CHAPITRE V
a peu en France ou ailleurs qui le surpassent en piété et en esprit de foi. :
Le lac Fraser, au bout duquel se trouve le camp indien appelé Fond du Lac par les employés de la Compagnie de la Baie d'Hudson, n’a guère plus de 10 milles de long; mais le sentier que doivent suivre les chevaux rend la distance beaucoup plus grande.
L'hiver suivant, une cause identique réclamait ma présence aumême village. C'était l’époque fixée pour la grande réunion de sauvages à Natléh, à l'extrémité opposée du lac ; mais le chef du Fond du Lac se mourait, me dit-on, et telle semblait être l’urgence du cas que je crus pouvoir partir, cette fois en traineau, immédiatement après la messe du dimanche.
Le temps était doux, ce qui rendit la marche lente et très difficile aux chiens, vu que la neige, molle et fondante, adhérait au traîneau et l’empêchait de glisser comme il aurait dû. Un second traîneau, attelé de trois chiens seulement, tantôt nous suivait, tantôt nous précédait, portant ma chapelle et nos provisions de voyage. Un sauvage en raquettes ouvraitla marche, et sa vue servait à encourager les chiens qui, haletants et la langue pendante, cherchaient à chaque instant un prétexte pour s'arrêter. Le fouet du conducteur qui marche derrière mon traîneau, les a vite rappelés au devoir, et ses « Marche ! Taltsiyaz : Marche | Mazor » etc., ne servent pas psu à réveiller l’ardeur de l'animal qu’il nomme ainsi.
Il ne faut pas peu d’habileté, jointe à une certaine force musculaire pour guider le traîneau et lui faire éviter les chicots qui bordent le sentier, pour le retenir lorsqu'une colline se présente à descendre et surtout pour l'empêcher de verser lorsqu'il vous faut en longer les flancs. Certaines
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