de hautes vertus, — dont la prière et Vamour de la sainte Eucharistie soutenaient les énergies, — défenseur infatigable, dans la vie pid)lique, des droits et des libertés religieuses, soit en dehors du Parlement, sur le terrain des œuvres, où beaucoup des organisations qu'il fut appelé à poursuivre, à diriger ou à créer, témoignent encore de la vitalité qu'il leur donna, soit dans les Assemblées successives dont il fit partie : au Corps Législatif, où son premier effort marqua une victoire pour les droits du Saint-Siège, — à V Assemblée Nationale, où il ne cessa de faire entendre les revendications chrétiennes, — au Sénat, où, après des luttes mémorables, ses derniers accents furent un cri de protestation en faveur de la liberté d'enseignement et du respect de la conscience des pères de famille.

Vous avez conduit votre œuire de main de maître ; vous avez si parfaitement pénétré Vâme de mon bien-aimé père, que nous, ses fils et ses

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