INVOCATION D'OSSIAN AU SOLEIL
Toi qui roules au ciel, rond et plein de lumières, Comme le bouclier qu'au bras portaient nos pères, D'où viennent tes rayons, ô sublime Soleil! Et l'éternelle ardeur de ton foyer vermeil? Sitôt que tu parais les timides étoiles Se cachent et la Lune aussi cherche des voiles, Pâle et froide, aux flots noirs de l'Occident, mais toi, Tu marches seul ! qui peut Raccompagner, ô Roi ! Les chênes des hauts monts tombent et les montagnes Descendent avec l'âge au niveau des campagnes ; La mer monte, s'abaisse et dans les vastes cieux La lune perd souvent son front mystérieux; Toi, l'on t'y voit toujours, toi, tu restes le même, Magnifique et joyeux en ton éclat suprême.
Lorsque la terre et l'eau d'ombres sont recouverts,
Que le tonnerre gronde et luisent les éclairs,
L'orage n'ôte rien à ta beauté parfaite ;
Tu surmontes la nue et ris de la tempête.
Mais en vain tes regards plongent sur moi, mes yeux
Ne peuvent plus jouir de l'éclat de tes feux.
Soil que tes cheveux d'or sur Ponde orientale
Flottent, soit que des mers la vague occidentale
T'accueille en frémissant, comme moi, pur rayon,
Peut-être ne vis-tu que pour une saison,
Et, mourant, iras-tu dormir dans les nuages,
Sourd aux voix du matin qui te comblaient d'hommages?
Triomphe donc, bel astre aux crins étincelants,
Triomphe dans ta force et dans tes jeunes ans!
La vieillesse impuissante est sombre et délaissée;
Elle ressemble, hélas! à la lueur glacée
De la Lune perçant les nuages épars
Et glissant sur les monts à travers les brouillards;
Elle est le voyageur marchant, seul, avec peine,
A l'âpre vent du Nord qui rugit dans la plaine.
Traduit librement des poèmes de Mag-Pherson.
CHANT GAELIQUE