CHAPITRE XVI
hauteurs. Les Chesnelong envahissent le Nord • Je félicite le Nord (1) ! »
Cette union allait créer pour Chesnelong un nouveau centre d'attraction vers une ville où le mouvement cathohque était d'une intense activité, et où, l'ayant une fois entendu, on ne se rassasierait plus de sa parole.
Pour le moment, c'est au delà de la frontière qu'on l'appelle. On sait, en Belgique, que le défenseur de l'indépendance du pape et de la liberté du haut enseignement vient d'être privé de tout rôle politique. On sait qu'il est à Lille, et qu'il ne demande qu'à encourager le mouvement catholique qui se dessine chez nos voisins. Aussitôt d'Anvers, de Bruxelles, de Mahnes, de Louvain, de Liège lui arrivent des demandes qui le déterminent à entreprendre une véritable tournée de conférences. Mais comme, à la même époque, M. de Caulaincourt organise, à Lille, un grand congrès cathohque, il est entendu qu'avant son départ pour la Belgique, le 19 novembre, Chesnelong parlera à la séance de clôture.
De cette harangue très ample et très doctrinale nous ne détachons qu'une pensée. Le vent, parmi les économistes cathohques, est à la restauration des antiques corporations, débarrassées de leurs entraves d'ancien régime. Le système préconisé par eux vient d'être inauguré au Val-des-Bois, dans l'usine modèle de M. Léon Harmel. Après avoir passé en revue les solutions insuffisantes ou malfaisantes de la question sociale, Chesnelong signale cette expérience à l'émulation des patrons clurétiens : « Où est donc la vraie solution ? Demandezle à M. Harmel et à ^NI. GuUlou. Qu'ils me pardonnent de les nommer ; mais quand on rencontre des hommes
(1) Lettre inédite, du 28 août 1876.