CHAPITRE VII
les filets. A ces filets, qui sont en lanières de peau de caribou, s'attache une baguette surnageant et garnie de clochettes. Le chasseur alors —ne devrais-je pas plutôt dire le pêcheur ?— s’en va démolir la loge du castor pour l'en chasser. Si l’animal ne s’y trouve point, on le cherche tout auprès, dans son magasin de provisions. Lorsque les ondulations de l’eau trahissent sa présence, on l’en déloge pour le pousser vers les filets tendus. Si le castor, plus agile, devance le chasseur, les efforts qu’il fera pour se dégager agiteront les clochettes ; le chasseur averti se hâ- (era d’accourir et s’emparera du captif avant que celui-ci ait pu se débarrasser des liens qui l'emprisonnent.
Lorsque, avec le printemps, sont venus les beaux jours, à part qdelques rares coups de feu Lirés à l’occasion, la chasse au castor se fait au piège ou au harpon. Ces pièges sont maintenant d'acier et de fabrique européenne. Quant au barpon, il est en os et barbelé ; le plus souvent on l’at- {tache à un assez long manche, et on le lance de loin pour lui donner plus de force avec plus d’élan.
"Fig. 18. — Harpon à castor.
Les Dénés, Porteurs et Sékanais, capturent le gibier plus nomade, lynx, martre, pécan, etc. au moyen de pièges de bois construits sur place et tendus sur les chemins les plus fréquentés par ces animaux. Le gibier plus considérable, ours, orignal ou caribou, est traqué avec l’aide de bons chiens, souvent toute une journée avant de pouvoir être abattu. :
Grâce à la situation topographique de leur pays, les Sékc'ais peuvent faire la chasse au caribou avec des résultats plus satisfaisants. Dans les défilés, dans les gorges des montagnes que traversent les troupeaux de caribous,
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ple est désormais mari et femme.
ces Indiens placent sur une ligne une quarantaine de collets attachés à autant de pieux. Deux jeunes gens surveillent chaque extrémité de la ligne, tandis que la bande des chasseurs manœuvre dans le but de pousser le gibier dans
‘la lignedes lacets. Des cris bruyants, des coups de feu mul-
tipliés effraient les animaux surpris. Affolés, ils se jettent ensemble à travers les lacets qui se resserrent aussitôt autour de leur cou. Le cerf, momentanément captif, bondit avec les pieux qui retenaient les collets ; ceux-ci, s’embarrassant dans les arbres tombés par terre ou qui se dressent sur le chemin, retiennent subitement l'animal en fuite et finissent par l’étrangler.
Les Sékanais non chrétiens n’ont rien de plus simple ni de plus expéditif que la cérémonie du mariage. Quand un jeune chasseur.a fait son choix, il demande simplement et sans préambule à l'enfant de la forêt :
— Veux-tu me porter mes lacets à castor ?
Si la jeune fille ne veut pas unir son sort à son interlo-
cuteur, elle se contente de répondre :
— Non ; les femmes ne manquent pas : demande à une autre.
Si, au contraire, l'offre lui plaît, elle répond de suite, et sans aucune rougeur de commande :
. — Peut-être ; demande à ma mère.
Le jeune homme n’a pas à faire cette démarche ; sa fiancée — car celte réponse lui donne droit à ce nom — a hâte d'en instruire sa mère. Alors, sur l'avis de celle-ci, lajeune fille élève une, hutte de branchage auprès de son ancienne demeure, car un Sékanais n’habitera jamais sous le même toit que ses enfants mariés. Le soir, en entrant, le fiancé lui passe les lacets à castor. Sans plus de cérémonie, le cou-
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