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LE SIGNE DE EA CROIX

Dans toutes les familles on apprenait à la jeunesse d'a^ lors à faire le signe de la croix dès l'âge le plus tendre.

On nous disait de faire ce signe auguste :

1 ® La première chose en s'éveillant le matin.

2 ° Chaque jour en sortant de la maison pour la première fois.

3 ® En commençant l'ouvrage de la journée.

4 ® Au départ pour un voyage.

5 ° Après un éclair de tonnerre comme remerciement d'avoir été préservé de la foudre.

G° Avant de changer d'habits, afin de préserver la modestie.

7 ° Avant de se jeter à l'eau pour se baigner dans quelque cours d'eau.

8 ^ Quant aux barbus ils ne manquaient pas de se signer avec leur rasoir avant de commencer à se raser.

9 ° Il était toujours édifiant de voir le semeur avec sa sacoche de grain au cou, commencer les semailles du printemps en faisant un grand signe de croix avec la première poignée de grain, qu'il lançait ensuite sur le terrain déjà préparé.

On ne manquait jamais de dire le bénédicité et les grâces à chaque repas, ce qui ne nuisait en rien à l'appétit d'un chacun.

On saluait toujours le Prêtre partout où ou le rencontrait.

En passant devant une église on ôtait respectueusement son bonnet pour saluer ainsi le Très Saint Sacrement de l'autel, etc. etc.

Et, ma foi, combien d'autres belles et pieuses pratiques qui existaient autrefois chez nos pères très chrétiens, et qui tendent malheureusement à disparaître de nos jours.

Ah ! Ah ! . . , .j'entends rire d'ici nos sceptiques et nos incrédules d'aujourd'hui, traitant de puériles et de superstitieuses ces belles pratiques d'autrefois.

Allons donc ! Messieurs les esprits forts, serait-ce puérilité, serait-ce superstition de se servir du signe auguste de la Rédemption afin d'attirer la bénédiction du ciel sur soi et sur ses travaux ? . . . .

Mais quoi, vous osez nous traiter de superstitieux, fi donc ! Ne vous ai-je pas vus, vous les grands savants, vous les dégagés de toute superstition, ne vous ai-je pas vu, dis-je, vous hâter par exemple d'aller toucher du FER toutes les fois que vous rencontriez un prêtre. La rencontre d'une soutane, de la calotte comme vous dites, portait malchance et il fallait de toute nécessité aller TOUCHER DU FER afin de se préserver du maléfice.

Vraiment, c'est à ne pas y croire dans un siècle qu'on dit «i éclairé !

Combien de fois n' ai-je point vu des messieurs et des dames du grand monde traverser la rue à la hâte, pour aller embrasser un poteau à lampe : on venait de rencontrer un prêtre. Malheur ! malheur ! . . . .

Et dans les trains, combien de fois n'ai-je pas vu ces mêmes gens, à l'entrée d'un Curé dans le compartiment,

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se hâter de fouiller dans les poches de leurs habits pour pouvoir se saisir d'un canif ou d'un paquet de clefs, ou à défaut de ces objets, s'empresser de manipuler la pointe en fer de leur ombrelle. Oh ! du fer, du fer, mais il en fallait à tout prix afin d'obvier à la malchance d'avoir fait la rencontre d'un Curé.

Mais riez donc, riez donc maintenant messieurs les esprits forts ! . . . Que serait-ce si je rapportais les mille et une autres bizarreries, folies, excentricités, et pratiques superstitieuses qui forment l'apanage de votre irréligion ? . . .

Et dire que ce sont ces mêmes gens-là qui voudraient se moquer des pratiques chrétiennes et raisonables, par lesquelles on fait le signe de la croix, on dit une prière avant et après le repas, on salue le Prêtre, le représentant du Christ, on dit bon jour au Dieu de l'Eucharistie en passant devant son temple ! Allons donc ! allons donc ! !

Noël, chez les anciens Acadiens, était une fête essentiellement religieuse. Point de Santa Clans, point de bas pendus à la cheminée, d'étrennes, d'échange de présents, et autres coutumes qui existent chez certaines nations.

Mais en revanche la partie religieuse de cette grande fête ne laissait rien à désirer chez nos ancêtres.

D'abord il y avait confession et communion générale dans chaque paroisse. Les églises étaient décorées avec toute la splendeur possible. Il va sans dire qu'il y avait Messe de Minuit, célébration qu'on tente d'abolir au-

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jourd'hui eu certains quartiers, pour des raisons qui n'en sont pas.

Oh ! les belles crèches de Noël qui racontaient si bien à leur manière le grand événement de la naissance du Messie et qui ne manquaient jamais d'attirer l'attention de tout le monde, mais surtout des petits enfants qui ne pouvaient se lasser d'admirer le beau petit Jésus et de contempler avec des 3'eux étonnés, le bœuf, l'âne et les moutons qui faisaient garde autour de l'Enfant- Dieu !. . .

Et que dire des chants suaves et mélodieux, de ces vieux )iivls, de ces incomparables cantiques français qui faisaient résonner les voûtes de nos églises à cette occasion-là ?

"Les anges dans nos campagnes", "Ça Bergers Assemblons-nous," "Il est né le Divin Enfant," "Nouvelle Agréable," "Dans cette Etable," "A l'exemple des Anges", "Silence Ciel, silence terre," etc. etc.

Tenez, vous le dirai-je, pour moi un Noël sans cesbons vieux cantiques, est un Noël manqué, voilà.

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