CHAPITRE VI 9$g
bes, nos Indiens suivent pour s’en rendre maîtres une méthode pluséconomique etnon moins intéressante. [lsn’ignorent pas que ces oiseaux aquatiques poursuivent rarement leur route vers le nord avant que le lac soit aébarrassé de ses glaces. Ils ont donc à se tenir comme prisonniers dans la partie libre près de la décharge du lac. Comme ils s’y trouvent en nombre si considérable, nos gens tendent de simples filets de pêche en lignes formant un fer à cheval sur la surface de l’eau. Conduisant ensuite huit ou dix canots à la fois, et faisant le plus de bruit possible, ils cernent partiellement la troupe et la poussent dans les filets. C’est là un exercice fort divertissant et des plus mouvementés. Il est surtout très riche en résultats, puisque une: prise de cent têtes par filet n’est pas estimée chose très merveilleuse.
En d’autres localités, comme, par exemple,au lac Noulkreh près de Stony-Creek, les sauvages surprennent les grèbes sur la plage et les y assomment à coups de bâton avant qu’elles aient pu regagner l’eau qu’elles ont eu l’imprudence de quitter momentanément. Les grèbes, en effet, qui ont le vo! très rapide une fois dans l’air, ne peuvent prendre leur essor, que si elles sont portées sur l’eau.
Les grèbes une fois dépouillées de leurs plumes, les Indiens en extraient la graisse, et en font des gâleaux où ils puiseront plus tard pour assaisonner les fruits ou baies sauvages séchées au soleil. Quant aux grèbes elles-mêmes, ce qui ne peut se consommer de suite est ouvert, tailladé et enfumé pour servir en cas de disette.
Mais nous nous attardons avec notre gibier aquatique. Qu'on ne s’en étonne pas trop ; ce ne sera peut-être pasla dernière fois.
À environ cinq milles du lac, nous rencontrons le premier rapide. Il est très court, et pourtant mes rameurs insistent pour que je me rende à pied jusqu’au remous qui se trouve un peu en aval. Là, ils me reprennent après avoir
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vidé l’eau qui s est introduite dans le canot, et nous repartons.
Que dire maintenant ? Que mentionner à moins que ce nesoit encore le gibieremplumé? La rivière, un beau cours d’eau de 200 mètres de large en moyenne, en est littéralement couverte, Le plus souvert grèbes et canards s’envolent à notre approche; mais comme leurinstinct les porte vers le nord, ils reviennent vite, et alors passent en bandes au-dessus de nos têtes. Belle occasion d’en abattre au vol. Yækaiïh et A//ul, son compagnon, en profitent pour augmenter nos provisions de voyage.
L'exemple est contagieux. Malgré mes bonnes résolu-
* tions, je ne puis m'empêcher de saisir mon fusil. Pan !....
le voilà quipart, non pasaux canards, mais dansle canot !.… Je viens d'en envoyer la charge dans les couvertures qui servent de siège à l’un de mes gens ! Deux HOUSE Re haut et c'était lui qui la recevait !.
Décidément il est plus sûr de fseser faire mes rameurs. Je mets donc mon fusil en quarantaine, pour le punir d’être parti sans ma permission.
Plus loin, c’est une bande d’oies sauvages que nous apercevons campée sur la banquise. Vite nous mettons à terre de peur d’être vus, car ce gibier est très sauvage. Yœkaih s'enfonce dans le bois, et, faisant un détour, va les sur prendre quelques centaines de pas plus bas. Un coup de feu, puis un second, et nous descendons voir le resultat. Une oïe est restée sur la glace, tandis qu’une autre, légèrement blessée, s'enfuit elopin clopant et se cache si bien dans les broussailles que nous ne pouvons {a trouver.
: Depuis notre départ nous avançons assez vite, grâce à la rapidité du courant. Nous tombons maintenant dans ce qu'on âppelie l’eau morte dans le pays, c'est-à-dire que le courant est désormais imperceptible. Il nous faut donc forcer un peu; du reste, le travail nous devient nécessaire
. pour plus d’une raison; vu que le temps est assezfroid, Le
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