FRAGMENT DE LA COMÉDIE DE PLUTUS
LA PAUVRETE
(Elle s'adresse au chœur.)
0 vieilles gens, ô vous de tous les hommes
Les plus enclins toujours à radoter,
Vous, compagnons de tout ce que nous sommes
D'extravagants et de fous à lier,
Si vos désirs étaient remplis sur terre
Nul d'entre vous n'en profiterait guère.
Donc que Plutus revoie entièrement
Et qu'il se donne à tous également,
En jouissant plus que du nécessaire
Aucun de vous ne voudrait travailler,
Apprendre un art, faire quelque métier.
Orr ces besoins forcés de notre engeance
Mis à néant, que serait l'existence?
Qui désormais voudra ballre le fer, Bâtir de nefs et les mener sur mer, Coudre un habit, tailler une tunique, Tanner le cuir, façonner de la brique, Blanchir la laine et creuser les sillons Pour en tirer, Gérés, tes nobles dons, Si Ton peut vivre, oisif, en flâneries?
CHREMYLE
Mais ce sont là pures niaiseries!
Tous ces travaux, l'esclave les fera.
LA PAUVRETÉ
Ah! cet esclave, où donc on le prendra?