‹ Chez l'avocat, comédie en 1 acte en vers libresChapitre 9 sur 31 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

LES MÊMES, moins le Monsieur.

C II A R V E U O N , repreuont sou journal.

Reste à deux !

CHEZ L’AVOCAT

MARTHE, qui a rogardé Ducanois.

C’est lui !.. c’est à peine Si j’ai pu l’entrevoir, mon futur défenseur,

Et j’éprouve déjà ce trouble précurseur De la confession prochaine :

Un avocat, c’est comme un confesseur!

A leur tout dire on est tenue ;

Ils ont bonne ouïe et bons yeux,

Et ce qu’il faut à ces messieurs C’est la vérité toute nue!..

Eh bien, je la puis dire, et sans confusion —

Sans remords — sans contrainte aucune !

Mon père... — non ! monsieur... plaignez mon infortune! Vous avez à vos pieds madame Charveron.

L’été dernier — pour mes péchés sans doute — Maman m’ayant amenée au Tréport,

J’y remarquai — Dieu sait ce qu’il m’en coûte ! Certain baigneur qui me plut tout d’abord.

Non qu’il fût beau — séduisant — héroïque Comme Olivier, Amadis ou Guzman —

J’étais moi-même une fille pratique Et faisais fi des princes de roman.

Mais l’étranger, sur sa face traîtreuse,

Portait cet air ouvert qui fait qu’on dit :

« Ce monsieur-là rendra sa femme heureuse ! » C’est à cet air que mon cœur fit crédit !

Je dus lui plaire ! — un caprice éphémère ! — Comme les fleurs plaisent aux papillons...

Car il se fit présenter à ma mère Par un ami commun que nous avions.

Pauvre de moi ! pensez s’il fut aimable !

S’il fit des frais, et tous les soins qu’il prit Pour me cacher son jeu, le misérable !

— Dois- je ajouter qu’il était plein d’esprit ?

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