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CONTRE LE LUXE

Dans un temps reculé mais plus semblable au nôtre Qu'on ne pense, un ami du juste, un grand apôtre Tenait aux corrompus de sa vieille cité Ce discours plein de verve et de noble âpreté.

Ne demandons qu'au soc l'aliment de nos tables ;

Vivre de ces produits, c'est nous rendre agréables

A ces augustes Dieux dont le tendre secours

Par le bienfait des blés adoucissant nos jours

Nous dégoûta du gland qui nourrissait nos pères.

Jamais ils n'ouvriront au vice leurs chaumières

Ceux qui n'ont point rougeur de se chausser le pié

D'une guêtre rustique et, le jarret ployé,

De courir vaillamment sur la neige et la glace. Jamais il ne sera la honte de sa race Celui qui se taillant des habits dans la peau Des bêtes, sous leurs poils affronte le fléau Des rudes aquilons. C'est la pourpre étrangère, La pourpre au fin tissu qui mène à l'adultère Au poison, en un mot, aux crimes odieux, Qui font sur les États tomber Tire des Dieux.

0 puissant Juvénal, telle était l'hyperbole Que sur Rome lançait ta mordante parole; Et c'était justement qu'ainsi tu la navrais Car le 1er du barbare et sa chute étaient près.

Traduit de Juvénal.

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