CHAPITRE XII
point ses biens. Il sait que nous avons de la viande, et il réserve sans doute celle de cet animal à quelque chasseur plus besoigneux que nous.
. Dans la soirée, pendant que je récite mon bréviaire dans le canot, mes rameurs aperçoivent un troisième ours qu'ils n’essayent même pas d’abattre, autant par respect pour la prière du prêtre qu'à cause de leur échec du matin.
17 juillet, — La rivière aux Saules, que nous remontons toujours, devient de plus en plus rapide, à mesure qu'elle se fait moins large. En face de nous et un peu à gauche, se dresse une chaîne de montagnes rayées de haut en bas de blanches bandes de neige et coupées de torrents aux cascades multiples. Ce sont, me dit-on, les montagnes qui aboutissent au lac d'Ours où nous nous rendons.
Un peu avant midi, l’un de nous signale trois oïes sauvages avec leurs petits. Nous manquons les premières, et les seconds se cachent si bien dans les saules et les prèles du rivage que nous ne pouvons en trouver aucun.
Dans l’après-midi, nous trouvons le passage barré par une grande agglomération de troncs d'arbres qui servent de pont à un sentier de chasse, Force nous est de hisser le canot par-dessus.
Bientôt un autre barrage nous arrête, et le soir, au milieu d’une pluie battante, nous abordons sur une île formée par une bifurcation de la rivière tout près d’une chute résultant d'un autre barrage qui nous nécessitera encore un portage le lendemain.
Sommes trempés jusqu'aux os.
18 Juillet. — Triste nuit passée presque sans feu dans les hautes herbes de la forêt. La rivière se fait de plus en plus étroite à mesure que nous approchons de sa source.