LETTRE DE MONSEIGNEUR CHESNELONG IX
confidents^ nous avons pu nous demander, en lisant votre récit, si vous n'aviez pas été du nombre des privilégiés à qui cette âme s'était ouverte et qui avaient été admis à apprécier, avec nous, tout ce qu'elle renfermait de noblesse, d' élévation, de vaillance et de loyauté.
Vous avez compris Vespn'it de foi qui dominait toutes ses pensées, dirigeait tous ses actes, enflammait son intrépide ardeur, rendait implacable, — quelle que fût son inlassable courtoisie envers les personnes, — sa véhémence contre F erreur, fortifiait son intransigeance sur les principes, sa vigueur à les exposer, à les défendre, à en revendiquer le respect, à en affirmer la pérennité indéfectible, inspirait son zèle d'apôtre au service de la vérité et de la charité.
Vous nous avez redit ses joies, qui trouvaient un épanouissement facile dans la sensibilité et la bonté de son cœur, — ses souffrances, d'autant plws vivement ressenties que, plus nettement, il voyait compromises les ambitions chrétiennes et patriotiques qu'il avait conçues pour l'ordre, la paix et la gloire de son pays, — ses indignations profondes et ses cruelles angoisses, devant la violation des droits les plus sacrés des catholiques et l'arrachement successif de leurs libertés les plus nécessaires, — mais aussi, malgré toutes les destructions consommées ou redoutées, ses invincibles espérances dans le triomphe de la religion et la restauration de la France chrétienne.
X CHESNELONO
Je suis heureux de penser que, grâce à votre ouvrage si consciencieux et si vrai, celui dont vous avez retracé la vie continuera à faire le bien et à attiser, dans les âmes de ceux qui vous liront, les grands amours qui remplirent sa carrière : l'amour du travail, de la famille, de V honneur, de la Patrie, de r Eglise et de Dieu.
A écrire ces pages bienfaisantes, vous avez mis tout votre cœur ; à vous dire : merci, je mets tout le mien.
Ce merci, je vous V envoie du vieux foyer familial que mon regretté père a grandement honoré par ses labeurs, réchauffé par sa tendresse, sanctifié par son ardente piété.
Les traditions qu'il y avait établies y sont jalousement gardées, et ma vénérable mère, qui, pendant cinquante-qvAxtre ans, a soutenu de toute la puissance de sa ferveur, de son énergie et de son exquise bonté celui dont son cœur ne se sépare pas, est toujours rame de la vieille maison.
Votre œuvre. Monseigneur, y demeurera un monuîïient impérissable, et je me plais à vous donner Vassurance que votre nom restera cher à nos cœurs, qui, désormais, sont liés à vou^ par le double sentiment de la reconnaissance et de V affection.
Jean- Victor- EMILE,
Archevêque de Sens.