‹ Chez les poètesChapitre 19 sur 63 · NUIT D'ÉTÉ · texte numérisé non relu

NUIT D'ÉTÉ

C'était l'instant heureux où tout sommeille Je traversais la tranquille forêt Où bien souvent je fais un long arrêt, Refuge aimé de la douleur qui veille, Asile sûr à mon chagrin muet.

Aux coups légers des brises, le feuillage Allait flottant au-dessus de mon front Et la ramée en son jeu vagabond Me paraissait parler un doux langage, Rêve de calme et de repos profond.

Des rayons d'or tout tissés de lumière, En frissonnant, de la voûte des cieux Tombaient, tombaient à flots harmonieux, Comme des mots envoyés à la terre Pour consoler les cœurs trop anxieux.

Le papillon aux ailes panachées Errait encor sur les buissons dormeurs; Perdu d'amour et grisé de senteurs, Il épuisait bien des larmes cachées Au fond doré du calice des fleurs.

Autour de moi, nul signe, nulle trace De Têtre humain, absence dans ce lieu De toute voix et de tout bruit d'essieu; Et sur la sombre et verdoyante masse Superbement planait l'esprit de Dieu.

Alors en moi revint la souvenance Des jours heureux passés à ton côté...

Et, sans un cri, mon cœur tendre exalté Te salua dans le vaste silence De cette claire et tiède nuit d'été !

Bclty paoli, Pseudonyme d'Elisabeth Gluck.

D'après M. Marchant.

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