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‘Dans la matinée l'oreille exercée de mes compagnons
perçoit dans le bois un son qu'ils reconnaissent vite,
— Hallo! qui va là? crient-ils.
— Et vous, qui êtes-vous? nous demande-t-on du milieu d'un taillis.
— Le prêtre ! c’est le prêtre qui va au lac d'Ours ! répond Duncan.
Une exclamation de joie retentit, puis nous ne tardons pas à voir trois sauvages en haillons déboucher du fourré. Un seul vient me toucher la main, tandis que les deux autres me regardent de loin d’un air niais. Cette circonstance m’apprend, avant toute explication, que ces derniers sont de la race maudite des Atnas.
Le jeune homme qui nous salue avec de si bruyantes démonstrations de joie est un Sékanaiïs du lac d’Ours qui peut avoir une vingtaine d’années. Baptiste — c’est son nom — veut retourner avec nous ; mais comme il doit être de moitié dans le bénéfice que la bande doit faire au cours
de sa présente visite aux collets à ours, il ne peut satisfaire
son désir qu'après de longs pourparlers avec ses compagnons et la promesse d’une indemnité convenable en leur faveur.
Désormais nous pourrons avancer un peu plus vite: avec un troisième rameur, le courant, qui devient de plus en plus violent, sera plus facilement vaincu, et les barrages seront plus vite démolis.
Chemin faisant, mes compagnons s’entretiennent d’un petit ruisseau dans lequel nous devons bientôt entrer et qui, disent-ils, offre parfois de grandes difficultés au canotier.
— Ya-t-il beaucoup d'eau dans ceruisseau? demandai-je.
— Duncan (qui se dit ennemi de toute exagération) me répond en mouillant son pouce de sa salive.
— Tu vois ceci, me dit-il ; l y en a autant que ser mon pouce.
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