‹ Chez l'avocat, comédie en 1 acte en vers libresChapitre 7 sur 31 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

Les Mêmes, MARTHE.

MARTHE

Merci! j’attendrai! — M’y voici!..

Quelle aventure, hélas! j’ai peine à m’en remettre :

Le cœur me tremble fort, et mon pire souci C’était qu’on me pût reconnaître !

Ah ! Dieu ! s’il mè savait ici,

Mon mari?.. — Mais bah!., je raisonne :

Sous ma voilette on ne peut pas Distinguer mes traits — et personne,

A coup sûr, n’a suivi mes pas !

Courage! — Ah! vous pensiez, monsieur, qu’étant un homme Ayant la barbe et la puissance devers vous,

Vous pourriez faire de moi comme Des petits agneaux font les loups...

Et que, victime effarouchée,

Je vous laisserais — aux abois —

chez l’avocat

Mettre la griffe sur mes droits,

Et n’en faire qu’une bouchée?. .

— Point ! Je les défends... mordicus !

Je suis mauvaise, et je me venge.

C’est le poids de leurs fers qui fait les Spartucus I Je ne suis point de ceux qu’on emporte et qu’on mange Sans autre forme de procès —

Et dans le Praticien français Choisissant, pour seivir ma haine, +

Les moyens les plus tapageurs,

Par huissier, et dans la huitaine,

A ces lins de briser ma chaîne — Comme un malfaiteur — je vous traîne Devant les tribunaux vengeurs 1 Un bon procès, puisqu’on m’y force,

En séparation de corps ;

N’ayant qu’un regret — vu vos torts —

Qu’on ait aboli le divorce!

Un bon procès ! En-Aii putois,

C’est Kembûché que je vous dresse,

Et vous aurez à faire à maître Ducanoisl

— C’est une amie h nous qui m’a donné l'adresse s

Dans un cas... tout pareil au mien,

Il a — jadis — plaidé pour elle.

Et comme il a gagné sa cause, on .pense bien Qu’il s’est acquis.par ce moyen Sa reconnaissance éternelle A mon tout, bikas! j’en appelle A ses talents, ayant uftirtj le cœur cette foi Que ce qu’il a fait pour elle Il le va laire pour moi !

— Plaider!., et contre Hector! . . où me vois-je réduite ? Et qui m’eût dit, le jour qu’Hector reçut ma main,

Quel pitoyable lendemain A ce jour heureux ferait suite?..

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