LA MISÈRE DE NOS ARTISTES
peu s'en faut. Or, ce même musicien, lorsqu'il a besoin d'un bifteck pour sa famille, dites-moi, quel prix le paie-t-il ? Il le paie le triple, comme tout le monde ; — ou plutôt, il s'en passe.
Nous ne voulons pas exciter les passions mauvaises. Mais il ne sert à rien de jouer à masquer la réalité : on ne la supprime pas. Il faut qu'on sache la misère actuelle des artistes et de tous ceux dont l'intelligence travaille à des recherches désintéressées. Partout, dans le domaine des arts comme dans celui de la science ou de la littérature, même dénuement, même détresse.
Un compositeur, en France, n'a presque aucun débouché productif. La seule source de gain serait le théâtre. Mais quel théâtre ? A Paris, il n'y en a que deux.
L'un, l'Opéra, traverse une crise multiple : crise de personnel, crise de répertoire, crise dans la mise en scène, — crise de public, puisque les spectateurs, malgré leur nombre extraordinaire, sont par trop semblables à des visiteurs d'Exposition Universelle : ils viennent pour regarder la salle, le grand escalier et le foyer, mais bien rarement pour entesûdre de la musique.
L'Opéra-Comique, il est vrai, peut accueillir les compositeurs vivants, jeunes ou demi-jeunes. Et il le fait quelquefois. 11 monte avec soin les œuvres qu'il choisit. Mais combien une pièce nouvelle a de peine à se maintenir sur l'affiche et à se conquérir un public 1... Les compositeurs ne peuvent pas considérer sans mélancolie ce qui a paru et disparu, sur ce théâtre.
Que leur reste-t-il donc, s'ils aiment leur art et ne sont pas attirés par l'opérette ?
Composer des romances?... On donne cinquante, cent francs, payés une fois pour toutes : si la romance rapporte vingt mille francs à l'éditeur, le compositeur n'a rien à y voir.
Composer de la musique de chambre ou des symphonies?... C'est fort glorieux, mais d'un profit nul. Les jouera-t-on, et à quelles conditions ? (c Une symphonie, répondra non sans raison tout éditeur, une symphonie ?... Mais elle va me coûter les yeux de la tête si je l'imprime. Et après, les orchestres ne la joueront pas. Ou bien, pour la jouer, ils me demanderont de leur prêter mon matériel. Trop heureux si... ? »
Après la guerre comme pendant la guerre, rien ne sert de récriminer ou de se plaindre. Il faut (( tenir », il faut agir, il faut « se débrouiller ».
Au lendemain de la victoire, au moment où Paris est, plus que jamais, la capitale musicale du monde, et ce que les Allemands même appelaient la Musikhaiiptsladt^ il importe que la vie matérielle des artistes et la réalisation de leurs œuvres ne soient plus rendues impossibles. Les étrangers, et par exemple les Américains (par la fondation Blumenthal), mettent des ressources considérables au service de la pensée française. Ils sentent que le monde a besoin de la lumière qui rayonne de la France. Ne soyons pas en retard sur eux quand il s'agit de nous-mêmes. Nous tous, pour sauvegarder notre patrimoine d'art et pour
MISÈRE DE JADIS ET MISÈRE d'aUJOURD'hUI 271
soutenir nos artistes, cherchons à faire cesser un état de crise qui est fatal à tous. Unissons-nous pour travailler au salut commun et soyons à nousmêmes nos premiers aides : Aide-toi, le ciel t'aidera.
La musique et les arts, et même la littérature, ne demandent qu'à vivre. Ces hautes occupations intellectuelles, si bienfaisantes, si nécessaires, répondent à un impérieux besoin des âmes auxquelles les satisfactions de la matière, les plaisirs de vanité et les joies de l'argent ne sont pas de suffisantes raisons de vivre.
Mais encore faut-il que la misère, qui étreint les artistes dans la société d'après-guerre, cesse d'être aussi menaçante.
Espérons que les artistes n'en seront pas réduits à s'aborder les uns les autres, en échangeant le mot fatal : « Frère, il faut mourir. »
Misère de Jadis et misère d'aiijoiirdlnii.
<( On m'interrompt, c'est infâme ; il faut décidément que l'enfer s'en mêle 1 » Ainsi s'écriait Berlioz, en 1837, lorsqu'on arrêtait les répétitions de son Requiem.
Maintenant qu'il est mort, il a peut-être un peu moins de trépidation et de « volcanisme ». Pourtant, un jeudi, tandis que je quittais le Concert- Pasdeloup, oii la grève des chanteurs venait de suspendre une audition de ses œuvres, — j'entendis le musicien romantique me faire encore une 'Confidence :
« Gomme j'ai bien fait de mourir et d'être enfin guéri de la vie, me disait son ombre toujours irritée. De mon temps, un musicien pouvait vivre, ou peu s'en faut. Je me privais, je me débattais, je me remuais, je faisais agir mes amis ; car, de mon temps on avait des amis parmi les artistes ; et de tels amis étaient autre chose que vos soi-disant camarades, ou plutôt vos rabatteurs d'affaires. Et quelles affaires ! Ce n'est plus de Tart, c'est du bazar ! Si j'avais cent ans de moins, si j'essayais de débuter maintenant, je n'aurais plus qu'à me jeter à la Seine, avec un boulet de forçat attaché à ma jambe gauche ! Les théâtres ne voulaient pas de moi, mais j'avais les concerts, mes concerts ; et moi-même, à mes frais, je publiais mes œuvres. Ces suprêmes ressources sont impossibles aujourd'hui, à moins d'être milliardaire. Faire graver une symphonie, c'est vingt mille francs ; la faire copier et n'avoir qu'un seul matériel d'orchestre, c'est quatre mille francs ! Quelles sommes, pour un malheureux croque-notes, alors que les chaussures coûtent cent francs et que les leçons de musique rapportent cent sous !... Autrefois, à mes concerts, la plupart des musiciens venaient à des prix d'amis. Aujourd'hui, ils ne le pourraient plus : ils sont syndiqués (est-ce ainsi que vous dites ?)... Un concert, au tarif syndical, me coûterait quelque vingt-cinq mille francs^ pour une exécution et deux répétitions ; et je serais sûr, avec des œuvres non connues et un orchestre improvisé, d'être vraiment exécuté !... Ah ! comme j'ai bien fait de mourir î Quelle
fièvre d'art et d'amour, en 1830 1... Le seul ennui d'être mort, c'est que parfois, toutes ensemble, je rencontre toutes les femmes que j'ai aimées. Terre et ciel !... Elles me font une musique en plusieurs tons, qui doit ressembler à celle de... » Mais l'ombre de Berlioz s'évanouit. Je n'avais rien pu lui dire, pour essayer de l'apaiser, toujours douloureuse et frémissante...
Y a-t-il encore un public ?
La guerre a détruit tant de choses, qu'on peut se demander si elle n'a pas détruit le public, A Paris toutes les manifestations d'art (et même de ^ badauderie) peuvent drainer, grâce à la publicité ou au « battage », spectateurs, auditeurs, admirateurs, applaudisseurs, péroreurs et autres empressés di primo batlello. Mais cet agglomérat aventureux, est-ce là un public ?
Devant de telles gens, trop bien intentionnés et toujours prêts à s'attrouper, on peut dire, exposer ou exécuter n'importe quoi. Ils gobent tout, passivement. Parfois, on leur joue des chefsd'œuvre incontestables, et même des chefs-d'œuvre agréables. Mais les auditeurs d'aujourd'hui semblent rester mornes. Comprennent-ils ? Vibrent-ils ? Et quelles musiques désireraient-ils entendre, puisque les plus belles les laissent sans véritable enthousiasme ?... On dirait parfois qu'il n'y a plus de profonde communicalion entre les œuvres et le public !
Une œuvre d'art est chose morte si elle n'a pas
son public. Un tableau n'est qu'une surface peinte, une chose sans vie, jusqu'à la minute où un spectateur le regarde, Tadmire, est ému, et lui prête ainsi un reflet de vie. C'est là, à vrai dire, comme un dialogue. L'œuvre est muette, mais elle parle dès qu'on la comprend. Elle s'éveille sous nos regards, et elle éveille en nous une vision de beauté qui dépasse sans doute la part de beauté qu'elle contient. Vraiment c'est comme le dialogue des yeux dans les minutes d'amour : certains yeux semblent si beaux et si doux qu'on les aime ; et cet amour les revêt de plus de douceur encore et de plus de beauté.
11 en va de même en musique. Des notes et des portées, ce n'est que du noir sur du blanc. Arrive le lecteur ou l'instrumentiste : ces signes deviennent des sons, et ces sons deviennent un langage émotionnel.
Mais ce langage, maintenant, est-il vraiment compris ? Y a-t-il encore un ensemble d'auditeurs préparés, par leurs habitudes, à comprendre ce langage pleinement, sans fatigue, sans hésitation, et préparés aussi à lui prêter, par leur émotion, ces mystérieux prolongements d'expression qui nous font prendre la musique pour la voix même de notre rêve intérieur ?
Rappelons-nous certains concerts au moment de la fièvre wagnéricnne, dans les quelque dix années dont 1890 marque le milieu. Alors les auditeurs, habitués à se retrouver les uns les autres, constituaient vraiment un public. Sans même se
parler, on était sûr que, de l'un à l'autre, il y avait un goût commun, une tendance, une aspiration commune. Certes, chacun était rarement au même stade du wagnérisme que son voisin : chez les uns, la fièvre commençait ; chez d'autres, elle était à son plus fort période, tandis qu'elle décroissait déjà chez les plus prompts à se reprendre. Mais il n'importe ; dans l'ensemble, et buels que soient les apports individuels, tous les auditeurs avaient entre eux un point de contact : le w^agnérisme.
Qu'il en résultât certains excès et quelque partialité dans les jugements musicaux, voilà qui est inévitable. Du moins alors, il y avait un état d'esprit régnant, défini, puissant ; une sorte de foi collective , une âme commune. Grâce à quoi, les auditeurs rassemblés dans une salle n'étaient pas un agglomérat informe, une foule amorphe, un troupeau sans « force morale ». Oui, ils étaient un public, c'est-à-dire une volonté.
Rappelons-nous l'enthousiasme qu'on respirait, par exemple, au « promenoir » ou aux galeries supérieures, chez « le patron », c'est-à-dire aux Concerts-Lamoureux du Cirque d'Eté. Ou encore les étonnants Concerts d'Harcourt, dans la petite salle en bois de la rue Rochechouart : quelle fièvre, pour les premières auditions du Faw.s/ de Schumann, et pour les Maîtres Chanteurs^ que l'Opéra ne donnait pas encore !... Rappelons-nous aussi les interminables acclamations qui accueillaient le Cycle-Berlioz, qu'Edouard Colonne conduisait avec une fougue vraiment romantique.
Un seul mot, un mot d'aujourd'hui, fera sentir combien le public d'alors différait du public actuel, oi^i abondent le snob, le nouveau riche et le mercanti engraissé. Aujourd'hui, quel est le mot usuel, inévitable, quand une musique n'a pas déplu ? On entend dire : Cesf amusant. Et les gens le disent, d'ailleurs, avec lassitude et condescendance... Jadis, personne n'aurait employé un tel mot, qui sert à tout : un meuble est amusant, une forme de robe est amusante, la couleur acidulée d'un tableau est amusante, la démarche boiteuse d'un chien est amusante, un accord qui grince est amusant.
Tout est amusant... Mais chaque auditeur a l'air morne. 11 désirerait bien s'amuser, se fuir luimême. Mais il ne sait pas ce qui lui plaît. 11 n'a ni amour, ni haine ; aucune conviction, aucune aspiration précise. Et, disons-le : peu de culture. Mais il veut être amusé ; il veut passer pour connaisseur d'avant-garde. Les nouveautés, même les plus cocasses, il les supporte, il les recherche, et quand il s'y est bien ennuyé, il déclare : « C'est amusant!... » Pourquoi ? Parce qu'il a peur de passer pour un sot. De fait, dans tout cela, il n'y a que lui d'amusant. Et encore!...
Le bon auditeur est celui qui apporte, dans son commerce avec la musique, un cœur attentif, réceptif, prêt à l'amour. Un vrai public est l'ensemble de tels auditeurs que réunit, que magnétise une aspiration collective. Seul, ce vrai public est capable de mettre les œuvres dans l'atmosphère
d'enthousiasme, de conviction, où elles peuvent vivre et rayonner.
Il ne faut pas désespérer de nos contemporains. Dans une salle de théâtre, et surtout dans une salle de concert, il y a encore de bons éléments. Mais ces auditeurs, qui sont déjà ou qui peuvent bientôt devenir d'excellents auditeurs, sont noyés parmi les autres. Est-ce les meilleurs qui sont les plus actifs, les plus entreprenants ? Ceux qui agissent sur l'opinion, ceux qui influent même sur la composition des programmes grâce à leur entregent et à l'ardeur de leur snobisme, empêchent de remarquer qu'il y a d'autres auditeurs plus sérieux, plus consciencieux, moins désireux de se montrer que d'écouter, et moins enclins à pérorer qu'à réfléchir.
Les bons auditeurs s'ignorent les uns les autres. Sauf quelques étudiants, çà et là, sauf quelques élèves d'un même maître ou d'une même école d'art, ils n'ont pas l'occasion de communiquer les uns avec les autres. Et ainsi, bien qu'ils portent en eux les éléments qui pourraient constituer un bon état d'esprit général, ils ne peuvent pas les réunir et les fortifier, les vivifier par la réunion. Faute de cet état d'âme commun, nous avons une poussière de public, mais non un vrai public.
Chaque jour, ou le constate. Les œuvres les plus disparates, les plus contradictoires, obtiennent tour à tour le même succès d'estime, c'està-dire le môme insuccès d'indifl'érence. llest rare qu'une manifestation puissante, spontanée, se
hausse jusqu'à prendre une signification nette. Les programmes, d'ailleurs, contribuent à omousser le goût du public. Qu'est-ce qu'un programme de concert ? C'est une salade russe. Ou rassemble, au petit bonheur, des fragments de tous les styles et de toutes les époques, et l'on a bien soin de les faire alterner par petites tranches. Parmi des œuvres connues ou classiques, on intercale, en sandwich, une ou deux « premières auditions ». On mettra du Beethoven et du Debussy, du Bach et du Rimsky-Korsakof, un Concerto brandebourgeois et Shéhérazade, dix minutes d'une « première audition » parfois cubiste ; enfin, on exhibe un soliste... Et si le tout fait un total de cent vingt minutes, voilà qui est parfait. En effets il y en a pour tous les goûts ; ce programme tape dans tous les yeux et dans toutes les bourses. Les uns viendront pour ceci, les autres pour cela : la recette aura tout le monde pour elle. Que voulez-vous de plus ?
Le résultat, c'est que le public se lasse, s'ennuie, et que le goût musical ne se développe pas autant qu'il devrait le faire après tant d'auditions. Et surtout on perd le sentiment des valeurs : on ne sent plus assez qu'une œuvre médiocre ne vaut pas un chef-d'œuvre. Malgré cette évidence, on en arrive trop facilement à mettre les artistes moyens et les grands créateurs sur le même plan. On ne comprend plus assez que, dans le domaine de l'art, s'il y a de la diversité, il y a tout de même une hiérarchie. Certes « l'esprit souffle où il veut » ] certes toute émanation d'un esprit ori-
ginal, si faible soit-elle, est précieuse, unique et irréductible à tout autre. Pourtant, parmi les œuvres élues, toutes ne portent pas, indistinctement, une égale part de grandeur ou de beauté, ou d'expression profonde.
Où est le juge de cette valeur relative des œuvres ? Ce juge est en chacun des auditeurs mais il faudrait consentir à l'entendre, et à ne pas fausser ses indications. Un vieux mot d'autrefois, vague et précis tout ensemble, devrait être remis en faveur : c'est le goût. En musique, le goût comporte bien des éléments et passe souvent pour instable. Mais, comme parmi les œuvres, il y a, parmi les diverses formes du goût, de la diversité et même une hiérarchie. Le goût d'un tout récent esthète qui pense que Tart musical date d'avant-hier et que la musique doit rétrograder vers des bruits inorganisés et sauvages, — un tel goût n'est que l'expression de la vanité d'un primaire (quelle que soit la forme de sa cravate). Et il faut bien, — oui, il le faut — il faut déclarer qu'il y a une forme supérieure du goût, et que c'est vers elle que chaque auditeur doit s'efforcer de tendre. De quoi est-elle faite ? D'abord de sincérité, de loyauté. Et nous mettons ces qualités au premier rang, parce que, de nos jours, c'est elles qui manquent le plus. La plupart des auditeurs se mentent à eux-mêmes. Ils sont bien rares, ceux qui ont le courage de leur opinion. Quand une œuvre déplaît, quand une pitrerie agace, on ne le dit pas, de peur d'être traité de
c< réactionnaire », ou plus exactement de « pompier ». Mais on s'en tire, lâchement, avec un^[ennui humilié, et l'on dit :
C'est amusant.
Aussi, dans cette veulerie générale, plus d'un véritable amateur regrette parfois les temps héroïques où le public des concerts avait le courage de siffler. Ce public se trompait de temps'à autre, mais du moins il était de bonne foi. D'ailleurs, quand une œuvre sifflée est néanmoins une belle œuvre, son premier échec la grandit pour l'avenir.
Avec la sincérité, le bon goût demande d'autres qualités si évidentes que nous n'insisterons pas ; elles se ramènent à ces deux mots sensibilité ^^i culture.
Aider Tauditeur à devenir un auditeur cultivé, averti et non dupe; protéger sa sensibilité contre des aventures où elle s'émousse et se rend incapable d'entendre les vrais chefs-d'œuvre ; enfin, lui rappeler que nulle mode ne dispense d'être sincère, loyal, ni de rester un homme de bonne volonté, — voilà la tâche que chacun de nous, s'il aime les arts, s'il aime la pensée française, devrait entreprendre auprès des gens qui l'approchent. Cette tâche du bon auditeur, de l'auditeur de bonne volonté, est la tâche même du critique.
Mais le goût, dont nous avons -parlé, doit nous interdire toute exagération. Aujourd'hui, il ne convient pas de pousser les choses trop au noir. L'état moral du public, dans les théâtres et les concerts, reflète l'état général des esprits et les préoccupations qui résultent de la guerre. Un ca-
taclysme qui transforme brusquement une grande partie de la surface de la terre, et qui, dans chaque nation, a rompu l'équilibre des valeurs sociales, se répercute en toutes choses, notamment dans les arts et dans la façon de percevoir les œuvres.
Les Français se raillent volontiers et souvent se déprécient eux-mêmes. Tout compte fait, dans quel autre pays, en ce moment, aimerions-nous à vivre ? Quelle école musicale pourrions-nous préférer à nos maîtres récents et vivants encore ? Et quelle autre ville nous offrirait un ensemble intellectuel et artistique vraiment supérieur à cette atmosphère de beauté que nous respirons dans notre merveilleux Paris ?
On n'a pas le droit de désespérer, ni même de se lamenter. Parfois, si l'on morigène, c'est un peu par une habitude bien française, et aussi 'parce qu'on désire répandre le culte d'une beauté plus belle et plus aimée encore.