CHAPITRE VII
‘ Les préliminaires du mariage n'étaient autrefois guère plus compliqués chez les Porteurs que chez les Sékanais ; ils coûtaient seulement davantage et duraient plus longtemps. L’étiquette, chez les premiers, voulait que la jeune fille n’eût rien à dire ni pour ni contre l'union projetée. Seulement lorsqu'un jeune homme avait choisi sa femme — qui devait être de clan différent du sien — sans échanger un mot avec elle, il s’installait simplement chez son futur beau-père, se mettait à son service, et ne manquait pas de lui offrir, à lui et aux autres parents de la jeune fille, tout ce qu'il pouvait gagner à la chasse ou autrement. En d’autres termes, il payait d'avance sa fiancée.
Une année ou deux se passaient ainsi. Après avoir fait la cour. aux parents de sa future, quand il estimait qu’un oui bien mérité allait enfin récompenser sa persévérance, le jeune homme demandait la main de la jeune personne par l'intermédiaire de quelque ami obligeant.
La proposition bien accueillie, c'était le mariage contracté. En cas de refus, le prétendant éconduit recevait, en compensation des dons où il avait faits, un équivalent en espèces.
En cas de mariage, il n’y avait jamais intention de s’engager à tout jamais. Aussi le divorce avait-il lieu sans : beaucoup de difficulté, surtout chez les Sékanais. Alors le ci-devant mari reprenait les dons qu'il avait faits à sa prétendue femme, et, chacun de son côté, les deux conjoints allaient chercher fortune ailleurs.
Si des enfants étaient venus cimenter l'union, le di-' vorce était plus difficile, mais nullement impossible. Le père s’emparait alors de la géniture ; car, parmi les sauvages, tout aussi bien que parmi beaucoup de leurs frères civilisés, la force prime le droit et comme ils sont très attachés à leurs enfants, le mari préférait les confier pour un temps aux soins étrangers plutôt que de les voir entre les mains de leur propre mère maintenant divorcée.
Outre la polygamie, qui était commune aux Porteurs et aux Sékanais, ces derniers pratiquaient aussi la polyandrie.
Aa point de vue social et sous le rapport matériel, les Sékanais sont aujourd’hui bien en dessous des Porteurs. Eloignés des postes civilisés et n'ayant jamais aucun commerce avec eux, ils sont restés plus simples et plus primitifs. Par exemple, pour le gibier d'importance secondaire, comme les lièvres etles perdrix-ou poules sauvages, ils se servent encore de l'arc et d’une espèce de flèche à tête de bois émoussée. Ceci m'amène à parler des armes offensives et défensives autrefois en usage parmi nos Dénés, Porteurs et Sékanais. ù
Ces derniers, qui-sont aujourd’hui si arriérés comparés aux Porteurs, leur étaient jadis tellement supérieurs au point de vue industriel et artistique que les Porteurs leur devaient plusieurs espèces d'armes ou instruments de travail.
Relativement à la matière qui entrait dans leur composition, les flèches de nos Indiens étaient de trois sortes : les unes étaient en bois, d’autres en os et le plus grand nombre en silex ou en pierre augite-porphyrite.
Nous avons déjà mentionné la flèche à tête de bois destinée à la chasse aux lièvres : il faut y ajouter la flèche de jeu, touteen bois d’amélanchier, etgarnie seulementde deux plumes au lieu de trois comme étaient toutes les autres.
Les flèches à tête cn os ordinaire étaient fabriquées avec les dents de devant du castor réduites par le fro:tement à la forme voulue. Ces flèches étaient réputée; les plus sûres. Deux autres espèces, bien qu’en usage chez les Porteurs, n’en étaient pas moins d’origine sékanaise. C’est la corne de caribou qui fournissait la pointe de chacun de ces traits. Le premier — #ra-tchœn-kweæl, fèche coupée en
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