CHESNELONG. — 2'J
de bien et de cœur qui se dévouent, avec une sainte passion, à une grande œuvre, l'hommage s'échappe, et, au risque de blesser leur modestie, on ne peut le retenir. Ils ont ressuscité le patronage chrétien et l'association chrétienne ; ils ont rempli leur cœur, ils ont rempli le cœur de leurs ouvriers de la charité de Jésus-Christ, s'appuyant à la foi de son Éghse. Ils ont créé l'usine chrétienne, et, dans ces fondations modèles, vous chercheriez vainement la question sociale ; elle s'est évanouie comme l'aube s'efface devant la lumière, comme la lutte acharnée des égoïsmes contraires disparaît dans l'harmonie fraternelle du dévouement chrétien. »
De ses discours aux cercles d'étudiants des villes belges, nous savons peu de chose. Par déUcatesse pour son pays, et afin de ne pas souligner le geste de la Belgique recourant à sa parole, alors qu'on lui fermait, en France, l'accès de la tribune, il avait imposé silence à tous les joiirnaux. Des lettres particuhères nous révèlent seulement le caractère spécialement romain de sa conférence aux étudiants de Louvain. M. Charles Périn, l'économiste si connu pour son attachement au Saint-Siège, sachant qu'il avait été invité par les catholiques libéraux de Louvain, était inquiet du résultat ; il fît avertir Chesnelong de l'écueil menaçant. Son embarras fut de courte durée. Quelques jours après la séance, il écrivait à un ami : « J'aurais voulu vous dire plus tôt quelle impression d'enthousiasme la conférence de M. Chesnelong a produite ici, parmi nos élèves et parmi bon nombre de nos professeurs... Chez un certain nombre de ceux-ci, les courageuses déclarations de l'orateur sur le Syllabus ont jeté un peu de froid ; mais tous ceux qui défendent la bonne doctrine, et les étudiants en masse, ont été ravis. Ils ont été mieux que ravis, ils ont été conquis à l'orateur et à sa pensée. Cette conférence a fait à nos