‹ Chez les poètesChapitre 55 sur 63 · LE BERGER DE MOSCHUS · texte numérisé non relu

LE BERGER DE MOSCHUS

Lorsque sur les flots bleus les vents soufflent à peine

Je me laisse tenter par leur masse sereine;

La terre me déplaît et ma timidité

Lui préfère des eaux la tranquille beauté.

Mais lorsque retentit la vague mugissante,

Qu'elle monte, se courbe et tombe blanchissante,

Et qu'en tous sens les flots s'agitent furieux,

Vers la terre soudain se reportent mes yeux

Et, cherchant les grands bois, je fuis la mer sauvage.

La terre m'est plus sûre et plus doux m'est l'ombrage,

L'ombrage des hauts pins où le vent vient chanter.

0 pécheur, que ta vie est dure à supporter!

Ton gîte est une nef, ton labeur est sur l'onde,

Et le poisson souvent pour ta nasse profonde

Un butin bien trompeur... quant à moi, l'âme en paix,

Doucement je m'endors sous un platane épais

Et j'aime que le bruit d'une source argentine

Caresse sans effroi mon oreille voisine.

Traduit du grec.

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