CHAPITRE XII
devoir en sortant du concubinage où elle avait vécu. . Znde ræ. D'où terrible colère du Gros Tom.
Sa première coneubine vint un jour me trouver dans ma cabane au lac Stuart. À genoux devant moi comme dans toutes les grandes circonstances, elle fit un grand signe de croix et me dit:
— Je vais te faire une confession. Tu sais que le Gros Tom n’est pas content de toi ?
— C'était à présumer.
— Eh bien lila juré en ma présence de te tirer un coup de fusil la prochaine fois que tuirais dans son village. Je suis sûre qu’il parle sérieusement, car il a déclaré qu'il irait t'attendre dans le bois et te tuerait sans que personne en sache rien. De plus, il m’a défendu d’en souffler mot.
Ce n’était pas très rassurant.
Le printemps suivant me vit pourtant à Stony-Creek, où j'arrivai le soir du jour fixé à l’avance.
— Tu dois être bien fatigué, me dit le chef en m’abordant. Probablement que tu ne pourrais guère aller plus loin ce soir ?
— Aller où et pourquoi ?
— Voici : un jeune homme se meurt à onze milles d'ici. Pourrais-tu aller lui administrer les derniers sacrements ?
— Certainement. J'y vais de ce pas.
Et, m'étant informé de l'endroit exact de la forêt où gisait le moribond, je partis à la nuit tombante.
Or, mon Gros Tom s'était caché pour me tuer au passage.
J'avais un vague pressentiment du danger que je courais sans pourtant m'en bien rendre compte. Mais, dans cette circonstance comme dans tant d’autres, le bon Dieu veillait sur moi. À moitié chemin, deux des meilleurs sauvages de l’endroit, ayant eu ventde l’affaire, merejoignirent pour me protéger. Le Gros Tom, assez brave pour assassiner en cachette un homme qui ne lui disait rien, mais
trop lâche pour payer de sa personne une faute dont il connaissait la gravité aux veux des blancs, eut peur d'être dénoncé par mes compagnons et il dut s’en retourner sans avoir fait usage de son fusil.
Hâtons-nous d’ajouter qu'il finit par se soumettre. Il apprit le catéchisme et, après la préparation voulue, il fut baptisé, puis marié avec la personn: qu’il avait enfinquittée volontairement. Ilest en ce moment un excellent chrétien.
Un autre défaut de nos sauvages qui n’a pas encôre été comolètement déraciné est leur peu de respect pour les vieillards et leur manque d’égards pour les malheureux. La femme, le vieillard et l’orphelin, voilà trois classes d’étres réellement à plaindre chez les peuples soi-disant primitifs. Sans doute, leur condition s’est considérablement améliorée chez nos indigènes. Il n’en est pas moins vrai que, sous ce rapport, nombre de nos chréliens ont encore des progrès à faire.
L'hiver dernier, en me rendant comme d'habitude chez les Babines, je campai à Thatché, sur le lac Stuart. Là ,gisait sur un misérable grabat recouvert de quelques lambeaux de peaux de marmotte, une vieille femme du nom de Pauline. Comme elle était bien malade, elle me manda pour l'aller confesser et voulut auparavant me confier ses peines.
. Ce fut toute une série de récriminations à l’endroit de ses
enfants qui, disait-elle, n'avaient aucun soin d’elle et la laissaient mourir de faim. Je la consolai de mon mieux et la confessai.
Trois semaines après, j'étais de retour au même village et me berçais déjà de l’espoir de passer quelques bons moments avec ces braves gens toujours si heureux de revoir le prêtre, lorsqu'on m'aborde, sans grandes démonstrations de joie, et on me dit :
con- ’être sans
lap- Il fut ittée tien.