ALFRED BRUNEAU
licl. Puisque M. Fauré ajouta jadis sa musique à celle d'un Cantique de Jean Racine^ on peut dire que son style se propose une pureté racinienne. Et il l'atteint, en lui donnant un frémissement, une subtilité vraiment modernes. Même les artifices du développement, même les reprises en imitations, y deviennent naturelles et expressives: elles sont comme les ondulations successives d'un même flot mélodique. Dans l'andante, les lentes progressions, sous un reflet de la grâce de Gounod, s'étagent et montent, avec la paisible sérénité d'une ânie qui s'épure et gravit les hauteurs. Dans cette musique, toutes les notes, même les doublures dans les unissons en teinte plate, sont pénétrées de chant et d'expression.