‹ Chez les poètesChapitre 60 sur 63 · CHRÉMYLE · texte numérisé non relu

CHRÉMYLE

On trouvera quelque avide marchand De Thessalie, un pays très fertile En trafiquants de cette race utile.

LA PAUVRETE

Mais ton système exclut de telles gens. Quel homme riche et sans besoins urgents Pour ce trafic voudrait risquer sa vie? Obligé donc, toi-même, peu dispos, A cultiver ton champ ou ta prairie Et pratiquer les plus rudes travaux, Tu subiras un sort plus misérable Que celui-là qui maintenant t'accable.

GHRÉMYLE

Ah! que sur toi retombent tous ces maux!

LA PAUVRETÉ

Oui, tu n'auras ni bon lit pour t'étendre,

Car où trouver ce meuble précieux;

Ni fin tapis, qui voudrait bien t'en vendre,

Ayant de l'or en ses coffres nombreux?

Où prendrais-tu des parfums pour ta femme,

Tissus brochés, étoffe aux tons de flamme,

Afin d'orner les grâces de son corps?

Tu le vois donc, à quoi bon des trésors

Si l'on ne peut contenter son envie!

Moi, j'agis mieux; moi, je pourvois la vie

De tout ce qui lui manque, abondamment.

Je suis pour l'homme en proie au dénûment

Gomme une active et puissante maîtresse;

Par le besoin j'excite sa paresse

Et je contrains l'artisan pris de faim

A travailler et mériter son pain.

Traduit librement cI'Aristophane.

LA MORT D'ALCESTË

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